L'attaque de Gensou

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L'attaque de Gensou

Message par ANBU Gensou le 13/7/2011, 00:38

Masque de vipère


Elles se trouvaient dans le marais à l’extérieur du village, et il restait encore un peu de chemin à parcourir pour atteindre celui-ci. La jeune femme toisa son interlocutrice au masque de guêpe. Un large sourire pernicieux se dessinait derrière son propre masque. Elle avait les mains posées sur ses hanches. L’autre semblait ne presque plus tenir debout tout en essayant de soutenir le regard de Vipère. Ou du moins l’endroit où devrait se trouver son regard, les masques empêchant totalement de distinguer quoi que ce soit.

« Alors… ? » Le venin semblait couler de chacune des paroles de l’Anbu Gensouarde.
« Et bien, il ne semble pas que vous soyez la plus haute autorité de ce village ? » répondit l’autre.
« Peuh… Si vous savez ce que cela peut me faire. Je veux savoir ce qui vous amène. »
« Et je ne vous le dirais pas. »
« Vous savez, un Anbu, a fortiori Chikarate, lorsqu’il est épuisé, peut rarement vaincre un autre Anbu… »
« Vous ne m’attaquerez pas ! »
« Ce n’est pas mon intention, mais.. »
« Ah ? Et bien laissez-moi passer. » Guêpe fit quelques pas vers l’avant. La façon dont elle titubait semblait trop irréelle. Elle cachait sa force, se dit Vipère.
« Ce n’est pas mon intention mais si je ne peux savoir, personne ne saura. »
« Vipère ! »
« C’est bien mon nom. » De fait, elle était ravie que ce soit ce masque qui lui soit échu, et non un autre masque humiliant. Des rumeurs couraient comme quoi il y avait un masque de truie à Mahou. Rumeurs qui faisaient énormément rire les Anbus des autres villages.

Megumi jubilait. Guêpe était complètement à sa merci. Elle semblait avoir couru sur plusieurs centaines de kilomètres et, si elle venait de Chikara, il lui avait fallu au moins trois jours. Il lui faudrait un peu de temps pour se remettre et elle était certaine que l’information était trop importante pour que Guêpe attende. Elle craquerait. Le plus tôt serait le mieux.

« Bon, tu ne veux toujours pas me lâcher d’informations ? Si je te tue maintenant, personne ne saura rien. Un accident est si vite arrivé dans les marais… » reprit suavement Vipère.
« Nagame… » commençait à se résigner Guêpe.
« Quoi, Nagame ? » Megumi fut surprise un bref instant.
« Chikara est assaillie par Nagame ! Laisse-moi passer immédiatement ! » L’Anbu Chikarate suintait l’énervement d’avoir été acculée.
« Je vais faire mieux que ça, je vais t’escorter jusqu’à Gensou et jusqu’au Kage surtout. » Il ne faudrait pas que sa légère obstruction ressorte mal dans son dossier car, après tout, elle n’avait fait que protéger le village d’un individu masqué. Le tissu d’excuse se brodait déjà dans la tête de Vipère.
« Je peux me débrouiller toute seule, je suis une grande fille. » Maintenant que l’épreuve était passée, Guêpe semblait reprendre du poil de la bête.

Le ton de la Chikarate ne lui plaisait pas du tout. La nouvelle de l’attaque de Nagame lui avait mit un froid mais, tout de même, cette garce ne devait pas la rabaisser. Quoi qu’il en soit, elle la suivrait, de près où de loin. Ce qui se tramait dans le désert l’intéressait au plus haut point. Surtout que ses actes en de telles occasions pourraient lui valoir quelques récompenses. Ses yeux brillaient, son cerveau organisait tout à deux cent à l’heure. Il y avait deux choses qui intéressaient les femmes comme Megumi ; le pouvoir et l’argent. Et le pouvoir passait par l’information, être le premier au courant, c’était être au-dessus des autres, pensait-elle.

« Bien, suis-moi ! »
« Il n’en est pas question, je n’ai aucune confiance en toi et je connais le chemin jusqu’à Gensou. »
« C’est ça, appelle-moi lorsque tu seras embourbée dans la marécage. »
« Un autre jour peut-être, je pourrais venir barboter avec toi. »
Vipère grinça des dents : ce qu’elle pouvait être énervante. Vipère trépignait de rage tandis que l’autre partait annoncer à son propre supérieur la nouvelle. Mais… si elle arrivait avant la Chikarate, elle pourrait l’humilier et ainsi se valoriser. Hum, elle aimait ça.

Tout dans la demeure du Kage était semblable à ce qu’on pouvait s’attendre d’un homme aussi fermé que lui. Rien ne clochait. Tout était propre du sol jusqu’au plafond. Tout y était rangé de manière symétrique et organisée. Il n’y avait absolument rien de personnel dans ce bureau aux allures sinistres. Azuma Satsunada, le Gensoukage, restait comme à son habitude droit, figé, le visage de marbre, attendant les explications de la femme masquée qui se tenait devant lui. Une autre femme au masque animal fit irruption dans la pièce. Quand elle vit que la Chikarate l’avait devancée, Megumi poussa un grognement sourd de mécontentement. Elle n’aurait peut-être pas du se perdre dans ses propres pensées de gloire et de succès.

« Oui ? » interrogea le Kage.
« Oh, je venais voir si tout allait pour le mieux. » s’excusa-t-elle. Et voilà qu’elle passait pour une cruche.
« C’est le cas, merci. » Mais il ne la fit pas sortir.
« Ah… »

Le regard froid de l’homme avait fait perdre toute idée malsaine à la Gensouarde. Derrière son masque, Guêpe souriait. Un sourire narquois adressé à sa ‘’rivale’’. Vipère le perçut assez rapidement et se reprit. Elle darda un regard en coin à l’Anbu du désert qui se retourna vers le chef du village des marais. Celui-ci, qu’il ait perçu la tension entre les deux femmes ou non, n’avait pas cillé. Il attendait toujours le discours de son interlocutrice, le regard posé sur le visage masqué en face de lui.

« Et bien… toussota la concernée. Le fait que je vous rapporte est des plus graves… »
« Oui ? »
« Le village de Chikara est assailli par les armées de Nagame. Lorsque j’ai quitté le désert, les armées ennemies l’abordaient seulement mais leur animosité ne fait aucun doute. C’est donc au nom du Kage de Chikara, Kenji Kuroda, que je vous prie de venir en aide au village caché du sable, en rappelant l’alliance passée entre nos deux villages. Aussi, quelle que soit votre décision, même si je ne doute aucunement qu’elle soit positive, je vous demande d’envoyer un messager pour Mahou afin qu’il informe le peuple des forêts de notre position peu agréable. » Elle semblait avoir répété longuement, songea Megumi. Elle rappelait les traités passés, se montrait faussement confiante en la décision du Gensoukage d’aider Chikara et lui demandait une autre faveur. Bref, de la diplomatie basique. Elle avait sans doute appris le discours par cœur au moment de quitter son village. Vipère savait que c’était mesquin de penser ça, mais elle était énervée.

Une fois qu’elle eut fini son bref discours, le Kage la regarda profondément dans les yeux puis détourna le regard pour s’adresser à Vipère. Elle soupira un peu en levant les yeux au ciel pour bien faire comprendre à Guêpe que ce petit speech ne la touchait en aucune manière. Mais contrairement à ce qu’elle laissait percevoir, elle était très inquiète. Que déciderait le Kage ? Comment pourrait-elle montrer sa valeur ? Elle exécuta rapidement les ordres de Satsunada -à savoir, envoyer Limace à Mahou en lui faisant passer le message- puis revint auprès du Kage pour savoir ce dont il pourrait avoir besoin. En se rendant ainsi disponible, elle escomptait bien marquer l’esprit du Kage. Elle ouvrit la porte et vit sa rivale en grande discussion avec son supérieur autour d’une tasse de thé. Mais comment pouvaient-ils discuter tranquillement en une telle période de troubles ? Et sans qu’elle ait pu écouter le début et grappiller la moindre information ! Megumi rageait.

« Excusez-moi, je ne vous dérange pas ? » Son ton se voulait sarcastique et adressé à la jeune femme du désert.
« Absolument pas. Par ailleurs, j’aurais besoin de réunir quelques conseillers alors si vous pouviez… »

Elle claqua doucement la porte –ce n’était pas le moment de se faire mal voir, verte de rage, n’écoutant qu’à peine les derniers mots du Kage. Il l’envoyait balader et la prenait pour une soubrette, l’envoyant faire des commissions. Elle n’était pas devenue Anbu pour servir le thé et aller chercher des camarades de jeu ! Surtout que pendant ce temps, l’insecte discutait tranquillement, au lieu de retourner protéger son village. Elle allait voir, cette idiote, que le venin de la Vipère était plus mordant que celui de la Guêpe…

Le Kage réunit son conseil de guerre dans les plus brefs délais. Il en résulta qu’un peu moins de la moitié des troupes présentes à Gensou partirait pour Chikara, avec quelques Kounins pour les encadrer et légèrement moins d’Anbus pour surveiller des attaques surprises. Vipère était de ceux-là, et Guêpe s’était jointe à l’armée, qui se dirigeait droit vers Chikara. Les préparatifs furent brefs : en trois jours, l’armée était sur le pied de guerre, prête à partir, à l’aube du quatrième, elle commençait à avancer. Les éclaireurs signalaient les déplacements de Nagame et Kuma, qui s’étaient alliés aux premiers, sans vraiment de surprise, et guidaient l’armée par le meilleur chemin.

Megumi, quant à elle, comme quelques autres Anbus, servait d’intermédiaire entre les éclaireurs et la ‘’haute instance’’. Encore un travail subalterne... Elle ne pouvait pas plus mal tomber. Elle en rageait encore. Mais impossible de désobéir au Kage. Vipère durcissait son cœur tandis qu’elle courait obtenir les informations des divers éclaireurs envoyés par les Kunins. Elle aurait tout fait -même remplacer le pauvre Limace qui avait dû rencontrer le soi-disant terrible Kage de Mahou- plutôt que de s’abaisser au rôle de messager. Les principales informations qu’elle transmettait n’étaient que de vulgaires résumés d’accrochages avec les Tôshins, dont les patrouilles n’hésitaient pas à provoquer les shinobis qui passaient, et quelques bisbilles avec les éclaireurs ennemis. Rien de bien intéressant. Quelques troupes très avancées avaient aussi rencontré des Chikarates qui, eux, assaillaient Nagame par l’extérieur. Ils avaient du se retrouver coincés à l’extérieur du village.

Elle approchait maintenant de la tente dévolue aux Kuunins, un truc en forme de croix haute de cinq mètres en son centre. Une branche servait d’entrée tandis que les autres protégeaient des tables couvertes de tables, des panneaux et des tas de chaises. La plupart des troupes n’étaient pas briefées là, seuls les shinobis relativement gradés y ayant droit. Pour les briefings plus généraux, ils avaient lieu dans une immense chapiteau marron-vert rempli de chaises et contenant même une estrade ! Mais bref, pour la ‘’petite’’ tente de briefing, ils y faisaient plutôt des plans et réceptionnaient les condensés de rapports faits dans une tente attenante par une cohorte de gratte-papiers. Le Kuunin présent à l’intérieur était Tasuki Hyoko, un pauvre type comme une lame qui semblait tellement ennuyeux que même les autres Kuunins, pourtant habitués à des standards ridiculement bas concernant leur compagnie, semblaient l’éviter.
« Hum… » toussota-t-elle.
« Qui est-ce ? »
« Je viens déposer mon rapport. »
« Dans la tente de droite, votre présence ici n’est guère plus que tolérée… » L’attitude du Kuunin était méprisante. Peuh, un tel être ne méritait pas de diriger, et encore moins de la diriger.
« Seulement, mon rapport n’est pas un rapport écrit. Quant à votre présence, c’est par son odeur qu’elle m’indispose. » Vipère était sur les nerfs, et donc agressive, ces derniers temps. Même certains des autres Anbus l’évitaient, sentant sa détestable mauvaise humeur. Ceux qui ne l’avaient pas senti en avait rapidement fait les frais, et en avaient tiré les conclusions qui s’imposaient.

L’intéressé se retourna et lança sur Megumi un regard implacable. Il ne dit pas un mot de plus, probablement par manque de répartie, et attendit patiemment que l’Anbu ouvre la bouche. Celle-ci commença son rapport par les quelques altercations qui s’étaient produites avec les samouraïs dans la journée pour prévenir par la suite que le ravitaillement des troupes ennemies, ainsi que leurs déplacements étaient on-ne-peut-plus normaux.

« C’est tout ce que vous avez à me dire ? Guère palpitant, je dirais. On devrait engager des Kounins pour ce genre de missions, ils nous rapporteraient sûrement des informations plus intéressantes… »
« C’est vrai, les toutous sont bien plus aptes à ce genre de missions. Si vous souhaitez me remplacer, n’hésitez pas surtout. Par ailleurs, je suis sure que récurer les latrines à la place d’un pauvre Genin serait aussi dans vos cordes. D’ailleurs, les chienchiens ne reniflent-ils pas la merde ? » De fait, toute personne la cherchant la trouvait, et plutôt deux fois qu’une, ces derniers temps.

Elle s’en fut avec un sourire au coin des lèvres. Par deux fois, elle avait rabattu le caquet du petit chienchien à son papa. Qui était son papa à elle aussi, mais bon, entre un enfant émancipé et l’autre, il y avait un gouffre. Ne restait plus qu’à tenter de faire de même avec l’Anbu Chikarate, qui accompagnait l’armée dans son avancée et qui, à chaque fois, lui clouait le bec. Une satanée répartie, ce petit insecte, mais la tapette n’était pas loin et Megumi sentait qu’elle pourrait l’écraser bientôt sans problèmes…

Après une nuit de repos, peu confortable dans une tente préparée juste pour elle, tente absurdement minuscule, Vipère repartit pour collecter les nouvelles informations des éclaireurs. Elle n’eut même pas le temps d’arriver jusqu’à eux qu’elle les voyait déjà courir dans sa direction. Bon, même si ce n’était pas une bonne nouvelle, on pouvait dire que ça avançait, au moins. L’affaire avait été tellement stagnante du côté de Nagame qu’elle préférait amplement un peu d’action. Et puis, si quelque chose bougeait de ce côté-là, elle serait sûrement assignée à un autre poste que pigeon voyageur. Elle aborda donc un des éclaireurs qui revenaient en courant.

« Hé, toi ! Qu’est-ce qui s’est passé pour que vous reveniez tous ? » demanda-t-elle avec un ton autoritaire qui, trouvait-elle, lui seyait parfaitement.
« Environ la moitié des armées de Nagame présentes autour de Chikara se retournent sur nous. D’ici trois jours, nos armées devraient se rencontrer. » haleta-t-il, content qu’un Anbu soit sur place.
« Et Kuma ? Toujours sur ses positions ? »
« Nous pensons qu’ils espèrent couler le village du sable avant notre arrivée. »
«Oui, probable que la moitié d’armée qui marche vers nous ait pour principal but de nous ralentir pendant que Nagame et Kuma font plier Chikara. Après quoi ils pourraient reporter l’ensemble de leurs forces sur Gensou. Notre détachement serait la première étape, puis le village. Avec un peu plus de la moitié des troupes, peu probable que le village offre une résistance hors normes, sans même parler d’une victoire. Il ne resterait alors que Mahou… Bon, je file dire ça là-bas. »

Le fait que ce soit elle qui préviendrait les autorités l’enchantait. Le fait qu’elle doive en parler à des Kounin la faisait presque vomir. En fait, simplement leur parler la faisait vomir, se dit-elle. Elle élimina toute pensée négative, et accéléra un peu. Lorsqu’elle arriva au camp, elle se retrouva nez à nez avec Guêpe qui lui barrait la route.

« Si tu reviens si vite de ta soit disant mission, c’est qu’il se passe quelque chose. » Le regard de la Chikarate montrait bien qu’elle ne lâcherait pas le morceau.
« Etrange, j’ai comme une impression de déjà-vu… » ironisa Vipère.
« Moi aussi, mais j’ai aussi l’impression que ça ne se finira pas comme la dernière fois, à l’avantage de la messagère. » rétorqua Guêpe.
« Œil pour œil, dent pour dent, c’est ça ? »
« Alors ? Dis-le moi tout de suite, de toute façon, je ne te laisserai pas passer. »
« Les rôles s’inversent. Mais moi, il suffit que je te contourne et… »

Joignant le geste à la parole, Vipère démarra sa course à droite de Guêpe. Celle-ci, ne se laissa pas faire et lui bloqua une seconde fois le passage. Ses réflexes étaient plus vifs, elle était plus rapide. Quelle déveine pour elle, qu’elle se donne tant de mal pour arrêter un clone inconsistant ! Megumi se retrouva derrière sa rival, un rictus de satisfaction sur le visage. Ces brutes Chikarates étaient décidément encore plus simples d’esprit que ne le disait la rumeur.
« Bon, j’ai pitié de toi, une pauvre fille du désert dont le village se fait actuellement raser, et forcée de faire appel à la charité des autres pour survivre… » commença la Gensouarde.
Devant le silence de son adversaire, elle continua :
« Une partie de l’armée de Nagame se dirige vers nous. »

Vipère ne comprenait pas pourquoi Guêpe avait voulu lui faire obstruction. En tant qu’ambassadrice de Chikara, elle serait naturellement prévenue en cas d’information importante. A moins que se jouaient actuellement une partie politique qu’elle ne pouvait lire, n’était pas assez proche des acteurs principaux. En effet, si l’administration de Gensou laissait l’Anbu de Chikara dans le flou, celle-ci deviendrait forcément assez desespérée pour chercher des informations là où elle le pouvait. Et la seule personne à laquelle elle était liée se trouvait être Megumi. Ou peut-être que Guêpe ne souhaitait que tromper l’ennui de la marche et l’ennuyer. Bah, dans un cas comme dans l’autre, elle pourrait sûrement se servir de la jeune femme. Au moins lui extorquer des informations.
Ne restait plus en elle que jubilation et détermination. Elle s’en fut trouver les responsables, leur balança ce qu’elle savait et ignora leurs commentaires persifleurs. La roue commençait à tourner en sa faveur, et ce n’était pas le moment de rater le coche. Elle ressortit de la tente décisionnaire sans piper mot, mais en sifflotant et alla s’asseoir à l’écart de l’armée. Celle-ci continuait à avancer de jour en jour. Régulièrement, sans se presser.

Les kounins, alertés par les éclaireurs de l’armée qui allait bientôt leur faire face, décidèrent, au bout d’un jour de réflexion de faire passer l’armée des marais par les montagnes, afin d’éviter le combat et d’aller en premier lieu libérer Chikara pour se rabattre sur le reste de l’armée Nagaméene. Ils prenaient le risque de passer par Heiki. Risque tout de même minime par rapport à une attaque de front avec Nagame. De fait, leur opposant possédait la supériorité numérique et il lui suffisait de ralentir Gensou pour gagner. Passer au sud était évidemment exclu, car le territoire Toshin se trouvait là. Les sempiternels accrochages avec les patrouilles étaient des signes qui ne trompaient pas : les Toshins ne tolèreraient pas que le moindre shinobi pose pied en leur royaume de paix et de justice et la rumeur d’une ost juste de l’autre côté de la frontière rendait les Kuunins prudents.

« Alors, ton boulot de pigeon voyageur est fini ? » lança Guêpe à l’attention de sa rivale.
« Oui, c’est maintenant que ça va être intéressant. » dit Vipère, moins réactive que d’habitude aux piques de la femme du désert.
« Ce qui est certain c’est qu’on va avoir droit aux dangers d’Heiki… » fit la Chikarate, songeuse.
« Ne t’en fais pas, si tu as peur, je te protégerai. Je suis tout à fait consciente qu’à Chikara les pré-requis pour devenir Anbu ne sont pas aussi élevés qu’à Gensou… »
« Tu sais très bien que je ne parlais pas de ça. »
« Ah ? Désolé, je croyais. »
« Ce n’est pas nous que ça va gêner, mais plutôt le reste de l’armée. Les débutants qui ne sont pas sortis du cercle d’influence du village. »
« A Gensou, nous ne sommes pas aussi faibles que vous, les bousiers du désert. » se moqua Megumi.
« De toute façon, les risques avec une groupe de notre taille sont minimes. »
« De toute façon, nous ne sommes pas assez nombreux pour ne pas nous reposer sur nos genins, qui feront amplement l’affaire. Quand j’étais moi-même à peine sortie de l’académis, je ne me débrouillais pas aussi mal que certains haut-gradés tentent de nous le faire croire ! »
« Si tu le dis… »
Les deux femmes, bien qu’aucune des deux ne voulu bien l’admettre, avaient fini par s’apprécier et, bien qu’il résidât encore quelques querelles intestines entre les deux anbus, celles-ci parvenaient désormais à avoir des conversations posées. L’agressivité de Vipère s’était peu à peu calmée au contact de sa congénère qui, elle-même, ne cherchait plus à l’atteindre que pour la forme.

Le plan décidé par les kuunins était à la fois simple et compliqué, comme toujours avec eux. L’armée s’arrêterait au crépuscule, comme d’habitude, et monterait le camp. Les soldats prendraient alors le plus de repos possible puis tout le monde repartirait à minuit et à marche forcée droit vers le nord. Les éclaireurs ainsi qu’une troupe restant en arrière auraient alors pour charge de faire croire à l’ennemi que Gensou était toujours là en totalité.A l’aide de Genjutsus latents principalement implantés dans le cerveau des éclaireurs et d’images inconsistantes. Selon les rumeurs, il y aurait aussi certains fuins pour renforcer l’illusion. Une fois au nord de Nagame, au lieu de leur tomber dessus par surprise, Gensou continuerait plein ouest à marche forcée pour empêcher Nagame de se douter de quelque chose, puis tomberait sur Kuma et lui ferait payer son impudence. A partir de là, la situation évoluerait en fonction des réactions de Nagame, Chikara et du royaume. Des dizaines de plans devaient être prêts pour parer à toutes les éventualités tout en restant ouverts aux ajustements. Ces kuunins aux grosses têtes pleines de stratégies et tactiques avaient du s’épuiser, à regarder des cartes et déplacer des pions toute la journée…
Le pire devait être pour le ravitaillement : les chariots avaient ordre d’obliquer vers le nord bien en amont, tandis qu’une partie était détournée pour aller se perdre en territoire Toshin. Tout chariot en passe d’être pris par Nagame ou les Toshins devait être brûlé immédiatement. Le fait que les charriots ne puissent vraisemblablement pas suivre le train de Gensou forçait les soldats à transporter une partie du barda, les bêtes de somme une autre. Chacun était lesté en fonction de ses moyens, d’ailleurs, sauf les patrouilles qui devaient évidemment conservé toute mobilité. Mais le temps de la patrouille finissait vite, lui aussi, et après il fallait à nouveau transporter des sacs…

Quelques dizaines d’heures plus tard, elles observaient toutes deux les avancées de l’armée dans les contreforts des montagnes. Peu habituée à un autre sol que celui des marais, Vipère avançait doucement, se gardant d’accélérer son allure pour ne pas gaspiller le peu d’oxygène présent dans les hauteurs. Elle se plaignait de l’attitude morne et tendue des soldats, préférant s’éloigner et vaquer comme elle le souhaitait. Ses ordres étaient clairs, elle, ainsi que les autres Anbus qui étaient présents devaient rester dans les environs de l’armée et prévenir en cas de danger imminent. Sinon, ils étaient libres d’aller où ils le souhaitaient tant qu’ils étaient joignables rapidement.

« Bon, le voyage se déroule sans anicroche, non ? » demanda-t-elle à Guêpe qui venait de revenir des abords de l’armée.
« Mis à part quelques attaques de bêtes sauvages, rien. Les Kurogans se tiennent tranquilles. Ils observent dans l’ombre. »
« La faune de ces montagnes est tout de même surprenante. Certaines créatures semblent attirées par l’armée et attendent qu’une patrouille s’éloigne pour l’attaquer. Les tigres des neiges –t’as vu la taille des bestiaux, encore qu’elle soit très variable ? se mettent en meute, paraît-il, parfois. »
« Sans compter tous les monstres type dragons blancs ou je ne sais quoi… »
« De quoi te degoûter de la zoologie, c’est sûr ! » Vipère et Guêpe gloussèrent en cœur puis la Gensouarde reprit :
« Malheureusement, voyager au pied des montagnes fait perdre du temps, bien que ce ne soit pas comparable aux fjords ou aux montagnes. »
« Oui, mais nos éclaireurs dans les montagnes signalent que Nagame avance sans se douter de rien, c’est un bon point, il suffira de redescendre en Yuukan quand nous serons sûrs qu’ils seront derrière nous et là, nous pourrons marcher sur Chikara. »
« Certes, mais j’ai ouï dire que les généraux souhaitaient atteindre Kuma avant de s’attaquer aux armées du Sud. »
« Ah ? Les Kuunins, sont peut être moins stupides qu’ils en ont l’air… » fit Guêpe, malicieusement.

Les deux femmes éclatèrent à nouveau d’un rire cristallin dont la note rebondit dans les montagnes. Megumi se sentait mieux depuis qu’elle avait passé le cap des montagnes mais elle portait avec elle la sensation qu’ils allaient au désastre. Attitude normale quand on va au devant de l’inconnu. La plupart des ninjas n’avaient guère connu la précédente guerre. Vipère et Guêpe en faisaient partie. Le voyage continua, l’atmosphère était de plus en plus tendue au sein de l’armée. Certains pessimistes croyaient aller au devant de leur mort. D’autres, plus optimistes, au devant de faits d’armes, de célébrité et d’avancement. Pourtant, chacun continuait avec opiniâtreté. Tous étaient fatigués.
Pour se donner un peu de baume au cœur, les soldats organisaient des joutes, des jeux, des entraînements. Ils se mettaient en condition, dans le rare temps qui leur était alloué, entre la marche plus ou moins forcée et les périodes de garde. Et, quand il fallut retourner sur la plaine, chacun se tenait prêt. Vipère était de plus en plus angoissée. Si jamais elle ne dépassait pas les objectifs qui lui étaient assignés, ou pire, échouait, elle serait bonne pour quelques autres années à faire l’estafette Si elle n’y laissait pas la peau, du moins. Guêpe elle-même, qui montrait d’habitude une assurance hors norme montrait de plus en plus de tics nerveux. Notamment ses mains, qui avaient tendance à se crisper quand elle ne faisait pas attention.

« Bouh, j’en ai la chair de poule… »
« Pas habituée aux températures fraiches, miss désert ? »
« Non, pas tellement… Mais plus que ça, c’est la tension de tous qui me met mal à l’aise. »
« Tu peux rejoindre Chikara tu sais… »
« Bah, je vous ai suivis jusqu’ici, je ne vais pas m’arrêter pour si peu. De toute façon, Kuma n’est pas un village ninja, en plus, ses armées de samouraïs sont principalement aux abords de Chikara. Nous ne subirons pas d’énormes pertes. Probablement, si nous ne tombons pas dans un piège, du moins. »

Les paroles de Guêpe rassuraient moyennement sa camarade qui avait perdu tout orgueil. La peur change un homme, mais les femmes n’en sont pas moins affectées. C’est donc avec une boule dans la gorge que la jeune femme arriva au sommet d’une colline et, regardant en contrebas, elle aperçut Kuma. Gigantesque, séparée en de petits villages au centre duquel se trouvait Jôsai, la ville principale du royaume. Les éclaireurs Gensouards étaient visibles sur les flancs rocailleux du haut de la montagne mais imperceptibles d’en bas. Kuma allait être surprise, ce qui, en plus de la supériorité numérique militaire des habitants des marais, allait être un grand avantage.
L’armée se trouvait désormais à la frontière nord du royaume, et prenait du repos avant l’offensive du lendemain. Les ninjas déferleraient alors et, espérait Vipère, écraseraient toute résistance. Nerveuse, elle regarda toute la journée les ninjas de son village en train de s’installer. Les campements étaient totalement spartiates : tout feu était prohibé, et le temps clair permettait aux ninjas de se passer des tentes, se contentant de couvertures et du ciel étoilé comme toit. Tout était préparé sur le flanc nord des montagnes de façon à ce que l’armée ne soit pas visible d’en bas. L’attaque était prévue pour le lendemain. Les soldats étaient priés de prendre du repos avant de lancer l’offensive. Du moins, sauf les sentinelles, qui, elles, si elles prenaient du repos, auraient droit à la Cour Martiale, sans doute une courte peine d’emprisonnement et à du travail sans solde. Voire, dépendamment des circonstances, à une exécution sommaire.

Le lendemain, les ninjas avaient atteint les abords de la ville en silence, neutralisant les gardes en faction. Tout cela provoquait un remue-ménage silencieux qui perturbait Vipère. Elle-même était arrivée dans la ville avant le gros de l’armée et était chargée de rester aux aguets, des fois qu’un gros poisson tente de jaillir de la nasse en train de se refermer. C’étaient les réguliers de l’armée qui récoltaient tous les lauriers en prenant les points de contrôle les uns après les autres, vainquant les dernières poches de résistance, pendant que les Anbus rôdaient aux alentours, servant d’assurance contre un samouraï à la puissance peu commune. Ils devaient alors, selon la procédure, le ralentir jusqu’à être au moins quatre ou cinq puis le submerger sous le nombre, limitant ce faisant les pertes et de combattants et de chakra
. L’aube était à peine levée que le village le plus proche des montagnes était déjà sous contrôle Gensouard. Le but des généraux n’était alors pas de prendre Kuma totalement, mais plutôt de rejoindre Chikara en annihilant le plus possible les forces du Nord de Yuukan. Ainsi, au soir même, Gensou avait traversé pas moins de la moitié des villages du royaume en évitant soigneusement les quatre principaux, éliminant tous les miliciens et samouraïs.
De toute façon, les kuunins voulaient atteindre Chikara avec le moins de pertes possibles, ce qui était compréhensible étant donné qu’ils se trouvaient loin de tout soutien, excepté celui hypothétique de Chikara.

Les Kuunins avaient un instant envisagé de massacrer les habitants de tous les villages par lesquels passait l’armée mais avaient vite abandonné devant deux choses : l’impact sur les soldats, qui se ferait sentir un jour ou l’autre, alors qu’on avait besoin d’eux immédiatement, la nécessité politique de se poser en sauveurs et non en bouchers, car il ne faisait aucun doute que des membres de l’Heiwa faisaient partie de l’armée, et si la rumeur se répandait, enflée et démesurée, que Gensou massacrait les civils qui s’opposait à elle, les villages de son territoire trembleraient dans leurs bottes et feraient leur courses du côté des samouraïs. Les stratèges avaient du faire face alors à plusieurs dilemmes : que faire des populations civiles, qui colporteraient la nouvelle dans tout le royaume ? Réponse : ils ne le feraient sûrement pas assez vite pour gêner Gensou, surtout si on leur confisquait toutes les bêtes de transport rapide et les bêtes de somme. Que faire des ennemis capturés ? Les grouper au même endroit et les maintenir prisonniers. Certains étaient partisant du « Quels ennemis capturés ? » mais ils étaient minoritaires et peu appréciés de la chef.

Vipère et Guêpe, toujours ensemble, accostèrent un éclaireur qui repartait devant après être venu faire son rapport.
« Comment ça se passe du côté de Chikara ? » demanda Guêpe, qui était la principale concernée par les troubles autour de son village.
« Plutôt bien, les forces Nagaméenes battent en retraite, la partie ayant été envoyée sur nous semblant à peine se rendre compte de la supercherie. D’ailleurs, elle viendrait d’obliquer droit vers le sud, j’ai entendu Toho Pif-Rouge le dire. Quant à Kuma, ses troupes se dirigent vers nous. Chikara aussi commence à avancer ses pions, après être enfin libérée de son siège. La victoire semble proche. »

En effet, les armées de samouraïs de Kuma déferlèrent sur l’armée des marais mais déjà, les combattants du désert les prenaient à revers. La victoire, contre Kuma, en tous cas, semblait proche…
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Re: L'attaque de Gensou

Message par Ax-kun le 28/7/2011, 20:45

Depuis plusieurs heures déjà, on n'entendait plus que ça; que ce soit à la radio ou dans les journaux : Chikara est entré en guerre face à Nagame. Ce dernier village, dont j'avais déjà entendu parler mais qui était mineur pour beaucoup d'entre nous était désormais dans toutes les bouches, à toutes les minutes. Des interrogations, des doutes quant à une prochaine entrée en guerre de Gensou flottaient dans le Village de la Cascade. Les forgerons avaient doublés leurs productions, les constructeurs de bâtiments étaient débordés par les demandes de renforcement de baraques. Les journalistes, les politiciens et autres personnes qui se voulaient avoir un tant soit peu de connaissance débattaient pour savoir ce que devait faire notre village, chacun ayant son propre opinion sur la question. A ce que j'ai pu entendre, des villageois auraient quitté le village pour aider des confrères. Nous n'étions pas en guerre, aucun signe ne nous laissait le paraître, mais l'instabilité semblait déjà régner. Peut-être qu'une entrée en guerre aurait été préférable, au moins nous aurions été fixés.

Pour ma part, je mentirais si je disais que je n'y pensais pas. Bien que n'en débâtant avec personne, je restais à m'entraîner du matin jusqu'au soir, jusqu'à tirer au fond de mes réserves de chakra, comme si ma vie en dépendait. Si guerre il devait y avoir, il fallait être paré.

Des guerres, j'en ai déjà connu. Quand j'étais jeune, dans mon village de Miu. Mais ce n'était pas des guerres entre ninjas. C'était des humains contre des pirates. En effet, ces derniers venaient piller nos terres, voler nos richesses, nous qui n'étions pas des plus riches, détruire nos bâtisses. Des dégâts effroyables. Et à peine nous pansions nos blessures, que nous reconstruisions tout, que de nouvelles attaques se préparaient, à peine trois ans plus tard. Si j'en crois certains dires, ce serait même au cours d'une attaque pirate que ma mère aurait accouché de mon troisième frère et, trop occupé à soigner les blessés, les médecins auraient négligés l'était de ma mère, mourante. Malgré cela, notre village existe encore et vit paisiblement, parce que nos hommes se sont toujours battus jusqu'à plus soif, jusqu'à ce que leur dernière goutte de sang quitte leur corps, pour repousser l'ennemi. Ils m'ont inspiré et je sais que, si guerre il devait y voir, je devais leur faire honneur. Cependant, la vie là bas restait assez calme et nos abris nous évitaient parfois des pertes humaines. C'est ainsi que j'ai conservé toute ma famille durant toutes ces années, hormis ma mère. De plus, habitués avec le temps, le rythme de vie normal reprenait son cours aussi vite qu'il avait disparu, même pour les familles endeuillées qui aidaient à la reconstruction. Si pour certains ce que je peux vous dire peut paraître triste et dur, sachez qu'il ne s'agit là que de mes visions d'enfant et que peut-être la vérité était toute autre.

Mais je n'avais plus le temps de regarder sur le passé, si nous devions entrer en guerre, ce serait sous peu. Mais ce que je n'avais pas prévu, c'était que c'était réellement sous très peu de temps.

Ca y est, c'était officiel : Gensou entrait en guerre, ainsi que Mahou, pour aider Chikara. Une cohue s'empara du village, tout le monde tournait en tout sens et je me questionnais quand au rôle que chacun aurait à jouer, si la vie pourrait être la même après, si il y aurait un après, trouver la mort étant une éventualité. J'étais situé au bord de ma fenêtre, regardant ce monde qui s'agitait, quand Nashima Mueno entra dans ma chambre pour m'amener au Quartier Général. Un ANBU avec un masque qui ressemblait à un panda nous accueillit mais, pour une fois, ne me sembla pas incorrect et pédant.


"Bonjour messieurs, j'espère que votre journée fut bonne, malgré la nouvelle. En tout cas, sachez que cette nuit sera pour vous une nuit cruciale dans les plans de Gensou pour cette guerre.

-Comment cela? [i]L'interrompis je.


-Vous le savez bien, nous avons décider d'aider le village de Chikara et une partie de nos hommes va être envoyée dans les heures à venir. Il faut cependant préparer notre stratégie, nous ne pouvons gagner une guerre sans en être préparé à l'avance.

-Et qu'avons nous à faire ici? s'interrogea mon sensei.

-Nous connaissons vos capacités, monsieur Mueno et vous partirez cette nuit, en compagnie de monsieur Takami, dans les terres du Yuukan, à un endroit que nous vous indiquerons, où vous devrez récolter le maximum d'informations pendant la nuit. Tout ce qui pourra nous aider à prendre l'avantage nous sera utile et nous vous savons très bon espion.

-Bien entendu. Et je suppose que tout ce que j'aurai à faire sera indiquer dans mon ordre de mission.

-C'est tout à fait exact.

-En fait, me permis je , les hommes envoyés pour le moment ne sont qu'une simple mobilisation pour aider les chikarates dans un premier temps. Vous n'enverrez pas n'importe qui je suppose. Vous comptez profiter des informations que l'on va collecter pour ensuite rectifier le tir.

-Vous m'impressionnez. Vraiment.

-Cependant, une chose m'échappe. Qu'a à faire Ax dans cette mission? Questionna Nashima.

-Nous connaissons vos points faibles et il faudra quelqu'un pour monter la garde. Vis à vis de vos relations et de votre vie sociale qui s'annoncent près du néant et que nous voulions quelqu'un qui fasse partie de vos connaissances, ainsi qu'une personne apte à réaliser cette mission, nous en sommes convenus que monsieur Takami est l'homme idéal. Vous en conviendrez?

-Je n'ai pas mon mot à dire là dessus."


L'ANBU étouffa un rire, qui nous suffisait à comprendre que nous étions dans le juste avant de nous laisser l'ordre de mission. Nous devions partir au plus vite, le lieu indiqué devant se trouver à une heure d'ici à cheval. Je ne sais comment, toutes nos affaires se trouvaient ici, alors que j'étais persuadé de les avoir vu chez moi avant de partir Nous eûmes à peine le temps de prendre quelque chose à boire et manger, enfiler nos combinaisons de guerre que nous étions partis.

Au cours de ce trajet, Nashima m'expliqua pourquoi ils m'avaient appelés lui et pas un autre. Comme il me l'avait appris, il possédait une technique d'affinité Kage spéciale. Lorsqu'il utilisait cette technique, son esprit quittait son corps pour se rendre dans son ombre qui alors pouvait s'allonger. Si cette technique n'avait pas de limite de distance, le corps était sans défense, le coût en chakra était important et la durée ne pouvait excéder les deux heures, sinon quoi l'ombre se séparait du corps. Dans ce laps de temps, il fallait aussi compter que l'ombre devait être revenu à sa forme initiale, donc plus on allait loin, moins on avait de chance de revenir.

A dos de Magen qui fusait, comme si il avait compris l'importance de notre mission, on arrivait facilement au lieu indiqué. Par chance, les batailles, qu'on pouvait apercevoir au loin, étaient suffisamment éloignées de nous pour qu'on puisse nous repérer. Enfin ça, c'est ce que je croyais.

Nous étions à l'aube des marécages du Yuukan, à l'entrée d'une allée d'arbres tous plus impressionnants les uns que les autres. Il semblait y en avoir sur plus d'une cinquantaine de mètres, voire bien plus encore.



"Ingénieux, murmura Nashima, soufflant du nez et s'asseyant au sol.

-Ah? Qu'est ce qui est si ingénieux?"


Mon sensei m'expliqua que, bien qu'en ombre il aille à une vitesse fulgurante, plus la zone d'ombre dans laquelle il passera au début est longue, plus il ira vite. Cette allée d'arbre était donc un sacré boost. De plus, ce lieu était idéal pour ne pas être vu.


"Comme tu as pu comprendre, quand je serai en méditation, je ne pourrai pas t'entendre, même si tu m'appelais. Je ne pourrais pas moi-même sentir si mon corps est en danger. Mes yeux, mes oreilles, mon nez, mon cœur. Tout se trouvera dans mon ombre. Sur ce, je te dis bonne chance, je te confie ma vie."


Il ferma la yeux et son ombre fila d'un coup. Les minutes défilèrent comme des heures. Et encore, des minutes, ce n'était même pas sûr, peut-être bien des secondes. Dans la nuit, tout semblait être un danger. D'ailleurs, je tuais cette nuit un écureuil qui passa entre deux arbres. Plus le temps passait, plus la tension montait. Je me demandais où devait en être nos premières troupes envoyées et comment le village avait préparé sa stratégie en peu de temps. Des cris, des lumières pouvaient se voir au loin, mais rien d'inquiétant. Cependant, je décidais de rester sur mes gardes.

Une demi-heure dut passer quand, alors que je ne m'y attendais pas, un homme sortit des arbres, en sang. A en croire son bandeau, il était de Chikara.



"Que faites vous là? le questionnai-je, sans prendre compte d'une quelconque politesse ni mesure à son égard qui pourrait coûter ma mission.

-Mon village est en guerre et les troupes ennemies fort bien organisées. Nous tenons bons, mais pour combien de temps? J'ai combattu comme je pouvais mais mon groupe s'est fait décimer. Je suis donc venu ici, à l'écart, pour me reposer, en attendant demain pour repartir de plus belle. Je ne sais pas si j'y survivrai, mais je mourrai si ça peut aider à sauver mon village de toute ma vie.

-Qu'est ce qui pourrait me prouver tes dires?"


Alors que je prononçai cette phrase, l'homme se dévêtit totalement. Une fois complètement nu, il m'invita à le fouiller dans toute partie de son corps pour vérifier si toute arme s'y trouvait cacher. Je déclinai et lui proposai de se rhabiller et de rester près de moi tandis que je lui administrerais quelques soins de premières urgences que je conservais, mais des voix se firent entendre.


"Mais c'est qu'elles sont mignonnes les tafioles? Toutes nues comme ça.

-On peut être de la partie? Interrogea un second. C'est qui le prochain qui écarte les jambes?

-Vous venez de Nagame, c'est cela? demandai je.

-Mais c'est qu'il est intelligent. J'en reste sans voix.

-C'est eux. Ils font partie de l'équipe qui a détruit mon groupe. Ils sont très puissants.

-Ils ne résisteront pas à l'alliance des trois villages.

-Des trois villages? Répéta un des hommes. Alors Gensou et Mahou seront là, ça c'est de la nouvelle intéressante.

-Alors rentre au village au plus vite pour prévenir. Nous n'avions aucune info là dessus.

-J'y cours!"


Et merde, vais je tout moi même faire foirer? L'annonce était pourtant officielle. J'aurais dû tenir ma langue. Il s'enfuit et je ne peux quitter mon poste. Le blessé chikarate se jeta alors sur lui mais le second nagaméen, resté à sa place, le tua d'un lancer de kunai dans la tempe, un rictus au visage. Mais quelques secondes après, le premier nagaméen hurla à la mort et apparurent alors une troupe chikarate. Ils étaient au nombre de six et tous encerclèrent l'ennemi qui siffla pour faire apparaitre une armée de huit hommes. Tous se jetèrent sur nous et le combat fut lancé. Un des chikarates se plaça devant tout le monde, nous ordonna de nous baisser et, tout en tournant sur lui même, cracha plusieurs boules de feu Katon (Katon Goukakyuu No Jutsu) qui dispersèrent tous nos ennemis. Les autres chikarates se relevèrent alors et chacun prirent place au coeur du combat. J'aurais bien passé mon temps à vous décrire ce combat si un nagaméen ne m'avait pas retenu. Je pus cependant rapidement le neutraliser à l'aide d'un coup de kunai bien placé dans le ventre. Il s'écroula quelques secondes plus tard et je pus alors voir que les chikarates avaient régler leur compte à tous leurs opposants. Il restait seulement deux nagaméens qui restaient à l'arrière. L'un des deux, un blond aux cheveux longs, aux yeux injectés de sang, nous balança ce qui semblait être des shuriken mais l'un des chikarates, d'un coup de main, les rejeta tous à distance. Une technique fuuton incroyable, comme si un coup de vent rapide se formait là où se trouvait le shuriken pour le rejeter. Le même chikarate se jeta alors en avant et, arrivé à la hauteur de l'ennemi, lui trancha la tête de la main par une seconde technique fuuton. Sa main était devenue aussi tranchante qu'une épée. J'en restais ébloui. A vrai dire, on était tous plus ou moins éblouis et le dernier adversaire balança une technique Hyoton que nous allions nous prendre de pleine face si, encore une fois, le même chikarate, ne le tua pas en un éclair en décochant une flèche d'un arc qu'il invoqua l'instant d'avant. Je ne le connaissais pas que j'étais déjà persuadé que sa tête allait être gravé à vie dans ma tête. Et je ne me trompais pas, l'avenir le contera.


"Je sais ce que vous pouvez ressentir, jeune gensouhard. Ce garçon est un génie en Fuuton. Nanahame Ogawa. Il pourrait paraître banal pour un Ogawa d'être aussi puissant, mais le fait qu'il maîtrise une autre affinité que le Youton, l'affinité habituelle de ce clan mythique, le rend spécial. Un jour, le monde entendra parler de lui, autant que plusieurs de son clan avant lui, j'en suis certain.

-Effectivement, c'est renversant. J'aimerais rester des heures à l'observer combattre. Cependant, nous ne sommes pas dans les meilleures dispositions. Comment nous avez vous retrouvés?

-Nous avons seulement suivis les nagaméens. Leur repli de ce côté là des terres du Yuukan nous semblait louche.

-Votre groupe semble puissant. Avec des hommes tels que vous, vous devriez être capables de réussir bien des infiltrations.

-Si seulement c'était aussi simple. Nous sommes tous ici présent au minimum Junnin et nous dirigions une équipe chacun. Or, la plupart de nos hommes se sont fait décimés et nous avons jugés utiles de rameuter les quelques survivants. En attendant, nous formons un groupe temporaire pour permettre de gagner du temps dans le réajustement des tactiques de guerre.

-D'ici peu, nous devrions pouvoir vous aider."


Je racontais alors à ces hommes que ma mission pouvait servir les troupes alliées dans la guerre, sans pour autant conter les détails, sait on jamais si ce n'était pas un piège de Naraséens qui m'auraient eu dans un Genjutsu puissant, et les chikarates attendirent avec moi. Je ne pouvais m'empêcher de tourner mon regard vers ce jeune brun au beau visage fin, quoique marqué par une cicatrice, qui laissait échapper de son regard aux yeux d'un bleu clair mille et une expressions, comme si le poids de ce monde portait sur ses épaules mais qu'il le faisait avec un sourire plein d'honnêteté. Une aura, pas besoin d'être clairvoyant pour voir tout ce qu'il dégageait et des hommes charismatiques que j'ai pu rencontrer, il en faisait partie. Sur le style vestimentaire, le sombre primait. Une veste noire qu'il laissait ouverte, découvrant un maillot blanc, ainsi qu'un pantalon aussi sombre que sa veste accompagné de plusieurs ceintures en tout genre. Un style à part et qui ajoutait à son charisme (Hrp : Pour ceux qui ne l'auraient pas reconnus, j'ai bien décrit Squall Leonheart). Lorsqu'il s'aperçut que je tournais souvent mon regard vers lui, il fit une sorte de sourire grimace, comme gêné par le fait d'être vu. Je détourna alors le regard, honteux de m'être fait cramé.

Ce n'est que peu de temps après que Nashima réouvrit les yeux, visiblement satisfait des informations qu'il aurait pu collecter. Il prit alors un parchemin et y inscrivit un tas de trucs avant d'y apposer un seau qui lui permet de copier le contenu sur un second parchemin et un autre seau pour sceller les parchemins.


"Le second parchemin, c'est pour quoi? osais je.

-Ces informations concernent aussi les autres villages. Il faut donc transmettre aux autorités de Chikara ce second parchemin, cela leur sera utile.

-Je peux vous parler une seconde? A l'écart."


Alors qu'on s'éloignait, je fis part de mon inquiétude de laisser à ces hommes cette mission, alors que nous n'étions pas certains qu'ils soient nos alliés, bien qu'ils m'aient sauvés la vie.


"Je m'en doute et moi aussi j'ai peur de cela. C'est pourquoi c'est toi qui amènera ce parchemin à Chikara. Me dit il calmement en me tapant tranquillement sur l'épaule.

-Euh...c'était pas prévu ça.

-On a pas le temps de réfléchir, tu les suivras jusqu'à Chikara...Et puis si, c'était prévu, sauf que Gensou a jugé utile de ne rien te dire. C'était inscrit dans l'ordre de mission. Quand tu auras transmis ce second parchemin, tu devras rejoindre une des troupes de Gensou se trouvant vers Chikara, le village allant y lancer des hommes.

-Je peux voir l'ordre de mission?

-C'est mort.

-Putain! Ca sent l'arnaque! Je suis sûr que je devais rentrer à dos de mon cheval pour transmettre les informations tandis que vous, vous deviez vous rendre jusqu'à Chikara, genre on va faire confiance à un Chunin! Déjà que pour vous ça serait chaud, alors moi...

-...Tais toi veux tu? Tu ne fais donc pas confiance à ton village?

-Mais nan, je suis totalement pas d'accord pour le coup. En plus, on savait pas qu'on allait tomber sur d'autres shinobis. Et puis, on vient pas de dire qu'on ne peut pas leur faire confiance?

-Si quelqu'un d'autre que toi tente d'ouvrir le parchemin, il sautera. Je viens de m'en assurer en t'apposant ce seau sur l'épaule.

-Un seau? Y a pas de ... Oh l'enfoiré! Et donc ce seau est la seule clé à ce parchemin?

-Exactement.

-Et si l'envie leur en prenait de me tuer?

-On est en guerre, on n'a pas le choix. On doit prendre ce risque. Et tu le sais, on ne fait pas d'omelettes sans casser des oeufs, hein? lacha t-il en rigolant.

-On parle de ma vie, là. Je sais pas si vous avez remarqué, mais ça ne me fait pas rire de me dire que je vais me faire zigouiller...

-Rooh, t'as pas d'humour.

-....

-De toute façon, je ne te laisse pas le choix.

-....

-Ta famille recevra de l'argent de l'assurance vie, t'inquiète, ta mort ne sera pas inutile.

-....

-Tu vas arrêter de me regarder comme un hibou?

-Ben j'me dis que c'est la première fois que vous faites des blagues, je vous ai toujours connu plus ou moins coincé du cul, mais ça vous va l'humour en fait.

-...

-Vous allez pas recommencer!

-Ax.

-Oui? Quoi encore.

-Tu ne mourras pas, j'ai confiance en toi! T'es capable de les vaincre, t'es suffisamment intelligent, même si t'as un don pour te foutre dans la merde.

-Héhé. Mignonne petite déclaration, un peu plus et vous me feriez un calin.

-J'voulais juste me montrer agréable connard! J'voulais te déstresser.

-Sensei, vous, vous avez intérêt à être cool comme ça à mon retour, pas relou comme à nos débuts. On se retrouve à la fin de la guerre? le questionnai je avec un gros sourire."


Il acquiessa d'un sourire et c'est après avoir discuté avec les autres membres que je partis avec eux. Vu leurs niveaux, j'étais un peu comme un Genin fraichement nommé qui entrait dans une équipe lambda, mais en plus faible. J'avais une certaine peur des dangers que j'allais affronter mais je savais que j'allais progresser au côté de tous ces hommes et que l'avenir du monde ninja dépendait peut-être un petit peu de moi. Aussi, j'étais étrangement heureux de me retrouver aux côtés de Nanahare, je pourrai encore le voir à l'oeuvre et peut-être me permettra t'il de devenir un expert en Fuuton. Je le connaissais à peine mais j'étais déjà fasciné, comme un enfant devant sa belle maitresse, comme lors d'un coup de foudre. Mais ça, bizarrement, ça ne me rassurait pas du tout.
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Re: L'attaque de Gensou

Message par suruil le 29/8/2011, 12:11

Rha ! Mais pourquoi on doit marcher autant ! Ils ne pourraient pas se débrouiller tous seuls à Chikara ? Et ça se dit maître du taijutsu, meilleurs combattants du Yuukan !

Pendant que je continuais d’insulter copieusement à voix basse les shinobis de Chikara, l’armée de Gensou avançait dans les plaines. Durant tout le matin, je ne pouvais rien voir d’autres que ces interminables plaines, entrecoupés par endroits par des bosquets d’arbres. Cependant, au milieu de l’après-midi, je me rendis compte que l’armée avait changée de direction car le soleil descendait à ma droite, vers l’est. Nous nous dirigeons donc vers le nord. Les gradés étaient surement au courant, mais comme j’avais loupé le briefing hier, je n’en avais pas trop entendu parler. la nuit fut plus froide que les nuits précédentes, ce qui me confirma que nous nous dirigions vers les plaines enneigés. Sans parler du fait que j’ai dut remplir des tonnes de paperasse au milieux de la nuit pour une autre couverture.

Ils peuvent pas faire ça normalement, les bureaucrates ? Pourquoi on doit se trimballer trente-six formulaire à chaque fois ?

La nuit fut longue. En effet, nous étions six genins dans la tente et au moins l’un des autres ronflait. Génial. Le lendemain, je me suis réveillé vers dix heures. Il fallait bien rattraper les heures perdues à remplir de la paperasse, non ? Comme l’armée était quand même assez grande, personne ne remarquera que j’ai dormi un peu plus que prévu ! Enfin, ça c’était avant qu’un ninja portant un uniforme de chuunin entre dans ma tente.

-Toi la, le genin ! Soit dans la tente de briefing dans cinq minutes ! Tu peux pas la rater, c’est celle marron-vert !

Sans même attendre une réponse, le chuunin sélectionna deux autres de mes camarades de tente et leur donna les mêmes consignes avant de se mettre à faire autre chose que de traumatisé des genins fraichement réveillé. Vous devriez essayer d’avoir quelqu’un qui entre dans votre chambre sans prévenir pour vous donner des ordres. Si vous êtes pas réveillés, ça fait quand même vachement peur.

Nous eûmes juste le temps d’arriver à la tente, qui ressemblait plutôt à un grand chapiteau, avant que le délai soit écoulé. Des centaines de chaises étaient arrangés en un arc de cercle autour d’une estrade pouvant aisément accueillir une dizaine de personnes. On pouvait observer des groupes de ninja de grades différents en train de parler entre eux, surement en train d’analyser leurs missions respectives et de bizuter les nouveaux membres de leurs équipes. Nous nous dirigeâmes vers le côté droit de la tente, ne sachant pas quoi faire, intimidés par l’allure de certains des autres shinobis dans la pièce. C’est alors que nous fîmes connaissance.

-Bon ben, salut…je m’appelle Gisei, j’ai 20 ans et puis voilà… dit celui qui avait l’air le plus intelligent des deux. Il était vêtu d’une cape rouge. Il possédait aussi des cheveux rouges et des pantalons noirs. Curieusement, il ne portait pas de vêtement sur son torse, très poilu.

-Moi, c’est Youshi ! Cria l’énergumène aux cheveux roux. Son visage laissait paraitre un sourire idiot et une véritable armée de boutons. Ses vêtements étaient de toutes les couleurs et ne provenaient visiblement pas du même endroit. Sa coiffure, pour le moins étrange, était une coupe afro.

-Je m’appelle Suruil, répondis-je, désintéressé au possible. Cependant, ils ne me laissèrent pas en paix aussi facilement. C’est qu’ils étaient tenaces, ces deux-là ! Surtout Youshi.

-Aller ! C’est quoi ta spécialité ? Les sabres ? Pourquoi t’en à trois sur toi, alors que t’a que deux mains ? C’est pour faire comme le sabreur Roro dans la bande dessinée One Peach ? Parce qu’il a pas les cheveux bleu, lui ! C’est une teinture ? Whaa ! Trop classe ! T’es fort avec tes épées ? Par-ce-que c’est bien de vouloir ressembler à Roro, mais bon, si t’es pas aussi bon que lui, ça sert à rien ! Tu sais faire les mêmes techniques que lui ? Le burning splash !!!

J’étais sur le point de lui donner un aperçu de mes techniques au sabre qu’il n’oublierait pas de sitôt, quand un ninja nous adressa la parole.

-He vous, les genins ! C’est vous qu’on a envoyé chercher un peu plus tôt ?
-Oui, messieurs !
-Très bien ! On approche des montagnes du nord. On a besoin que vous alliez là-bas en éclaireur, pour vérifier qu’on n’aura pas de surprise désagréable. Vous devez partir à midi. Des questions ?
-Non, messieurs !
-Ok, vous pouvez aller vous préparez. Et arrêtez avec le « monsieur », c’est stressant !
-Oui, messieurs !

Il soupira, l’air découragé, avant de s’atteler à des taches plus importantes que de tenter de modifier le comportement de trois genins. Lorsqu’il fut parti, notre conversation repris, mais Youshi ne fit plus de réflexions sur mes katanas, ce qui lui sauva probablement la vie. Alors que nous retournions à notre tente, Gisei décida de prendre la situation en main.

-Bon, Youshi, Suruil, quelle sont vos capacités et votre armement ?
-Moi, dit Youshi, je suis un maître du ninjutsu et du genjutsu ! Je peux faire mes mudras à la vitesse de l’éclair !
-Quelles sont tes techniques ?
-Pour le moment, je peux juste faire des clones inconsistants et faire croire à mon adversaire qu’il est en train de tomber, mais bientôt, je serais le plus fort du village !
-Très bien, et toi Suruil ?
-Je peux me rendre invisible pendant dix minutes et je sais utiliser mes sabres.
-Ok ! Moi, je suis un adepte du taijutsu ! Pour le moment, je ne suis pas super fort, mais je peux tenir face à d’autres genin, et même face à des chuunins qui ne maitrisent pas beaucoup le taijutsu. J’ai toujours sur moi des bombes fumigènes, et vous ?
-J’ai toujours plein de shuriken, moi ! Beugla Youshi.
-Juste mes katanas, répondis-je.
-Ok ! Bon, à onze heures, on se retrouve à la tente, on va manger et on part vers les montagnes après, ok ?
-Ok, répondis-je en même temps que Youshi.

D’après la position du soleil, il devrait nous rester un peu plus de trente minutes avant que nous nous rassemblions à nouveau.

Bon, comme ça ne sert à rien de se tourner les pouces à ne rien faire, autant que j’essaie de méditer ! Avec de la chance, je devrais pouvoir commencer à bouger un peu tout en gardant mon invisibilité ! Aller, j’essaie ! Aller, invisibilité…c’est bon ! Maintenant, bouger la jambe…Mais il regarde quoi, l’autre type en face ? Bon, je pense qu’il peut me voir. Dommage. Mais ? Nan, pas ici…je n’entends déjà plus rien ! Bon, on termine vite cette mission, et ensuite je m’y remets !

Mes deux coéquipiers étaient déjà arrivés, mais comme je n’étais pas en retard, personne ne me fis de réflexion. Bien sûr, à ce stade-là, Youshi n’était plus une personne mais une espèce d’animal particulièrement virulente en voie d’extinction qu’il me fallait ignorer.,. Enfin, pas tout de suite pour l’extinction. Je pouvais quand même attendre. Et puis, qui sait, avec la guerre, je n’aurais peut-être pas à m’en charger ? Poussant ces pensées non-orthodoxes loin de mon esprit, je me mis en route, emboitant le pas à Gisei.

Après deux jours en leur compagnie, je commençai à réussir à ignorer Youshi. Ce qui a quand même dut lui sauver la vie une bonne dizaine de fois !. Nan mais franchement, on est en mission de reconnaissance et la seule chose qu’il trouve à faire, c’est de me percer les tympans ? Je suis pas d’accord, moi ! C’est lui qui va se faire percer ! Enfin, trancher. Mais bon, oublions le un peu.

Lors de la première nuit après avoir quitté la troupe principale, nous avions campé juste après avoir atteint les pleines enneigés et nous avions atteints les montagnes dans l’après-midi du jour suivant. Hier, en fait. Maintenant, on traverse une zone forestière, entre deux versants de montagnes. Et franchement, je pense qu’on devrait se tirer d’ici avant que Youshi nous rameute tous les dragons de Yuukan, parce que si c’est l’objectif qu’il s’est fixée, il est vachement persévèrent !

Hé merde ! C’est quoi ce bruit ? On dirait un rugissement, mais pas celui d’un lion celui d’un truc très très gros!
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La forêt était tout à coup dénuée de tout son. Enfin, pas exactement. Çà et là, des branches craquaient, des feuilles remuaient sous l'influence du vent...ou d'une autre chose, plus sombre, plus dangereuse. Quelque chose se cachait dans ces bois, attendant son heure et je n'étais pas le seul à se sentir écrasé par sa présence... Yoishi avait enfin fini de crier comme le dernier des abrutis. Au moins, il avait un minimum d'instinct de survie. Gisei, lui, reprit son calme très rapidement et fit un signal avec sa main; Le message était clair: formation en triangle. On ne savait pas ce qui allais sortir des bois pour nous attaquer mais si on se faisait attaquer par derrière, on était tous morts. deux minutes passèrent, puis trois, puis quatre... toujours rien.

Nous n'entendions plus le bruit du vent. Plus le moindre craquement de branche. Fini le doux sifflement du vent dans les feuilles. Et rien ne se passait. Juste devant moi se trouvait un tronc d'arbre. C'était un grand pin, courant dans la forêt de conifères où nous étions. Il n'y avait quasiment rien d'autre, en fait. Ces épines semblaient assez douce, rien d'inquiétant. Mais le silence qui pesait sur la forêt commençait à faire tourner mes nerfs. C'était impossible que dans un si grand ramassis d'arbre il n'y ai pas des milliers de petites bébêtes toutes plus bruyantes les unes que les autres!

Ou alors Youshi avait réussi à me rendre sourd. Ce n’était pas impossible, ça.

Après 20 minutes, Gisei nous ordonna de nous rassemblé, tout en gardant les portions du triangle que nous devions couvrir à portée de vue. Il commença à parler une fois que nous fumes dos à dos:

-Ok, je sais pas ce qu'il se passe, mais on devrait se tirer d'ici vite fait.
-Bonne idée, acquiesça Youshi sans son effervescence habituelle. Pour ma part, je me contentais d'hocher la tête, fixant la forêt.
-Donc, on a le choix entre soit aller toujours plus vers le nord, au risque de se faire piéger par ce qui se cache maintenant dans l'ombre, soit entre retourné au campement en leur annonçant qu'on a eu la frousse à la première grosse bêbête qu'on a rencontré. On prend quoi?
-Heu...fit Youshi, sans voix pour une fois.
-On prend donc la première option, décida Gisei.
-Et si on défonçait la grosse bêbête tous de suite? Proposais-je.
-Mauvaise idée, répondit Gisei. Quoi que ce soit, ça a dut chasser dans cette forêt depuis très longtemps. On aura aucune chance de le faire tomber dans une embuscade et ça nous tuerais surement les uns après les autre si on se dispersait pour la traquer
-Donc, on fonce vers le nord? Proposa Youshi avec sa clairvoyance habituelle.
-Exactement, rétorqua notre chef.

Youshi se tourna donc vers le nord, tournant le dos à la partie du triangle qu'il devait couvrir. Il commença à se plier sur lui-même, afin de pouvoir se déplacer plus rapidement. Erreur fatale. Rapide comme l'éclair, une immense gueule marron aux dents acérées avait sectionné la partie droite de son torse. Je mis un instant à réagir, mais il était trop tard. Voulant à tous prix venger Youshi, je sortis mes Katana et lançais mon "Inazuma Buruu", afin de trancher la tête de ce qui apparaissait désormais clairement comme étant un dragon. Ce fut peine perdu. Mes lames ne parvinrent même pas à égratigner sa carapace d'écailles. Le dragon allait riposter, mais Gisei me sauva en jetant au sol une de ses bombes fumigènes, la faisant exploser. Profitant du couvert offert par la fumée, nous nous enfuirent.
Devant nous, la forêt défilait à grande vitesse. Bientôt, nous serons en dehors de ce maudit endroit. C’était sans compter sur le dragon. Une griffe m’attrapa en plein saut et m’envoya voler contre le tronc d’un arbre. La dernière chose dont je me rappelle, c’est de tenter de réaliser mon genjutsu d’invisibilité.
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Re: L'attaque de Gensou

Message par Eiki Jaiko le 5/12/2011, 00:33

Dans la salle d'attente, Eiki s'impatientait. Non pas qu'il craignait un recalage, ayant jugé ces performances plutôt satisfaisante (excepté en Genjutsu..), mais attendre tel un clampin que des juges décident de son avenir l'irritait quelque peu. Beaucoup de choses dans le système, éducatif comme politique, lui était insupportable d'ailleurs, mais Eiki avait appris à s'en accommoder.

*Pas vraiment le choix.*

Le jeune homme avait également appris à masquer ses émotions, quand il le fallait. Bien que bouillonnant d'impatience, les personnes présente ne le remarquèrent pas. Certains étaient tellement stressé qu'ils ne prêtaient guère d'attention à leurs voisins de toute manière.

*Magnez-vous bon sang! C'est bien beau les études, j'aimerai me mettre au boulot rapidement! *

Assise à côté de lui, Maelys ne cachait pas son impatience. Se trémoussant sur sa chaise, la jeune femme semblait se retenir de sauter dans tous les sens. Histoire de se défouler un peu...

*Boule de nerf...*

Bien qu'étant doté d'un fort caractère, sa soeur n'était pas du genre à provoquer des bagarres sans raison. Fort heureusement, quelques néo-genin en aurait fait les frais dans le cas contraire. Pour se passer les nerfs, elle se contentait de donner quelques légers coups de poings à l'épaule musclé de Eiki. Habitué, ce dernier se contenta de lui adresser un petit sourire.

-Cesse donc te comporter comme une gamine, soeurette.
-Je t'emmerde! J'en ai marre d'attendre !
-Comme nous tous, tu sais...

Pour toute réponse, Maelys lui saisit la main et l'a croqua à pleine dent. Cette fois, elle ne se retenu pas. Eiki grinça des dents, ne comprenant pas les tocs de sa soeur pour se détendre.

-Arrête tes conneries bon sang! Mais lâche-moi, espèce de bécasse!

Rien à faire. La jeune femme refusait de lâcher prise. Ayant peur de lui faire mal, Eiki n'osa pas forcer pour s'arracher de cette étreinte.

-Tu te fais encore maltraité par cette gosse, mec?

Bleko Izari, le meilleur ami de Eiki. Comme à son habitude, le jeune homme ne perdait pas une occasion de charrier son frère de coeur. Dés leur entrée à l'Académie, les deux garçons s'étaient lié d'amitié, cette dernière avait fleuri au fil de leurs années d'étude. Eiki le soupçonnait d'avoir des sentiments pour sa petite soeur. Bien qu'ayant une confiance absolu en son ami, le néo Genin veillait au grain. Sa soeur était la prunelle de ses yeux, la voir sortir avec son meilleur ami ne lui plaisait pas vraiment...

-On ne change pas les habitudes, vieux. Si c'est le seul moyen pour qu'elle se taise, je ne m'y oppose pas.

Bleko ricana, tant pour se moquer de son ami comme de sa soeur.

-Ouais, la routine quoi.
-Nagloule.
-Maelys, on ne parle pas la bouche pleine.

Pour toute réponse, l'étudiante lui fit les gros yeux, ce qui lui donna un air plus mignon qu'effrayant. Un gradé sortit alors de la salle où était réunit le jury de l'examen Genin.

-Eiki et Maelys Jaiko.

Maelys relâcha aussitôt la main d'Eiki et se leva prestement, presque au garde à vous. Le jeune Jaiko se contenta de se lever calmement. A quoi bon s'exciter comme une nouille, si ce n'est pour passer pour un demeuré? ...

-Nous allons vous remettre les résultats de votre épreuve. Veuillez me suivre, je vous prie.
-Putain, enfin...

Eiki intima silencieusement à sa soeur de se calmer. Tandis que tous deux suivirent le Chuunin, elle lui répondit par un discret tirage de langue.

*Gamine...*

Les trois jury, un par domaine, de la commission les attendaient, triant ou feuilletant une masse conséquente de papier, classé avec soin. De la paperasse concernant les nombreux candidats, certainement. A la droite du bureau des juges était disposé les bandeaux du Village, témoignage de l'appartenance de son propriétaire à l'armée Shinobique. Le Chuunin-surveillant leur demanda de se placer face au jury. L'examinateur du milieu, certainement le chef de jury, prit la parole:

-Maelys Jaiko, approchez s'il vous plaît.

La jeune femme s'exécuta.

-Vos compétences en matière de manipulation du Chakra ont été jugé plus que satisfaisante. Votre niveau en Genjutsu est plutôt bon. C'est en Ninjutsu que nous avons été le plus satisfait, en particulier par votre maîtrise de votre technique Suiton.

Maelys était aux anges, affichant un large sourire ravis, que Eiki jugea, avec amusement, pour le moins ridicule.

*Espérons qu'elle ne va pas se mettre à sautiller dans tous les sens.*

-Vos capacités en matière de Taijutsu laisse toutefois à désirer. Vous êtes assez rapide et agile, certes, mais votre endurance, en particulier aux coups, est relativement faible.

Changement d'expression brutale. Le visage de Maelys se renferma, et Eiki la savait à deux doigts d'envoyer une réplique cinglante dont elle en avait le secret à l'examinateur.

*Fais pas la con, je t'en prie!*

-On ne peut pas être bon en tout...

Le porte-parole du jury lui adressa un petit sourire crispé.

-Certes. Je me contente simplement de vous donner les résultats de votre examen, jeune fille.

Il ne semblait pas s'être vexé ou avoir pris la réponse de Maelys d'une quelconque mauvais manière. Son visage semblait simplement peu familier à sourire.

*Un professionnel avec un balai fourré au cul... Le professionnalisme, c'est bien. De là à ne plus se décontracter... *

En son for intérieur, Eiki pria pour ne jamais devenir ainsi. L'examinateur désigna la table aux bandeaux frontaux d'un bref geste de la main.

-Prenez votre bandeau. Vous êtes désormais une Kunoichi du Village des marais !

*Le Village des marais... Je n'aime pas cette dénomination. Pas étonnant que nous soyons qualifié de crasseux par Chikara et Mahou.*

Son bandeau à la main, Maelys se tourna vers Eiki, un sourire irradiant son joli minois.

-Félicitation, petite soeur.
-Veuillez attendre votre frère au dehors, jeune fille. Il vous y rejoindra une fois ses résultats obtenu.

Le sourire de la jeune promue ne se décrocha pas de son visage lorsqu'elle quitta la salle. A la demande du juge, Eiki s'approcha de la table.

-Je dois avouer que vous êtes assez complémentaire, vous et votre soeur. Pour un Genin, vous possédez d'excellentes prédispositions pour le Taijutsu. Vous comptez persévérer en tant que pratiquant du Gôken de base?
-C'est exact.
-Bon choix, je pense. Vous possédez une bonne force de frappe, une endurance plus que satisfaisante et d'une agilité et de réflexes également impressionnante pour un Genin. En outre, votre maniement des armes de jet nous a satisfait.
-Merci, monsieur.
-Votre niveau en Ninjutsu est relativement bon. Pas de quoi en faire de nombreux éloges, mais satisfaisant pour un Shinobi débutant. Comptez vous améliorer votre Raiton?
-Pas dans l'immédiat. Je pense plutôt accentuer mes efforts sur le Taijutsu. Une fois que j'aurai obtenu le niveau auquel j'aspire, je me concentrerai certainement au Ninjutsu.
-Je vois. A l'inverse de tout cela, votre Genjutsu est... extrêmement médiocre. Vous connaissez les notions théoriques, mais pour ce qui est de la pratique... Je ne vous cache pas que c'est assez regrettable pour un Genin. Vous connaissez les techniques de base, mais ces derniers sont emplis de défauts.
-Je le sais, monsieur.
-Prenez garde au cours de vos missions, jeune homme. Nous en avons terminé, prenez votre bandeau. Je vous souhaite une excellente continuation, shinobi.

Ravi, Eiki prit son bandeau, remercia les membres du jury, puis sortit rejoindre Maelys à l'extérieur. Cette dernière lui sauta dans les bras en poussant un petit cri enthousiaste. Eiki ne put se retenir de rire face à la joie de sa petite soeur.

-Ca y est ! On a réussit frérot ! On est Genin !

Eiki lui répondit par un grand sourire, ravi de pouvoir se décontracter.

-Oui! Espérons que nous pourrons livrer quelques missions ensemble.
-Ouais! Avec Bleko aussi! Ce serai génial !
-Attendons le ici. J'ai hâte de connaître ses résultats.

Les Jaiko n'eurent à attendre qu'une dizaine de minutes. Bleko tenait triomphalement son bandeau frontal à la main.

*Enfin! Nous voilà tous trois Shinobi à part entière!*

Maelys hurla sa joie et se précipita à la rencontre de son ami. Eiki aperçut une fine ombre filait au dessus de leur tête, en direction de l'Académie. Il n'eût pas le temps de réagir, une explosion assourdissante retentit alors. Eiki et Maelys se retrouvèrent projeté en arrière, tandis que le fracas d'éboulement les entourèrent. Sous le choc, le Genin se releva et vit avec horreur que le bâtiment duquel ils venaient d'obtenir leur diplôme venait de s'effondrer. Les hurlements d'étudiants paniqués retentissait, tout comme les vociférations et autre ordre de gradé. Aucune trace de Bleko. Tout en allant aider sa soeur à se relever, son regard ne pût se détacher du tas de gravat qui leur faisait face. L'attaque avait été trop soudaine, Bleko n'avait pas pu se retirer à temps... Ce fait ne signifiait qu'une chose.

-Eiki... Où est Bleko?

Son regard suivit celui de son grand frère.

-Non... non!

La jeune fille courut aussi vite qu'elle le put, mettant genoux à terre et retirant aussi vite qu'elle le pouvait les gravats du corps de son ami.

-Non! Ce n'est pas possible!

Maelys pleurait, hurlait sa détresse tandis qu'elle s'évertuait à vouloir déterrer son ami avec la force du désespoir.

-Eiki! Vient m'aider!

*C'est fini. Il n'est plus.*

Gardant le silence, Eiki avait détaché tant bien que mal son regard de l'éboulement, furetant aux alentours pour repérer leur ennemi. Il se déplaça lentement, espérant repérer une silhouette sur les toits des bâtiments. Plusieurs explosions avaient eût lieu simultané, le laissant espérer qu'il arriverait à repérer au moins un des terroristes. Une forme, presqu'invisible, passa dans son champs de vision. Eiki se lança à sa poursuite, laissant sa soeur seule derrière elle.

-Eiki! Putain, mais tu fous quoi là? Reviens!

Pas le temps de lui expliquer pour le moment. Elle comprendrait de toute façon. Bleko était mort. S'acharner à déterrer son cadavre n'était pas la priorité pour le moment. Une unique idée martelait l'esprit du Genin à présent...

*Le venger...*

Sautant de toit en toit, Eiki constata que son intuition avait été la bonne. Un homme fuyait droit devant lui, passant par les toits en tâchant d'être le plus discret possible. Dans les rues, la foule se précipitait vers les lieux de l'attentat. Eiki accéléra le rythme, bien décidé à rattraper le fautif. Ce dernier sembla vouloir amorcer une descente, certainement pour se mêler à la foule.

*Hors de question.*

A bonne distance de sa cible, le Jaiko lui envoya un kunai, qui fut paré sans soucis. Tant mieux, l'objectif n'avait pas été de toucher, mais de stopper sa course. Le projectile eût donc l'effet escompté. Eiki fit un bond, balançant le plat de son pied vers le visage du terroriste. Celui ci le bloqua, puis le repoussa. Eiki n'en resta pas là, repassant à l'attaque. Il parvint à placer quelque coups à l'estomac et au visage, avant que son adversaire ne se ressaisisse. L'attrapant par le col, il envoya le Genin sur quelques mètres. Ce dernier se redressa, faisant face à celui qui incarnait les meurtriers de son ami.

-T'es qui toi?

Pour seul réponse, Eiki repassa à l'action... mais fut bien vite repoussé.

-Pauvre cloche. Tu aurais un minimum de bon sens, tu verrais tout de suite la différence de niveau entre nous...

Regard haineux. Cet enfoiré était responsable de la mort de Bleko. Le Genin devait lui faire avouer les raisons de l'attentat, puis le tuer. C'était tout ce qui comptait. Eiki lui envoya quelques shurikens, que le terroriste esquiva. A nouveau au corps à corps, le Genin essuya un nouvel échec. Plus dur cette fois ci. Incapable de reprendre le dessus, il n'eût d'autre choix que d'essuyer coup sur coup.

*Merde... Il faut que je me ressaisisse!*

Après l'avoir roué de coup, le terroriste saisit Eiki par le col et le souleva à bout de bras. Il arma son autre main d'un Kunai, un sourire sadique aux lèvres.

-Désolé p'tit gars, tu as suffisamment attiré l'attention sur moi. Pas le temps de faire davantage mumuse avec ta petite gueule... Je te bute, ensuite je me barre avant de me faire choper.

Le Genin ferma les yeux, attendant le choc qui allait mettre fin à sa bien courte carrière...

*Tué dés le premier jour...*

En lieu et place de la lame transperçant l'un de ses points vitaux, Eiki se retrouva violemment fesse contre terre. Ouvrant les yeux, il constata qu'il venait d'être sauver par un jeune homme, certainement plus jeune que lui. Le garçon adressa un sourire ironique au terroriste.

-Ax Takami, partant pour te poutrer l'ami.
-Fais chié !

Les Shinobi se lancèrent dans la lutte, à un niveau totalement différent de celui de Eiki. Abasourdi, ce dernier fut bluffé par la puissance et la vitesse de leurs attaques.

*Bon dieu, j'ai voulu me mesurer à cela?*

Reprenant bien vite ses esprits, Eiki arma ses paumes de deux Kunai, bien décidé à tirer avantage de la situation. Le jeune homme tourna autour des combattants, tout en restant suffisamment à l'écart pour ne pas être blessé par une attaque perdu ou gêner ce ''Ax''. Le terroriste tenta plusieurs fois de s'enfuir, mais fut bien vite rattrapé par le Gensouard. Les deux combattants finirent par se faire face.

-Fais chié...
-Es tu l'un des responsables de l'attentat à l'Académie ?

Pour toute réponse, l'homme poussa un hurlement perçant. Eiki venait de toucher ses cibles, l'arrière des genoux. Le terroriste chuta au sol, ventre contre terre, pestant contre son manque de vigilance.

-Bien joué, mec! Amenons le aux autorités.

Eiki n'écoutait pas. Ayant déjà rejoint la source de sa rage, le Genin saisit l'homme par les épaules et le projeta en arrière.

-Qu'est ce que tu fous?
-Je vais obtenir des réponses.

Eiki s'agenouilla face à l'ordure qui avait causé tant de ravage en si peu de temps. Ce dernier le défia du regard, se moquant ouvertement de lui. Cela eût le don d'énerver un peu plus Eiki, qui plaça l'un des doigts de l'homme le long de sa paume, en prenant un appui solide au dos de ce même doigt.

-Parle.
-Va te faire foutre, ducon.

Eiki força son appui, faisant ressortir l'os du malheureux dans un craquement sinistre, suivit d'un nouvel hurlement.

-Nous n'avons pas à faire parler ce mec nous même! Notre travail est terminé, nous devons l'emmener pour un interrogatoire aux autorités compétentes!
-La ferme! Ce connard a tué mon meilleur ami! Il est mort sous mes yeux, enseveli sous un tas de gravats, sans que je ne puisse réagir.

Eiki plongea son regard, presque fou, dans ceux de sa victime.

-Rien ne me dit que notre gouvernement nous donnera des infos sur ce qui s'est passé. Afin d'éviter d'attiser la panique, ou une connerie du genre.

Eiki dégaina un Kunai et le plaça sous la gorge du terroriste. Ax s'approcha de lui et posa une main compatissante sur son épaule.

-Je peux comprendre ce que tu ressens. Tu ne dois toutefois pas laisser ta colère l'emporter sur ton bon sens. Tu sais ce que tu dois faire..

D'un mouvement d'épaule, Eiki se dégagea de la main d'Ax.

-Je le sais. Les autorités l'auront vivant, oui.

Il se tourne à nouveau vers son prisonnier.

-Avant cela, tu vas me dire tout ce que tu sais. Si tu refuse, je te jure que je vais te saigner comme un porc. Je n'ai aucune qualification en technique d'interrogatoire, je te conseille donc de ne pas tenter ta chance...
-Crétin débutant.

Eiki sentit un choc au niveau de son estomac, qui le propulsa en arrière. Du coin de l'oeil, il eût le temps de comprendre que son ennemi l'avait éjecté d'un solide coup de paume, certainement renforcé au Gyo. Cette fois ci, c'était lui qui n'avait pas été vigilant. Il l'aperçut plongé sa main intacte dans sa poche, tandis qu'Ax se précipitait sur lui, paniqué. Le Genin heurta violemment le sol, plusieurs fois, et effectua quelques roulés boulés avant que sa course ne se stoppe. Endolori, il se releva avec difficulté. Ax était penché sur le terroriste, qui ne bougeait plus. Le Genin s'approcha en boitant quelque peu. Lorsqu'il ne fut plus qu'à deux pas, Ax se redressa.

-Il est mort. Pastille de cyanure, je n'ai pas eût le temps de l'en empêcher.

*Mort? Putain... c'est pas vrai. *

La vérité lui atterrit en pleine figure. C'était de sa faute, uniquement et entièrement. Une fois l'ennemi à terre, il aurait dût obéir à Ax Takami, fouiller leur otage puis le mener aux autorités. Ces derniers auraient été bien plus à même de tirer les informations dont ils avaient besoin qu'un Genin tout juste diplômé. Au lieu de cela, il s'était laissé dicter par sa colère et son désir de venger Bleko. Pour quel résultat? Un cadavre qui ne pouvait leur fournir la moindre indication sur les commanditaires de l'attaque. Echec total, toute chance de venger la mort de Bleko s'était évaporé. Choqué par les conséquences de ses actes, Eiki sentait que le souffle lui manquait. Il ne parvint à articuler que quelques mots:

-Merde...

Ax lui adressa un regard lourd de reproche.

-Comme tu dis.. Si tu m'avais écouté, nous n'en serions pas là.

Eiki baissa les yeux, trop honteux pour soutenir le regard du jeune homme.

-Tu es Genin, n'est ce pas? Depuis combien de temps?
-Même pas une heure...
-Je vois.

Takami poussa un bref soupir.

-Je vais te couvrir pour cette fois. N'importe quel débutant aurai pu agir comme tu l'as fait, ne te culpabilise pas. Garde toutefois cette journée en mémoire et tires en les leçons qui s'impose.

Le Jaiko approuva silencieusement d'un hochement de tête, puis suivit Ax, qui portait le cadavre du terroriste, jusqu'à l'Académie.

*Je ne suis qu'un idiot... Bleko, pardonne moi.*

Eiki Jaiko
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Re: L'attaque de Gensou

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