Longue Town

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Longue Town

Message par Sonaka le 18/3/2012, 16:44

Situé sur Grand Ocean, juste à la sortie de Reverse Moutain, LongueTown est une île-cité de légende, puisque c'est ici qu'est né Gold Roger, le Seigneur des Pirates. C'est aussi ici qu'il fut exécuté par la marine, ces derniers mots déclenchant la plus grande vague de piraterie de tous les temps. Pour cette raison, la ville est aussi connu comme étant celle "Où tout commence et où tout se termine".

LongueTown est une ville calme, doublé d'une plateforme importante du commerce, en raison de son emplacement stratégique, ainsi qu'une destination touristique très prisé. Bien qu'elle ne soit tenu que par un faible contingent de marine, l'incessant va et vient des navires venant des quatre pour rejoindre leur affectation dote l'île d'une excellent force. Bien qu'il soit de notoriété public que tous les pirates venant sur GrandOcéan mouillent aussi sur l'île, ces derniers ne sont guère importunés tant qu'ils se tiennent à carreau. En effet, les marines présent ont bien mieux à faire que de perdre du temps avec des pirates miteux aux primes dérisoires.

LongueTown est connu pour les multiples services qu'elle offre, que ce soit pour s'acheter un nouveau navire ou refaire une beauté à celui qu'on amène. Ces rues regorgent de magasins en tout genre, alimentation, armurerie, log poses, boutique-souvenirs... Bref, l'endroit permet à tous les équipages de souffler et de s'équiper correctement pour partir d'un bon pied sur GrandOcean.

Le monument le plus important de LongueTown est la place de la potence, où fut exécuté Gold Roger. Haut lieu touristique, plus personne n'y a été exécuté depuis. Il va sans dire que les marines veillent au grain et ne laisseront aucun malappris vandaliser l'endroit.
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Re: Longue Town

Message par Oboro le 18/3/2012, 20:57

Après "les Cachalions de Kawaguchi", "le Bal de Sapporo" et l'interlude du "Prototype Ümlaüt", les productions Tarmac ont le plaisir de vous présenter la suite de l'Odyssée de Dogaku...




Acte 3: Dame Chance




-Capitaine, nous n'avons pratiquement plus de réserves à bord du navire. Vivres, eau, fournitures, papier...
-Ha? Chouette, mon poignet va enfin pouvoir se reposer! Tous ces formulaires que j'enchaine à un rythme industriel, c'est vraiment mauvais pour la santé. J'devrais aller demander des conseils à l'infirmerie, doivent s'y connaître en kiné, tiens. Franklin devrait pouvoir me dire...
-Papier toilette, précisa l'enseigne.
-QUOI? MAIS C'EST HORRIBLE, C'EST ATROCE, C'EST IMPENSABLE! VITE, CAP SUR LA BASE DE LA MARINE LA PLUS PROCHE! ON IGNORE TOUT TYPE DE S.O.S. TANT QU'ON Y SERA PAS ARRIVE! JE REFUSE QUE L'ON TOMBE A COURT!!! C'EST UN ORDRE!

Et c'est ainsi que tout a commencé, bien que je ne fus pas présente pour en témoigner. Une fois remit de cette pensée dérangeante, Dogaku put réfléchir un peu et se dire que plutôt que de filer droit vers la base la plus proche (et prendre le risque de re-magnétiser notre log correspondant précisément à cette ile, comme le lui suggéra nos navigateurs), nous ferions tout aussi bien de faire route un peu plus loin vers Longue Town avec un Eternal. Sans compter qu'étant donnée sa position de porte d'entrée de GO, les vivres disponibles y étaient sensiblement plus diversifiés. Car un goinfre, ça ne se corrige pas. Aucun de ses défauts ne semble être corrigible, d'ailleurs. C'est du moins ce que j'ai pu observer, depuis mon poste de seconde du Tarmac.

-Et il vous faudra de la poudre, également?
-Mmmmh... étrangement, j'crois pas, non. Nous n'avons pas eu d'accrochage avec qui que ce soit, non? Pas depuis que je suis là, en tout cas, signala Gurgenidze. Vérifiez tout de même sur la liste, c'est la logistique qui s'en est chargée, pas moi. Haylor?
-Aucun besoin, répondis-je. Nos réserves sont encore pleines à concurrence des trois quarts.
-Tiens? Marrant, d'habitude c'est ce qui disparait le plus vite, s'étonna la magasinière de Logue Town.
-Ouaip, avec Conquer on pouvait quasiment dire que ça s'évaporait. Comme la fois où...
-Vous connaissez Conquer?, s'étonna l'administrative.
-Nous l'avons côtoyé brièvement, précisais-je avec une pointe de regret. Seulement quelques jours.
-Et j'ai été lieutenante sous ses ordres, pendant deux ans, compléta Gurgenidze.
-Ah ouais?!? Énorme! Racontez-moi, comment il est?
-Plutôt... comment dire... tiens?

Natasha s'interrompit, distraite par une porte qui s'ouvrait doucement, sous l'impulsion d'une nouvelle arrivante. Petite, brune et l'air de rien, elle s'introduisit en douceur, même si je reconnus là le plus pur respect des convenances, qui dissimulait probablement bien autre chose. Technique élémentaire.

-Mmmh... excusez-moi, demanda-t-elle pas gênée le moins du monde, suis-je bien aux requêtes pour les suppléments sur ravitaillement?
-Tout à fait. Veuillez juste attendre que je finisse de traiter vos collègues, et je m'occupe de vous.
-Je vois, oui... très bien, je vous attends.

Ela Masaka se retira momentanément, ayant simplement fait passer son message: "ne tardez pas trop, vous n'êtes pas seuls". Cela passa totalement au dessus de la lieutenante, mais l'administratrice et moi-même avions bel et bien perçu son discours.

-Ben alors, comment ça se fait? Vous avez du naviguer tranquille, vous.
-Nous n'avons pas rencontré de pirates, commençais-je. Du moins, pas en dehors de Longue Town.
-Vous dîtes ça comme si... enfin, je me trompe, ou bien y a t-il ici une pointe de regret, commissaire?

Commissaire. Oui, ça c'est moi. Les succès du travail des développeurs du Tarmac, et tout particulièrement ceux concernant l'Ümlaut, ont motivé la haute administration à me gratifier d'une promotion, et ce juste avant que les conséquences de Sapporo n'émergent des méandres bureaucratiques. De toute manière, ces déboires ne m'étaient nullement imputables, les détails opérationnels n'étant pas sous ma responsabilité.

-Bien sûr que non, mais j'ai du mal à accepter qu'ici, ils puissent...
-Excusez-moi, je suis pressée, signala posément la petite Masaka, surgissant à nouveau pour s'imposer. Je n'ai rien contre le fait que vous discutiez, mais dans ce cas, pouvez vous traiter mon dossier? Ca ne sera l'affaire que de quelques minutes, il ne concerne qu'une petite troupe.
-Eh, oh, désolée mais je prends ma pause, là, se défendit la bureaucrate avec mauvaise foi. C'est pas tous les jours qu'on entend parler d'un héros de la marine, et j'ai bien envie de ça pour animer un peu ma journée, d'accord? Donc à moins que vous ayez mieux à m'apporter que le commandant Conquer...
-Conquer? Vous voulez dire, LE Conquer?
-Tout à fait, répondis-je en rêvassant à mon tour, revisionnant pour le coup les milles petits détails qui concourraient à son charme.
-Vous le connaissez?
-Un peu... trop peu.

Cela suffit à calmer la jeune femme, qui ne vit plus aucun inconvénient à nous laisser prendre notre temps avec l'administratrice dès lors qu'elle aussi profitait des anecdotes sur les exploits des hommes -des héros- de la marine.

-C'est vrai qu'il est aussi formidable qu'on dit?
-Il est exceptionnel. Physiquement, pas vraiment beau, mais... enfin, ça dépend. Il a un visage assez commun, quoique bien façonné.
-Il est bien bien musclé, tout de même, compléta Gurgenidze.
-C'est plutôt son caractère, qui fait son charme.
-Haylor, il est chiant comme la mort.
-C'est un professionnel accompli.
-Même durant les permissions, il ne se déridait pas.
-Un homme discret et réservé, justement.
-C'est vrai qu'il a déjà protégé un village d'une attaque de cachalions enragés?, demanda Ela.
-Non, pas du tout. Ca, c'est Loromin Sohal qui s'en est chargé, plaisanta la blonde en diffusant la légende de l'homme fort de la marine, qu'elle avait trouvé excellente.

Voyant à ma mine réprobatrice que j'étais d'avis de rétablir la vérité, elle prit Ela à part, pour continuer son petit discours, me laissant terminer nos affaires avec la magasinière.

-Loromin... Sohal? Avec un nom exotique... mmmh... je vois le genre d'homme, oui.
-Dernièrement, il a déjoué les machinations d'un groupuscule d'espions, probablement à la solde d'une mafia ou autre, s'amusa Natasha.
-Vraiment?
-Il parait qu'il a déjà mis aux arrêts un réseau de braconniers, également. Vous savez, il a un certain lien avec... le règne animal. Surtout les poissons.
-Je me renseignerais... ça pourrait marcher avec Chihousou... trouver un moyen de l'inspirer, peut être. Peut être qu'un jour, on tombera sur un pirate se livrant à la déforestation. Avec un peu de chance. Ca le motivera à faire des efforts.
-Malheureusement, son coeur est prit par sa supérieure directe, et sa fidélité est sans appel. On raconte que si Loromin n'est encore que lieutenant malgré ses capacités, c'est parce qu'il refuse de se séparer d'elle. On peut le comprendre: elle est formidable... et magnifique.

Et c'est sur cette lancée que continua la discussion entre les deux femmes, Ela recensant tout point susceptible de l'inspirer concernant son frère, qu'elle refusait encore... par moments, du moins... d'estimer irrécupérable. Au moins, dans une organisation peuplée d'hommes aussi valeureux, il ne pourrait subir que de bonnes influences, si changement il y avait.

De son coté, Natasha avait pu se remémorer quelques petites choses dont elle voulait me parler. Elle voulait me demander quelque chose que je n'étais pas prête d'accepter, et s'était dit qu'en me mettant d'abord de bonne humeur, cela pourrait faciliter les pourparlers.

-Dîtes, je me demandais...
-Oui?
-Ca s'est passé comment, avec Stink?
-Très mauvais sujet, me contentais-je de placer, avant de continuer à l'écouter sans trop faire attention.

Car pour me faire plaisir, c'était raté. Presque aussi raté que Stink qui... non, que moi qui... avais été... tout bonnement... ignorée. Point. Comme toujours. Ignorable, donc. Comme si... non, ne commence pas là dessus. Commissaire, oui. Juste, pense, commissaire. Lentement, encore, répète le mantra. Commissaire. Dix ans d'avance. Un grand pas vers l'amirauté, avec dix ans d'avance. Un grand pas vers... pourquoi a t-il fallu qu'elle parle de Stink?

-Mmmmh... Haylor, on s'était dit qu'on devrait peut être acheter un cadeau pour Sigurd.
-Et pourquoi donc?
-Ca serait un moyen de lui montrer qu'on l'aime bien, tous, non? J'me suis amusée à faire le tour des gens, un peu partout, et l'idée de se cotiser a rencontré pas mal d'adeptes. On a la giga cagnotte à portée de main, là.
-...
-Alors?
-Ca se fera sans moi, voilà tout. Je n'apprécie pas le moins du monde ni Dogaku, ni l'hypocrisie.
-Rhoo, allez... ça serait un signe d'encouragement?
-Il n'a pas besoin d'encouragements. Plutôt d'une bonne humiliation, si vous voulez mon avis. Quelqu'un doit le remettre à sa place.

Dire que depuis le temps, je fais attention à ne pas m'acharner excessivement sur Dogaku, faisant de mon mieux pour ne le jauger que lorsque les circonstances s'y prêtent... et elle me parle de lui après Stink?
Non, ne pense pas à lui!

-Pour le remercier de votre promotion, mettons?
-Pas vraiment, non. Sigurd est un parasite reconnaissant, c'est tout. Dans l'absolu, ça va l'arranger, que je reprenne sous mon portefeuille officiel ce dont je m'occupais déjà officieusement.

Savait-il qu'en demandant à ce que j'obtienne ce grade sous ces conditions, il catapulterait ma solde bien au-dessus de la sienne, me faisant gagner dix ans de carrière? Un commissaire, c'est banal. Un commissaire affilié à un navire-fourniture comme le Tarmac, avec à son bord une équipe de développeurs et un projet suivit par quelques grands noms... nettement moins. Pour un peu, certains m'auraient accusée d'avoir intrigué. En attendant, j'aurais été sa supérieure dans n'importe quelle autre organisation que la marine. En l'espèce, comme c'était la ligne militaire qui primait, il restait le maître à bord. Par contre, pour tout ce qui n'était pas directement lié aux missions en cours, ça devait transiter par moi. Et pour beaucoup de points, j'avais tout simplement la priorité.

-Et si je vous disais que ça lui ferait plaisir?
-...
-Ben quoi?
-Que voulez vous que j'y réponde? J'ai dis non, tout simplement. C'est définitif.
-Boaaah, z'êtes pas marrante.
-Ce n'est pas une question de "marrant" ou non.
-Je vous trouve vachement subjective avec lui, quand même.
-Peut être bien. Mais vous, par contre, vous lui offrez des lauriers qu'il ne mérite pas.
-Bien sûr que si: il est excellent, on est obligés de l'adorer! Alors, ça mérite bien qu'on ferme les yeux sur ses petits défauts. D'ailleurs, ça rend le bateau vachement plus sympa.
-Dogaku, c'est un officier du même calibre que Conquer et Sohal?, demanda Ela, ayant enfin fini de passer sa commande et n'ayant pas pu s'empêcher de revenir aux potins.
-Pas exactem...
-Loin de là, corrigeais-je.

Rapidement, je lui brossais les grandes lignes du personnage. Natasha tenta d'arranger certains détails, ce qui acheva sans surprise de faire passer Ela de mon coté. Dogaku était juste une allégorie du laisser-aller, dans le genre du légume qu'on ne peut respecter dès lors qu'il ne se respecte pas lui même avec un minimum de sérieux.

Entre temps, nous rejoignîmes les autres, qui nous attendaient dans la cour de la caserne. Natasha et moi sommes venues ici avec sept autres marines.
"Entre filles".
Pour "fêter ma promotion".
Ma foi, pourquoi pas: je m'étais laissée convaincre après relativement peu d'insistance de sa part, compte tenu de ce qu'elle était disposée à fournir comme effort (et moi comme résistance). J'avais fini les dossiers en accélérant un peu le rythme, voilà tout.

Une fois les présentations faîtes, la discussion glissa alors sur son propre frère, un autre cas bien particulier que je crus reconnaître (et eus confirmation de vive voix, entraînant un regain d'intérêt envers la soeur de ce... sombre... bref) puis, en parlant de défauts, elle nous confia quelques anecdotes sur "Elle", ses mesquines habitudes, et les sordides moyens de promotion qu'Ela lui supposait, avant de dériver sur de touts autres sujets. Au final, nous nous laissâmes prendre au jeu, et la conversation continua plusieurs heures, pour finir sur une terrasse ensoleillée, avec la plupart des présentes ayant opté pour une pinte de bière (ou, dans mon cas et celui d'une autre, de thé). Mais, Dogaku ayant tout de même tous les attributs d'un excellent punching-ball dérivatif, son nom revint brièvement dans la discussion.

-Vous auriez du voir la tête qu'il a fait...
"Capitaine, on va faire une sortie entre filles. Donc non, vous ne pouvez pas venir."
"Ben, pourquoi?".
"Je dois vraiment répondre à ça?".
" Et si j'dis que j'vous embêterais pas?".
"Peut être... mais tout de même, êtes vous vraiment sûr de vouloir savoir laquelle d'entre nous a désespérément besoin de dénicher un 85B à double armatu...".
Et ben j'ai même pas fini ma phrase qu'il était déjà à la recherche d'un autre moyen de passer le temps!
-Tsss.
-Le pauvre...
-D'ailleurs, en parlant de lui... vous savez sur quoi je suis tombée, l'autre jour?

Celle qu'on a toujours connu comme étant "la fille de Guido" sortit délicatement une revue de son sac, qui affichait fièrement l'emblème de la marine en couverture. Pour être plus précis, c'était l'almanach sportif des compétitions interocéaniques de la marine, catégorie académique. Prenez les équipes sportives des écoles militaires des quatre océans, organisez un grand évènement, et envoyez aux participants de bons souvenirs bien après qu'ils aient commencé leur service.
Certaines commencèrent à être prises de gloussement alors même que rien n'avait encore été annoncé.

-Aussi étrange que ça va vous sembler, Sigurd le pantouflard est dedans, glissa la fille Shiraharam. Et vous savez quoi?
-Hum...
-Il était...
-Où ça, fait voir!
-Là, c'est lui.
-Doooonc...
-Majorette?, lu une ingé en intensifiant le rire.

Vaguement curieuse, je jetais à mon tour un regard sur le trombinoscope. Photo d'identité ancienne, qu'il utilisait encore maintenant. Tristement désinvolte, à nouveau. D'après la note en dessous de son portrait, il avait été tout d'abord mascotte, avant d'être promu au rang d'exhortateur à part entière.

-Pom-pom-boy?
-Naaaaaaaan.
-Impossible. Lui?
-Et il assume?
-Je pense que oui. Il avait pas l'air très content que je le taquine dessus, mais ouaip. Et en plus, il a du répondant.
-Ah?
-"Un truc d'efféminé? Hey, je vous signale que je passais deux après-midis par semaine à porter et côtoyer six jolies filles!".
-C'est sûr que vu comme ça, pas faux.

La doctoresse qui avait apporté n'avait pas utilisé la seul corde de son arc, néanmoins. Je m'en étais un peu doutée en la voyant apporter ça.

-Le truc, c'est qu'il n'est pas le seul dessus. Haylor aussi.
-Pom-pom-girl?
-Non, en tant que participante.

J'avais moi aussi ma photo de recensée là dedans. Et figurais sur une autre, de groupe, en plus de la générale.

-Hey, ça rigole pas! Médaillée de bronze en saut de haie, chef d'équipe et... médaillée d'or en natation synchronisée?

Et qualification ratée de peu en saut à la perche, me souvins-je avec un sourire grandissant. Je n'avais pas eu le temps de m'entraîner suffisamment, préférant me focaliser sur le reste. Ce qui avait payé, d'ailleurs.

-Vous êtes sûres que c'est notre Eva?
-Ca l'est, confirmais-je. Surprises?
-Mmmmh... honnêtement, oui. Je vous aurais plus vue prononcer le discours d'inauguration, à la limite.
-Comme quoi, il ne faut pas se fier aux apparences.
-Tiens, Chihousou n'y est pas, remarqua Ela.
-Qui ça?
-Mon frère. Je sais qu'il s'était présenté pour l'épreuve du lancer de poids... alors qu'il n'en avait jamais vraiment fait dans un cadre sportif.
-Et alors?
-Eh bien... il aurait pu passer les qualifications, d'après ce qu'on m'a dit. Après tout, il a battu à trois reprises le meilleur score des vingts dernières années.
-Alors quoi?
-Je pense que le fait qu'il ait assommé chacun des trois membres du jury y est pour quelque chose. C'est comme il jouait à ça étant petit... enfin, petit... c'est relatif. Il n'a pas vraiment conscience du fait que les gens ne peuvent pas toujours attraper ce qu'il leur envoie. Entre autres. Donc forcément...
-Oh? Il doit être fort, alors.
-Très fort, précisa Ela.
-Une montagne de muscle, rajoutai-je. Un peu comme... tiens, vous voyez cet homme, là?

Fendant la foule tel un éléphant dans des roseaux, un homme qui n'avait physiquement rien à envier à Hercule (pas même les fringues: il portait un genre de toge exotique et une peau de léopard sur le dos) progressait paisiblement, laissant aux passants le temps de se mettre prudemment hors de son chemin. Par ci, par là, il faisait du lèche vitrine, visiblement à la recherche d'un gourde grande capacité. Comme les échoppes ne manquaient pas, sur la place, le groupe de marines eut tout son temps pour observer le voyageur.

-Oaiuch, matez moi le Hulk!
-On dirait un ours.
-Un grizzli, plutôt.
-Il est encore plus costaud que Guido!
-Hum? Vous n'avez décidément jamais vu mon frère, vous. Ni même aucun des hommes de la BRUTE.
-Je n'ai pas le souvenir d'un Chihousou aussi épais, songeai-je à voix haute.
-Je pense que ce sont les vêtements qui font ça. Maintenant que j'y pense, je me demande comment cet homme peut trouver des vêtements à sa taille. Pour les Masaka, les hommes recourent toujours aux services de tailleurs particuliers, pour des oeuvres sur mesures.
-Boah, il triche, c'est de la peau d'animal. Il porte une robe, en plus. Vous faîtes ça, dans le brute?
-C'est la BRUTE, pas la brute. Même s'ils sont tous des sauvages. Surtout la sauvageonne. Mais non, aucun ne se promène avec des tenues aussi... aussi... évocatrices. Vous avez vu ses mollets de... d'éphèbe? Sauf la sauvageonne.
-Plutôt duveteux, le Brutus, remarque Nat', sceptique sur la qualité du mâle.
-C'est pas forcément une mauvaise chose, je trouve.
-Vous croyez qu'il porte quelque chose, sous sa jupe?
-Ben ça... tu veux que j'aille lui demander, peut être?

Natasha s'était déjà levée, manquant de renverser sa choppe au passage. A moins que ce ne fut l'ingénieure qui la retint de force qui faillit causer l'accident. Une fois calmées, je me permis d'intervenir.

-Ce n'est pas une jupe, commençai-je lentement, reconnaissant facilement le vêtement.
-Un tutu?
-Non. C'est un kilt.
-Un koi?
-Un kilt, reprit l'homme en surgissant avec une douceur et une discrétion inattendues, faisant sursauter la moitié de l'assemblée. Peu de gens savent ça, par ici. Vous permettez? Trevor McPwning pour vous servir, charmantes demoiselles. Etant donné que vous sembliez assez intriguées par ma personne, je me suis dis que je pourrais bien vous consacrer quelques minutes de mon temps. Après tout, en aussi agréable compagnie... cela ne vous dérange pas, j'espère?
-Pas du tout, répondit Nat' du tac au tac, absolument pas facile à démonter.
-A merveille.

L'homme à l'ouie fine s'installa donc à ses cotés (soit juste en face de moi), en prenant soin de déposer son fatras à l'abri des rapines. Ce fut Ela qui commença l'interrogatoire.

-Donc, Mr McPwning?
-Appelez moi juste McPwning.
-Puisque vous voulez nous parler de vous... vous aussi, vous êtes tous aussi bien bâtis, dans votre famille?
-Non. Enfin, seulement les hommes. En ce qui concerne les femmes, elles ont tout juste la taille leur permettant de... je veux dire... elles sont plus petites.
-Je vois, conclut Masaka, comprenant parfaitement la référence.

La parole tourna alors régulièrement, les présentations allant bon train, et assez vite tout le monde fut bien à l'aise. Suffisamment pour que McPwning prolonge sur son humour à lui. S'étant enfin fait apporté sa commande (une belle flasque de whisky, rien que ça), il était maintenant de très bonne humeur.

-Au fait, mes jolies... laquelle d'entre vous aimerait savoir ce qu'il y a en dessous?, ajouta t-il en regardant brièvement l'ingénieure concernée.
-Mmmh... quel âge?
-Quarante quatre ans, et toutes ses dents. Entres autres.
-Je pense que ça n'était pas moi, alors.

Jusque là, je me contentais principalement d'observer, ne débloquant qu'une parole de temps en temps lorsque ça m'intéressait. McPwning était intéressant, c'était sûr. Un coté austère, mais aussi sympathique. Et un humour grivois qui n'était pas à mon goût, même s'il se rattrapait avec des réponses intelligentes. Sans surprise pour moi, il m'observait tout autant. Entre pairs, nous nous étions vite reconnus.

-J'ai l'impression de vous avoir déjà vue, vous.
-Ca n'est pas le cas, lui rétorquai-je, mais nous avons tous deux vu des gens nous ressemblant, oui.
-Donc, vous venez vous aussi des Hightlands?
-En effet. Enfin, oui et non. J'y ai passé beaucoup de temps étant petite, du moins. Et la moitié de ma famille y habite.
-Quel clan?
-Ma mère vient des Somerled, dans le sud de l'île.
-Je suppose donc que votre père vient d'une île plus au sud de l'archipel?
-En effet.
-Aaah, ça, c'est courant. Non pas que ça soit triste -vous m'avez l'air d'être tout à fait respectable, et surprenament au fait des traditions- mais je trouve tout de même dommage que le phénomène s'intensifie. Je vous sers?
-Avec plaisir, merci.

Toutes furent surprises, mais ce fut Natasha qui prit le regard le plus outré. Me voir passer du thé-cerise au quarante degré était visiblement trop pour elle, ce qui m'incita à lui expliquer quelques points.

-Quand deux originaires de notre île se rencontrent dans un océan du monde, il est de coutume qu'ils se racontent leurs voyages.
-Et partagent aussi un verre, à ce que je vois...
-Les voyages font l'expérience, poursuivit Trevor, et il est tout à fait normal de partager ses leçons de vie avec ses compatriotes. On appelle ça "apprendre des erreurs des autres".
-Vous ne parlez toujours pas du verre...
-C'est juste normal, conclus-je.
-Bon. Eh bien, vous voulez peut être qu'on vous laisse?
-Pas forcément, non...
-Ca n'est pas nécessaire, non.
-On va le faire quand même, fit Ela, perspicace. On va rester dans le coin... la boutique en face, là.

*
* *

Dix minutes plus tard, au sein du groupe d'espionnes savamment dissimulées derrière un banc...

-Hahaha.... je n'aurais jamais deviné qu'Haylor avait une aussi bonne descente, bégaya Nat', excédée. Pas elle, nan... je rêve ou bien... elle se ressert, là??
-C'est parce que c'est du whisky. Parait que c'est génétique. Et qu'ils leur en mettent dès le biberon.
-Ah, vous connaissez les Highlanders?
-Non, mais je suis moi aussi de North Blue. Et de là où je viens, tout le monde se souvient des horribles carnages qu'ont fait ces types avant d'entrer au gouvernement mondial. Ca c'est passé il y quelques siècles, et on s'en souvient encore. Je vous jure que c'est pas du petit calibre.
-Vu Haylor... pas surprenant, en fait.

Le groupe de femmes était tellement intrigué par la scène qu'il ne fit pas attention à la large bande hétéroclite qui s'assembla dans leur dos. Bien que vêtus de manière à ne pas attirer l'attention, un petit quelque chose de rudement louche émanait d'eux. Peut être que le fait d'avoir, pour la plupart d'entre eux, passé une grande partie de leur vie dans la piraterie les avait marqué, malgré leurs précautions. Quant aux armes qu'ils ne dissimulaient qu'à moitié maintenant qu'ils en avaient besoin, elles n'étaient pas là pour corriger le tir.

Toutes prises de court et en otage au même instant, le groupe de marine eu l'impression que le ciel lui tomba sur la tête. Une fois toutes menacées, aucune n'osa réagir, se refusant de risquer la vie des autres. Avec un minimum de gestes et de paroles, ils les forcèrent à s'engager un peu à l'écart, se rapprochant au passage de McPwning et moi même. Leur démarche était si bien travaillée en terme de rythme et d'allure que je mis un moment avant de comprendre pourquoi elles revenaient toutes en couple avec de parfaits inconnus.

Au même instant, deux hommes armés se manifestèrent à mes cotés, et le même scénario se répéta. Je fus groupée avec les autres avant même de pouvoir comprendre autre chose que la nécessité d'en faire le moins possible, pour ne pas inciter le canon pointé sur mon dos à y causer une blessure mortelle. Le genre de chose que l'on comprend vite, quand on est paralysée par la peur.

-Donc, c'est bien elles?, demanda un homme chauve au visage lourdement balafré.
-Sans aucun doute, précisa McPwning. Elles me l'ont confirmé elles mêmes.
-Bien, bien, bien. J'aime quand tout se passe comme prévu.
-Reste à savoir, intervint un troisième larron. On va laisser quelqu'un, on confie la tâche à un passant, ou bien on s'en charge nous même?
-Elle, répondit Trevor en désignant sa compatriote. Laissez là repartir.
-Tiens, tu t'es trouvé une préférée? Elle est pas moche, c'est vrai, mais... attends, si c'était ça, tu préfèrerais la garder, en fait.
-C'est une fille des clans. Laisse la libre.
-Encore? Bon. Mais seulement si elle est capable de se souvenir du message.

Petit à petit, l'effet de surprise s'estompait suffisamment pour que j'envisage d'agir. Jusque là, je ne les écoutais qu'à moitié. Plus important: que faire? Très facile, en vérité: nous étions sur une place très peuplée, et bien en vue de tout le monde. Il me suffisait de crier et d'appeler aux secours pour régler le problème.
Pourtant, ceux qui passaient près de nous voyaient bien que quelque chose clochait, et ne s'attardaient pas le moins du monde. Bien au contraire, en fait. Peut être allaient-ils prévenir la marine?
C'était stupide. Avec la foule ici présente... des soldats n'étaient pas nécessaires. Alors quoi? Je vais crier, oui. Mais si ces hommes nous tirent dessus... Un bain de sang. Mais on ne fait pas ça en plein jour, à la vue de tous!

-Je vous suggère de vous calmer, Evangeline.
-Vous, vraiment... ne m'adressez pas la parole.
-Faîtes juste ce que je dis, reprit McPwning en rapprochant son coutelas des oreilles d'Ela.
-Bon. Bon, bon, bon, bon, bon. Dans ce cas... un message à transmettre?
-En effet. Suivez nous.
-Me jeter dans un piège? Hors de question, je reste ici.
-On perd du temps... je vais en choisir une autre, Trevor.
-Non, ça sera elle. Evan... Haylor, faîtes ce que l'on vous dis.
-...
-Bon, profita le chauve, prenant silence pour acceptation. Donc, pour reprendre assez correctement les mots du capitaine...

Le chauve prit quelques instants pour retrouver la formulation, et clarifia quelques mots qui venaient trop probablement de son propre vocabulaire. Les quelques expressions approximatives qui lui étaient tout d'abord venues à l'esprit ne pouvait pas être les originales. Puis, lentement, il me dicta le message.

-Nous aimerions bien voir le capitaine Sigurd Dogaku. Dîtes lui que sa très chère Nerassa Roderik du World Shredder est enfin prête pour leur quatrième round. Elle l'attendra au nord de l'Estuaire de Kawaguchi, dans la baie des naufragés. Plus d'informations vous seront donnés sur place, mais je peux déjà vous dire que vous aurez une sacrée chasse au trésor sur le dos. Elle a également précisé que, je cite, si cet abruti tient à garder les membres de son harem en bonne santé, il ferait mieux de ne pas faire trop de bruit concernant cette affaire.

Mon dieu. Tout en faisant de mon mieux pour graver ces mots dans ma mémoire, j'entendis à moitié les commentaires des habitantes du Tarmac. Vraiment déplorable et hors de propos. Probablement un moyen de tromper le stress. J'en avais bien besoin, personnellement. Mais je n'avais rien en tête, si ce n'est ce message à ne pas oublier. Kawaguchi? Ca, je retiendrais facilement.

-Sa très chère?
-Les membres de...
-... son harem?
-Ils se seraient pas trompé de Sigurd, là?
-Sigurd X Nera'? Rhoolalala, capitaine!
-J'ai absolument rien à voir dans cette histoire, moi! Je ne connais pas Dogaku, je suis de la BRUTE!


Et maintenant, je retiendrais le reste sans problème, je pense...

Oboro
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Re: Longue Town

Message par Chihousou le 25/3/2012, 01:38

On pourrait croire qu'une unité de la BRUTE ça s'amuse constamment, ça tape du pirate, dézingue du malotru et boit de l'alcool, et bien, en fait, non. Sauf pour le dernier point qui représente près de la moitié des fonds attribués à ces unités de bourrins. En réalité, une unité spécialisée dans le poutrage d'hors-la-loi passe le plus clair de son temps à attendre qu'on lui dise sur qui elle doit se défouler.
Pas contrariant pour un sou, Chihousou attendait. Il avait voulu améliorer son navire mais on lui avait dit que comme il commandait une unité mobile, il n'aurait pas toujours le même. Il avait du mal à voir où était le problème, au pire il améliorerait plusieurs navires, ça l'occuperait et ça rendrait service à tout le monde, mais le mec de l'administration ne semblait pas vouloir croire qu'un, et je cite, « bodybuilder d'opérettes ait de quelconques notions en architectures navales, ni même qu'il puisse connaître ce mot ». Le capitaine n'avait pas tout compris mais le ton méprisant du petit homme derrière le bureau semblant lui être adressé, il lui fit faire un tour pas la fenêtre. Comme lui avait apprit son père, dans le doute vaut mieux ne pas laisser passer une insulte et si t'as fais une connerie tu t'excuses avec deux ou trois litres d'alcool et tout ira pour le mieux, et comme Chi' était un enfant bien élevé, il suivait les conseils de son papa.
Mais du coup, il y avait peu de chances qu'on lui laisse s'occuper d'un navire en plus, il reçut une lettre lui indiquant que la Marine lui retirait une semaine de salaire pour « outrage à un officier supérieur », il ne se rappelait pas avoir offert d'outres à quelqu'un récemment mais il s'en souviendrait: n'offrir que des tonneaux, pas d'outres. Cependant la perte d'une semaine de salaire, et donc d'une journée de biture, le déprima totalement.

Il aurait voulu jouer avec sa soeur comme lorsqu'ils étaient enfant mais celle-ci n'était plus sur le navire, soit disant qu'il y avait des commandes sur le feu. Mais alors pourquoi quitter le navire? Il y avait pourtant une cuisine et tout l'équipement nécessaire pour mettre tout ce que l'on voulait sur un feu. Dépité, le colosse tente tant bien que mal de trouver un partenaire de jeu. Les membres scientifiques de l'unité refusèrent: trop de boulot. Les autres refusèrent aussi: trop de biture. Marine refusa aussi et lui proposa de ''jouer à papa-maman si tu vois ce que je veux dire...'', chose que n'entendit pas le Masaka.

Appuyé sur le bastingage, Chihousou s'ennuyait ferme, exploitation agricole même. Il s'ennuya jusqu'à ce qu'une bonne nouvelle lui arrive dessus sous la forme d'un grand type se baladant dans le port. Au premier regard, le capitaine de la BRUTE avait apprécié l'homme: grand, costaud, velu et peu vêtu(ceci n'a rien de sexuel, c'est simplement qu'un homme fort ne craint pas le froid...ni la pluie, le vent, l'eau de mer, les épinards en vapeur...). Pour s'assurer du statut d'homme fort de l'homme en jupe à carreau et peaux de bêtes, le marine tenta une expérience:

_NYOOOOOOOOM!(Attention cher ami. Le projectile que voici risque de vous éclater le crane si vous n'y prenez pas garde!)

Alors qu'il parlait le langage des hommes forts, une pierre, ou plutôt un rocher, d'une trentaine de kilos, inopinément posé sur le pont(que fout un rocher sur un navire, je vous le demande?) fit un voyage éclair en direction du poilu. Ayant entendu, et compris, le cri d'alerte, celui-ci se retourna vivement et attrapa le rocher en plein vol. Il eut un léger mouvement de recul du à l'impact et lança à son tour le rocher vers Chihousou, salut traditionnel d'homme fort.

_Nyom nuuo!(Merci de cette délicate attention. Je me permets de vous rendre votre du en vous félicitant de votre dextérité!)
_Nyom nuo!(Je pourrais vous renvoyer le compliment. Il est évident que cette rencontre me ravi!)

Les us et coutumes obligatoires passés, il n'est pas nécessaire de préciser que Chi' attrapa aisément le rocher, les deux compères(les hommes forts sont tous frères) se retrouvèrent assis à la terrasse d'un bar bien sympathique. L'inconnu, Trevor McPwning selon lui-même, accepta la pinte offerte par le jeune homme avant de s'excuser de ne pouvoir rester bien longtemps, une affaire urgente l'attendant.

_Iky dabu!(Quel dommage que vous deviez partir, votre conversation étant un vrai délice et que dire des histoires épiques que vous contez avec tellement de verve)s'indigna Chihousou.
_Houlk iter!(Je suis, moi aussi, ravi de cette conversation revigorante tant il est rare de croiser l'un des nôtres. Mais je ne puis rester plus longtemps même si l'envie de le faire me brise le cœur)
_Nyom nigu!(Et bien, qu'il en soit ainsi. Un homme fort se doit de respecter ses engagements et d'accomplir son devoir. Partez en paix et puissiez vous vivre éternellement dans le panthéon des hommes forts)
_Nyom niigu!(Je vous remercie de votre mansuétude et espère qu'un jour vous pourrez, à votre tour, partager mon alcool. Restez en paix et puissiez-vous vivre éternellement dans le panthéon des hommes forts)

Émus aux larmes, un homme fort sait assumer ses faiblesses, les deux hommes se quittèrent dans une accolade virile avant de se séparer sans se retourner. Pour Chihousou, la journée avait été sauvée par cette rencontre salvatrice et il était l'heure de faire une petite sieste pour cuver tranquillement.


Quelques heures plus tard...


_Capitaine...capitaine...susurra lentement Marine dans l'oreille de son supérieur.
_Grouinf...je dors mieux tout seul...
_C'est pas à propos de ça mon Capitaine. On vient de recevoir une lettre d'un autre Capitaine et il y a marqué « urgent » dessus en gros et en rouge.
_Donne la à Ela...
_Elle n'est toujours pas rentrée.

Obligé de se lever, et de révéler au grand jour sa grenouillère jaune poussin à pois verts, Chihousou jeta un œil à la lettre. Sur celle-ci était tamponné un « urgent » et, en dessous, on pouvait lire que seul un officier avait le droit de l'ouvrir. Étant officier, le jeune homme s'attela à lire la lettre et, vingt-cinq minutes plus tard, tout le monde sut qu'aucune bonne nouvelle n'était venue de ce message.

_ILS VONT VOIR CE QUE CA COUTE DE S'ATTAQUER A UN MASAKA!

Sans prendre le temps de se vêtir de son uniforme, Chihousou ordonna à Marine de le suivre, bien décidé à rencontrer le vaurien qui avait osé lui faire ça. D'ailleurs, s'il était habituel pour sa subordonnée de discuter chacune des décisions du jeune homme, l'air furibond et la voix courroucée du colosse suffit à lui faire comprendre que c'était pas le jour.

« Message à remettre en main propre au Capitaine Masaka.

Bonjour,

Pardonnez cette manière maladroite de prendre contact avec vous mais j'ai une nouvelle importante à vous apprendre. Un officier civil de la BRUTE a été enlevé cet après-midi avec d'autres éléments de la Marine. Formellement identifiée, l'officier serait une dénommée Ela Masaka. Attendons de vos nouvelles avant une éventuelle mission de sauvetage.

Signé: Capitaine Dogaku

Ce message est un message pré-rédigé en cas d'enlèvement d'un ou plusieurs membres d'un équipage et ne reflète aucunement les sentiments de l'officier signataire. »
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Re: Longue Town

Message par Sonaka le 2/4/2012, 16:51

Un tête à tête avec Haylor. Pour bien commencer l'après midi, je n'avais franchement aucune idée de ce qui aurait pu être de meilleur augure.

Ca, j'avais pas prévu. Mais maintenant que j'y pense, j'aurais très bien pu. Entre la grande déconnexion qui avait suivit la nouvelle de l'enlèvement, et l'enchaînement des deux trois Conseils Stratégiques qui ont été tenus (et à la fin desquels j'avais gentiment éjecté tout le monde en leur disant que j'allais trancher sur ce qu'on ferait), Haylor avait vraiment mal choisit son moment pour s'imposer dans mon bureau. J'étais tellement à plat que je n'étais même plus intimidable. Ce qui, pour une fois, ne l'arrangeait pas du tout.

-Euh... non. Désolé, mais non. Quoi qu'on fasse, vous ne participerez pas à la mission de sauvetage.

Chacun de nous savait ce qu'il se passait dans la tête de l'autre, avec une précision inquiétante: des mois de mépris entretoisé, ça vous en apprend plus sur une personne qu'un an de beuverie partagée.

Pour sa part, elle était fermement décidée à ne rien dire, autant par pur respect de la ligne hiérarchique que parce qu'elle avait déjà préparé tous ses contres et ne voulait pas commettre d'impairs en prenant l'initiative. Moi, je ne voyais juste pas le moins du monde comment j'allais lui annoncer que non, je ne la voyais pas du tout se pointer avec nous dans la mélasse. Parce que bon, c'était Haylor, quoi. Ca marcherait forcément pas. Sauf que le lui annoncer en bloc ne marcherait pas non plus. Et j'me voyais très mal discutailler avec elle. Chuis capitaine, moi, pas diplomate.

-Okay, tentais-je après une bonne trentaine de secondes. Convainquez moi?

Voilà. J'vais faire semblant d'être à l'écoute, comme ça on pourra rien me reprocher, et je dirais quand même non. Et si elle me convainc, ben elle aura une bonne raison, tiens. Mais le mieux dans tout ça, c'est que ça n'a aucune chance d'arriver.

-Vous êtes une bureau... euh une commissaire, rectifiai-je. Vous faîtes déjà largement votre part dans cette affaire -plus que votre part, même- et elle est déjà énorme. Pourquoi en rajouter?

Sauf que non. Là, je ne réussis qu'à la motiver en raisonnant comme un Sigurd, c'est à dire en terme d'efforts et de contraintes. Haylor ne fonctionne pas comme ça, voyons. Allez, réfléchis. Mets toi à sa place. Sois une bureaucrate maléfique. Déteste le Sigurd.

Stupide, Sigurd, stupide!

-Si je vous parle de complexe du survivant, je suppose que vous connaissez?
-Bien sûr, fit-elle avec dédain.
-Et donc...
-Je tiens à participer à cette mission. C'est aussi simple que ça.
-Sauf que... à moi, ça ne me semble pas... hum... pertinent?
-Et pourquoi pas? J'ai reçu une formation militaire au même titre que n'importe qui ici. Je pourrais faire -je peux faire- aussi bien que quiconque.
-Sauf que je ne vous ai pas vue participer à aucun exercice, depuis le temps.
-Si ma parole ne vous suffit pas, vous n'avez qu'à consulter mon dossier, fit-elle en le désignant le livret qu'elle avait déposé au préalable.
-Vous pouvez être rouillée, évasais-je. Quand y'a des risques, moi j'en prends pas.

L'air pincée, Haylor attendit quelques instants, se laissant le temps de déterminer si l'idée qu'elle allait me proposer lui plaisait ou pas. Sa fierté ou son envie du moment? En fait, il ne tenait qu'à elle de concilier les deux.

-Mettez moi à l'épreuve, alors?
-Hu?
-Faîtes moi passer des tests. Vous pourrez constater par vous même.
-Oh. Ben je pourrais, sûrement... mais on n'a pas le temps, non. Et puis, c'est stupide.
-Vous refusez donc de me laisser ma chance?

Silence. 'Ttendez, j'étais pas parti dans la bataille en voulant donner l'air d'être à l'écoute? Zut de zut. Bon, t'as pas grillé toutes tes cartouches. Pense comme une Haylor. Inspire toi du modèle en face de toi. Et pense au Sigurd comme étant au mieux un excellent punching ball dérivatif, au pire comme une vile moisissure humaine à décrotter de l'arrière de ses bottes avant de salir le paillasson.

-Je vous crois quand vous me dîtes ça, mais tout de même. Vous savez parfaitement que vous faîtes bien mieux d'autres trucs que soldat. Vous êtes plus utile ailleurs. Pis on en a plein dans l'équipage qui sont forcément meilleurs que vous, vu qu'ils s'y consacrent exclusivement.
-J'ai fini tout ce que j'avais à faire, Capitaine. Et j'ai transmis l'ensemble aux membres de mon service, qui n'auront aucun mal à s'en accommoder. Plus rien ne nécessite ma présence ici. Je veux venir.
-Mais moi je ne veux pas.

Déjà qu'on allait voir du méchant pirate en bande organisée, et que Dame Chance m'avait complètement largué sur ce truc, si en plus je dois surveiller ceux de mon propre camp, j'allais jamais m'en sortir. C'est déjà assez dur de me faire confiance à moi même, quand un gros coup de barre se pointe.
Pis qu'est ce qu'elle a à vouloir venir, d'abord? D'habitude, elle reste au Tarmac, et ça me fait des vacances. L'ordre naturel des choses n'a pas à être modifié. D'ailleurs, j'viens de mettre le doigt sur un truc là.

-Dîtes moi plutôt... pourquoi est-ce que vous voulez venir?
-C'est évident. J'aimerais participer aux secours de mes collègues.
-Ah?
-Collègues et amies, enlevées devant moi. Tout à fait.
-Vous êtes sûre?
-Vous en doutez?
-Non, je vous demande.
-Je ne vois aucune autre raison pour laquelle je... pourrais vouloir participer à l'expédition.
-Tah tah tah tah tah. Vous n'aimez pas ça, quand ça secoue. Et vous faîtes très bien confiance aux autres quand il faut s'y jeter, sinon ça aurait braillé plus t...
-Je "braille"?

Regard meurtrier.
Capitaine Sig', tu viens de glisser, là.

-Non non non non, s'pas ça que je voulais dire. Mais si vous aviez voulu vous mêler des basses besognes...vous l'auriez déjà fait. Moi je pense que y'a autre chose, donc.
-.........
-Rhooo, allez quoi. Je ne vais pas accepter de toute façon. Mais vous avez plus de tripes que moi, donc je ne vais pas pouvoir m'imposer, comme d'habitude. Continuez d'insister et je vais vous tourner le dos, retenez moi et je vais prendre la fuite en courant, et si vous me pourchassez, j'vais devoir me réfugier derrière des soldats qui vous garderont de force. Vous allez m'en vouloir parce que d'une part ça la fichera vachement mal pour vous, et qu'en plus vous n'aurez pas eu ce que vous voulez. Vous êtes plus intelligente que moi, donc je vais sûrement pas réussir à deviner ce que vous avez derrière la tête. Pour vous, ça va devenir personnel, et déjà que vous me détestez méchamment, je sais même pas comment ça va tourner. Donc moi, je propose que vous me disiez pourquoi vous voulez être là. Parce que vous ne voulez pas vraiment venir, c'est juste que y'a un autre chose derrière. Mais, comme vous avez aussi l'avantage d'être plus raisonnable que moi, vous devriez accepter si je vous propose de me charger de ce truc, du coup. Le Sigurd, il n'est pas SI nul que ça, après tout. Non?

Ah ouais, pincement de lèvre, frémissement des narines et remontée du menton, avec les sourcils qui descendent légèrement... la totale, quoi. Que le légume de service soit capable de voir plus loin que ses orteils quand les choses deviennent sérieuses, ça elle l'avait pas soupçonné, Evil. Les techniques d'empathie vues en option au club des stratégistoriens de l'académie, ça marchait sec, quand même.

-Alors?
-Laissez moi un instant, s'il vous plait. Je réfléchis.
-Oh? Comme vous voulez.
-Je n'ai pas encore dis oui, capitaine, prévint-elle.
-Bien sûr, bien sûr. Prenez votre temps, dis-je en me forçant à retenir cet affreux sourire victorieux qui...


J'aurais bien continué, mais un déluge apocalyptique tel que je me serais pas étonné qu'on ait été foudroyé s'abattit alors sur le navire. Dans le genre VLOOM. Mais aussi CRACK. Et ZBOIN. Et plein d'autres onomatopées que mon alphabet ne saurait retranscrire. En tout cas, j'en restais pantois, le cerveau largement déconnecté pour la seconde fois de la journée.

-Et... ça, savez vous ce que c'était?
-Nan, répondis-je en me réveillant sur le coup. Restez là, vous, je vais voir.

Sortant du bureau, je fusai vers la surface. Ca va, à première vu y'avait pas d'horrible trou dans les parois du navire, c'était déjà ça. A mi chemin, je croisais un type du service d'Evil, qui avait l'air aussi troublé que moi il y a quelques instants.

-Ca va? Schneider, c'est ça?
-Oui, euh... je crois bien que c'est encore moi, en effet.
-Z'êtes sûr que ça va?
-Capitaine, nous avons... la troupe du capitaine Masaka est arrivée.
-Oh? Bon, okay, je vois. Rholà, j'ai cru qu'on se prenait un raid surprise des pirates et que le kidnapping était juste un piège pour nous forcer à rester sur le navire.
-Et il est... très en colère, mettons?
-Mwouais, j'imagine. C'était quoi, ce bruit?
-Une partie du déluge de tonneaux qui ont été fracassés contre le navire.
-On va mettre très en colère, confirmai-je en poursuivant mon chemin, plus vraiment inquiet.

D'accord, Chihousou était un grand bourrin, et le pont risquait de souffrir davantage des siens que des bestioles de Naboléon quand elles manquaient d'exercice. M'enfin, aux dernières nouvelles sa troupe était parfaitement capable de réparer les dégâts qu'elle semait sur son chemin, donc faudrait juste considérer la gêne comme étant...

Tiens, un baril volant.

Pad'Bol, j'me méfie plus assez de toi. Trop s'en remettre à Dame Chance, c'est pas forcément une bonne idée.








-Réveille toi!
-Znorfl. Ronfle. Nammmh.
-RÉVEILLE TOAAAA!!!

Chihousou n'était vraiment, vraiment, VRAIMENT pas content. Cette ordure de Dogaku, en plus d'avoir causé la disparition de sa soeurette, lui faisait l'affront de s'évanouir au premier coup. Il n'y était pas allé bien fort, pourtant. Tout juste de quoi assommer un sanglier. Un homme ne pouvait réagir que d'une manière à ceci: en rire et l'écarter d'une pichenette. Toute autre situation était inconcevable, tant pour le Masaka que pour ses hommes.


La conclusion de tout ça?

C'était de la provoc' pure et simple. Et ça allait barder.

Alors, le chef de la BRUTE en était maintenant réduit à tenter de me réveiller. Pour ça, il avait à sa disposition une méthode absolument infaillible. Il le savait, il l'avait déjà lui-même expérimenté des dizaines de fois dans son enfance, sur des sangliers qui venaient jouer avec lui durant son travail en forêt. Car à dommage égal, remède égal, n'est ce pas?

-RÉVEILLE TOAAA, JE DIS!!! IL FAIT SEMBLANT, C'EST PAS JUSTE!
-Capitaine, je ne pense pas que le lancer en l'air ait de grandes chances de marcher.
-ALORS JE LE LANCERAIS PLUS HAUT ENCORE, BWAHAHAHA!

Du point de vue de l'assemblée, c'était assez spectaculaire, mais personne ne savait plus trop quoi faire. Pas même Chihousou, qui envisagea un moment de s'en remettre à la machine à claques, avant de me lancer une dernière fois juste pour vérifier.

-Capitaine, hasarda lentement Marine en ayant l'air d'être plongée dans une intense réflexion. Je me demande... et si, en fait... c'est peut être stupide, mais... et si vous l'assommiez encore plus à chaque lancer? Peut être que... qu'il vaudrait mieux arrêter, pour voir. Je ne veux pas dire, mais...

Impossible, songea Chihousou. Ca marchait sur les sangliers. Et à sa connaissance maintes fois éprouvée, un homme est au moins trois fois plus robuste qu'un sanglier. Mais Dogaku n'était peut être pas un homme, en fin de compte. Car un homme obéissait à la loi universelle, que la grande sagesse des fournisseurs de Masakarbonne lui avait inculqué: tout ce qui monte fini par retomber.

Ben ouais, mais le blondinet n'était toujours pas là.

-Je crois que vous l'avez envoyé...
-EN ORBITE, 500.000.000 POINTS!, beuglèrent des hommes qui jouaient souvent à ça entre deux bitures.
-BWAHAHAHAHAHA!, NOUVEAU RECORD! Bon, c'est pas tout mais maintenant, faut retrouver Ela. LES GARS, DÉSOSSEZ MOI CE NAVIRE, ON VA RETROUVER MA SOEUR!

Exclamation unanime de la BRUTE dans son ensemble, qui était bien décidée à secourir Celle-Qui-Avait-Le-Poing. Imaginez un peu ce qui leur arriverait s'ils ne la rejoignaient pas assez vite, hein? Eux mêmes ne voulaient pas y penser.

-Peut être qu'il est juste dans les cordages?
-Peu de chances qu'ils aient tenu si c'est le cas, BWAHAHAHAHAHAHA!
-Ou alors, vous l'auriez envoyé dans la vigie...

Eh ben non, je n'étais dans aucun de ces coins. Soufflé par un coup de vent, j'avais évité de peu la flotte grâce à l'amortissement salvateur d'une voile, manipulée par mes fidèles marines dont une partie tentait tant bien que mal de faire rempart aux bodybuilder d'en face.

Heureusement, seule une demi douzaine d'entre eux avaient rejoint le pont du navire, ce qui fit qu'il ne fut pas trop trop trop compliqué de les en faire descendre sans avoir à faire usage d'armes à feu. Par contre, les bouées de sauvetage furent de sortie, elles. Le temps que je me réveille, la situation était plus où moins calme. Normal: les membres de la BRUTE, à court de munitions, arpentaient à nouveau le quai à la recherche de caisses et tonneau en tout genre qu'ils pourraient balancer sur le navire dans un grand déchainement de sciure.

-Qu'est ce qui s'est passé?, me demandais-je en ayant un arrière-goût de nausée dans la gorge. 'Ttendez, pas l'temps, on verra après.

Fallait d'abord prendre contact avec Masaka. Le pauvre, devait être tout excité, à se faire un sang d'encre. Moi même, j'étais pas à l'aise.

-Eh ben, il a des tripes, le capitaine, à y retourner après le tonneau et les loopings.
-Je crois qu'il n'est pas au courant de ce qu'il s'est passé, plutôt.
-Oh, ça expliquerait des trucs. Faut peut être aller l'informer de ce qu'il risque, non?
-Ch'pas sûr qu'il soit aussi confiant après coup, donc non.


C'est donc en toute connaissance de cause que j'allais "parlementer" avec mon collègue, m'attendant à un discours rude et délicat. Sa frangine venait de se faire enlever, le pauvre. Fallait être compréhensif.

A peine à portée de main, Chihousou se chargea personnellement de me faire gagner deux mètres de hauteur.

-J'ai dis compréhensif, mais chuis pas spécialement convaincu que l'altitude nous permette de mieux nous comprendre.
-CONNAIS PAS CE MOT!!!, me confia le concerné.
-Euh...
-OU EST ELA?
-Qui ça?, eu-je l'erreur de demander sans réfléchir.

Grosse erreur même, qui me valut d'être secoué méchamment. Ca me laissa au moins le temps de me dire qu'Ela était sûrement la frangine. Chihousou en profita pour noter que ma mémoire semblait revenir avec les secousses latérales.

-Ah oui oui oui je vois je vois, Ela. Elle va probablement, bien sûr j'ai aucun moyen de savoir, mais à priori dans ce genre de cas les otages vont bien quand on rapplique vite. En plus c'est pas ma première fois avec Nera' et elle est assez réglo sur ces choses là, contrairement à ce qu'on pourrait s'imaginer quand on sait qu'elle...

Oooh non, songea Masaka. Encore un de ces types compliqués qui faisaient des phrases longues sans rien dire. Bah, qu'à cela ne tienne. Si le secouer de gauche à droite améliorait la volubilité du blondinet, alors le secouer de haut en bas permettrait sûrement de réduire le degré de blabla.
Logique, non, mais particulièrement intuitif.

-Fa tourneuh. Mwaargrêttez làààà...

Bon, visiblement toujours pas. Peut être qu'en fin de compte, les claques se révèleraient être la bonne solution.

-Bon, une dernière fois. QU'EST CE QUE TU AS FAIT DE MA SOEUR???, vociféra Colosse à pleins poumons.
-Ce que j'ai fait de quoi?
-COMMENT CA DE QUOI???
-D'solé d'solé d'solé, j'voulais dire de qui!
-MA FRANGINE!
-On va pas y arriver... ce que j'ai quoi de votre soeur?
-Quoi?
-Ben oui, je comprends pas quoi. Je sais qui, par contre, m'empressais-je de préciser avant une énième bourrasque. Qui, c'est Ela Masaka, votre soeur.
-Euh... eh bien en fait...
-Oui?

Mauvais. Le blondinet venait de semer la confusion dans l'esprit du Masaka, qui s'en retrouvait profondément troublé. Maintenant, c'était à lui qu'il fallait des claques. Mais, profitant de cette hésitation, Dogaku se chargea de refaire la déco dans son esprit, tout en tentant d'ignorer de son mieux l'espèce de tour de siège que montaient à l'improviste les membres de la BRUTE.

-Euh... Ela va bien, j'en suis sûr. Les pirates qui ont fait ça n'en sont pas à leur première capture, et on a jamais rien eu à déplorer au niveau des prisonniers. Donc... vous... tu... peux me lâcher, s'il te plait?
-Un instant.
Le Capitaine Dogaku, c'est bien toi?
-En chair et en os, yep. 'Fin, s'ils sont pas broyés, du moins.
-Donc tu es celui qui as enlevé Ela, non?
-Hein? Non!
-C'est pas ce que disait ton papier.
-Papier? J'ai une prime, maintenant?
-Ben oui, le papier où y'avait... é... é... équoi, déjà? Équerré, peut être?

Chihousou s'arrêta, cherchant pour la énième fois un mot qu'il ne retrouvait pas. Équerre, échelle, peut être? Non, pas du tout la bonne catégorie. Reprenons au début. Le mot qu'il cherchait était un ver.... ver... verve? Vert? Vernaculaire, peut être?

-J'ai bien demandé à ce qu'on envoie à la BRUTE une notification, mais c'est tout. D'ailleurs, j'ai oublié comment j'ai géré les tournures... c'est ptêtre ça qui t'as pas plu?
-Minute. Stop. Attends.
-D'acc...
-CHUT!
-.....
-Donc ça n'est pas toi qui as envoyé la lettre?
-Euh... techniquement, non.
-Et ça n'est pas toi qui as enlevé la soeurette?
-Non plus, répondis-je à l'instant où une nouvelle volée de menuiserie s'abattit sur les flancs de mon cher, fier et maltraité Tarmac.
-Oups. Euh... les mecs? Je crois qu'on a peut être un...

Chihousou me reposa, s'excusa platement deux trois fois, me colla un baril de rhum entre les mains en guise d'offrande, et s'empressa d'aller arrêter la vilaine tour mobile qui se rapprochait dangereusement de mon navire.

Ce qui était assez sympa, mine de rien, me dis-je une heure plus tard dans mon bureau, avec un peu de recul et beaucoup moins de stress (ainsi qu'un oeil au beurre noir, la faute à un certain baril de rhum mal réceptionné). N'empêche, ça aurait été mieux qu'il commence D'ABORD par s'occuper des deux mecs qui avaient monté une GNIOURFERIE D'CATAPULTE A TONNEAUX EXPLOSIFS, quoi.

-Toutes, mes, excuses, répéta pour la x-ième fois le capitaine aux cheveux oranges.
-Mwouais.
-Au moins, ça sera l'occasion de remettre à neuf ton bateau, non? Il le mérite bien, et on va le soigner. Ca va être une seconde jeunesse, BWAHAHAHAHAHA!
-Retaper intégralement?
-Même avec des améliorations, si tu veux!
-Euh... ptêtre pas, nan. J'prends pas d'risques.
-En tout cas, on aura fini ça d'ici le milieu de la nuit. Mes gars vont bosser toute la soirée, et les tiens ont l'air au moins aussi motivés.
-Vous pressez pas trop, j'imagine. On partira pas avant demain cinq heures au mieux.
-Comment ça?, s'énerva le colosse. Et ma soeur, on y va quand alors?
-Ben à moins que tu ais tout un stock de papier dans tes armoires, on doit quand même attendre l'approvisionnement.
-Du papier? Comme tout à l'heure? On a pas besoin de lire, hein! C'est même dangereux, on ne se comprend pas avec ça, BWAHAHAHAHA!
-Pas n'importe quel papier. LE papier.

A cette annonce, Chihousou se tut, et observa un silence religieux. Car une fois qu'il y était habitué, même un homme, et même un homme fort, se révélait monstrueusement impuissant sans papier toilette. Une fois cette solennelle déférence effectuée, il commença à s'ennuyer, et sa grogne refit peu à peu surface. Pour passer le temps, il décida d'aller rejoindre la grande troupe qui s'affairait à retapper au plus vite les divers dégâts pas tous si bénins que venait de subir le bateau.

De mon coté, c'était juste maussade et tendu à souhait. Mais étrangement, la simple idée d'aller les rejoindre me donnait une flemme monstrueuse.
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Re: Longue Town

Message par Sonaka le 7/4/2012, 16:50

Essai micro une-deux une-deux, ça marche? Tout le monde me voit, tout le monde m'entend?

Heeeiiiing?

Comment ça, ils peuvent juste me lire? J'croyais qu'on était dans une série, un théâtre ou un genre de... nan?

Et ils me lisent déjà? Haaar, mais c'est pas bon du tout, 'faut me prévenir!


...

...


.......

Bon, okay, on y est.

.............



Très cher public, bonjouuur!

Avant toutes choses, je vous prie de m'excuser pour l'énorme retard de livraison concernant MON chapitre, le premier à moi bibi. Ca a beau faire des lustres que je harcèle le producteur de me laisser la place (l'avait tout de suite accepté le manuscrit, en plus, l'idiot), il s'est totalement emmêlé les pinceaux par la suite, avec mon petit bijou qui ne savait pas s'il verrait le jour ou pas. Quel crétin.

Mais finalement, c'est oui!



Cela remonte quelque peu (producteur en carton!), mais j'espère que vous arriverez à vous en souvenir: au point où nous en sommes, un enlèvement de personnel militaire a eu lieu dix jours plus tôt, à LongueTown. Si ça ne vous parle plus, ou si vous voulez le revoir pour le plaisir (mais si, mais si...), je vous propose de relire ou découvrir le récit d'Eva, juste là sur le symbole bizarroïde à droite (X!X).

Nous étions donc neuf à avoir été enlevés pour faire office d'otages: six membres du Tarmac, et trois personnes issues de la BRUTE. Parmi les noms que vous auriez déjà pu croiser, il y en avait trois à retenir:
-Judith Shiraharam, médecin du Tarmac et fille-de-l'ingé-en-chef-du-Tarmac-qu'est-pas-encore-parti-mais-qui-va-pas-tarder.
-Natasha Gurgenidze, c'est à dire moi. On va dire que vous m'connaissez, hein.
-Ela Masaka, l'administratrice de la BRUTE. Un peu dans le genre d'Haylor, en plus petite et qui joue sur les vocalises plutôt que le regard.



Et le résultat est assez... impressionnant. Nous en étions au dixième jour de captivité, et sa gorge se tenait toujours aussi bien.
Son vocab' aussi, d'ailleurs.

-BANDE DE GONADES ATROPHIES, ARRÊTEZ MOI CETTE FOIRE A BABOUINS ET LAISSEZ NOUS SORTIR!
-Ca y'est, elle repique sa crise...
-Ca sera que la onzième fois...
-On la laisse faire?
-Vu qu'ils la laissent faire, j'imagine qu'on peut aussi.

-BALTRINGUES DE CRISSES A MOULES, BRINGUEBALES DE DÉCHETTERIE, VENEZ LA, RAMENEZ VOS MICHES POUR VOIR!
-En fait nan. Ela, si vous les insultez et qu'ils se fâchent vraiment, ça ne va pas le faire.
-Strictement rien à cirer.
-M'enfin, ils sont plutôt cool pour le moment, donc ça serait vraiment...

Mais la jeune mégère n'écoutait pas, bien sûr.

-CHIHOUSOU, SI TU NE TE RAMÈNES PAS DANS L'HEURE, TU PEUX DIRE ADIEU A TA DESCENDANCE! JE VAIS TE RUINER LES DOUDOURNES, TU VAS VOIR!


*
* *


A plusieurs centaines de kilomètres de là, le capitaine Masaka, un miracle de la nature flirtant avec les 150 kg de muscles et de candeur, eut un mauvais pressentiment. Quelque chose n'allait pas.

Mais bien sûr, que quelque chose n'allait pas. Sa soeur venait d'être enlevée par une bande de pirates malveillants, ils avaient étés subtilement manipulés de manière à prendre d'assaut le navire de son confrère, et maintenant, il trépignait d'impatience, à tourner en rond sans but ni raison. Quelques mois plus tôt, Brutus, le lion de la meute troupe du Lieutenant Hyûma, avait usé de la même manière sue Masaka le pont du navire.
Le capitaine de la BRUTE avait bien essayé de se consacrer à sa dernière oeuvre maîtresse, un recueil de ses découvertes sur GO doublé d'un tableau de chasse d'arbres abattus sur chaque île de l'océan.
Le livre devait être une merveille, intégralement faite en bois, aussi difficile que cela puisse paraître. Mais il ne parvenait tout simplement plus à éveiller la fibre créatrice qui faisait habituellement danser ses doigts. Le géant laissa son projet en plan, totalement insatisfait et d'autant plus frustré.

Il songeait bien davantage à les abattre sur les crânes des ravisseurs. Ca oui.

Mais il n'était pas le seul. Dogaku aussi, n'était pas dans son assiette. Tourmenté par cette affaire, il venait de passer une succession de très mauvaises nuits: seulement 7h30 de sommeil, sur trois jours. Alors, confortablement calé dans son fauteuil, et accoudé à son bureau, il envisagea de passer sa matinée à travailler sur le formulaire T41-P. Celui qu'il fallait lire très attentivement, à la virgule près, afin qu'aucune inexactitude ne puisse aller tourmenter les inextricables archives de comptes rendus et journaux de bord entassés on ne sait où dans les cavernes de la bureaucratie du gouvernement mondial.

Ce qui signifiait bien évidemment que Dogaku rattrapait son sommeil en faisant mine d'être plongé dans un tas de paperasse des plus inutiles qui soit. Typique du personnage. Et personne ne pouvait espérer le prendre sur le fait: après tout, son bureau avait été stratégiquement aménagé afin que le capitaine dispose d'un temps record (5 secondes!) pour se mettre à faire semblant de travailler aux yeux d'un visiteur impromptu. Et, mieux que tout, la lourde porte de son bureau coinçait suffisamment pour lui gratifier plusieurs précieuses secondes supplémentaires à l'ouverture.

Tout était une question de timing, et sa mécanique était très bien huilée. Contrairement à la porte. Mais aujourd'hui, Dogaku avait un gros problème: il n'y avait plus de porte, du fait de l'épaisse carrure du Capitaine Masaka qui n'avait finalement pas réussi à se glisser "précautionneusement" dans l'interstice. Ce dernier, navré de sa maladresse, avait tout simplement calé l'objet sous son coude et promis qu'il la bichonnerait pour la retourner en parfait état à son propriétaire.

Chaque bruit de pas résonnant dans le couloir appelait à être surveillé avec attention, car les apparences devaient malgré tout être sauvegardées. Encore heureux que les bureaucrates adoraient les chaussures à talonnettes: quand il y avait du mouvement, Sigurd le repérait de loin. Tirer au flanc était un art comme un autre, et requérait une technique particulière.

De même, surveiller un paresseux nécessitait un ensemble de talents et de qualités, .

Et ce petit jeu durait depuis maintenant une vingtaine de minutes. Bien trop aux yeux du capitaine, qui décida de mettre fin à ça.

-Haylor, je sais que vous vous cachez derrière la port... enfin, la non-porte. Parce que vous savez que je sais que vous allez tambouriner si jamais je suis surpris à ne rien faire. Et je sais que vous hésitez à le faire parce que vous savez que personne n'est d'humeur à se prendre la tête pour des broutilles, et nous savons tous que...
Euh... que quoi déjà?
Mwouais, bon, arrêtez-moi s'il vous plait.
...
Allez, c'est pas sérieux, de s'abaisser à mon niveau. Cache-cache, c'est mon truc, voyons.
C'est moi le gamin arriéré, pas vous
Enfin, je veux dire... surtout pas du mal de vous, hein, qu'on soit clair, mais juste que...
Rhooo, j'abandonne.
Dîtes, vous êtes vraiment là ou bien je suis parano?



Pendant quinze secondes, pas un bruit ne se fit entendre.

Mais Evil était finalement bonne joueuse, se dit Dogaku lorsqu'elle apparut devant lui. Étrangement, elle avait flairé l'opportunité de lui tomber dessus, aujourd'hui. Ca l'avait prise d'un coup, comme à chaque fois qu'elle avait besoin de se passer les nerfs sur le meilleur punching-ball du monde.
Pour autant, c'était bien la première fois qu'elle retirait ses chaussures au cours de son approche, pour plus de discrétion. Habituellement, elle se contentait de faire du bruit avec les talons pour redonner un coup de fouet au paresseux, par sa simple présence dans le couloir.
Elle devenait folle, probablement. Mais le jour où elle le coincerait, le jeu en vaudrait largement la chandelle.

-'Toujours pas aujourd'hui que vous me prendrez sur le fait, plaisanta sans entrain Sigurd.
-Suffit. Il faudra bien que j'y arrive un jour. Vous mettez huit heures pour bâcler ce qui n'en demanderait qu'une, capitaine.
-Oh? Eh beh. Vous suivez ma progression quotidiennement? Un ninja à vos ordres qui me surveille?
-Je crois savoir que vous êtes tout aussi bien renseigné sur mon emploi du temps, se défendit la jeune femme.

Ce qui était on ne peut plus vrai. Ainsi que sur ses déplacements. Quand on cherche à éviter son ennemi, on apprend d'abord à le connaître, après tout. Sigurd était d'humeur maussade, et n'avait franchement pas la moindre envie d'une énième confrontation avec sa nemesis.

Qui était du même avis que lui. Aussi décida-t-elle de changer de tactique.

-Allez vous reposer.
-Gnuh?
-Pardon?
-Comment ça, "allez vous reposer"?, s'inquiéta Sigurd.
-Je ne vois pas ce que vous voulez dire. Quelque chose n'est pas assez clair pour vous?
-Bin si on prend les choses dans leur ensemble.... quand vous me tournez autour, c'est que même vous, vous estimez que y'a encore un espoir et que je n'ai pas touché le fond. Niveau "bon à rien", je parle. Donc ça me convient et je hausse un peu la cadence pour rester dans le jaune à ces moments. Mais là, si vous voulez m'envoyer direct sur le banc, ça veut dire que y'a un truc. J'ai vraiment dépassé les bornes et vous abandonnez? J'fais pitié à ce point?

La commissaire haussa les sourcils, à la fois soupirante et amusée. Sigurd lui donnait nettement moins mal au crâne à l'époque où il se contentait de la craindre silencieusement. D'un autre coté, c'était amusant, de le voir se justifier comme ça quotidiennement. Elle n'avait rien d'un voyeuse sadique, mais il était très doué pour se donner en spectacle, il fallait le lui reconnaître.

-Vous avez l'air épuisé, donc je vous envoie prendre du repos, expliqua-t-elle. Rien de plus, rien de moins.
-Vraiment? Je peux continuer pourtant, vous savez?
-Capitaine, voyons. Vous ne souhaitez tout de même pas que je vous force à passer un bilan médical pour vous mettre en arrêt quelques jours, n'est ce pas?
-Vous pouvez? Ah bah ouais, tiens, c'est même grâce à moi. Boh, je ne suis pas malade, juste...
-C'est à un médecin d'en décider. En tenant compte d'un bilan médical et d'observations -objectives, bien sûr- que mes services auront pu lui transmettre.
-J'aurais du faire commissaire. J'aurais du faire commissaire.
-Je préfèrerais ne pas en arriver à là.
-Pas besoin, je vous dis que je peux gérer...
-Sans quoi vous n'auriez pas à rattraper ultérieurement tout ce temps perdu.
-Ah bin oui, tout s'explique. Clair que ça serait triste. Dîtes, vous offrez quoi aux gens, à leurs anniversaires?
-Ce qu'ils méritent, bien évidemment. Vous souhaitez prendre le risque?
-Euh... on va dire que vous n'avez pas mémorisé ma date de naissance lorsque vous avez signé mon dossier, hein.
-J'en ai pris soin, rassurez-vous.
-Mais ça ne change rien au fait que je n'ai pas à aller sur le banc de touche. C'est gentil de vous inquiéter, mais...

Il ne finit pas sa phrase. Pour une fois, Haylor ne l'interrompit pas d'un regard, mais d'un sourire. Un sourire étiré qui n'adoucit en rien les traits désapprobateurs de la rigoureuse bureaucrate.
Sigurd eut alors un très mauvais pressentiment.

-Capitaine, voyez les choses autrement. Dans deux jours, nous accosteront l'estuaire de Kawaguchi, pour une mission de sauvetage d'otages, dix personnes appartenant toutes à la marine, et de médiation avec un équipage de pirate renommé pour ses exactions passées. Vous n'avez pas le droit de rater cette mission, en aucun point. Je ne pense pas avoir besoin de vous lister les conséquences tant en termes d'image, de moral et de recrudescence de la piraterie que ce genre d'incident peut provoquer. Or, nous avons tous deux très bien vu de quel bois était fait votre pair, le capitaine Masaka. Ce qui signifie que, d'un point de vue intellectuel, vous êtes le seul à pouvoir prendre en charge cette affaire.
-Vous êtes un peu dure avec lui, là.
-Je préfère croire que la nature l'a doté d'autres qualités, personnellement. Et d'une soeur courageuse pour le nurser un peu.
En ce qui me concerne, je vais occuper le même rôle avec vous aujourd'hui. Et pour le moment, vous êtes sans aucun doute une épave en manque de sommeil incapable de tenir un bol de céréales correctement.
-Ah, donc c'est au ptit dej que ça vous a mit la puce à l'oreille, hein? J'croyais que personne m'avait vu ronfler dans les corn flakes...
-Et vous avez la bêtise de persister dans cet état en ne faisant les choses qu'à moitié. Dans votre état actuel, vous n'êtes absolument bon à rien, et ne vaudrez pas mieux lors du débarquement.
-Donc ça veut dire que même au ptit dej, vous épiez mes faux mouvements? Remarque, moi aussi, mais... quoi que ça a du être assez rigolo à voir, ouais.
-Et si jamais il s'avère que vous n'avez pas pris les mesures nécessaires pour être frais et dispos lors de la conduite des opérations, je vous garantis que je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour ruiner votre existence dans la Marine et vous faire transférer à la pire affectation qu'il me sera donné de trouver lorsque je me pencherais sur le sujet.
-Ah ouais, quand même. Ca serait Pad'Bol, ça. D'accord. Je crois que je... cerne mieux votre point de vue.
-Votre réponse, donc?
-Euuuuh... ouais, okay. J'vais faire... deux ou trois siestes, dans ce cas.
-Merveilleux. Vous m'en voyez ravie.
-Bien sûr. Eeeet.... des siestes prolongées, même.
-C'est très bien, capitaine.


*
* *


-BAUDRUCHE DE CHIHOUSOU, RAMENE TES MICHES ILLICO, BLAIREAU DE MES DEUX!

Elle exagérait, pour son petit frère comme pour le reste.

Surtout pour son petit frère, bien sûr. A moins d'avoir gobé un fruit comme le capitaine ou d'être un sacré pistolero, je voyais très mal le modèle masculin d'Ela Masaka (probablement 1m60 à tout casser, stature fluette et tout le tintouin) casser la baraque et labourer la face des pirates à lui tout seul.

Mais aussi pour le reste, vu qu'on était somme toute correctement traités. Déjà, on était ensembles, dans une cellule -plutôt une salle- assez spacieuse pour vingt personnes, avec accès quotidien à une cour (trèèès lourdement gardée, cela dit) et mise à disposition permanente de salle de bain (mixtes, cela dit.... encore que j'en soupçonnais certain et certaines de... bref, ça allait ragoter à mort une fois tout ça fini) et trois repas quotidiens à peu près satisfaisants.

Et en plus, ils laissaient les beuglantes s'exprimer sans broncher. A croire que c'était la fête, ici.

-Excusez-moi?, fit l'un des geôliers entrant dans notre salle.
-Et en plus ils sont polis? Enorme!
-Vous nous voulez quelque chose? Faîtes vite, tant qu'Ela est sous la douche... elle pourrait essayer de vous assommer ou un truc du genre.
-La chef aimerait s'entretenir avec votre supérieure. Plus spécifiquement avec la lieutenante du Tarmac. Laquelle d'entre vous..?

Pas un mot dans les rangs. L'esprit de conservation et la prudence incitaient à réfléchir sur ce qui allait suivre, et personne ne voulait me dénoncer. Mais vu comment on avait été bien traités jusque là... je ne devais pas risquer grand chose, en fait. Je me manifestai donc, et fut surprise de me voir demander si je voulais venir de suite ou faire patienter un peu notre geôlière en chef pour me préparer. Autant accepter tout de suite, non? La curiosité me pressait.

En chemin, je croisai l'énorme type en kilt, McPwning. Celui-ci resta silencieux, limite gêné, se contentant de... me saluer avec courtoisie. Bizarre, le bonhomme.

De ce que l'on avait pu voir de nos rares déplacements, nous étions sur une île plutôt tropicale, dans un coin de jungle/forêt ensolleillé... et dans un camp fait de bâtisses en bois et pierres, qui semblait s'étendre sur une zone assez vaste. Certains bâtiments étaient d'apparence purement utilitaire (entrepôts, dortoirs), tandis que d'autres étaient sensiblement plus travaillés. La grosse cabane avec balcon et rembardes travaillées par exemple, ça faisait penser à la hutte du chef.

Mais ça n'est pas là que je fus conduite. Plutôt dans un genre de caserne-dortoir. Au revoir, joli soleil. Rebonjour, couloirs à crever de poussière. On m'épargna les dortoirs collectifs ansi que le réfectoire, car je fus menée dans un petit coin de couloir bordé de placards à balais. Finalement, j'entrai dans une salle qui aurait très bien pu passer pour un bazar ou une caverne d'Ali Baba naissante.

Le sol, les murs et -gnuh?- le plafond étaient clairsemés de tapisseries et de fourrures exotiques, appartenant visiblement tous à des animaux de très grande taille. L'atmosphère était envahie par une douce fumée violacée, entretenue par une demie-douzaine de bougies d'encens éparpillées aux hasards de la décoratrice et de l'espace disponible. Plusieurs cartes, parfois marquées d'un ou de plusieurs "X" alléchants, avaient été épinglées au murs. Et pas moins de cinq coffres de tailles diverses se promenaient par terre.

Des tas de babioles étaient éparpillées ou entassés sur les meubles alentours. Probablement des composants destinés à être bricolés ou assemblés d'une certaine manière. Des pierreries flamboyantes côtoyaient des outils d'artisans, et une quantité impressionnante de logs étaient exposés ou trainaient ça et là dans la pièce.
Ca ressemblait à un petit atelier de conception de log, tout ça. Et ça expliquait le nombre inhabituel d'Eternal qui traînaient sur les étagères.

Et au milieu de tout ça, assise en tailleur sur une pile de poufs et de coussins, se trouvait très probablement la commanditaire de notre enlèvement. Qui se leva à toute vitesse, fusa vers moi, et me fit la bise comme si on avait gardé les cochons ensemble depuis des lustres.
Okay, ça commençait déjà bizarre. Typique du capitaine, ce genre de délires.

-Yay, enfin vous voilà. Vous allez bien?

En me reculant, je pus mieux la détailler. Comme elle s'était rapidement rassise, je ne pouvais pas vraiment évaluer sa taille, mais elle avait l'air un peu plus grande que moi. Par réflexe, je m'intéressai d'abord à ses hanches. Pas d'armes à la ceinture, très bien. Ni dans les mains, ni dans les bottes, à priori. Sa chemise de capitaine -rouge écarlate par tradition- était assez ample pour y tapisser une dague, cela dit.

-Désolée de ne pas avoir pu vous recevoir plus tôt, j'ai été diablement occupée avec les préparatifs de notre affaire. Mais ça, je vous en parlerais plus tard. Vous ne voulez pas vous assoir?

Elle me regarda comme ça, souriante. Son visage était assez... étrange. Elle était borgne. Ca m'a donné le regard fuyant quelques instants. J'avais beau avoir un oncle en fauteuil roulant une fois sa retraite prise de la marine, croiser des handicapés restait bizarre.
Mais malgré ça... elle devait quand même être belle, j'imagine. Si on oubliait l'oeil en moins. Un visage peut être un peu trop... euh... pointu, aussi. Blonde, les cheveux frisés juste ce qu'il fallait jusqu'aux omoplates, un air peut être un peu trop... sauvage, arrogant, moqueur ou j'ne sais quoi, mais... et puis elle avait des mains... genre pas boudinés ou empâtés, mais...

C'est quoi le mot, déjà?

Rhoo pis merdouille, hein. Chuis nulle pour les descriptions. Sigurd complètera quand son tour viendra, voilà. De toute manière, z'allez juste retenir qu'elle a des mensurations géniales et un cache-oeil sur l'oeil droit, donc pas besoin que j'me foule les neurones, hein. On connait tous comment fonctionne la mémoire d'un public, pas besoin d'aller chercher bien loin.

-Vous voulez boire quelque chose? Bière, rhum, whisky, jus de fruit? On en a acquis une sacrée cargaison récemment, mais j'ai l'impression d'être la seule ici à écouler les stocks. Je vous conseille le sirop de cactus, il est excellent.


*
* *


Pendant ce temps, à plusieurs jours de navigation, dans une discussion assez similaire réunissant les notables des deux équipages de la Marine...

-Capitaine, expliquez-nous. Qui est cette Roderik?
-Nera'? Bin euh...
-Comment ça, " Nera' "?
-On travaillait ensemble, avant, dans la marine marchande. Je n'ai pas toujours été dans l'armée, vous savez?
-On avait deviné, oui, glissa Marine. Ca se voit à l'attitude.
-Et elle n'a pas toujours été pirate, continua Sigurd sans relever. On a été sous off' sur le même navire, avant de chacun passer à la tête de petits et moyens courriers. C'est aussi à ppeu près à cette époque que... 'ttendez, non, je n'avais pas encore... quoi que peut être que si, en fait.
-Bon, tout cela a l'air très bien, le rectifia Haylor. Comment avez-vous fait pour vous en faire une ennemie?
-Vous avez ruiné sa vie?, proposa la lieutenante.
-Ça m'a l'air bien possible, il est en train de faire de même avec la mienne.
-Euh?, lâchait Dogaku, plaintif. J'vous ai demandé une promotion rien pour vous remerc... 'fin pour me faire pardon... mettons pour enterrer la hache de... rhooo pis rien, oubliez.

Vexé, le capitaine se renfrogna, et croisa les bras, s'enfonçant légèrement dans son siège. Impossible. Pour la première fois, Sigurd faisait un caprice -lui, et à elle!- en pleine réunion avec les gradés de l'unité qui s'était jointe à leur mission de sauvetage. Haylor sentit qu'elle venait de toucher le fond, là. Ce qui lui signala joyeusement la lieutenante de la BRUTE, l'air taquin.

-Eh bien c'est un sacré modèle de capitaine, que vous avez là. C'est une série limitée?
-Le vôtre n'a même pas encore prit la parole, je vous signale. Il ne nous regarde même pas.

-Il écoute. Il est très doué pour ça.
-Je crois plutôt qu'il cherche ses mots. Après tout, ça se voit qu'il a probablement un très vaste vocabulaire.

-Vous n'imaginez même pas combien il est attentif à mes enseignements.
-Ca, je préfère encore ne pas savoir ce que vous pouvez apprendre à qui que ce soit.
-Je ne pense pas que vous ayez besoin du blondinet. Vous m'avez plutôt l'air de vous ruiner la vie toute seule, vous.
-Et vous, savez-vous de quoi vous avez l'air?, lui rétorqua la concernée en un regard empli de dédain.
-Héhé, grosse coincée. Vous allez faire quoi?

On ne la faisait pas à Marine, la marine ambitieuse, qui dévoila toutes ses dents dans un sourire langoureux. Malgré tous ses efforts, Ela Masaka n'avait jamais pu tirer la moindre victoire satisfaisante d'aucune de ses prises de bec avec la bimbo aux courbes révélées. Et ça n'allait sûrement pas être une sous-mégère à spécialité gratte papier frigide, dont le physique était aussi peu mit en valeur, qui allait rivaliser avec le nombril à l'air et le décolleté plongeant (soutenu par le top du top de WonderBra en matière de relief) de la lieutenante, et pouvoir lui donner la réplique.

-Et vous la laissez me parler comme ça?, gronda la commissaire à son collègue totalement largué.
-Euh... bien sur que non, voyons. M'enfin, je ne vois pas ce que je peux...
-Faut dire que vu comment il est bien loti avec votre allure, il ne doit pas avoir spécialement envie de faire quoi que ce soit pour vous. Alors qu'en ce qui me concerne, mon capitaine ne laisserait personne parler de moi comme ça. Hein, Chihousou?

Elle joignit l'action à la parole, et se tourna vers le bucheron des océans, faisant remuer sa poitrine au passage et enrager un peu plus celle qu'elle surnommait déjà mentalement Ela-bis. Contrairement au capitaine du Tarmac, qui du se concentrer très sérieusement pour ne pas être distrait, celui de la BRUTE n'eut aucun mal à conserver sa décence.

-Bien sur que si, répondit naïvement le Masaka. Vous aimez qu'on parle de vous, après tout. Vous m'avez demandé de penser à vous tous les soirs avant d'aller me coucher, non? J'adresse une prière à Saint-Gobain, protecteur des matériaux, tous les soirs pour vous.

Marine perdu temporairement de sa superbe, face à l'incroyable prestation de son idiot de capitaine. Un point partout, mais la commissaire eut le plaisir d'avoir le dernier mot, et de gratifier la pimbèche d'un large sourire satisfait. Dans les vastes forces armées de la Marine, il existait visiblement pire que son modèle de larve Dogaku.

-Bien, nous avons assez digressé pour le moment. Si vous voulez bien reprendre, capitaine?
-Oui. Donc, nous étions dans la marine marchande. Et tout allait bien, jusqu'à ce que Nera'... je veux dire Nerassa se fasse pincer sur une grosse affaire de contrebande. Genre une vraiment grosse, avec les deux tiers de la cargaison. D'habitude, ça ne se fait qu'à cinq-dix centièmes de la cargaison.
-J'ai cru entendre "d'habitude", objecta Marine. Vous voulez dire que vous avez vous aussi participé à ce genre de manigances?
-Ah ça nan, j'ai absolument pas envie de le dire, soupira Sigurd.

Silence prolongé. Haylor se mordit la lèvre, envisageant rapidement les conséquences qu'un soudain scandale pourrait avoir, et renonça finalement à faire mettre aux arrêt l'équipage de la BRUTE pour troubles objectifs caractérisés à la discipline militaire et mauvaise hygiène de vie. Pas pour le moment, en tout cas.

-Euh... zut... 'fin je veux dire, bien sûr que nan, je... m'enfin... vous allez quand même pas croire que... surtout moi, un capitaine de la marine franchement réglo et... et... pitié oui, j'avoue, je l'ai fait une fois, j'ai eu la trouille de ma vie à l'approche des douanes, j'ai failli vendre la mèche, et j'ai jamais, jamais recommencé parce que c'est la psychose intégrale. Voilà. Et je signale au passage que quasiment tout le monde le fait, et que ça arrange très bien les armateurs, et que les douaniers sont très contents aussi. Et j'ai aidé plein de monde à faire couler tout ça depuis que chuis dans la marine, même si on est sûrs que ça continue de gruger à mort, alors arrêtez de me regarder comme ça. S'il vous plait?


*
* *


La capitaine pirate me scrutait du coin de l'oeil, tout en sirotant tranquillement son verre. Moi, je la dévorais des yeux, balançant quelques questions sans trop savoir quoi attendre. Des trucs sans intérêts, en fait. C'est quoi, cette habitude des méchants, de parler de trivialités avec leurs proies? Z'ont rien de mieux à faire?

-Vous n'avez pas l'air à l'aise, lâcha-t-elle finalement.
-Je dirais que c'est... tout à fait on ne peut plus normal?, hasardai-je. On est quand même prisonnières dans un camp de pirates, sans avoir la moindre idée d'où on a été déportées, de ce qu'on veut de nous et de combien de temps ça va durer.
-Bon, très bien. S'pas marrant, ça. C'est ça que j'aime pas chez les otages. Si vous y tenez vraiment, je vais vous expliquer ce que l'on va faire, pourquoi nous vous avons capturé, et faire en sorte que vous sachiez que rien ne va vous arriver ni à vous ni à aucun de vos amis. Rholala. Ca ira mieux après?
-Sûrement...

Elle pouffa longuement, se leva pour aller remplir son verre à nouveau, le vida d'un trait, et se laissa tomber dans son amas de coussin, ventre à terre et bras croisés sous sa tête. Ouais bin c'était pas super convaincant, comme posture.

-Tout à commencé il y a un mois. Nous étions tranquilles, à LogueTown, à faire quelques provisions avant de nous mettre en route vers une petite île paumée du secteur. On était un peu à court de cash, donc fallait qu'on aille déterrer une de nos banques, et... d'ailleurs, vous avez déjà eu l'occasion de participer à une chasse au trésor?
-Euh... jamais, non.
-Devriez essayer. Vous ne pouvez même pas imaginer à quel point c'est jouissif. Un peu dans le même genre que de réussir à déguster des pinces de Homaréchal sans s'en coller plein les doigts. Il n'y a qu'une seule chose qui est encore plus fun que de déterrer un trésor.
-Oh. Et qu'est ce que c'est?
-Enterrer un trésor, bien sûr!
-Je vois. Bien sûr.
-Et en troisième position, je dirais dépenser le contenu d'un coffre dans en tavernes, restaurants et casinos. Franchement, c'est la belle vie.
-J'imagine... je crois.
-Bref. Tout à donc commencé quand le seigneur de guerre Wang Shei Xu a souhaité s'offrir les services du World Shredder. Ou plus exactement, ceux de Nerassa Roderik, femme d'affaire, négociatrice, commissionnaire et entremetteuse à ses heures. Youps, on s'est présentées, au fait?
-Natasha Gurgenidze... euh... enchantée.
-Un plaisir. Donc, le bonhomme Sheishei m'a fait part de son problème: au fil des années, il est parvenu à se composer une petite flottille saine et bien portante, un magot importante, un équipage fidèle et entraîné, ainsi que de nombreuses caches disséminées dans tout GO. Vous avez déjà entendu parler de lui?
-Jamais.
-C'est justement ça son truc. Il a le matos, mais pas la réputation.
-Et c'est gênant parce qu'on ne lui prend pas au sérieux? C'est un gamin?
-Exactement. Je vais vous passer les détails, secret professionnel oblige, mais le seigneur Fu-Laong et moi même avons donc monté un chouette scénario. Ses forces, gonflées à bloc et soutenues par pas moins de quatre équipages pirates extérieurs -un pirate influant se doit de pouvoir faire appel à ses relations, après tout-, déboulent en trombe dans la ville d'Ayers Red, pillent le plus grand marché textile des archipels du coin, dévalisent la banque régionale, et saccagent le domaine du gouverneur pour faire bonne mesure. Une démonstration de puissance propre et fulgurante doublée d'un peu de lèse-majesté, ça n'a jamais fait de mal à la prime d'un pirate, hein? On va booster son ranking d'au moins cinquante millions, là.
-Et que vient-on faire dans tout ça?
-Nous avons besoin de témoins, bien sûr. Rien de mieux qu'une prise d'otage et que la présence d'un capitaine de la marine pour attirer l'attention. Un voleur qui annonce son crime à l'avance se crée une certaine aura, vous voyez? Dîtes vous qu'en plus de faire la fête en ville, on va mettre la pâtée à des marines.


*
* *


-Et donc, reprit pour la huitième fois Haylor sans perdre patience, qu'y a-t-il donc? Que vous veut-elle, capitaine, enfin?
-Bin pour faire simple, elle veut ma peau.
-Un but admirable, oui. Et quelle en est la cause?
-Vous avez contrecarré ses plans d'innombrables fois, peut être?, plaisanta Marine.
-Ouais, aussi. Mais nan, c'est pas la raison. C'est surtout que c'est une pirate avec des goûts de dingues. Elle adore les fourrures. Et les coffres aux trésors. Et elle collectionne les fourrures de zoan.
-Donc elle veut... votre peau.
-Alors mot pour mot, elle "rêve de me dépecer pour pouvoir ensuite se rouler dans mon cuir tous les matins et faire de moi la plus confortable des descentes de lit jamais façonnées".

Haylor se fit rêveuse un moment. Oui, elle en avait elle aussi vaguement rêvé à quelques occasions, de la descente de lit à piétiner joyeusement tous les matins.
Marine était tout aussi songeuse. Dans ses rêves à elle, c'était Chihousou qui était au pied du lit. Et à ses pieds, surtout.

-Bon. Cela signifie donc que vous vous êtes revus après qu'elle ait été épinglée contrebandière, n'est-ce pas?
-Ouais. A ce moment, elle a prit un direct pour la piraterie -l'avait déjà des contacts, apparemment-, et ensuite ça a commencé à voler haut.
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Sonaka
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