Narasu Reloaded

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Narasu Reloaded

Message par Seol le 28/9/2015, 16:48

Keiji se passa de l’eau sur le visage. Il releva la tête et observa un moment son visage dans le miroir. Puis, comme d’habitude, son regard fut attiré par son bandeau de ninja, accroché au coin du miroir.

Cela faisait maintenant cinq ans que le Kiritsu avait pris le contrôle du village d'Arasu, l'ayant rebaptisé au passage Narasu. Il était de notoriété publique qu’une affectation à Narasu, pour un ninja de quel que grade que ce soit, signifiait soit sanction, soit mise au placard. Ce qui, l’un dans l’autre, n’avait rien d’envieux. Malgré ça, les effectifs étaient restés à peu près stable, soit environ 1500 ninjas, tous villages confondus. Et pourtant, les disparitions, les meurtres et autres joyeusetés étaient monnaie courante.
Aujourd’hui, le Kiritsu ne contrôlait réellement que la partie centrale de Narasu, l’ancien Gyosei Machi. Narasu était un village trop vaste, ayant un lourd passé avec les trois villages qui venaient d'en prendre le contrôle, et sur tout, les trois villages se devaient de respecter certaines règles, ce qui était loin d'être le cas des gens de Narasu. Le Kiritsu était donc plus là pour empêcher Narasu de redevenir un repaire pour les Nukenins que pour vraiment en prendre le contrôle.

Keiji, lui, avait pris le parti de se faire porter disparu au sein des forces de Kiritsu. Il avait très vite compris qu'une personne compétente et motivée pouvait se faire plus d'argent clandestinement qu'en travaillant pour le Kiritsu.
Il aurait pu travailler comme taupe au sein de l’administration du Kiritsu, gravir les échelons et revendre les informations à prix d’or. Mais le jeune homme avait quand-même une certaine éthique. Quitter le Kiritsu, oui. Trahir Mahou, non.
Keiji avait donc décidé de se mettre au service du plus offrant, histoire de voir ce qu’il y avait comme possibilité pour un jeune genin comme lui. Rapidement, il s’est orienté dans le domaine du transport. Transport de courrier, transport de marchandises plus ou moins licites, transport de personnes, transport d’information.

Il lui avait fallu du temps et de la patience pour pouvoir mener son projet à bien. Quatre longues années à économiser ryos par ryos. Mais, aujourd’hui, il pouvait enfin se lancer en tant que transporteur indépendant. Moyennant le paiement, tous les mois une licence aux chefs des différents zones dans lesquelles il souhaitait exercer. Ce qui, ajouté au remboursement de l’emprunt pour le char et au loyer, faisait qu’il ne lui restait, pour l’heure pas grand-chose pour vivre. Il lui fallait travailler, et durement, pour gagner sa vie.

La mission de ce jour était plutôt simple. Keiji devait se rendre à l'adresse A pour y prendre quelqu'un, puis aller à l'adresse B déposer ce quelqu'un, puis, le reprendre une demi-heure plus tard et le ramener à l'adresse A.
Keiji habitait une petite maison, à la périphérie de Narasu. Bien que le quartier ne soit pas des mieux fréquentés, Keiji n'avait guère d'ennuis avec les racailles du coin. En effet, il prend soin de ne jamais prendre partie dans les différentes confrontations. Il ne travaillait même jamais dans son quartier pour garder une certaine neutralité.
Le premier étage était composé de trois pièces. Une chambre, une salle de bain et une pièce plus générale qui servait à la fois de salon, salle à manger et cuisine. Le tout ne devait pas excéder les trente mètres carrés. Mais, au vu du peu de temps qu'il y passait, cela lui suffisait amplement. Dans sa chambre se trouvaient les deux coffres desquels il puisait ses carreaux grâce à ses sceaux de rechargement.
Le rez-de-chaussée était divisé en trois parties distinctes. Un premier tiers servait d'étable aux trois dodos qu'il avait achetés. Le second tiers servait de garage aux deux chars qu'il pilotait. Le troisième tiers servait d'atelier de menuiserie où Keiji bricolait dans le but d'apporter des modifications substantielles à ses chars.

Pour la mission du jour, Keiji choisit le char à deux roues. Petit, léger, maniable, ne nécessitant d’un seul dodo, pouvant emmener jusqu’à trois personnes, il était parfait pour le type de course que Keiji allait faire ce matin. Il prit juste la précaution d’installer deux ou trois gadgets. Juste à titre préventif : Narasu, même pendant ses temps calmes, n’en restait pas moins dangereuse.
Keiji attela le dodo qu’il souhaitait prendre ce jour. Oui, malgré son passif, Keiji avait fini par se résoudre à apprivoiser ces bestioles et à dompter la peur inhérente qu’elles lui inspiraient. Il ouvrit les portes du garage, sortit son char, referma les portes et prit sa route, le tout très rapidement afin de ne pas trop perturber la circulation déjà difficile de Narasu. Quinze minutes plus tard, il s’arrêtait, à l’heure exacte, pile devant la porte de son client. Puis Keiji attendit.

- Ah ! Vous êtes là ! Désolé pour le retard, jeune homme. Je suis…
- Pas de nom, s’il vous plaît,
l’interrompit Keiji, en levant la main, le visage le plus sérieux du monde. Moins nous en savons l’un sur l’autre, et mieux cela vaudra pour tout le monde.
- Je comprends, je comprends. Vous avez tout à fait raison
, s’excusa de bonne grâce, le client de Keiji. Notre connaissance commune m’avait bien dit que vous étiez quelqu’un de sérieux et de censé. Je suis fort aise de voir qu’il semble avoir raison. Assez discuter. Allons-y. Menez-moi au Lotus Bleu.

Keiji prit les rênes en grimaçant, sans que son client s’en aperçoive. Le Lotus Bleu se trouvait en lisière du Gyosei Machi. Et il n’était pas rare d’y croiser plusieurs ninjas. Or, Keiji ne devait son anonymat qu’au fait qu’il évitait toujours de s’approcher de trop près de ses anciens frères d’armes. Mais un job était un job. Aussi se dirigea-t-il vers le Lotus Bleu.
Cet établissement était connu pour avoir plusieurs activités bien différentes les unes des autres : trafic d’influences, trafic d’informations, prostitution, restauration, drogues… Bref, ce n’était le genre d’endroit que l’on fréquentait lorsqu’on menait des activités légales. De plus, il était connu de tous que même le Kiritsu faisait appel aux services de sa propriétaire, une jeune femme qui aurait très bien tiré son épingle du jeu du départ des Daijizoku. Peu de gens pouvait se targuer d’avoir le visage de la jeune femme…
Keiji mit exactement trente-quatre minutes pour faire le trajet aller, supportant, sans mot dire (ni maudire), son très bavard passager. De fil en aiguille, Keiji avait fini par savoir qui était exactement son client et quelle affaire secrète (ou pas) il allait régler au Lotus Bleu.

- Attendez-moi ici, s’il vous plaît. Je n’en ai pas pour long.

Et, sans attendre la réponse, l’homme descendit du char et s’engouffra dans le bâtiment. Keiji gara son char quelques mètres plus loin. Puis il laissa son regard divaguer sur la foule passante. Un reflet de soleil sur un morceau de métal attira son regard et Keiji blêmit : deux ninjas arrivaient par la ruelle d’en face et le soleil s’était reflété sur leur bandeau. Qu’ils portent aussi ostensiblement leur bandeau ne pouvait signifier qu’une seule chose. Ils étaient là en mission très officielle et l’un de leurs objectifs était de le faire savoir. Ce qui était chose faite. Ils étaient le centre de l’attention de la foule.
Nerveusement, Keiji jeta un regard tout autour de lui, histoire d’évaluer dans quel bourbier il pouvait potentiellement s’être mis. Keiji avait entendu dire que, de temps à autre, le Kiritsu se risquait à des opérations de « communication » où quelques ninjas « officiels » faisaient le ménage, appuyés par de discrets ninjas « officieux ».
Un mouvement fugace sur le toit d’en face lui fit rapidement comprendre qu’il était bel et bien pris dans une opération spéciale du Kiritsu.

Et meerrrde… Pourvu que mon client sorte vite. Sinon, on va au-devant de graves ennuis. Allez, garde la tête froide. Tu n’as pas eu maille à partir avec le Kiritsu depuis quatre ans. Avec les allers et venues dans l’effectif des ninjas, il est quand même peu probable qu’il reste un foutu mec – ou nana – qui me connaissent dans leur rang.
Allez, mon vieux, magne-toi de sortir du Lotus Bleu…


Alors que Keiji pestait contre son client, la place s’anima soudainement. Les deux ninjas – au moins des chuunins – se mirent en action. Keiji devina assez vite que leur cible, ce n’était ni lui, ni son client et encore moins le Lotus Bleu, mais une grosse baraque, accompagnée de ses trois gardes du corps. Sauf que les trois gardes du corps étaient, au vu des signes de leurs mains, des ninjas – renégats ou non – en train d’exécuter un jutsu. L’enfer n’allait pas tarder à apparaître sur la place.
Keiji décida, alors que les premiers jutsus commençaient à pleuvoir, de faire faire demi-tour à son char, prêt à ramasser son client dès que ce dernier pointerait le bout de son nez. Ce qui fut le cas, une demi-seconde plus tard. L’homme sortit précipitamment du Lotus Bleu, et se jeta littéralement au milieu de la mêlée.

Mais quel âne ! Pas l’choix ! Faut qu’j’aille le récupérer… Et, galère !

Keiji donna un coup de rênes pour lancer son dodo au trot et rattrapa le client qui se sentait un peu perdu au milieu de cette débauche de chakra. Miraculeusement, le client n’était pas blessé et aucun jutsu ne prit pour cible le char de Keiji. Sitôt le bonhomme chargé et attaché, Keiji lança son char à fond de train, histoire de sortir rapidement de ce merdier.

-Mer… Merci… Mais… Il… Faut… Que… Je… Vous… Dise… Mon… Affaire… Ne… S’est… Pas… Bien… Passée…

Tu m’étonnes, Babylone. Avec ce merdier, tous les accords qui devaient être en cours de négociation au Lotus Bleu ont dû tourner court…

-Ils… Ont… Dit… Qu’ils… Allaient… Me… Faire… La… Peau…

Génial ! Tu parles d’une première journée ! C’est bien ma veine, ça. J’suis sûr que Kentaro est dans l’coin. Ou Kalem… Ou Taïga… J’ai la poisse à chaque fois qu’ils sont pas loin… J’suis sûr qu’il y en a au moins un dans les parages…


Tout en continuant d’avancer à fond de train, Keiji jeta un œil un peu partout au tour de lui, histoire de voir si son client avait raison ou non. Alors qu’il s’apprêtait à se relâcher, il vit, non loin derrière lui, un autre char qui avançait à vive allure et dont les occupants n’avaient l’air guère jouasse.

Et galèèèèèèèère !

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