Village Nobeoka [Nara Ext]

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Re: Village Nobeoka [Nara Ext]

Message par Kentaro le 11/7/2011, 18:43

La pièce était chichement éclairée par une petite lanterne accrochée au plafond, qui produisait d’étranges jeux d’ombres sur les murs de pierre craquelés. La salle était pour ainsi dire vide, à l’exception d’une table en bois, qui avait connue des jours meilleures, et de quatre chaises, deux de chaque côté.

Keiji était tranquillement assis à l’une d’entre elle, attendant patiemment que les choses évoluent. Kentaro tournait en rond devant la seule fenêtre de la pièce, protégée par des barreaux, se demandant si les gardes entendraient quelque chose s’il essayait de la fracasser…

Le médecin prit soudainement sa décision. De toute façon, il était déjà en prison, pour avoir pulvérisé la maison de l’un des notables de Nobeoka, alors il n’était plus à petit acte de vandalisme près…
Kentaro attrapa fermement les barreaux, banda ses muscles et…

« Arrête-ça tout de suite ! S’écria Keiji. Mais c’est pas vrai, c’est une seconde nature, chez toi, d’essayer d’attirer les ennuis ?
_ Je cherche les ennuis !? S’indigna le médecin. Moi, je cherche les ennuis ? Mais c’est l’hôpital qui se moque de la charité, là ! Tu me rappelles comment on a atterrit dans ce trou puant ?
_ Il n’est pas puant.
_ Change pas de conversation…
_ Quoi de plus normal que de se livrer à une patrouille après ce qu’on venait de faire ? Rétoqua l’arbalétrier.
_ Tu veux rire ? Dans ce genre de cas, on file sans demander son reste ! On ne se constitue pas prisonnier, expliqua Kentaro.
_ ç’aurait été fuir nos responsabilités, asséna Keiji.
_ N’importe quoi… En attendant, notre mission, elle piétine, hein…
_ Relax. Une fois que nous nous serons expliqués, ils comprendront que tout cela n’est qu’une suite de fâcheuse coïncidence et nous libérerons, ça ne prendra pas longtemps.
_ Je te trouve bien optimiste, sur le coup. On a pourri une baraque, hein, rappela le médecin.
_ Nous sommes toujours dans le giron du Kiritsu, donc les dommages sont couverts par l’assurance du QG concernant ce genre de bavure.
_ Aïe… Déjà que j’étais dans le rouge…
_ Ah oui, ça ne va pas s’arr… Attend, attend, attend ! Parce que c’est pas la première fois que tu fais jouer l’assurance du QG ? Demanda Keiji, incrédule.
_ On peut changer de sujet ?
_ T’as déjà causé autant de dégât que ça ??
_ Non, franchement, j’ai pas envie de creuser la question, hein…
_ Mais tu… »

Keiji fut interrompu par le cliquètement du loquet de la porte de la cellule. Celle-ci s’ouvrit et l’un des chunins, arborant un splendide cocard et fusillant les deux zouaves de son œil valide, entra, suivit par un petit bonhomme vêtu de riches vêtements et arborant une splendide coupe afro.

« Les voilà, monsieur, fit le chunin.
_ Ah, bien, bien, bien… S’exclama l’homme en s’avançant. Vous pouvez nous laisser.
_ Mais… C’est que… Ils sont du genre violent.
_ Hé ! Je me suis constitué prisonnier, moi, rectifia Keiji. C’est Kentaro qui a résisté.
_ D’ailleurs, sans ton collègue, comment que j’t’aurai filé entre les doigts !
_ Je vous dis que ça ira, assura l’homme richement vêtu. Ils ne prendraient de toute façon pas le risque de maltraiter un commissaire dans l’enceinte même de la police. Ils ne sont pas stupides à ce point…
_ J’en mettrai pas ma main au feu, grommela Keiji en jetant un regard suspicieux à son compère.
_ Avoue que ça ferait un splendide otage, quand même…
_ Oublie ça !
_ Maintenant, veuillez nous laisser seul, j’ai à m’entretenir avec eux.
_ Bien, capitula le chunin, vous savez ce que vous faites… »

Le ninja repartit à contre-cœur et referma la porte, avant de la verrouiller. A peine le loquet eût-il fini de jouer que le commissaire s’agenouilla devant les genins en s’exclamant :

« Pardonnez l’esprit obtus de nos gardes, ô sublime Conseiller Spécial en Châtaignes et Tartes en tout Genre de notre Auguste Messie, ils ignoraient à qui ils avaient à faire ! Je vous conjure de bien vouloir les absoudre de leur faute. »

Les deux genins échangèrent un regard stupéfait. Visiblement, la coupe afro devait comprimer le cerveau du pauvre gars qui délirait complètement.

« Heu… » Répondit diplomatiquement Keiji en cherchant à gagner du temps. « Vous êtes… ?
_ Oh ! Pardonnez l’humble pécheur que je suis, je manque à tous mes devoirs. Je suis Junichi Tagaya, Haut Commissaire de Nobeoka et membre du troisième degré des Véritables Fidèles du Raclétoïsme. C’est ma maison que vous m’avez fait l’honneur de bénir, ô sublime Conseiller Spécial en Châtaignes et Tartes en tout Genre » Reprit l’homme en se tournant vers Kentaro.

Kentaro cligna deux fois des yeux avant de pousser un « oh noooon… » désabusé.

« Hum… toussota le médecin. Vous permettez que je m’entretienne un instant avec… heu… mon disciple… en privé ?
_ Disciple ? C’est une blague ?
_ Tout ce que vous voudrez, Seigneur ! »

Nullement étonné par la réaction du dévot, Kentaro empoigna le bras de Keiji, complètement médusé, et l’attira dans un coin.

« Mais qu’est-ce qui se passe, à la fin ? Il est complètement barge, ce type, ou quoi ? Chuchota Keiji.
_ Oui et non : c’est un religieux, expliqua Kentaro.
_ Ok, mais allumé à ce point là…
_ C’est en rapport avec sa religion.
_ Hein ?
_ Le Raclétoïsme.
_ Ils sont tous comme ça ? S’inquiéta l’archer.
_ À l’image du type qui les a endoctriné, quoi…
_ Mais comment tu sais ça, t… Non, ne me dis pas que…
_ Si, approuva Kentaro. La guerre schismatique de Nobeoka que nous avons causé opposait les Véritables Fidèles du Raclétoïsme au Vrais Croyants de la Raclette. Et j’étais avec le Mak’ des Véritables Fidèles.
_ Fichtre… Ben pour une coïncidence… Bon, qu’est-ce qu’on fait, alors ?
_ C’est évident, on va en profiter, répondit le médecin avec un sourire rusé.
_ Quoi ?!! S’indigna Keiji.
_ Roooh, c’est bon, rien d’illégal, non plus. On va juste jouer le jeu et en appeler à sa clémence. S’il ne porte pas plainte, ils ne peuvent plus nous retenir.
_ Mais…
_ Crois-moi, le bon sens n’est pas de mise avec ces fanatiques, assura Kentaro. Si on lui brise ses illusions, il va nous le faire payer. Je sais de quoi je parle.
_ Bon, bon… Ok, capitula Keiji.
_ On y retourne. »

Les deux genins revinrent à la table, sous le regard béat du religieux. Alors que Kentaro allait reprendre la parole, bien décidé à jouer le jeu, le pontife lui coupa la parole, le prenant de court.

« Est-ce que votre réapparition augure du retour de notre Divin Guide ?
_ Heu… Nan. Il est trop occupé à convertir les 3 villages pour revenir. Il m’a simplement chargé de… venir m’assurer que tout baigne dans le coin.
_ Alléluia ! S’exclama le dévot. Mes prières ont été entendues !!
_ Pardon ? S’étonna le médecin.
_ Je sens que t’as gaffé, toi…
_ Figurez-vous que ces sataniques Vrais Croyants de la Raclette nous posent toujours problème, ô très Saint, expliqua le plus sérieusement du mode Tagaya. Le mois dernier, ils sont parvenus à mettre la main sur la Spatule Divine de l’Apôtre Suprême de Remi Molette. A notre nez et à notre barbe, à nous, les Véritables Fidèles du Raclétoïsme ! Depuis qu’ils détiennent cette inestimable relique du Paradis Fromager, leurs adhésions ont bondi. Ils seront bientôt à même de nous submerger !
« Pire ! Un vent de sédition souffle parmi les brebis les plus vulnérables de notre Saint Ordre. La rumeur parle même d’hérétiques ayant renié leur foi pour l’ersatz de sacerdoce de ces maudits Vrais Croyants.
« Heureusement que vous êtes enfin arrivés pour mettre un terme à cette infamie et nous restituer ce Talisman bénie d’entre tous à nous, les Véritables Fidèles du Divin Gourou Absolu du Raclétoïsme.
_ Heu… C’est dommage, parce qu’on a un autre truc en court et que… tenta Kentaro.
_ Quoi !? S’écria Junichi, désespéré.
_ Nan, mais on va trouver le temps de s’occuper de cette broutille, assura derechef Keiji.
_ Oh merci ! Mille fois merci ! S’exclama Tagaya plein de gratitudes. Je n’en attendais pas moins des élus de notre Guide Suprême !
_ Genre on a eu le choix !
_ Venez, venez ! Je vais vous conduire à mon bureau pour régler toute cette paperasserie bureaucratique bassement terre à terre et vous serez libre en un rien de temps. Ces traîtres n’ont qu’à bien se tenir !
_ Heu… ça ne vas pas faire tiquer les autorités, ce genre de passe-droit ? Cilla Keiji.
_ Pas du tout, ô Révéré Champion Divin AOC. Je ferai passer votre Quête de la Relique Perdue en mission d’intérêt général, découlant de l’application de la sentence de vos soi-disant crimes.
_ Mais c’est de la falsic… Commença l’arbalétrier.
_ Bien joué, fidèle parmi les fidèles du Black Gourou, le coupa derechef Kentaro. Nous n’en attendions pas moins de vous.
_ Un instant, je dois m’entretenir en privé avec mon… heu… ’faut vraiment que je t’appelle comme ça ? maître, monsieur Tagaya. »

Attrapant par le bras son compagnon, Keiji l’attira dans un coin.

« Mais ça va pas la tête ? On ne va pas régler notre malentendu avec les autorités en falsifiant des documents ! Ça nous retombera dessus tôt ou tard.
_ Hé, ho ! C’st ta faute si on en est là, alors assume, hein…
_ MA faute ? Mais je les connais même pas, moi, tes frappés de la raclette !
_ C’est toi qui lui as dit qu’on allait s’occuper de son problème. Tu l’aurais bouclé, on s’en tirait avec une pauvre bénédiction à deux balles et s’était réglé. Mais non, évidemment, l’as encore fallu que tu joues les grands redresseurs de torts devant l’éternel.
_ Comment ça "encore" ?
_ T’as pas déjà oublié comment on atterrit ici ?
_ Mais ça n’a rien à voir !
_ N’empêche qu’on en est là doublement par ta faute, alors n’en rajoute pas. Tu la boucles et tu me laisses gérer jusqu’à ce qu’on est filé d’ici. J’ai plus l’habitude de ces guignols que toi. »

L’arbalétrier se renfrogna mais obtempéra. Quand Kentaro et son talent inné pour s’attirer les ennuis auraient fini d’enfoncer leur situation un peu plus, il serait alors temps de reprendre cette conversation. Surtout quant à la partie « t’inquiète, je gère »…

Les deux genins rejoignirent donc Tagaya, qui les fit quitter leur cellule et les conduisit droit à son bureau. Les deux jeunes hommes prirent place sur les sièges, pendant que le fonctionnaire s’installait à son bureau. Tandis qu’il commençait à jouer avec des classeurs et des dossiers, piquant des feuilles par-ci, ajoutant une note par là, raturant, scribouillant et signant à tour de bras, il tendit un plan aux deux comparses.

« Voila le plan de la rue des 4 Saisons. Au numéro 9 est sise leur basilique honnie. Vous ne pourrez pas la rater, elle est en face de la Très Sainte Statue du l’Illuminescent Délégué du Très Haut Remi Molette, Porteur de Son Message de Bienveillance Eternel.
_ Ils ont recyclé les grandes statues de l’entrée du Pizza Put ? Demanda Kentaro, à moitié-blasé.
_ Bwahaha, ces infidèles ont même tenté de récupérer les deux, mais nous leur avons subtilisé la seconde ! Jubila le fonctionnaire.
_ Pour votre propre temple, je suppose… Présuma Keiji.
_ Bien évidemment ! Quelle autre place conviendrait mieux à l’idole du Révéré Messager du Paradis Fromager ?
« Comme vous pouvez le voir, outre l’entrée principale, le bâtiment possède deux entrées de secours latérales, qui servent d’entrée de service pour le personnel de leur mascarade religieuse. Je suppose que ça vous sera utile comme information, à vous autres shinobis, expert en infiltration.
_ Hum…
_ Les séances liturgiques ont lieu tous les soirs à partir de 18 heures. Outre les hérétiques, de nombreux curieux et d’innombrables voyageurs se joignent à leurs élucubrations démentes. Ces misérables parvenus font un peu figure de curiosité touristique, ici.
_ Parce que vous, non, n’est-ce pas ? fit Keiji.
_ Bien entendu ! Car nous sommes une véritable religion qui a pour optique d’évangéliser les troupeaux d’ignares pour leur montrer la Voie du Raclétoïsme afin qu’ils trouvent le bonheur et la félicité, et non de vulgaires amateurs qui surfent sur le vide œcuménique présent dans le cœur des masses mécréantes.
_ Ha ben oui, tout de suite, ça change tout…
_ Et un fois la divine relique entre nos mains, on vous la remet où ? S’impatienta Kentaro.
_ Si vous pouviez venir demain à notre Cathédrale Fromagère, lors de la séance de 19h30, me la remettre en main propre, auréolé de lumière et …
_ Sauf qu’on a un planning très chargé, coupa Kentaro. On l’a, on vous la donne et on file. Ch’uis sûr que vous pourrez tout autant vous faire mouss… impacter les foules en revenant avec juste la spatule et pas le divin envoyé du Gourou Fromager.
_ Dommage… Soupira Tagaya. Très bien, voici mon adresse.
_ Génial. Sinon, les formalités administratrices, tout ça… C’est réglé ? S’enquit le médecin.
_ Bien évidemment, vous êtes libre, ô très Saint.
_ Bien joué, fidèle croyant. N’ayez crainte, nous nous mettons sur le champ en quête de la relique, ce n’est qu’une question de temps avant qu’elle ne rejoigne votre giron. »

Quelques pompeuses formules de politesses plus tard, les deux genins quittèrent le bureau du commissaire, descendirent quelques marches, et se retrouvèrent dans la rue, libre.

« Bieeen, souffla Kentaro. Tu vois ? Pas la moindre anicroche. Bon, on se dépêche de retrouver l’autre chieur et on part avant la tombée de la nuit.
_ Hein ? Mais… et la relique ? ‘fin la spatule… Demanda Keiji.
_ Genre, t’as vraiment cru que j’allais le faire ? On est libre et lavé de tout soupçon, pourquoi on irait s’encombrer de ça ?
_ Parce que tu nous a engagé à le faire ?
_ Roooh, c’tait du bluff, voyons ! Répliqua Kentaro.
_ Simple curiosité… Il t’est resté quoi de mon sermon de tout à l’heure sur la prise de responsabilités ? S’enquit Keiji.
_ Aucune idée, mais ça n’a sûrement pas le moindre rapport avec notre conversation actuelle, non ?
_ …
_ Si ? Pfff… Avec toi, pourquoi faire simple quand on peut faire compliquer, c’est ça ?
_ Ecoute, si on le fait, on va normaliser notre situation, expliqua l’arbalétrier. Alors que si on ne le fait pas, on va se mettre le commissaire à dos, notre dossier ne sera pas effacé, et il ajoutera en prime le délit de fuite. Alors si on a pas retrouvé notre zigue d’ici demain, on fera quoi avec tous Nobeoka à notre recherche ?
_ On improvisera bien à ce moment là.
_ Non, trancha Keiji. Tu fais ce que tu veux, moi je vais récupérer cette fichue relique… ‘fin spatule.
_ Rholàlà… Bon, ok, on va le faire si t’y tiens tant, ronchonna Kentaro.
_ D’ailleurs… Arrête-moi si je me trompe mais... C’était bien deux clones qui se trouvaient à la bataille, non ?
_ Si.
_ Alors leurs spatules auraient du se dissiper avec eux.
_ C’est le cas.
_ Mais alors… La prétendue relique ?
_ Ben une contrefaçon, évidemment ! Assura Kentaro. Mais ça on s’en fiche : eux, ils y croient dur comme fer. Et ‘va pas commencer une croisade pour les persuader du contraire, hein ! On a pas le temps pour ça.
_ Tu me prends pour qui ? Se défendit Keiji. Ch’uis pas le paladin blanc Nobeoka, non plus.
_ Ah bon !?
_ Donc on récupère cette spatule et on la ramène le plus vite possible à Tagaya, puis on reprend notre mission. Ça te va ?
_ Mouais. Ch’uis sûr que c’était plus simple de ne pas s’en préoccuper… »

Les deux genins suivirent tranquillement le plan que leur avait confié le dévot-commissaire, et parvinrent sans le moindre souci à trouver la rue des 4 Saisons, au sud de Nobeoka. Ainsi que l’avait dit Tagaya, il était difficile de louper la Basilique :

Tout d’abord, au beau milieu de la rue trônait une imposante statue de pierre haute de trois bons mètres, représentant un géant à la coupe Afro’ surdimensionné, armé d’une lance crépitante, l’autre poing brandie en signe de défi. Les religieux trouvant visiblement l’idole trop petite, ils l’avaient en plus placé sur un piédestal de marbre de deux mètres, pour être certain qu’elle attirerait l’œil. Ce qu’elle faisait très bien, du reste.

En face trônait la basilique, immense, imposante, dépassait tous les bâtiments des alentours. Le corps principal s’étendait tout en longueur, avec d’épais vitraux un peu partout, représentant diverses scènes liturgiques propre à la religion démente développée autour du culte de la raclette. La bâtisse était flanquée de deux ailes en pierre qui faisaient bien la moitié de sa longueur, et toutes deux surmontées d’un minaret, où des muezzins-cuisinier appelait les fidèles à la prière en déclamant des panégyriques à vive-voix au-dessus de chaudrons liturgiques qui emplissaient la rue de leur effluves méphitiques...

Etablissant un plan d’action, les deux genins improvisèrent une planque à la terrasse d’un café (juste à côté de la boutique de souvenirs des Vrais Croyants, en face de la basilique) et regardèrent les allers-et-venus des fidèles et des touristes.
Puis, à 18 heures, le duo se mêla à la foule des visiteurs, croyants et non-croyants, et pénétrèrent dans la basilique. Ils s’aventurèrent dans l’imposante nef et prirent place à l’un des bancs pour regarder la cérémonie. L’air de rien, ils notèrent les points remarquables des environs, telles que les corniches, les espèces de gargouilles aux murs (Kentaro y reconnut les valchekyries des Vrais Croyants), les verrières qui semblaient les moins solides, ce genre de chose…

Puis le Pont-L’évêque, tout de blanc crème vêtu, fit son apparition, une gigantesque spatule argentée de deux mètres à la main, si polie qu’on pouvait s’y mirer. Sur ses talons venaient quatre… choses en robes et armures rouges, équipées de lances et d’imposants boucliers, avec des masques bizarres et cornus vissés sur la tête (Des Valchekyries, supposa Kentaro, bien qu’elles n’arrivaient pas, loin s’en faut, à la hauteur des illusions endossées par Yassin, Tyrande et le Bleu). Un imposant homme-fromage fermait la marche (en tout point ressemblant au déguisement de Ryo, par contre, pour autant que le médecin puisse s’en souvenir).

Le prélat commença à proférer son sermon d’une voix grave et puissante, qui roulait et tonnait sous la voûte de la basilique, portant son Divin Message jusqu’aux brebis égarées les plus éloignées, grâce à la fantastique architecture des lieux.

Les deux genins n’écoutèrent pas grand-chose, se concentrant sur l’élaboration d’un plan d’action.

« Kentaro ? t’as vu les espèces de vaches guerrières, là-bas ?
_ Les Valchekyries ? Ouais, pourquoi ?
_ Des machins comme ça qui se baladent dans la rue, on les aurait forcément repéré, pas vrai ? C’est donc qu’il laisse les costumes ici. Et avec ce masque, nul ne connaît l’identité des valchekyries. »

Kentaro approuva d’un grognement, les yeux rivés sur le Pont-L’évêque qui agitait sa spatule miroitante dans tous les sens pour souligner avec emphase son prêche vindicatif.

« Alors ? Tu penses à ce que je pense ? Demanda Keiji.
_ Ouais. Ça va en faire du monde à boxer pour se tirer.
_ N’est-ce-p… Comment, ça boxer ? Attends, mais tu penses à quoi, là ?
_ On fonce jusqu’à l’estrade, on arrache la spatule du gros nul et on se carapate en courant comme des dératés. Si y’a davantage de touristes que de fidèles, on a une chance.
_ T’es sérieux ?? Mais t’es complètement dingue ! Tu…
_ Roooh, c’est bon, c’était une boutade. Ch’uis pas radical à ce point, non plus…
_ C’est nouveau, ça !
_ On va prendre le gros nul en otage pour sortir et personne n’osera nous attaquer. Ça ne fera pas un pli.
_ C’est un don, chez toi, l’art de foncer dans le mur tête baissée !?
_ Parce que tu crois que ton idée est mieux ? Les costumes doivent être sous bonne garde, avec le paquet de touristes, de curieux et de fanatiques qui traînent dans les parages !
_ Parce que t’as une meilleur idée, peut-être ?
_ Oui, je…
_ Autre que foncer dans le tas et advienne ce que pourra, je veux dire.
_ Ah. Alors non…
_ Bon, on a reconnu les lieux, très bien… Le prochain service est à 19 heures, ‘faut qu’on ait trouvé un plan et qu’on se soit préparé d’ici là… »

Les deux genins se levèrent et quittèrent la salle, tandis que les fidèles d’entre les fidèles gagnaient l’estrade pour se faire bénir par la Très Sainte Relique avant d’ingurgiter pieusement un morceau de fromage fondu.
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Re: Village Nobeoka [Nara Ext]

Message par Keiji Nakajima le 26/7/2011, 12:12

Mais quelle galère ! Et dire que, au départ, cette mission était simple : trouver un type et le ramener à Madame Satokira, pour que cette dernière puisse mettre en œuvre sa serre médicinale. On pouvait difficilement faire moins difficile. Et bien non ! Kentaro s’évertuait à compliquer de plus en plus les choses. Il avait tout d’abord fallu que Monsieur joue les filles de l’air, tout ça pour ne pas se rendre aux autorités locales. Et la course-poursuite qui s’en était suivie avait finie par nous conduire devant les personnes que cet imbécile voulait à tout prix éviter. Et maintenant, voilà que, pour se sortir de ce foutu pétrin, notre catastrophe ambulante n’avait rien trouvé de mieux que d’accepter une stupide mission de récupération d’un soi-disant artefact magique.
Nan, mais franchement. C’était la dernière mission que je faisais avec ce trublion. Sauf si le QG m’imposait de bosser avec lui. Mais en trouvant les bons arguments, je devais même pouvoir éviter ça.

Avant d’effectuer notre mission de récupération et malgré l’heure tardive (Nobeoka ne dort jamais ou presque), nous partîmes, chacun de notre côté, pour faire des emplettes. Pour ma part, je partis acheter quelques carreaux, des tissus (pour en couvrir la pointe), deux cordes d’une bonne vingtaine de mètres, quelques fumigènes et des shikais. Au bout d’une heure, nous nous retrouvâmes devant la statue de la place de la basilique.


_ Ah ! Te voilà enfin !
_ Hey, du calme, hein. Je te signale que c’est quand-même de ta faute si nous en sommes là, Môssieur le médecin qui ne réfléchit pas avant d’agir !
_ Ouais, bon, ben, tu vas pas en faire tout un plat non plus. On y va ?
_ Attends, attends. Tu as un plan ?
_ Ouais. Pendant que je faisais mes courses, j’ai réfléchi à quelques idées.
_ Et ?
_ On commence par le plan A.
_ Plan A ?
_ Oui. A comme « A l’assaut !! ».

Et se faisant, Kentaro se précipita droit sur la porte de la basilique en hurlant comme un dingue. Les portes fermées ne le ralentirent absolument pas puisqu’il les enfonça d’un violent coup de pied. Personnellement, faute de mieux, je le suivis. En regardant les bords des portes, je vis que ces dernières n’étaient absolument pas verrouillées. Espèce de butor !
Une fois à l’intérieur, Kentaro continua de foncer droit devant lui, en direction des escaliers qui devaient, selon toute logique, mener au bureau du patron de tout ce folklore, et donc à l’objet de notre visite. Alors que les escaliers n’étaient plus qu’à quelques mètres, une demi-douzaine de personnes, en armures rouges, lances et boucliers, apparurent en bas des marches. Kentaro s’arrêta brusquement, en pestant contre le sort. Et, alors que je jetai un coup d’œil par-dessus mon épaule, je vis une autre demi-douzaine de garde surgirent par la porte.


_ Keiji, on passe au plan B !
_ Le plan B ?
_ Oui. B, comme « Battre en retraite !! »

Il ne fallait pas me le répéter deux fois. Je fis face aux adversaires qui arrivaient par la porte. Ces derniers chargèrent, lances et boucliers en avant. Alors que l’impact se faisait imminent, je fis un saut sur le côté et adhérais, à l’aide de mon chakra, au mur. Puis je filais le long du mur jusqu’aux portes afin de m’échapper sans aucun dommage. De son côté, Kentaro parvint, par on ne sait quel miracle, à passer au dessus des lanciers et s’en sortit sans grand dommage non plus. Une fois dehors, nous filâmes sans demander notre reste.

_ Et maintenant, Kentaro ?
_ On passe au plan C.
_ Si c’est C comme « Chargez !! », tu oublies tout de suite !
_ T’es même pas drôle. Et toi, t’as une meilleure idée ?
_ Et si on passait par les fenêtres de l’étage ?
_ Hum…
_ La surprise, ça a parfois du bon, tu sais ?
_ Sauf qu’elles sont pas ouvertes, tes fenêtres.
_ Je sais. Mais, on peut les défoncer en se lançant d’une hauteur supérieure et en étant attaché à ces cordes.
_ Et tu crois que c’est plus discret ?
_ Non, certainement pas. Mais par contre, comme ils nous attendent en bas, à cause de ton plan A, cela nous laissera plus de temps pour nous emparer de notre objectif et nous enfuir.
_ Hum…
_ C’est pas parce que ce n’est pas toi qui as eu l’idée que tu ne peux pas accepter ce plan.
_ Défenestration !!
_ Quoi ?
_ On appelle ton plan, le plan D. D comme « Défenestration ».
_ Dis, t’es obligé de trouver des lettres à chaque nouvelle idée ?
_ C’est plus fun comme ça.

Plus fun, plus fun, mais qu’est-ce qu’il avait fumé pendant qu’il faisait ses courses ?
Pour mettre notre plan à exécution, nous montâmes sur les toits d’un bâtiment voisin, pas aussi haut que la basilique, mais suffisamment pour que nous puissions sauter et, avec notre chakra, nous adhérer sur le mur du bâtiment cible. Enfin, avec mon chakra et une corde me reliant à Kentaro. Car, ce dernier n’a absolument aucun talent dans ce genre d’exercice. Evidemment. Sans ça, cela aurait été trop simple. Heureusement, il y avait suffisamment de prises ici et là pour qu’il puisse m’aider dans notre ascension.
Une fois arrivés en haut, nous accrochâmes chacun notre corde. Puis nous nous approchâmes du rebord.


_ Ok, alors, je propose que tu y ailles en premier, fis-je.
_ Et pourquoi ?
_ Parce que traverser un vitrail, ça ne m’enchante pas du tout.
_ Parce que tu crois que moi, ça m’enchante, peut-être ?
_ Non. Mais, à la différence de moi, tu as ton foutu épiderme de diamant qui va t’empêcher de souffrir de blessures graves. Au pire des écorchures.
_ C’est pas une raison pour que j’y aille en premier.
_ Ah, je vois. Tu as peur.
_ ...
_ Nan, mais je comprends. Tu es une petite nature. C’est bon, je vais y aller en premier.
_ Peur ? Petite nature ? MOI !!! Nan, mais, je vais te montrer !!

Trop facile à manipuler, sur ce coup-là. Kentaro s’élança le premier et je le suivis juste après. La chute sembla interminable. Mon partenaire s’orienta dans les airs, de manière à venir percuter le vitrail les deux pieds en avant. Je fis de même. Mais, au moment où Kentaro percuta le verre, ce dernier n’eut pas la réaction escomptée. En effet, au lieu d’éclater en morceaux, l’ouverture résista très bien à l’impact. Kentaro s’écrasa donc la face contre le verre. Et deux secondes après, je venais le percuter et il fut prit en sandwich. Ce qui fut douloureux pour lui comme pour moi. A cause de son épiderme de diamant.
Nous remontâmes tant bien que mal jusqu’en haut, non sans maugréer l’un contre l’autre pour sa bêtise, sa maladresse et tutti quanti.


_ Bon, fit Kentaro. Après le plan D, on passe au plan E. Qui est ?
_ Tu me fatigues.

Alors que nous réfléchissions chacun de notre côté, une idée illumina mon esprit et celle de Kentaro.

_ Escalade, dit-il.
_ Minarets, fis-je en même temps.
_ Beuh ! C’est le plan M, ça.
_ Dis, tu pourrais être sérieux cinq petites minutes ?
_ Si, je peux. Mais c’est plus marrant comme ça, tu crois pas ?
_ Non.
_ Pff… Bon, c’est la même idée qu’on a eu. On passe par les minarets. Ils ont forcément un accès qui descend dans la basilique. On file par les escaliers, on fonce vers la piaule du mec au grand chapeau, on chope la cuillère et on file.
_ On file. Par où et comment ?
_ Bah, on avisera.
_ Il m’énerve. Mais il m’énerve.

Etant donné que Kentaro ne pouvait pas user de son chakra pour grimper jusqu’au sommet du minaret, nous utilisâmes une corde. Dans un premier temps, nous fîmes un nœud coulant pour attacher la corde au sommet. Mais après plusieurs essais infructueux de la part de Kentaro et de la mienne, je perdis un peu patience devant notre maladresse. Je pris un carreau à pointe, y attachais la corde et shootais. Le projectile se ficha à l’endroit exact que j’avais visé. Nous pûmes ainsi monter jusque dans le minaret.
Une fois à l’intérieur, je sortis une arbalète, tandis que Kentaro passait devant en activant son épiderme de diamant. Tel un dodo enragé, le genin appliqua le plan F (comme « foncer droit devant ! ») jusqu’au palier suivant, mais nous ne rencontrâmes pas âme qui vive. A mon grand soulagement. Franchement, cette mission, je la sentais de moins en moins.
Nous fouillâmes l’étage de fond en comble, mais nulle trace des lanciers (bonne nouvelle) ni de la spatule (mauvaise nouvelle). Nous décidâmes donc de passer à l’étage inférieur. Et là, manque de bol, il y avait trois lanciers. Qui, comme un seul homme, nous chargèrent. Leur tactique de combat était rodée. Deux de front, bloquant toute la largeur du couloir, tandis que le troisième était en retrait, sa lance dépassant à peine des boucliers de ses compères. Ils avaient dû sacrément bosser pour avoir une harmonie pareille. Mais, l’heure n’était pas à l’extase. Il nous fallait les neutraliser et vite. Bien entendu, Kentaro appliqua son plan C. Celui que j’avais refusé qu’il applique un peu avant.
Il esquiva les deux premiers coups et dévia le troisième. Il fracassa le premier bouclier d’un solide coup de poing. J’en profitais pour décocher un carreau qui vint frapper la tempe du gars qui s’effondra sans connaissance. Kentaro enchaîna par un violent coup de pied circulaire qui vint exploser le plexus solaire, coupant net la respiration du second larron qui tomba à genoux. Le troisième ne fit guère plus longtemps, Kentaro se saisissant de sa lance et l’attirant violemment vers lui afin de lui asséner un uppercut lui faisant voir trente-six chandelles.


_ Rappelle-moi de ne pas te foutre en rogne.
_ T’inquiètes, il y a peu de risques, me répondit Kentaro.
_ Et si, pour une fois, on appliquait le plan F.
_ Le plan F ?
_ Oui, F comme Finesse.
_ Euh… Disons que… c’est pas… vraiment ma spécialité, vois-tu ?
_ Oui, je vois très bien. Alors, il va falloir faire autrement. Parce que moi, je peux pas suivre. T’es un bourrin et moi pas. Alors, la CDNE, très peu pour moi.
_ CDNE ?
_ Charge du Dodo Noir Enragé, espèce d’inculte.
_ Et ça existe vraiment, le Dodo Noir ou bien est-ce une invention de ton imagination délirante ?
_ Ben, quand tu rentreras à Mahou, tu iras voir à la bibliothèque.
_ Hum…
_ Me dis pas que tu es persona non grata dans cet établissement ?
_ Ben, comment dire…
_ Mais c’est pas vrai d’être une pareille calamité. Bref, on va appliquer le plan F bis.
_ Gné ?
_ « Fais comme tu veux ».
_ Ouais. C’est pas mal. Comme ça, je ne t’aurais plus dans les pattes.

Mais qu’est-ce qu’il ne fallait pas entendre.
Bon, une fois le plan adopté, Kentaro continua vers les escaliers pour descendre vers l’étage suivant. De mon côté, j’entrai dans une pièce, avec une fenêtre qu’on arrive pas à détruire avec le poids d’un homme. Sauf que cette fois-ci, j’usais de mon arbalète, non sans avoir, au préalable, augmenté au maximum la tension de la corde. Le résultat ne fit pas un pli. Le carreau pulvérisa le vitrail. J’attachai ma corde à la poignée de porte et autour de ma taille. Puis je descendis le long du mur, adhérant à la surface avec mon chakra. Arrivé au dessus de la vitre du niveau inférieur, je sortis un fumigène. Puis, je bondis loin de la fenêtre de manière à tendre ma corde, puis, je fis face à la vitre et tirai un carreau. Ce dernier fit exploser le verre et, tout en arrivant à pleine vitesse, je balançais mon fumigène. Le but était de gêner leur acuité visuelle et de les shooter avec ma seconde arbalète que j’invoquai juste avent d’entrer dans la pièce.
Dès que je passai les rebords de la fenêtre, je défis le nœud et, à peine les pieds au sol, effectuai un magnifique roulé-boulé. Puis je me redressai et fis un tour d’horizon de la pièce. Personne. Par contre, il semblait que cette pièce fasse office de vestiaire. Cool. Mission infiltration. J’enfilai une tenue de lancier, ouvris la porte… et vis trente-six chandelles.


_ Putain ! Kentaro ! Abruti !
_ Hein ? D’où c’est que tu connais mon nom ?
_ Et là, tu me reconnais ? fis-je en enlevant mon masque.
_ Merde. Keiji ! Qu’est-ce que tu fous dans cette tenue ?
_ La finesse, tu connais ? Et l’infiltration ? Et l’art du ninja ? Ce sont des notions qui te parlent ?
_ Euh… pas vraiment.
_ A croire qu’on a pas été dans la même académie. Franchement. Allez, continue à jouer à les bourrins et oublie moi.

Et voilà. A peine eus-je finis ma phrase que l’animal repartit sans plus de chichis. J’vous jure. Tu parles d’un coéquipier.
Soudain, ce fut le calme plat.
.

_ YYYEEESSS ! Je l’ai trouvée ! hurla-t-il.
_ Moins de bruits. Sauf si tu veux alerter tout le barouf, bien sûr.
_ Nan. J’commence à fatiguer.
_ Et tu pouvais pas fatiguer avant de me mettre un caramel ?
_ Joker.

J’allais répliquer lorsque du bruit vint de l’escalier menant à l’étage inférieur (qui était peut-être le rez-de-chaussée, pour ce que j’en savais). Sans même se concerter, nous filâmes directement jusqu’au minaret par lequel nous étions entrés.
Bon, fallait impérativement trouver une diversion.


_ J’ai une idée. C’est le plan…
_ Tu me sors encore une lettre, je te décoche un carreau dans la tête. Puissance max.
_ … Ok. Je donne plus de lettre.
_ Sinon, ton idée, c’est quoi ?

Le sourire qu’il m’adressa ne me disait rien qui vaille. Je le vis sortir de sa sacoche des sarbacanes. Puis il sortit une petite bourse pleine de billes.

_ Qu’est-ce que c’est ?
_ Ben, des sarbacanes et des billes.
_ C’est pas ça ma question.
_ Paintball, me répondit-il, avec un sourire carnassier.Vise la grosse statue du touffu et redonne lui de la couleur !

Kentaro commença à arroser copieusement sa cible. Malheureusement, sa précision n’était pas vraiment à la hauteur de sa motivation. Grosso modo, les deux tiers des billes atterrissaient à côté. Je me mis à tirer aussi, augmentant de façon drastique le nombre de tirs justes. En temps normal, en pleine nuit, personne n’aurait rien vu. Mais entre l’effervescence que nous avions déclenchée et la pleine lune, tout le public massé sur la place de la basilique ne put que voir la profanation. En plus d’être éclaboussé à tout va.
Bien entendu, ils ne leur fallu que quelques secondes pour repérer l’origine des tirs et d’envoyer toutes une bande de fanatiques armés de tout un bordel sans nom, mais tout à fait capable de nous arracher tripes et boyaux.


_ Et maintenant ? Parce que moi, je peux me barrer en marchant sur les murs, mais toi.
_ Tadaa ! me fit-il en sortant une grande toile.
_ Excuse moi, mais j’ai loupé l’épisode où tu m’expliques ce que tu comptes faire avec ça.
_ Ah. Oui, c’est vrai. Avec cette toile, je saute dans le vide et elle ralentira ma chute, pour que j’atterrisse en douceur.
_ Oulà. Dis, t’es sûr de ce que tu dis ?
_ T’inquiètes. Je gère.
_ Mais, t’es pas bien. Tu vas quand-même pas sauté ?
_ Bien sûr que non. Cette toile, on va la faire brûler, pendant que tu shootes un carreau avec une corde pour que nous puissions filer tranquillement. La fumée de la toile va être assez épaisse pour nous cacher, dans cette foutue nuit de pleine lune.

Pas con, le gars. Sous ses airs de butor, il lui arrivait de réfléchir. Comme quoi, tout pouvait arriver. Et, ô miracle, cela marcha à merveille. Nous prîmes la fuite sous une bordée d’injures et une pluie de malédictions nous vouant aux sept enfers du Gourou Suprême de la Raclette. Cela faisait froid dans le dos, un tel fanatisme.
Nous retournâmes donc au point de rendez-vous, non sans avoir camouflé la spatule, histoire de ne pas trop attirer l’attention. Arrivés chez Tagaya, nous lui remîmes la Spatule Divine. Et en remerciement, il nous proposa d’assister à l’office spécial qu’ils allaient célébrer pour le retour de leur Relique. Nous n’osâmes pas refuser, de peur que le Haut Commissaire ne s’offusque et ne veuille pas effacer notre ardoise à Nobeoka. Cérémonie qui dura pas moins de cinq heures. Horribles. Longues. Ennuyeuses. Douloureuses.

Lorsqu’enfin nous fûmes libérés de cette torture et que le Haut Commissaire ait brûlé, devant nous, les documents relatifs à nos déboires (même ceux de Kentaro lors de sa mission officielle), il était neuf heures du matin.


_ Et maintenant, Kentaro, comment fait-on pour trouver le gars de Madame Satokira ?
_ Euh... là, franchement, je vois pas trop. Mais, on ferait mieux de trouver si on ne veut pas de problèmes avec elle.
_ Ah ! Vous voilà enfin. Ce n’est pas trop tôt.
_ Maman.
_ Madame.
_ J’étais inquiète. Le colis est arrivé à Narasu, mais sans vous. J’ai crains que vous n’ayez eu quelques problèmes. Ou bien que vous vous soyez attirer plus d’ennuis que nécessaires.
_ Nous ? Tu nous connais. On est pas…
_ Keiji, je ne connais pas. Pas contre, toi… On va avoir une petite discussion, avec ton père.

Le retour à Narasu allait être folklorique. Z’allez voir que ça va me retomber dessus.
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Re: Village Nobeoka [Nara Ext]

Message par Iarwain le 22/8/2011, 15:06

Ce RP est la suite de celui-ci


Ca y était. La guigne avait à nouveau frappé. Pas possible, une mission sans problèmes, hein ? Voilà qu’Hisoka m’annonçait que ça serait super si on allait chasser du nécromancien ensemble. Et qu’est-ce que je foutais, moi, hein ? Chasseur et chassé en même temps ? Pis il parlait d’un monastère où les gens faisaient que ça, et voilà qu’une nana débarquait pour lui donner un coup de main ! Infériorité numérique, quatre contre un, maintenant, vu le gabarit du monstre…
J’avais beau observé mes cibles sans m’arrêter, les quatre gorilles avec le tatouage et le maigrichon, pas moyen de deviner si le colis était là de son propre gré ou non. L’attitude des transporteurs pouvait aussi bien être protectrice que menaçante, ils pouvaient avoir passé un marché avec l’éventuelle victime pour qu’elle essaie pas de se barrer, sinon elle se ferait méchamment tabasser ou je ne savais quelle autre connerie. Bref, c’était la dèche, je savais pas quoi faire.
On était entré dans une taverne, puis les bonshommes avaient tracé tout droit en direction de ce qui semblait être la cuisine. Une sortie par derrière, sûrement, pour semer les importuns qui les suivaient. Genre moi. Ha. Mais du coup, l’aubergiste les salua d’un signe de la tête et jeta un regard suspicieux alentour. Forcément, comme j’avais été surpris, j’avais obliqué pour prendre les escaliers vers l’étage, là où se trouvaient sûrement les chambres.

Alors que je montais les premières marches, le patron s’approcha de moi d’un air menaçant, et me demanda ce que je voulais.
« Une chambre, évidemment ! »
« Ha mais faut payer, mon bonhomme ! »
« Je compte bien les inspecter avant ! »
« Après toi, alors ! »
Et oui, nous échangions des regards peu amènes. Ce connard de lourdaud me faisait perdre mon temps, qu’il se bouge, ‘tain !
Mon sens de l’orientation n’était pas terrible, mais heureusement l’escalier ne tournait pas, et au vu du positionnement de la cuisine, je savais à peu près par où ils étaient sortis. Je me dirigeai immédiatement vers une chambre offrant potentiellement la meilleure vue pendant que l’aubergiste babillait dans mon dos, me vantant son établissement blablabla comme quoi Izanami elle-même avait dormi dans le lit de cette chambre, et que ça coûtait seulement… Beaucoup trop cher. Jetant un coup d’œil par la fenêtre, j’eus juste le temps d’apercevoir les cibles tourner à droite dans la ruelle suivante. Un immeuble se trouvait derrière.
Je bousculai le gros lard pour bondir dans la chambre suivante, qui était au tarif normal. Je payai vite fait –je racketterai le QG sur le prix de la chambre plus tard, puis poussai l’aubergiste dehors, lui claquant la porte au nez. Malgré l’argent dans sa pogne, il faisait clairement la tronche. Boah, pas comme si j’en avais quelque chose à faire. Pis j’lui avais refilé des pièces de contrefaçon que je m’étais moi-même fait refilées y’a quelques temps. J’ouvris la fenêtre et sautai sans attendre, me réceptionnant d’une roulade et m’écorchant l’épaule sur un salopard de pavé qui dépassait.

Je jetai un bref coup d’œil dans ma ruelle pour vérifier que la voie était libre, puis m’engageai en étant invisible. Un genjutsu bien utile, que Ryo m’avait appris lors de la mission à Yukita. C’avait été sympathique, mais cela semblait avoir eu lieu il y a déjà quelques années de ça.
Hisoka me revint alors en mémoire. J’espérai qu’il ne s’était pas paumé, mais il était presque plus malin que ce que son gabarit laissait croire. Ha.
Comme je le pensais, la ruelle menait à un genre de cour intérieur ouvrant sur un immeuble du genre vétuste. Qui en l’occurrence était surveillé par deux types du genre concierges méchants et agressifs. Le genre contre lequel je me plaçais pas, quoi. Le moment d’aller envoyer Hisoka, qu’il serve à quelque chose. Rien que de le voir, les mecs allaient pisser dans leur froc et nous laisser passer. J’attendis deux minutes puis, aucun colosse ne se pointant à l’horizon, décidai d’entrer sans l’attendre.
Mais du coup, il fallait que je trouve un moyen. Je pouvais pas arriver et leur dire de me laisser utiliser leurs toilettes, huh ? Quoique…

Nan, c’est trop con. Pis ils ont l’air méchants en plus. Donc j’vais juste passer entre les deux en étant invisible, ils y verront que du feu.

Oh et puis nan. Et si mon invisibilité marchait pas ? Ca lui arrivait de bugger, et là, je me retrouverais comme un con au milieu de deux bouledogs. Pis si ça se trouvait ils avaient un genre de formation samouraï ou quoi, donc pas le moment de déconner, avec Hisoka en train de se balader dans le quartier au lieu de me donner un coup de main.
Du coup, je pouvais toujours tenter une fenêtre, mais bon, suffisait que je tombe sur une salle remplie et ça serait ma fête. Chanceux comme j’étais, j’allais tirer le gros lot et tomber sur la salle de muscu ou la caserne. Bref, un truc plein de coups de poings dans ma face.

En même temps j’avais pas trop le choix. Juste espérer qu’Hisoka referait son retard, j’étais pas le Secours Populaire, moi.

Ayant pris ma décision, je sortis de la ligne de vue des sentinelles puis passai sur les murs. Le but était d’entrer en douce dans le bâtiment. Peu probable qu’ils connaissent tout le monde qui travaillait pour eux, et je pourrais toujours me faire le tatouage moche qu’ils ont sur la trogne pour passer incognito avec un Henge.
Du coup, mon génie s’étant manifesté, tout se passait très bien. Je contournai les bonshommes dehors et arrivai au-dessus d’eux. J’aurai pu tenter de leur tomber dessus et de les défoncer par derrière, mais il y avait sûrement d’autres gens dans l’immeuble, et si je ratais mon coup, j’étais bon pour un aller simple au royaume des morts. J’connaissais bien un moyen de revenir mais l’esprit ne survivait pas et on se retrouvait à marcher les bras tendus devant soi en criant ‘’Cerveauuuuuuuuuuuuuuuuuuu !’’. A oublier, donc.

Je me la jouais donc Homme-Araignée, comme Spiderman, la star des écoliers Gensouards. Et ouais, y’avait de la culture, là-dedans, mine de rien. Et sans commentaire sur le type de culture. Je jetai un bref coup d’œil par une vitre pour m’apercevoir qu’il s’agissait d’un bureau vide. Niquel. En plus, c’était une fenêtre à guillotine. Je rendis une de mes mains adhérentes et soulevai le machin, pour me glisser enfin à l’intérieur.
Un ptit bureau, deux chaises, chacune de part et d’autre, du crépi sur les murs : le bureau bas de gamme type. Mais, surtout, des étagères avec des classeurs dessus. Soigneusement archivés en sus et classés chronologiquement. Ils étaient extra, ces types, en fait. Je choppai le classeur le plus récent, qui couvrait les deux dernières semaines, et l’ouvrit directement à la fin. Ici aussi, tout était classé chronologiquement, ce qui était tout simplement le coup de bol du siècle.
Après tout, ils auraient pu classer alphabétiquement, et je n’aurai jamais pu retrouver le colis que nous devions intercepter. Enfin, pas comme si j’allais déterrer quoi que ce soit maintenant, puisque j’étais tombé sur les registres de fournitures : clous, planches en bois, colle, peinture blanche, deux bureaux, douze chaises, quatre corbeilles à papier, etc…

Du coup, me restait qu’à infiltrer un autre bureau. Le choix important restait à faire. Repasser par l’extérieur ou tenter une infiltration par l’intérieur. Boah, cette dernière solution était sûrement la meilleure. Je fis donc un Henge, me transformant en gars baraqué avec un joli tatouage sur la face. Oui, il est des nôôôôôôôôôôôôtres…
Le couloir attenant était heureusement vide. Le bureau le plus proche se trouvait sur la droite, donc je poussai la porte avec l’air d’habiter ici, et gare à celui qui dirait le contraire, avec mon mètre quatre-vingt dix et mes cent kilos. Mais personne ne dit le contraire, ce qui n’était pas plus mal, au fond. La pièce était vide, et agencée exactement de la même manière que la précédente. Je farfouillai vite fait puis abandonnai : encore des conneries inutiles. Je retournai à la porte mais un bruit de pas et de voix dans le couloir me fit reculer prestement. La métamorphose était annulée depuis quelques secondes et, pour ce que j’en savais, les transporteurs n’avaient même pas le droit d’entrer dans les bureaux.

Ni une ni deux, je jetai un coup d’œil par la fenêtre. Elle donnait sur l’entrée par laquelle j’étais passé plus tôt, apparemment. Bah, les gens ne regardaient jamais en l’air, de toute façon. Je me glissai dehors, adhérant par chakra au mur, puis refermai derrière moi, tandis que la porte commençait à s’ouvrir. Chance ou pas, j’étais dehors. Comme descendre était difficile, je grimpai d’un étage supplémentaire. La fenêtre que je vis me semblait plus prometteuse. Grand bureau en noyer, armoire avec serrure, bref, le coin du patron. Ou du second. Enfin d’un type important, quoi.
En plus, y’avait personne. Par contre, la fenêtre semblait plus dure à ouvrir que les autres, et je ne me sentais pas de faire du bruit sans Hisoka pour servir d’assomeur. D’ailleurs, il foutait quoi ? Enfin, pas comme si j’avais besoin d’une baby-sitter, non plus.

Alors que je m’acharnais sur la fenêtre, sans trop de succès, je perdis mon appui. Ou plutôt, il glissa. Une brique s’était délogée et c’était celle sur laquelle j’adhérais. Totalement surpris et destabilisé, je partis vers l’arrière, hors de portée du mur où j’aurais plus ou moins pu me raccrocher. Et au troisième étage, la chute serait douleureuse. En me tendant de tout mon corps, je réussis à coller ma paume renforcée au chakra adhérent au mur. Je me trouvais déjà au deuxième étage et j’avais pris de la vitesse pendant mes trois mètres de chute.
Le chakra tint bon, mais, forcément, tout mon corps percuta violemment la surface à laquelle je m’accrochai vaguement. Vaguement car je venais de m’exploser les genoux et le nez dans des briques décrépies. Du coup, je retombai une nouvelle fois, mais cette fois-ci, le long du mur.
Le rebord de la fenêtre du deuxième étage me sauva plus ou moins, me faisant drôlement mal aux orteils, qui glissèrent, mais me permettant de me ralentir assez pour m’accrocher. Alors que j’avais du mal à réfléchir, avec un nez pissant tellement le sang que j’arrivais plus à respirer et qu’un goût de métal envahissait ma bouche, des mains m’aggripèrement et me tirèrent à l’intérieur, où je m’effondrai dans les bras de mes sauveurs, qui me tapèrent un peu pour être sûr que je ferai pas le mariole.

Quelques minutes plus tard, j’étais ficelé à une chaise, dans les vapes et du sang pleins les vêtements. Même si j’avais pu, soigner mon nez devant le leur aurait vendu le fait que je sois un ninja, ce qui n’était pas le meilleur plan du moment. Et mes genoux me faisaient atrocement mal, au point que, pour ce que j’en savais, j’aurai du mal à marcher pendant un moment. Sans compter mes orteils meurtris par le rebord de la fenêtre. Et le ptit passage à tabac de bienvenue, aussi.
Putain, j’étais grave dans la merde, en fait. J’avais plus trop de chakra après tout le temps à faire des Henge, marcher aux murs et faire l’invisibilité et de toute façon j’étais tellement dans le coltar que je serais capable de m’estropier si j’essayais de me soigner. Pis il fallait que je gagne du temps, histoire de pas mourir tout de suite.

Quelques hommes entrèrent dans la pièce et congédièrent le mec qui me surveillait. J’voyais un peu flou, mais l’un d’eux portait un genre de katana au côté, tandis que les autres ressemblaient plus à des bandits conventionnels. Et les questions commencèrent.
« Qui t’es, et qu’est-ce que tu foutais sur notre mur ? »
« Vous allez me tuer, pas vrai ? »
« Probablement. Allez, réponds, maintenant, on a tous des journées chargées. »
« Quitte à mourir, autant emmerder un peu les gens avant, nan ? »
« Quitte à mourir, autant le faire sans trop souffrir, nan ? » Okay, il marquait un point.
« Okuda Tao, 19 ans, voleur à Narasu. »
« Bah voilà ! Ensuite ? »
« Il y a environ un an et demi, j’habitais tranquillement avec mes parents dans un village à la bordure entre les territoires Toshin et Mahou. Du fait de bandits dans les environs, des ninjas furent envoyés à la requête de mon père, le maire du village. Seulement, les shinobis tombèrent dans un piège des bandits et subirent quelques pertes. Devant ce résultat désastreux, ils décidèrent qu’il s’agissait d’un piège du village et de mon père en particulier, et mirent le feu à notre maison, à nos champs, et exécutèrent mes parents sur la place du village. Je survécus par hasard, en me cachant dans la cave. Après des jours sans boire ni manger, les autres villageois réussirent à me libérer, mais il n’y avait plus rien pour moi au village. Je partis donc rejoindre les bandits, qui eux-mêmes allèrent à Arasu. C’est pourquoi je suis ici. » Je bougeai légèrement les genoux, une vague de douleur faisant ainsi monter des larmes à mes yeux. Pour le côté émotion, tout ça.
« On s’en fout. Tu foutais quoi sur notre mur ? »
« Seulement, le groupe de bandits se fit décimer par un gang qui recruta les rares survivants. J’en fais partie. Mais ce gang se fit lui-même effacer par Kiritsu à leur arrivée, et depuis je vis de ce que je vole et des rares contrats que je décroche. »
« Et si tu nous parlais de ce contrat ? Ca semble beaucoup plus intéressant que le reste. »
« Un type avec une capuche et une écharpe me dit de m’infiltrer dans ce bâtiment et d’en revenir avec les comptes. »
« Et, laisse-moi deviner : tu ne sais pas de qui il s’agit, c’est ça ? »
« Non. »
« Bon, merci du renseignement. Tu as 10 secondes pour te rappeler qui c’était, après quoi, on te tue. De manière affreuse, cela va de soi. »
« Attends. » fit le type au katana.
« Quoi ? » dit le parleur.
« Son histoire mémeut, j’ai connu la même chose, ou presque. Mon village a été attaqué par des ninjas de Chikara pensant que nous abritions des bandits. Je fus reccueilli, à moitié mort, par des samourais qui m’enseignèrent la Voie, mais, devant leur passivité face aux ninjas, je décidai de venir ici. Il n’a juste pas eu la chance que j’ai eu. »
« Calme-toi, Nabeshima. Tu ne sais même pas si ce qu’il a raconté est vrai. »
« J’ai senti sa douleur, et à quel point il est égaré dans sa vie. » Va t’faire, j’suis pas égaré, j’suis dans un bâtiment pourri avec la gueule en sang, évidemment que j’pète pas la formé !
« Tu es sûr de toi, Nabeshima ? »
« Oui. Mes intuitions ne m’ont jamais trompées. »
« J’vais y réfléchir. Bon, t’as gagné un sursit, petit voleur mystérieux, profite bien ! »

Si j’jouais le coup en finesse… Mais autant le samourai semblait être un putain de hippy, autant le ‘’chef’’ semblait en avoir dans le ciboulot donc… Hisoka, bouge-toi, merde !

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Re: Village Nobeoka [Nara Ext]

Message par Tokri le 24/10/2011, 00:38

Le vieil homme admirait le ciel bleu sans nuage. Il avait vécut tant d'année sous un tel ciel, sans jamais prendre le temps de le contempler. La chaleur de cette journée d'été fit remonter en lui une vague de nostalgie. Un temps révolu, où son coeur n'abritait qu'une tempête de haine.. L'ex-ninja ferma les yeux lorsqu'une douce brise vint lui caresser le visage. Sa vie... tant de perte et de douleur.

-Maître?

L'Utak sortit de sa rêverie et adressa un sourire paternel à son élève. Le jeune homme, d'une vingtaine d'années, s'impatientait.

-Oui?
-On attend quelque chose?
-Patience, petit homme. Quand on a mon âge, il arrive que des souvenirs fassent surface sans crier gare. Bref, commençons.

Inutile de le lui répéter deux fois. Le néo ninja lui envoya deux shurikens, qu'il esquiva sans mal. L'apprenti arriva à sa hauteur et passa au corps à corps. Tokri para et esquiva, tout en lui prodiguant quelques conseils avisés.

-Plus vite! Et monte ta garde, jeunot !

L'échange dura quelques minutes, jusqu'à ce qu'une violente douleur ne lui coupe le souffle. Le vieillard fut saisi d'une quinte de toux, tout en ayant la sensation que ses poumons s'embrasaient et qu'une succession d'épines aiguisés lui transperçaient la gorge.

*Pas encore... *

Un bac à sable. Des jouets. Une douleur à la joue. Les toits de Chikara défilant devant ses yeux. Du sang... Coeur brisé, le vide en son âme.

L'Utak parvient à reprendre son souffle, non sans difficulté.

* Que m'arrive t-il ? *


Des images, des souvenirs d'un lointain passé.


Le jeune garçon l'aida à se relever, visiblement inquiet.

-Comment vous sentez vous?

L'Utak fit quelques pas, d'une démarche peu assuré.

-Ca ira. Rentre chez toi, l'entraînement est terminé.


Nikita, l'unique médecin du modeste village, venait de finir son examen. L'ex-Chikarate l'a laissa ranger ses instruments, un cigare aux lèvres. Une fois cela fait, le vieillard lui posa la question qui lui brûlait les lèvres.

-Verdict?

Nikita jeta un bref regard à l'instrument de mort maintenu par ses lèvres.

-Vous devriez jeter cela.
-Soyez brève. Combien de temps me reste t-il?
-Votre maladie a évolué. Bien plus rapidement que je ne l'aurai cru...
-Vous ne répondez pas à la bonne question, mon amie. Quand vais je mourir?
-Pas longtemps, j'en ai peur. Une ou deux semaines, peut être plus... Ou moins, si vous ne vous ménagez pas.

En prononçant ses paroles, Nikita avait jeté un autre regard noir à la fumée qui venait de s'échapper des lèvres de Tokri. Ce dernier éclata de rire. Non pas d'un rire froid et cynique que beaucoup lui avait connu, mais d'un rire chaleureux et ravi.

-Vous êtes... heureux de mourir?
-J'ai lutté toute ma vie, semé des cadavres et des souffrances le long de mon chemin. Je me suis fait un nombre d'ennemi dont vous n'avez pas idée, j'ai toujours vaincu. Malgré tous les combats que j'ai mené, la mort n'a jamais voulu de moi. A présent qu'elle se décide enfin à me prendre, ne trouvez vous pas la situation fortement ironique? Amusante, même..
-Je trouve cela plutôt triste, monsieur Utak.

Tokri l'accompagna jusqu'à la sortie en la remerciant pour ses bons conseils.

-Ce n'est rien, mon vieil ami. Pour toute l'aide que vous avez apporté à notre village, je vous devais bien ce service.

Tokri lui assura que tout irait pour le mieux et ne rentra chez lui qu'une fois qu'elle eût disparu de son champs de vision. A présent seul, le vieil homme eût la soudaine envie de finir son cigare dans son jardin, à l'ombre d'un vieux chêne. Il ne fit que quelques pas, cloué au sol par une douleur devenu si familière.. La toux redoubla d'intensité, provoquant des spasmes lui faisant perdre toute capacité de mouvement. La brûlure remonta jusqu'à sa gorge, lui faisant cracher du sang.


Douce douleur, présente depuis tant d'années, tel une amie fidèle. Tu l'as ressens, n'est ce pas?

*Ma punition... *

Une belle sanction, oui.. Pour tes crimes. Ces vies que tu as brisé. Entends tu leurs cris? Leurs supplications? Tu en souffres, n'est ce pas? Douce douleur, si agréable...

*Va t'en... *

Pourquoi cela? Ta fin approche, le sens tu? Bien sûr que oui... Nous allons tous deux mourir.. mais tu seras le seul à souffrir, oh oui ! Hurle! Gémis! Que je me délecte de tes souffrances !

*Je te hais... je me hais... Je ne sais plus. *


Une homme furieux fuit. Course poursuite. Des coups, du sang... la défaite. Impuissant, une fois de plus. Des corps. Ensanglantés, mutilés. Triste cadavre. Nina, son amie. Eteinte.

*Qu'ai je fait ? *


Mon vieil ami... Pauvre fou à l'âme damné.


L'Utak ouvrit les yeux, l'esprit engourdi. La douleur, le goût de sang dans sa bouche.. tout avait disparu.

*Où suis je? *

Tu devrais le savoir, pourtant...


Une forêt. Sombre, froide. L'herbe à ses pieds étaient humide, comme si une violente averse venait tout juste de se terminer. L'Utak fit quelques pas... et découvrit un fantôme du passé. Mila. Aussi belle que le jour où elle avait quitté ce monde. Les bras écartés, comme pour l'accueillir, Mila fila quelques pas vers lui. Incapable d'articuler le moindre mot, l'Utak s'approcha lui aussi. Un sourire éclaira le visage de la jeune femme... rapidement remplacé par une grimace de souffrance. Une lame venait de lui transpercer le ventre, tâchant son blanc kimono d'une abondante trace rouge. La lame s'extirpa, faisant chuter Mila au sol. Rapide, Tokri pût la prendre dans ses bras et lui effleura la joue. Froide. Ivre de colère, le Chikarate leva les yeux vers le tueur. Sarouh Tsumyo.

-Nina est vengé. Nous sommes quitte, pas vrai?

Hurlant de rage, Tokri bondit vers son ancien ami. Ce dernier sauta loin en arrière, éclatant d'un rire froid et sans joie. Ce rire se modifia, pour devenir celui de quelqu'un de bien connu... Uril Utak. Son père. Celui qui avait tué sa propre femme et briser la vie de ses enfants.

Cédant à sa rage, Tokri engagea la lutte. Une étrange sensation de déjà vu le tiraillait. Peu importe, rien n'avait plus d'importance, excepté le fait d'éliminer cet homme haït de tout son âme. Bien vite, Uril s'éloigna, un sourire moqueur aux lèvres.

-Ce combat a déjà eût lieu, mon fils. Ne te rappelles tu pas?

Ne comprenant d'abord pas, le fils Utak tenta de ramener des souvenirs en sa mémoire.

-Oui... je t'ai tué.
-Exact. Et tu as accompli de nombreuses choses pour cela, n'est ce pas ?

Un corps s'écrasa alors devant lui. Gomaki Myo. Son premier sensei. Un ami de confiance, son mentor et son confident...

-Non...
-Il ne fut pas le seul, n'est ce pas?

Un second corps chuta, à sa droite cette fois. Okioto. Son grand frère tant aimée...

-La folie l'avait saisi...
-Et tu l'as éliminé de tes propres mains. Regarde !

Tout en prononçant ses paroles, Uril désigna les mains de Tokri. Ce dernier les observa en tremblant. Elles étaient maculés de sang. Celui de son frère... uniquement?

-Tout est de ta faute...
-Allons, mon fils. Ce sont tes choix, pas les miens. Tous ces morts, tu aurais pu les éviter, si tu l'avais voulu. N'est ce pas?
-Non... c'est faux !
-Tu vas mourir à ton tour. C'est pour cela que tu es là. Alors pour une fois dans ta vie, cesse de te mentir !

*Non... Je n'ai rien voulu de tout cela ! *


Quelle belle manière de te torturer, mon ami.

*Arrête ça, je t'en prie ! Laisse moi mourir en paix, s'il te plait.. *

Tu me supplies? Quelle tristesse. Dis moi, crois tu vraiment que je sois responsable de tout cela? Ne dis t-on pas qu'avant que la mort ne vienne nous prendre, nous revoyons toute notre vie défilé devant nos yeux? Ce n'est tout de même pas de ma faute si la nôtre n'est qu'une succession de cadavres !


-Dis moi, mon fils... Une fois que tu es parvenu à me tuer, t'es tu senti soulagé?
-Non...

Une tâche de sang macula le flanc d'Uril.

-Je le sais. Ta rage n'a pas disparu et tu es alors partis dans une nouvelle quête.
-Oui... Eliminer tout ceux qui t'ont apporté assistance.

Une pluie de corps s'abattit entre eux, des visages bien connu. Le ShishiTsumi et les Intouchables: les gardes du corps d'Uril. Deux visages frappa l'oeil de Tokri en particulier: Mutika et Izul, ses amis d'enfance.

-Izul, de la main de Mutika. Ce dernier était fou de rage suite à la désertion de sa petite amie. Ignorant qu'elle était enceinte, il a cru que l'enfant était le vôtre n'est ce pas?
-Oui, et il l'a tué pour cela...
-Et tu n'as pas eût d'autre choix...
-Que de le tuer à mon tour.
-Il fut le point de départ de cette série d'exécution. Après plusieurs années d'enquête, tu es parvenu à tous les retrouver et à salir tes mains de leurs sangs. Jusqu'à ce que tu retrouve Sarouh...

Il claqua des doigts, faisant tomber un nouveau cadavre. Haruka...

-Ta précieuse filleule, ta petite soeur adoptive... tué de la main de ton ancien allié.

Nouveau claquement de doigt. Nouvelle chute. Sarouh.

-Que tu as éliminé... Qu'as tu fait ensuite?


Ensuite? Il ose le demander?

*Je voulais oublier cette période de ma vie *

Pauvre faible...

La voix qui s'échappa des lèvres de Tokri n'était pas uniquement de sa propre volonté...

-Je ne me sentais toujours pas soulagé. J'en voulais encore, encore plus ! J'ai réfléchi... et me suis rendu compte que tu n'étais pas l'unique responsable. Ta quête de pouvoir, tu l'avais entreprise après avoir appris que Chikara était responsable de l'extinction de notre clan ! Le clan Utak, décimé durant la Guerre. Le clan de Sarouh fut massacré sur ordre de Mahou et Gensou ferma les yeux ! Ils étaient tous responsable de notre souffrance !
-Tu es donc partis du village, après avoir laissé un petit souvenir derrière toi !

Claquement de doigt. Pluie de cadavre.

-Ta propre famille...
-Ils se sont opposés à ma volonté.. Grave erreur.
-Puis...

Dernier claquement. Un nombre innombrable de corps chuta. Infini. Uril dut hurler pour couvrir le son des chutes.

-Tous ! Tous ceux qui se révélaient inutile pour toi ! Trahison, meurtre d'innocent, vils complots ! Tout était bon afin d'atteindre ton objectif !

Face à cette averse de ses victimes, Tokri reprit conscience...

*Qu'ai je fait? *


Ce que tu as fait? Tu as damné ton âme, pauvre fou...

*J'ai ensuite affronté d'anciens amis, sur le champs de bataille. Ils me laissèrent pour mort, et je pris alors conscience de ma folie. L'un de mes alliés me soigna, et je partis alors... jusqu'à rencontrer un village de paysans. *

Ces idiots étaient oppressés par de stupide bandits et autre hors la loi. A force de lutte, tu parvins à les repousser et tu pris quelques uns de ces manants en élève. Quel gâchis ! Nous aurions pût tant accomplir ! Tu t'efforças de m'enfermer au plus profond de ton âme et tu menas ta petite vie de minable ermite !

*Je n'ai jamais pu me pardonner. Ces crimes sont ma damnation et je ne pense pas mériter le droit de rejoindre ma famille et amis. Au moins, aurais je fait quelque chose de bien auprès de ces gens.. Au moins une.. *

Tout s'embrouilla devant ses yeux. La forêt disparut, pour faire place à un visage. Son élève, les larmes aux yeux, le tenait fortement dans ses bras. Le goût de sang était revenu, mais la douleur s'était atténué.

*Ai je le droit de mourir en paix?... Quel pitié. *


Ce fut une existence très distrayante. Je te remercie, vieillard.




Ulrigh essuya les larmes qui perlait le long de ses joues. C'était fini. Partis. Encore sous le choc, le jeune homme souleva le vieillard et le déposa délicatement sur son lit. Un sourire apaisé était gravé sur son visage. Ulrigh esquissa un sourire. Malgré toute les souffrances enduré, Tokri avait-il fini par faire la paix avec lui même? L'apprenti lui ferma les yeux, encore ouvert, ce qui lui donna une expression encore plus sereine. Après s'être essuyé les quelques larmes qui commençaient à embuer son regard, Ulrigh se pencha et déposa un baiser sur le front de celui qui avait été son père adoptif.

-Adieu, vieil homme.
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Re: Village Nobeoka [Nara Ext]

Message par Knolth le 30/6/2012, 12:11

Et tandis que les ombres s'étiraient sur le sol caillouteux et inégal de la périphérie de Narasu, devenant en cela les futurs vigiles et limbes de la nuit, la bande de Mongropoto trainait toujours dans la ruelle à la recherche de deux curieux personnages fugitifs.

Or Mongropoto était connu pour trois choses : sa bande qui contrôlait tout le passage du commerce illégal de pétunia, séquoia et anaconda vers Narasu, sa capacité à cracher très loin dans un mouvement des plus disgracieux et son obstination quasi-divine ... heu bovine ! Autrement dit il n'avait qu'une hate, celle de pouvoir foncer dans le tas et faire entrer dans un état mobile ses bras dont l'aspect ne pouvait que rappeler étrangement les arbres centenaires qu'on peut apercevoir sur les collines à l'horizon, mais pour arriver à ce but était prêt à attendre un moment.

Ces trois attributs le rendaient donc aussi bien comique qu'effrayant dans l'esprit de Knolth caché dans un tonneau deux ruelles plus loin tandis que Chihousou dont le sourire commençait à se dessiner, ses yeux s'ouvrant d'avantage dans le même temps, sortant de sa coutumière torpeur médicamentée, se tenait caché lui aussi dans le tonneau adjacent.

Alors il est vrai que rien de tout cela n'aurait du arriver si jamais un improbable concours de circonstance n'avait permis au destin de rassembler Knolth, deux autres ninjas fraichement arrivés et Chihousou, voilà comment les choses s'étaient déroulées ...


********************************************

Bon les marmots, désormais fini de jouer ! Une nouvelle étape se dessine ... Depuis bientôt sept années, la tempête de la guerre a fini de battre les villages avec furie. Le vieux roc a été submergé. Toutes les ruses et les brutalités de l'ennemi, toutes les lâchetés des faibles, toutes les infamies de la trahison, se sont acharnées sur le corps et sur l'âme des pays.
Pourtant, si nos peuples souffrent les pires douleurs, le choc ne les a point brisés. Quelle de nos provinces a marqué sa volonté de séparer son destin de celui de nos villages respectifs ? Quelle classe sociale s'est dressée contre l'intérêt général ? Quel grand courant populaire s'est écarté de la nation ? En vérité, toutes les misères et toutes les humiliations n'ont pu altérer l'esprit ninja qui désormais nous unit dans la surveillance de Narasu. Je ne crois pas que la masse des ninja ait jamais été plus ninja qu'à présent. Une fois de plus, dans notre longue Histoire, la preuve est faite de l'exceptionnelle cohésion que nous pouvons atteindre dans l'excellence et dans l'intérêt général qui est celui de la coopération pour une cicatrisation des blessures profondes de notre âme éternelle.


Le chef de la coalition ninja de Narasu, un homme robuste de 45 ans, le regard d'acier et les tempes grisées dans un kimono coloré avec un grand bâton cerclé de fer, regarda une fois de plus attentivement les nouvelles recrues, prenant le temps de savourer son propre discours, renforçant sa force en y ajoutant cet élément de poids qu'est le silence comme élément de gravité et de transition.

Si, dans la cruelle condition où nous nous trouvons plongés, nous croyons bon de souligner la solidité profonde de cet esprit, ce n'est certes point que nous méconnaissions la gravité des erreurs qui nous ont conduits au bord de l'abîme, ce n'est point que nous ignorions l'effort que nous avons à fournir pour nous refaire heureux et puissants. Nous savons bien que si l'horizon paraît maintenant s'éclairer, il s'en est fallu de peu qu'il nous fût à jamais fermé.
C'est pourquoi je vous enjoint dès maintenant à un respect mutuel que seul le temps et la confiance pourront sublimer pour atteindre l'alchimie dont nous pourrions avoir bien besoin.


Il donna alors un grand coup de bâton sur le sol, indiquant par là que la nouvelle étape dont il avait parlé aller commencer. Une étrange procession de ninja dont les mouvements semblaient déjà chorégraphiés et répétés, tel un élégant tourbillon commença à se mettre en place autour de l'orateur, formant des files, apportant des documents, des listes, un éventail et une grande bougie parfumée. Une fois tout le monde en place, il put ainsi commencer à appeler ces jeunes recrues pour les confier à des ninjas plus expérimentés. Tout les groupes purent donc partir au fur et à mesure avec leur mentor, Knolth se retrouva assigné avec deux autres jeunes, l'un de Mahou, l'autre de Chikara et à un géant à la peau pale et tendue dont le regard semi-clos, glaçant et fatigué, incitait plus au suicide qu'à la visite de la ville.

Il s'en suivit donc une visite somme toute assez classique des points classiques de Narasu avec des commentaires fait par la voix lointaine et abimée de Chihousou, qui se déplaçant avec grâce mais vacillant dans les petites rues tortueuses leur indiquait les noms des rues, des tavernes, des marchands qu'il allait falloir surveiller et/ou éviter.

Narasu, c'est une fourmilière et un iceberg. C'est une ville marquée par une activité qui est anarchique uniquement pour le néophyte et dont la majeure partie se fait en sous-sol dans l'obscurité et la moiteur qui caractérise les caves, les tombeaux et les bordels. C'est une perle dans cette boue que représente la trop calme région immédiate environnante ou une merde dans les tout les rapports des forces de l'ordre ... au choix.

Cependant que cela soit du à une envie pressante de trouver un lit ou une corde, les deux autres apprentis à la quatrième pause opium de Chihousou désertèrent pour les quartiers réservés aux membres de leur village. Et alors que Chihousou aurait enfin pu sombrer dans d'artificiels bras de morphée, enfin tranquille, Knolth lui demanda naïvement :


- Mais alors finalement, Narasu, c'est pas si dangereux que ça, si on connait, si ?
- Tu as fait le tour, je t'ai prévenu, si jamais tu veux t'y aventurer seul on risque de ne pas te retrouver entier demain matin.
- Donc on a vraiment tout vu ?

Une étincelle s'alluma alors dans le lointain des pupilles ternes de celui qui fut un jounin d'exception, pressentiment ou jouissance par avance, Chihousou qui proposa alors à Knolth :

- Oh mais si tu veux je connais un tripot, dans la banlieue de Narasu que nous n'avons pas encore visitée, tu y découvrirais un autre aspect de la ville qui t'exciterait plus ...
- Moi vous savez avec Kayni, on vous suivra partout !

Ah la douce innocence de la jeunesse, la fièvre du jeu et l'envie de boisson ...

C'est donc assuré que Knolth suivit son maître temporaire pour pénétrer à sa suite, triomphant, le front haut, le torse bombé, passant les rideaux de perle qui déterminent l'entrée et ... tel un ballon de baudruche, se dégonflé aussi sec dans un chuintement caractéristique face au spectacle qui s'offre à ses yeux : la lumière se voulant tamisée voulant donner aux clients une impression d'intimité laisse pourtant apercevoir aussi bien les corps huilés, les fronts mouillés, les fumerolles bleutées que des gerbes de pailles dissimulant mal visuellement et inutilement olfactivement les rejets alcoolisés des clients des premières heures. De nombreuses tables triangulaires parsèment la salle, y sont avachis des joueurs au regard fiévreux (jeux de carte, jeux de boules, jeux de dupes), des buveurs aux bajoues rubicondes et d'étranges personnages se drapant des des tuniques amples et un silence glacial. En arrière fond on aperçoit un homme amoché et enchainé qui joue de la harpe, accompagné par deux magnifiques créatures ailées et emprisonnées qui alternativement lâchent quelques notes pures et de toute beauté, contrastant avec le reste de la salle ...

C'est désormais la queue entre les jambes et légèrement décontenancé que Knolth suivit Chihousou jusqu'à une table isolée, Kayni préférant resté blotti contre le torse de son maitre en attendant de quitter ce lieu puant.

[À TERMINER, CECI EST INCOMPLET, j'arrive jusqu'au début du Flashback avant de te passer la main Chihou', cependant je pars en rando là donc je termine rapidement vers le 10, excuse moi du retard]
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Re: Village Nobeoka [Nara Ext]

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