Le Tarmac

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Le Tarmac

Message par Kentaro le 24/3/2012, 17:43

Sigurd, 02/11/2010

Descriptif du navire, de l'ambiance, des excentricités locales et du gros lion qui passe un peu top de temps à pioncer sur son pont.

Ca viendra un jour, sûrement. Motivé, motivé!


Dernière édition par Kentaro le 24/3/2012, 17:43, édité 1 fois
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Re: Le Tarmac

Message par Kentaro le 24/3/2012, 17:43

Sigurd, 02/11/2010

-Tu veux pas me laisser en paix?

Hochement de tête. Négatif. Injuste.

-Même pas un peu? J'ai un gros stock de viande à disposition si tu veux, et...

Toujours rien. Bien sûr que ça n'allait pas marcher: ses éleveurs le nourrissaient déjà bien au delà de ses espérances. Il n'avait pas grand chose à faire en fin de compte, tout comme moi: et de par sa position supplémentaire de mâle dominant, à lui tous les privilèges. M'enfin, Brutus, le lion alpha de la meute squattant mon super Tarmac, poussait tout de même le bouchon un peu loin, là.

-Mais j'ai rien fait! Et arrête de grogner en retour, ça ne sert à rien! Je ne comprends pas! Même si je morphe, je ne comprends pas! Et toi même tu ne comprends rien à ce que je te dis, parce que sinon tu saurais que c'est moi, l'autre lion!

Parce que ouais, je lui avais glissé l'information sans faire exprès, juste après qu'il ait commencé à venir me coller de trop près. Forcément, j'ai essayé de m'excuser et de lui expliquer, pour le peu que j'avais à faire. Qu'à cela ne tienne: lorsque je prenais la forme de Sig'peluche, ce gros félin venait systématiquement me brusquer, ou quand ses dresseurs le récriminaient un peu, se contentait de me tourner autour en grondant bassement. Quand il estimait que je ne valais pas plus d'efforts, il allait se poser dans un coin et se contentait de me regarder d'un mauvais oeil, ce qui était amplement suffisant pour que mon habituel je-fous-rien soit bon à jeter: imaginez qu'il profite de mon sommeil pour venir me porter un coup de papatte (capable d'assommer une girafe, tout de même)? Bon, c'était peu probable comme scénar', vu que ses éleveurs avaient tout de même fait du bon boulot ('fin, j'avais décidé de leur faire confiance et de considérer cette hypothèse de travail comme vraie).

Dans ce cas, imaginez qu'il veuille clairement indiquer qui est le chef en marquant son territoire de la seule manière que ces grossiers prédateurs connaissent? Eh ouais, hein. J'ai pas envie de me faire uriner dessus dans mon sommeil, moi.

Résultat des courses, j'ai été chassé de mon propre pont par ce grand grincheux de deux cent kilos et des brouettes. Horrible. Parce que je n'allais tout de même pas passer la journée à me lamenter sur cette perte (trop l'habitude des contrariétés, pis chuis pas du genre à m'apitoyer), j'ai passé plusieurs heures dans mon bureau (tout confort inclus), à prendre de l'avance sur les diverses paperasses que Haylor aurait probablement rédigé le moment venu, quelques temps plus tard. Une trentaine de minutes après que j'ai commencé, elle se pointa d'ailleurs, probablement pour mettre sa patte dans les documents. Un lourd silence plana durant la dizaine de secondes qu'elle mit à décider de se retirer sans un mot, intriguée par la nouvelle bonne résolution de ce bon à rien de capitaine.

Bien plus tard, j'eus la très mauvaise idée de sortir un peu prendre l'air, puis de vagabonder à l'intérieur du navire pour me dégourdir les gambettes. En bon prédateur, Brutus attendit ainsi que je me retrouve isolé dans un couloir du fin fond du navire, situé pas très loin des dortoirs de la majorité de l'équipage, très peu fréquenté au beau milieu de la journée. Alors, il lança la procédure d'embuscade delta-zog apprise au contact de Maître Hyûma, et se jeta sur moi pour me faire l'équivalent léonique d'un gros câlin. Car s'il n'aimait vraiment pas l'abruti de lion résidant sur ce navire, Brutus s'était prit d'affection pour le sympathique blondinet qui dirigeait le navire d'une poigne de fer particulièrement souple. Mais, loin de voir en moi un rival, le seigneur dominant de la meute Tenaka avait tout à fait compris qu'il lui serait pleinement profitable de bien s'entendre avec l'autre mâle alpha, qui dominait clairement les humains présents sur son territoire (traduisez navire). Car de cette collaboration avec un XY digne d'être son égal naîtraient bien évidemment de formidables succès qui profiteraient largement à sa meute.

Et c'est ainsi que j'ai passé plus d'une demi heure à "jouer" avec la plus collante et affectueuse des bestioles que j'ai jamais vues. Et malheur à moi si je tentais de m'esquiver, car ce gros félin croyait alors que l'on jouait à chat et me tractait de force jusqu'au point de départ après m'avoir immobilisé avec toute la finesse que pouvait prodiguer son quasi quart de tonne. Ce ne fut qu'après une quarantaine de minutes tristement navrantes, une lueur d'espoir pointa le bout de son nez... ou de ses branchies... enfin, des deux à la fois.

Nous parlons bien de ce très cher Loromin, qui, maintenant qu'il avait été témoin de mon petit problème, allait sûrement chercher un éleveur pour lui demander de remettre Brutus en laisse. Enfin, je le suppose, car Loro, ce fabuleux bonhomme que le destin avait eu la grande bonté de mettre à quelques reprises sur mon chemin (uniquement pour qu'il me sauve la mise en ce jour funeste, après quoi je le reconsidérerais à nouveau comme un encas potentiel), ne passa qu'une seconde à me prendre en considération avant de poursuivre sa route dans le couloir, sans se presser outre mesure.

J'étais bien loin de me douter que cet ahuri avait réalisé, grâce à son cure dent Taface qui lui doublait sa stat de connaissances (Dressage), que Brutus et moi avions entrepris la danse rituelle des barbares Pahpa censée apporter chance et vitalité à ses pratiquants pour les trois jours à venir (cinq s'ils se couvraient ensuite le corps de purée de banane lyophilisée).

Du coup, moi, j'étais pas tiré d'affaire.

Quant à Loro, il continua son errance dans le Tarmac, dont l'architecture faisait clairement écho à celle du Temple des Coléoptèrosaures qu'il avait visité quelques mois plus tôt. A priori, s'il continuait tout droit pendant cinquante pas et prenait ensuite en direction du zénith astral, y'aurait la salle rituelle où étaient entreposés la plupart des trésors de l'édifice. Il y ferait donc un peu de repérage, et reviendrait sous le couvert de la nuit (et de son Polochon de Furtivité Invisible) pour looter les bons items une nouvelle fois.

Quelques couloirs plus loin, une fois les divers pièges évités (fastoche, suffisait de savoir où poser les pieds et les mains, et il connaissait par coeur le Guide du Sournois de la Troisième Edition), Loromin se retrouva face à ce qui était bien évidemment la salle d'attente de la Chambre Sacrificielle, où les aventuriers égarés étaient déposés avant qu'on dispose d'eux plus en détail (et vous ne voulez vraiment pas les connaître, ces détails). Suffisait de lire les traces de peinture présentes sur le mur avec le Monocle d'Or pour le savoir.

Après avoir déchiffré l'énigme contenue dans les pigments rituels, il énonça à haute voix les trois solutions de l'énigme, et désactiva dans la foulée les derniers pièges qui le séparaient du magot. Serrant de toutes ses forces l'un de ses divers grigris, l'homme poisson s'élança alors dans la vaste salle d'attente, fermement décidé à sortir victorieux de cette nouvelle épreuve. De toute manière, les sacrifiés n'en étaient probablement qu'au deuxième stade de zombification, et ne devraient pas poser de problème tant qu'il garderait de bons jets d'attaque surprise.

Par contre, rien ne l'avait préparé à faire face à un Colosse de Carton. Recroquevillé dans un coin, ce formidable opposant était bien heureusement encore désactivé, faute d'énergie rituelle pour l'alimenter. Cependant, les divers prêtres chargés de sa maintenance scandaient divers psaumes qui n'allaient sûrement pas tarder à éveiller la curieuse machine.

-C'est presque terminé, boss.
-Manque plus qu'à ajuster la ligne de commandes, et le prototype pourra...
-Il nous faut une formule d'activation, marmonna le plus grand et le plus barbu des prêtres. Une formule qui ait de la gueule.
-On reprend le traditionnel "Henshin"?
-Nan, ça c'est pour les bandes de héros en pyjamas colorés. Ca marchera pour les exosquelettes, mais on est dans un autre registre, là.
-Lancement?
-C'est pas une formule.
-Activation?
-Toujours pas.

Bande d'amateurs. Loro avait déjà assisté à une dizaine de séances rituelles comme celle ci. De là où il venait, le plus avantageux était d'invoquer l'esprit du Crustacé des Croisades, qui n'était pas très regardant sur la conception du Colosse dès lors que le croyant avait passé une semaine en vivant sous le régime strict de l'Anémone Ascétique, tel qu'il est décrit dans les textes antiques de la cité de l'Urominus. Sûr de l'effet qu'il allait produire, Loromin s'avança donc, et clama haut et fort:

-Que la coquille du Très Saint Bernard, Ermite des Abysses Océaniques, couvre notre noble entreprise de succès! Et te refile son bonus de Carapace Aiguisée et d'immunité aux critiques, bien évidemment.

L'assemblée des prêtres-ingénieurs se dispersa un peu pour faire face à Loromin. Ils s'étaient bien faits bernés, car maintenant que le lieutenant de la miss V.V.V. avait prononcé l'incantation, le Colosse de Carton n'obéirait plus qu'à lui. Mais alors, pourquoi ne se mouvait-il pas?

Zut, c'était un piège!

Après une petite indécision, celui qui portait très clairement les stigmates de l'ours-garou s'exprima alors.

-C'est... pas mon genre, mais... si on fait un sous marin un jour, on la prendra. Promis.
-Quoi, vous ne voulez pas incarner l'esprit du Très Saint Bernard dans votre Colosse?
-Le quoi?
-Haha, petits joueurs. Ou alors... vous espérez peut être que je vais vous apprendre le secret des Holographites Nains?
-Des hologrammes?
-Holographes. Une roche que l'on ne trouve que... oooh, vous avez voulu me piéger! Je ne tombe pas dans ces blagues, grâce à mon collier de Languetournée.

Très habilement, l'Homme poisson prit alors le contrôle de la discussion et retourna l'interrogatoire contre la secte des bricolos. Il commença tout d'abord par se rapprocher de ce qu'il avait tout d'abord identifié comme un Colosse de Carton, mais qui s'avérait être formé de matériaux bien plus facilement acceptés par les esprits. Par contre, le tout était visiblement imbriqué d'une manière tellement compliquée et farfelue qu'elle traduisait l'évidente inexpérience de ses concepteurs.

-Pourtant, ça reste un Golem humanoïde... quelle taille?
-Cinq mètres, répondit l'un des apprentis, impressionné par la souplesse des gestes de l'inconnu alors qu'il étudiait la création.
-Composé de?
-Du bois de cèdre Nawakien pour les jointures, divers métaux pour les...
-STOP! C'est top secret, ça, le coupa un autre. On l'a pas encore breveté, et personne ne veut qu'on nous le souffle sous le nez.
-Tout à fait.
-Correct.
-Toi mon coco, t'as encore pas mal à apprendre sur la concurrence déloyale, hein. Pour ton avenir.
-Et cet instrument, c'est pour quoi, là? Vous avez construit un Golem Musical?

En effet, au centre de la pièce siégeait une sorte de piano circulaire, bien qu'à cette distance, et avec le mauvais éclairage volontaire (meilleure ambiance pour les rituels, temps d'invocation diminué de 20%), Loro ait du mal à discerner le caisson. Par contre, son regard aiguisé parvint à percer l'obscurité pour repérer le cable qui reliait le Golem à l'instrument.

-Vous êtes pas si mauvais que ça, en fait. C'est vrai que le Golem Musical est bien plus résistant lorsque l'instrument qui le dirige est complexe, énonça-t-il avant de poursuivre son inspection sans prêter davantage attention aux technoprêtres d'opérette qui l'entouraient.
-Euuuh... ouais. Bon, on en était où déjà?
-Tu voulais un slogan... nan, une formule. Ou quelque chose.
-Pour l'activation, c'est ça! Alors, des idées?
-Beeen...
-Allons, personne?
-Moi, j'en aurais bien une, mais...
-Oui?
-Elle est ridicule.
-Ridicule comment?
-Juste ridicule. Oubliez, en fait, mauvaise idée.
-Allez, vas-y toujours.
-Nan, j'veux pas.

Tandis que ce bonhomme là faisait son grand timide, un autre put enfin cracher ce qu'il avait sur la langue depuis quelques minutes:

-PUSH BUTTON, KICK ASS!
-OUAIS! CA J'ADORE! Qui a proposé ça?
-J'ai entendu Sigurd sortir ce truc en essayant de donner la réplique à Mademoiselle Vanilla... Veldae... Vonea... enfin, la supérieure de Loromin ici présent. En le voyant arriver, je m'en suis souvenu...

L'ingénieur avait oublié de préciser que la miss Venessaikoi n'avait pas apprécié que je la coupe une énième fois. Si ma longue succession d'applaudissements n'avait pas fait bonne mesure, j'aurais probablement connu un triste sort. Encore que, être coincé par un lion et ne pas pouvoir participer à cette petite sauterie (ou faire n'importe quoi d'autre) était déjà assez ennuyeux.

-Ca ira à merveille.
-Dommage qu'on ait pas de bouton, quand même. Hein, boss?
-Mmmh... pas faux. Bon, attendez, je sais! On va rajouter un bouton. Un gros bouton rouge.
-Et à quoi ça servira? On repeint toutes les commandes en rouge, ou bien?
-Juste un bouton.
-Ca ne sert à rien.
-C'est classe. Il nous le faut.
-Il a raison, intervint Loromin après avoir fini son inspection, un bouton rouge donne un bonus de charisme de +6 à la machine, qui peut alors mieux réussir ses jets d'intimidation, de subventionnement et de production en masse.
-Tiens, tu vois? Il nous faut un bouton rouge, l'autre spécialiste le dit aussi!
-'Rrêtez, c'est le genre de truc stupide que dirait le capitaine, ça.
-Sauf que si on veut obtenir plus de fonds et faire valider nos projets, c'est par lui que ça doit passer. Et pour que nos machins lui parlent, il faut se mettre à sa hauteur. Donc je veux un gros bouton rouge sur les commandes pour activer le machine.
-Exactement comme je l'ai dis! Tout est dans le Bricolomicron, les gars.

Dit comme ça, ça se tenait très bien pour toute l'assemblée ('fin, si on oubliait Loro et son bouquin satanique). Pour eux, y'aurait plus qu'à retaper le piano, sans trop déranger le clavier.

-Et qu'est ce que c'est, alors?, demanda l'homme poisson face à ce qui lui faisait vaguement penser à l'une des idoles les plus répandues du Grand Grincheux Hrongnongnon, déité mineure du panthéon marin octroyant un bonus abusif de prise de parole qui avait déjà fait abandonner Loromin plus d'une fois dans le passé.
-L'avenir, répondit sobrement Guido, comme un gamin devant son nouveau Megazord offert à Noël. Un jour, ces merveilles fouleront la terre par milliers, et leur usage rendra obsolètes tous les navires que l'on pourra s'échiner à créer.
-C'est un peu petit, pour remplacer un bateau, non?
-Il voit les choses en grand, le vexe pas.

-Ca me fait penser à un Golem de Thé. Ou alors... sous cet angle, un Titan des Ruines de Louainéoublié. Il peut déjà marcher? Vous l'avez stuffé comment? Si z'avez encore des points à assigner, je vous conseillerais bien de lui coller le Regard de Braise cumulé à l'IA du Gentleman Fire-Play.

Regards dans l'assemblée, trahissant quelques concertations. Heureusement que Loromin avait passé plusieurs mois à s'imprégner de l'aura du Mur Indiscret, sans quoi il n'aurait jamais pu entendre ce qui se disait. Selon les murmures, ils hésitaient à lâcher le secret. L'homme poisson venait de leur démontrer qu'il s'y connaissait fortement dans le domaine, alors même qu'ils innovaient pas mal sur le coup. D'un autre coté, ça allait peut être gâcher la surprise. Au final, l'indécision régnait. Le lieutenant à la peau bleue eut alors la magnifique idée d'adopter la posture du Baobananier des tropiques, rehaussant subtilement sa stat' de charisme au détriment de sa vitesse de course, ce qui lui offrit le petit coup de pouce dont il avait besoin pour gagner la confiance des ingénieurs.

Ceux ci lui montrèrent alors comment le Golem (qui n'avait pas encore de nom, mais Loromin le dénommait ainsi) était censé fonctionner, et lui expliquèrent que pour profiter pleinement des possibilités qu'offrait un robot-humanoïde, le meilleur interface de commande devait comporter au grand minimum tout un tas de touches.
S'ensuivit alors un petit exercice de combinatoire que l'Homme poisson suivit aisément, étant lui même habitué à manipuler les chiffres à un tel niveau de difficulté lors des nombreuses parties de Cambelt&Dragon où il avait joué un Mathématueur. Même si la classe ne payait à priori pas de mine, sa capacité à diviser par zéro permettait grosso modo de bidouiller l'espace temps, sans compter le fait que pratiquement tous les bourrins qui voulaient l'attaquer étaient victimes de migraines incapacitantes pendant dix tours (15 s'ils rataient leur jet de calcul mental. Ça arrivait souvent).

Comme cinq des bricoleurs ici présents avaient appris à jouer du piano, le modèle fut retenu pour servir de commandes. Puis, le plus sérieusement du monde, ils lui expliquèrent que le meilleur carburant pour faire fonctionner la machine était sans conteste la soupe de poireau, qui avait fait des merveilles avec le cousin germain d'un des inventeurs (le bougre mesurait 1m97, avec des ancêtres qui plafonnaient à 1m65 pour les plus ambitieux). Pour certaines tâches spécifiques, le sorbet citron s'avérait préférable, mais on n'en était pas encore là avec ce prototype.

L'exposé sur les caractéristiques techniques aurait pu continuer encore un bon moment (même si la team de concepteurs gardait quand même quelques éléments secrets), mais la cabale fut grossièrement interrompue par l'arrivée d'une jeune femme beuglant comme un poissonnier sur un marché d'East Blue. Sauf que faute de poissonnière, on voyait à son uniforme qu'elle faisait parti du staff médical du navire.

-P'PA! T'AS CINQ MINUTES?
-Aaaaaaarngh... nan, pas elle. J'AI LE CHOIX?
-J'ai bien entendu P'pa? Guido a une fille? Ici?
-Elle lui ressemble pas.
-Si elle lui ressemblait, ça serait une femme à barbe, je te signale.

-On voulait faire passer une circulaire à un peu tout le monde, avant d'arriver sur l'île. Le Dr Franklin a donc pensé que...
-Qu'est ce que c'est que ça?, grommela le paternel sans se décoller de son nouveau bébé (le mécanique).
-Risque sanitaire. Y'aura pas besoin de vacciner tout le monde, mais faut les prévenir de passer nous voir à l'infirmerie si...
-Alors que si tu lui vires toute sa tonsure...
-Ca peut le faire, ouais. Faut vachement le féminiser, mais ouais, y'a un air de famille.

-Des écureuils tueurs? C'est une blague?
-Non, c'est dangereux. Les écureuils de Tawaguchi, communément appelés Toupoutous, sont les hôtes d'un bacille particulièrement agressif qui peut faire de vilains dégâts s'il n'est pas éliminé dans les dix jours.
-En tout cas, elle est grande.
-Deux mètres?
-Plus dans le mètre quatre vingt dix, je dirais.

-Un écureuil venimeux? Un putain d'écureuil venimeux???
-C'est un bacille, pas du venin, corrigea la jeune Shiraharam. En fait, on trouve deux espèces de Toupoutous: ceux à tâches rouges, qui sont inoffensifs, et ceux à tâches vertes, qui hébergent la bactérie en question.
-Bon, un avis à faire tourner en plusieurs exemplaires... met moi ça sur le tas, on verra plus tard.

Après avoir cherché ledit tas un petit moment (car dans cette salle, trouver un tas était une chose, trouver le bon tas une toute autre), la jeune femme gratifia son père d'une bise et ajouta quelques précisions avant son départ. La note semblait indiquer qu'en cas de morsure, il était conseillé de se rendre à l'infirmerie sans tarder (ou, à défaut, chez n'importe quel médecin de l'île qui saurait aisément traiter le problème). Heureusement, l'animal semblait rarement quitter sa forêt, à l'en croire la note, donc on n'aurait peut être aucun cas à déplorer.

-Bien! On ira ensuite indiquer au lieutenant Hyûma que ses animaux ne risquent rien, la morsure n'étant dangereuse que pour les humains. De même, le capitaine sera protégé par son zoan, donc lui aussi pourra se tenir tranquille.
-Les fruits protègent des maladies? J'veux un fruit, moi!
-Non. Ce cas là est l'un des rares cas répertoriés.
-T'as fait médecine en plus d'ingé, toi? La vache!
-Nan, mais j'les ai entendu raconter ça ce matin, à l'infirmerie.

-Et moi?, demanda l'homme poisson. Bon, dans tous les cas je dispose déjà d'un bonus racial de +12 en résistance à la maladie si je reste à proximité de la mer, mais... là chuis total immu ou bien?
-Aucun risque pour vous non plus.
-Yesss!
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Re: Le Tarmac

Message par Kentaro le 25/3/2012, 12:51

Loromin, 19/11/2010

Malédiction ! Mais où donc se trouvait la salle d’inversion du rituel double-cotraversé par les runes de puissances gravées sur le mât, le pont, les voiles, et les cordes ? La salle rituelle classique était vide, donc soit un autre aventurier du Tarmac Perdu avait utilisé un bonus aérien pour invoquer l’Hermès Parfumé et translaté le trésor vers une autre localisation, à moins qu’il se soit contenté d’utiliser une irrégularité ou une connexion dans la trame du continuum espace-temps pour effectuer une Inversion de Toile et W.C. (Wrigglegoat Connection) soit… soit… un autre Adepte avait subtilisé le Trésor !
Evidemment, les prêtres du bricolomicron avait peut-être simplement voulu effectuer un Rituel d’Exposition d’Expiation de l’Erudit (communément dénommé E3 par les Initiés et autres Sages)

Impossible de leur demander sans leur mettre la puce à l’oreille. De plus, si c’était vraiment eux qui avaient déplacé le butin, ils risquaient d’obtenir un bonus divin de Protection contre les Mécréants dépendant de leur Foi, et à ce que j’avais vu, celle-ci semblait à toute épreuve. Autant dire qu’il ne fallait pas m’y frotter. Et même dans le cas où ce n’était pas eux qui avaient déplacé le tresor, mais qu’ils se le soient fait voler, me voir ici avec un objectif aussi malhonnête risquait de leur faire voir rouge, et donc leur donner de toute façon leur monstrueux bonus.
En un mot comme en cent, il faudrait que je me débrouille tout seul, ce qui n’était pas un problème, étant donné que mes stat’ devraient largement suffire à trouver ce que je cherchais. Mais dans ce cas, pourquoi est-ce que je ne trouvais pas, hein ? Cette fois-ci, aucune malédiction n’était en œuvre, si ce n’est celle de mon catastrophique jet de chance au début de la journée. Sans même parler de l’enchaînement de tirages funestes depuis plusieurs jours, quand je m’étais rendu compte que la salle du butin etait vide.

Au-delà du butin, il se posait un autre dilemme. Si je décidais quand même de prévenir la Secte que j’étais au courant de leur perte, je pouvais eventuellement obtenir une quête cachée non-référencée dans le Guide. Ou mourir. La fuite n’était pas une option, il fallait que j’explore l’instance qu’était le Tarmac à fond avant de pouvoir partir. Qui sait quand j’aurais à nouveau la chance de pouvoir explorer une réplique du temple du Coléoptérosaure ?
Bref, les jours passaient et se ressemblaient : la Cap’tain qui gardait les yeux fixés sur des choses que visiblement personne ne voyait (une capacité extra-intra-sensorielle spéciale lui permettant de percevoir un espace, un temps ou un espace-temps différents ? J’m’en occuperai dès que j’aurais le temps), Sigurd qui cherchait des endroits où être tranquille, entre son nouveau familier obtenu par ses capacités de métamorphose qu’il devait achever de dresser (et bâtir une relation de confiance augmentant considérablement leurs stats respectifs) et son inférieure hiérarchique qui commandait le navire (stat de bluff et d’autorité intrinsèque énorme !), Hyuma, une petite personne capable de communiquer parfaitement avec un grand nombre d’animaux et possédant même quelques dons en matière de télépathie…

« Toi ! A quoi tu pensais ? Et le respect de tes supérieurs ? Pourquoi tu te disais que je suis vraiment pas grand, que j’ai quelque chose à compenser avec une énooooorme ménagerie ? » Le capitaine Hyuma s’adressait présentement à un Marine qui faisait tout simplement son travail, et qui d’après mon extraordinaire Panse Eclair (/!\ jeu de mot /!\) pensait à une certaine Marine qui était embarquée sur un autre bateau de la Marine, et dont il était séparé…
Alors que le Marine bafouillait des excuses et des dénégations, je tentai de m’esquiver pour aller méditer dans ma chambre, augmentant ainsi mon facteur de perception de 37% pour me permettre des recherches plus affinées par la suite.

« Lieutenant Loromin ! »
« Oui, lieutenant Hyuma ? »
« Vous n’auriez pas vu mon second, Igor ? »
« Non, désolé. Mais d’après mon Rat Dare-Dare, il se trouve actuellement dans les entrailles du vaisseau. »
« Un rat ? C’est vrai qu’un rat pourrait faire une unité d’espionnage terrestre et souterrain de premier choix, ainsi qu’éventuellement un assassin d’une discrétion à toute épreuve. De plus, du fait de leur intelligence et… »
« Bon, à la prochaine, lieutenant Hyuma. Il faut que j’aille méditer. »
« Ah mais que faites-vous, malheureux ! » s’écria soudain Hyuma en pointant de la cravache un Marine qui tentait de convaincre du bout de la botte un lion de s’écarter du chemin.

J’abandonnai sur ce un Hyuma trépignant de rage et expliquant de façon fortement exhaustive que le lion était un membre de la Marine à part entière, oui Monsieur, et qu’il entendait donc qu’on traite ses subordonnés avec le respect qui leur était du. Par conséquent, on ne devait pas les écarter du bout de la botte, mais leur demander poliment de s’écarter, les saluer le matin, leur souhaiter bon appétit aux heures de repas, et leur dire bonsoir.
Le bruit de sa voix s’estompa puis disparut complètement quand je m’engouffrai dans l’écoutille menant à l’entrepont puis vers ma cabine, dont je verrouillai la porte, pour ne plus être dérangé pendant ma Méditation de la Station Méditerrannée.

Bref, les jours passèrent, sans succès de ma part, et une incroyable succession de jets pathétiques. A croire que ce trésor n’était pas pour moi. Humpf. Finalement, nous arrivâmes dans l’estuaire de Kawaguchi, lieu de reproduction des Cachalions, avec lesquels j’allais vraisemblablement pouvoir faire connaissance (et leur soutirer informations, quêtes et surtout, récompenses de quêtes !)
« Bien, nous voilà arrivés. Timonier, faites-nous tourner en rond. J’veux deux hommes en vigie. Tous les autres… REPOS ! » annonça fièrement Sigurd.
« Capitaine Sigurd. » commença Haylor, et dans ses mots, on aurait cru y déceler la pire des insultes. « Ne devrions-nous pas plutôt aller nous présenter aux forces dirigeantes de Kawaguchi, à savoir la Princesse Sora, Protectrice Sacrée des Coquillages ? »
« Il faut vraiment ? On peut pas rester ici ? »
« Il le faut. Tous les ordres du capitaine sont annulés, cap sur Kawaguchi ! »

Intéressant. Doublement intéressant, même. Déjà, apparition prochaine d’un PNJ surpuissant, la Protectrice des Coquillages. Et, en plus, voir la compétence d’Autorité Suprême de mes propres yeux, ainsi qu’un Renversement d’Allégeance suivant la Table d’Ikh-Ea, c’était vraiment extrêmement instructif…
Alors que Hyuma se frottait les mains car ses troupes pourraient se dégourdir enfin les pattes sur la terre ferme, qu’Igor repliait et depliait ses orteils, qu’Illia saluait la terre ferme ainsi que le port d’une ode en alexandrins, je me bardai de tous mes items de charisme. Le meilleur moyen pour obtenir les meilleures quêtes, informations et remplir plus facilement la jauge d’amitié.

Le port qui jouxtait la ville était, comme tous les ports de pêche qui font aussi port de plaisance, empli de l’odeur des entrailles de poisson laissées à pourrir. Le château de la Princesse Sora se trouvait plus à l’interieur des terres. Hyuma laissa ses troupes sur le bateau, se promettant de se renseigner pour leur trouver un coin tranquille le plus rapidement possible. Haylor sauta alors sur l’occasion,. Uniquement au figuré, cependant :
« Et bien, Lieutenant Hyuma, j’ai bien peur que vos troupes ne soient dans l’incapacité d’aller sur la terre ferme. »
« Et pourquoi donc, Lieutenant Haylor ? »
« Et bien, pour tous les soldats présentement sur le bateau, aucune descente n’est autorisée. Vos animaux se trouvant être, comme vous l’avez si soigneusement démontré, des ‘’Marines à part entière’’, il n’y a aucune raison qu’eux aient droit à un peu de detente, alors que leurs ‘’camarades’’ devront rester à bord. Ne pensez-vous pas ? »

Ne trouvant quoi répondre, Hyuma devint tout rouge et se mit à agiter sa cravache, qui tombait fréquemment sur Igor, qui jouait encore au porteur. D’ailleurs, il ne semblait pas du tout gêné par les coups, ne les remarquant même pas. Stat de defence énorme, ou attitude Berserk.
Les marins, poissoniers et poissonières nous regardaient passer tranquillement, jetant à peine un coup d’œil à notre étrange groupe. Une administratrice marchant à grands pas devant, suivi de quelques pas en arrière par un individu blond de petite taille qui semblait se voûter dans son ombre (sûrement un serviteur), une jeune femme de taille moyenne plus ou moins guidée par un homme-poisson bleu d’environ deux mètres (c’est moi, coucou MJ !), puis pour finir un minuscule individu fulminant et jetant des regards haineux autour de lui perché sur l’épaule d’un immense et énorme colosse.

Nous arrivâmes ensuite dans la ville, à proprement dit. Rien de particulier ne semblait à noter, sinon un grand nombre de commerces liés à la nourriture : restaurants, boulangeries, et autres. Le château lui-même était plus proche d’un petit manoir que du réel palace. Nous fûmes reçus par une escouade de serviteurs, ainsi qu’un majordome qui s’empressa d’aller chercher la Princesse Sora. A titre indicatif, les maîtres de l’Estuaire de Kawaguchi étaient appelés Princes et Princesses et non pas Rois ou Empereurs car ils étaient inféodés au Gouvernement mondial, et que leur royaume était suffisamment petit pour qu’un titre de Comte suffise en théorie.
La princesse nous accueillit dans un hall résolument classique dont la moitié était occupée par un escalier en granit. En granit aussi était le seul et les murs. Correction : ce manoir fait carrement bouseux. Un truc comme Seigneur-Paysan, ou une classe comme ça. Une orientation classe-métier étrange, mais parfaitement acceptable dans certaines versions de CB&D.
La Protectrice des Coquillages ressemblait à une coquille Saint-Jacques, ce qui tombe bien pour son rang de puissance et d’autorité. Plus large que haute, mais peu profonde, elle ressemblait quand même à un pavé… sauf que la largeur faisait la hauteur. Petite et grosse, quoi.
« Mes très chers émissaires du Gouvernement Mondiale, Mon Altesse la Princesse Sora, Protectrice des Coquillages, est très fière de vous accueillir avant que vous n’alliez vaillamment remplir votre mission de protection des Cachalions. » Logique, effectivement. Elle était Protectrice des Coquillages, et ne pouvait donc pas protéger efficacement des cétacés…
« James, continua-t-elle, veuillez guider nos courageux combattants vers des chambres dans lesquelles ils pourront se délasser en attendant le Banquet de ce soir puis se reposer en attendant le début de leur mission le lendemain. » Le majordome, c’était James.
« Bien, votre Altesse. Si vous voulez bien me suivre… » invita-t-il d’un ample geste du bras ainsi que d’une courtoise révérence.
« Et bien, excusez-moi, mais je souhaiterai poser une question. » intervint précisement Haylor (tout ce qu’elle disait semblait être coupé au laser, sort de feu de niveau 46).
« Oui, de quoi s’agit-il ? » demanda la Princesse.
« Ne vaudrait-il pas mieux commencer à surveiller les eaux de reproduction des Cachalions dès maintenant pour être sûr que des pirates ne commencent pas à les chasser ? »
« Bien sûr que non, les Cachalions ne se reproduiront qu’au plus tôt demain, voire après-demain. C’est en lien avec les cycles de la Lune. Vous pouvez disposer. » repondit sèchement la protectrice.

Et nous disposâmes. C’était pas tout ca, se débarbouiller, c’était sympa, m’enfin on allait rester que ce soir dans le manoir, faire un peu d’exploration semblait tout indiqué… Surtout que d’autres tenteraient peut-être de me coiffer au poteau. Heureusement que j’ai ma Chouette Ame Hue Lethe pasque sinon… En plus, j’viens de faire un super jet de chance…
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Kentaro
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