Archipel de Sapporo

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Archipel de Sapporo

Message par Arakasi Hirondawa le 1/4/2012, 20:01

Par Sigurd, le 19 janvier 2012:


Ensemble de petites et moyennes îles suffisamment rapprochées pour être incluses sous le même champ magnétique, et partageant de fait le même climat à dominance hivernale. Bien que la plupart de ces îles soient faiblement habitées (ce qui en fait de magnifiques coins de planque pour les pirates les moins frileux), seules trois îles disposent de villes et de cités dignes de ce nom. On notera que de nombreux courants océaniques dirigent (et parfois forcent) les navires à se diriger vers ces terres, qui se sont rapidement adaptées pour pouvoir profiter au mieux de ce statut d'escale régulière. De fait, très peu d'attaques d'équipages pirates sont à dénombrer, leurs exactions prenant ici diverses autres formes moins destructrices. Ainsi, la milice locale, qui serait capable de freiner toute agression frontale, se voit par moments mise à rude épreuve et peine à gérer les crimes qui se font plus insidieux que ce que l'on rencontrerait ailleurs.

L'île principale (qui a donné son nom à l'archipel) est Sapporo, et constitue, avec ses innombrables bancs de poissons en tout genre et ses crustacés de premier choix (variant du simple Crabe succulent au spécimen le plus impressionnant, le Homaréchal), l'une des grosses plaques tournantes du commerce alimentaire de ce secteur, et le fait que de nombreux navires passent par ici pour se simplifier leurs trajectoires constitue un sympathique bonus qui va dans le même sens.

Malgré son climat relativement peu avenant (bien qu'assez doux pour une hivernale), Sapporo est également un lieu touristique de premier choix, fait parti du circuit de pas mal de pèlerins et d'amoureux en quête de romantisme, et de nombreux congrès y ont lieu tout au long de l'année, renforçant ainsi la notoriété de l'archipel.
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Re: Archipel de Sapporo

Message par Arakasi Hirondawa le 1/4/2012, 20:15

Par Way Dak, le vendredi 28 janvier 2012:


Archipel de Sapporo : 16h15

Une foule dense se pressait sur l’ile de Sapporo, Haut lieu touristique et port important de pêche en tout genre.


-Dégagez le passage ! Ouvrez la voie ! Laissez place ! Bienheureux les Hommes de Sapporo sur les mers, voici la venue du Capitaine de la Marine ! Pourfendeur des pirates ! Prophète de La Religion ! Messie de l’Aqua Sancta ! Saint entre les Saints ! Béni entre tous et Propriétaire du Fanatique : Way Dak !


A l’autre bout des quais :

-Dites, je crois qu’il y a le Margrave local qui vient nous rendre visite, fit Loromin.
-Ou ça, je ne vois rien, il y a trop de monde, se plaignit Sigurd.
-Je suis avantagé avec le bonus de +3 en acuité visuelle par temps couvert que me confère la longue-vue de Lars L’aveugle. Sans compter que je suis un homme poisson, donc plus grand que la majorité des humains.
-Bardons le rejoindre en esbérant qu’il nous aura brébaré quelques choses de chaud, renifla Vidna.
-Il n’était pas obligés de venir en si grande pompe, un petit comité aurait suffit, fit Sigurd. Mais je suis sensible au geste.


Quand les deux groupes se rejoignirent, il se passa plusieurs choses simultanément (ou presque):

Sigurd, Vidna et Loromin purent se rendre compte que celui qui cherchait à les atteindre avait vu grand : près d’une centaine d’homme avec des yeux brulant d’une lueur mauvaise et les traits émaciés qui conviennent à tous les dingues se tenaient au garde à vous, formant une allée qui s’ouvrit devant le groupe de capitaine et de lieutenants pour laisser passer une personne, un individu vêtu de bleu, aux cheveux noirs et mi-longs.
Que cet individu se mit brusquement à genoux, déclamant des prières d’une voix claire et forte.
Que lesdits prières s’adressaient à une mystérieuse divinité et à une personne beaucoup moins mystérieuse.
Que l’individu beaucoup moins mystérieux était en réalité le lieutenant Loromin !

Le premier instant de stupéfaction passé, les membres de la marine se ressaisirent et exprimèrent à (plus ou moins) haute voix ce qu’il pensait du curieux accueil qu’ils leur étaient réservés (parce qu’il ne faut jamais, jamais énerver ou contrarier un fou, surtout quand il est accompagné d’une centaine de bonhommes, agenouillé à présent mais ça fait quand même beaucoup pour un groupe d’une demi-douzaine de personne !)

-Je benzes qu’il est fou, supposa Vidna tout en écoutant attentivement la litanie politico-religieuse de l’homme agenouillé, il barle de l’Aqua Zancta et de son envoyé sur Derre.
-Je ne sais pas d’où ça vient, se justifia Loromin, mon générateur d’amitié ne s’est pas déréglé, peut être qu’il s’agit d’un bonus spécial pour les hommes-poisson sur cette ile. A moins que je n’ai brusquement upgradé ma … Nan, ça peut pas être ça…
-Quelques uns de ces homme portent des brassards de la marine, chuchota Sigurd tout en jetant des regards vaguement inquiet sur les personnes agenouillés et les badauds qui les regardaient en chuchotant eux aussi, ça doit vouloir dire que ce doit être …

-Capitaine Way Dak ! Du Fanatique pour vous servir vénérable homme poisson, haut représentant de l’Aqua Sancta, je suis à vos ordres Capitaine Sigurd ! Veuillez me pardonnez, je n’avais pas compris que vous étiez un élu et que l’Aqua Sancta elle-même vous avait accordé ce divin présent qu’a été votre réincarnation en homme poisson !, fit Way Dak en se redressant et en s’adressant … à Loromin !
-JE suis le Capitaine Sigurd Dogaku, du Tarmac, fit Sigurd en s’avançant, passablement vexé ! Lui, c’est le lieutenant Loromin Sohal du Capitaine Illia Ella Vidna ! Fit-il en désignant une Vidna en train d’éternuer.
- Mais Sigurd est spécial aussi vous savez, dit Loromin. Il a mangé le fruit du olé olé, qui lui permet se transformer en lion, c’est pas aussi bien que moi mais il fait avec…

LA GAFFE, LA GROSSE GAFFE !!!

Le visage du capitaine Way Dak vient brusquement de changer de couleur et de passer à une (jolie ?) couleur pourpre et une veine palpite dangereusement à sa tempe.

-Quoi ! Un hérétique ! Un impie ! Un infidèle ! Zélote, emparez vous de lui ! Il corrompt l’envoyé de l’Aqua Sancta par sa seule présence et je me sens souillé ! Attrapez-le et brulez-le! Pendez-le ! Arrière Démon ! Ne t’approche pas de moi !
-Pad’bol, un fanatique
-Excusez-moi messieurs-dames…

-Hors de question de toucher à Sigurd, c’est mon ami !
-Je ne voudrais pas m’immiscer dans votre conversation ; mais…
-J’entends et j’obéis vénéré homme-poisson, fit le capitaine écumant en se prosternant, suivi quasi-immédiatement de tous ses fanatiques.
-Non,non vous savez, une telle marque de respect n’est pas nécessaire ! Nous ne suivons pas le protocole à la lettre sur Sapporo...
-…
-…
-…
-Et vous, vous êtes qui ? demanda Sigurd.
-Je suis le premier gestionnaire de Sapporo.

Tandis que Way se relevait, le petit groupe regarda attentivement le premier gestionnaire : un uniforme violet vif, des épaulettes brillantes et dorées qui devaient le gêner pour lever les bras et une rapière trop longue qui s’empêtrait dans ses jambes, en tout cas, il avait la tête de l’officiel (tête qu’il avait d’ailleurs fort chauve…).

-C'est-à-dire ?
-Ho, c’est moi qui gère un peut tout ici, les affaires courantes, ce genre de choses… Je suis aussi l’organisateur de la Conférence qui va bientôt s’ouvrir ici. Pour l’instant, je me suis chargé de vous faire visiter le complexe qui va vous accueillir, sans compter que cela m’est beaucoup plus agréable que de remplir tout un tas de paperasse…
Je vais donc vous demander de me suivre pour découvrir la magnifique ile qu’est Sapporo.

Tandis que les Capitaines suivaient, bon gré mal gré, le petit homme en uniforme, celui-ci se retourna vers le dernier du groupe, le capitaine Way Dak et tenta de paraître plus menaçant.

-Ho, et vous feriez bien de congédier vos sbires et de ne pas causer d’ennuis comme tout les jours précédent, Sinon la Garde Insulaire serra-t-au regret de mettre vos « fidèles » hors d’état de nuire, fit-il en désignant la garde insulaire (une bande d’homme ventripotent dans un uniforme canari et qui n’auraient sans doutes pas étaient capable de neutraliser un malheureux petit pirate…)

-Bien entendu Noble Premier Gestionnaire, ce type d’esclandre ne se reproduira plus, soyez-en assuré, répondit avec aisance (et prestance) le jeune capitaine.

Le premier gestionnaire eu un grognement peut amène exprimant tout le bien qu’il pensait du jeune arrogant et continua :

-Si vous n’y voyez pas d’inconvénients, nous utiliserons des Glisseurs Personnels, ça fonctionne sur le principe de l’aéroglisseur, sauf que ça ne prends qu’un seul passager et que nous utilisons l’huile de foie de morue comme carburant, donc évitez de vous trouvez sous le vent…
Nous commencerons donc par le parcours touristique.

Les capitaines et leurs lieutenants enfourchèrent donc, avec plus ou moins de réussite et de grâce (Vidna surtout), leurs GP. Après quelques incidents mineurs (Loromin faillit faucher un membre de la garde insulaire et curieusement le véhicule de Way Dak faillit à plusieurs reprises percuter celui de l’homme lion…) et se dirigèrent vers le gigantesque complexe.

-Vous voyez devant vous le légendaire « Palacium », cet hôtel fut construit il y a près de 79 ans sur notre ile et dont tous les habitants de Sapporo sont très fiers, ce complexe est relié directement au Palais des Congrès, autre monuments que nous visiterons plus tard, ainsi qu’à toute sortes de zone de loisirs et de détente. C’est ici que vous serez logez dans une suite digne de votre rang, au premier étage. Fit le guide.

-Nous entrons maintenant dans le complexe hôtelier proprement dit et nous allons nous diriger vers ce qui marche le plus en ce moment, l’aquarium géant. Toutes les espèces y sont représentées. Ici, vous pouvez voir que l’eau nous entoure de tous coté, fit-il en désignant le toit en verre sur lequel nageait un banc de maquereaux.

Gémissement de Sigurd comprenant dans le désordre « Pad’bol, que Dame Chance me protège, pitié, pas maintenant » sourire extatique de Way Dak, Vidna semble en pleine transe poétique et Loromin n’a l’air que vaguement intéressé

-Nous sommes maintenant dans le grand musée de Sapporo, admirez ce squelette de Cachalion géant, un mammifère marin qui ne trouve pas sous nos latitudes.

Regard méchant de Way en direction du Premier Gestionnaire

-Voici le Spa, attention au brouillard, il y a beaucoup de vapeur ici ! Vous pourrez vous y délassez après une dure journée de labeur.

Ici, nous interrompons notre récit pendant une vingtaine de minute pour récupérer Loromin, perdu dans la brume…

-Maintenant nous nous dirigeons vers une attraction unique au monde, la piste de ski couverte de Sapporo ! Comprenant trois niveaux de difficultés, vert, rouge et noir, la neige est artificielle, ne me demandez pas pourquoi…. Ça plait beaucoup aux touristes de passage sur notre ile.

Puis :

-Voilà la piscine dans lequel le grand Machi Rigius à remporté l’épreuve de vitesse des grands jeux inter-marine il y a 12 ans, pulvérisant par la même le record de vitesse des hommes-poissons sur le 800 mètres. Elle est à votre libre disposition.

Tandis que Loromin affirme que Machi Rigius était cheaté est que les juges auraient du se rendre compte vu qu’il portait la palme fétiche de Flipper le dauphin (et que donc ses stats en natation étaient surboostées), le véhicule de Way percute celui de Sigurd, manquant de les précipiter tout deux dans le bassin. Way Dak prétend qu’il s’agit d’un accident…

-Et voici l’observatoire astronomique, le point le plus haut de cette ville (hormis le haut de la piste de ski)

Sigurd semble perdre le contrôle de son GP et se dirige droit vers le vide sous le cri de « Dame Chance… ». Il s’arrête heureusement à temps. Éternuement de Vidna, Way Dak prends un air innocent très suspect...

-Le Marché couvert de Sapporo ! Ici on trouve de tout sur plusieurs hectares d’étals…

Interruption pour re-retrouver Loromin, le capitaine du Fanatique semble revenir les poches plus pleines qu’au départ et son GP est désormais à ras du sol. Les regards soupçonneux de Sigurd et du premier gestionnaire se posant sur lui, il prend un air outragé et se met à bouder. Vidna ressort les yeux pleins de rêve (et avec un manteau de plus).

-Enfin les cuisine du « Palacium » et du Palais des Congrès. Ici, cuisiniers et marmitons travaillent nuit et jours pour satisfaire notre aimable clientèle…

En sortant, l’homme-lion se dépêche d’avaler quelque chose ressemblant à un reste de blanc de poulet.

-Nous entrons par la petite porte dans ce magnifique monument qu’est ce Palais des Congrès. Et nous nous dirigeons vers l’hémicycle. Cette année à lieu le congrès quinquennal ou vont se fixer les différents prix de pêche de tout les produits en relation avec la mer et dont je suis le modeste organisateur. Vous y assurerez la sécurité, avec plus de brio je l’espère que le service d’ordre que nous avions engagés il y a cinq ans… Sale affaire que cette prise d’otage par les Vert-de-Rage… Maudits terroristes écologiques…

-Voyez maintenant la salle de bal, qui fait aussi salle de réception et ou tout nos invités vont pouvoir se réunir après les débats. Notez la présence de Sandyk Ilots cette année, non mademoiselle vous en rêvez pas, le célèbre chanteur de variété sera bel et bien présent.

-Enfin, nous sortons par le hall principal, admirez la monumentale fontaine de l’entrée, pour votre information, sachez que les jets d’eau arrivent à plus de quinze mètre de hauteur, la fontaine étant construite autour d’un geyser qui se représente toute les vingt minutes environ. La statue ainsi que son socle sont en authentique granit marin. Le cout de cette construction fut donc faramineux…
Je vous remercie pour votre visite et votre attention et vous laisse donc discuter avec le Capitaine Way Dak qui est au courant de tout ce que vous devez faire ici et faites le bien, c’est un conseil, votre carrière pourrait être foutu à la moindre intervention extérieure…

Et le gros canari jaune s’éloigna sur son GP, laissant le petit groupe de marine désemparé sur la future marche à suivre…

-Immonde clown, on verra si tu continueras à te …
-Capitaine Dak
-Tes emplumés vont rencontrer mes Feydakins, je …
-Capitaine Dak, reprit une deuxième fois Sigurd.
-Me confondre avec un ramassis de pirate, quelle infamie ! Le Fanatique n’est pas un navire d’infidèle ! Espèce………… d’athée…
-Expliquez nous…

Le Capitaine du Fanatique, Messie, et une flopée d’autres titres auto-attribués ne daigna pas regarder le Capitaine du Tarmac, homme-lion et flemmard notoire mais se tourna vers Loromin.

-Vénérable envoyé de l’Aqua Sancta, ta présence sur cette terre réjoui mon cœur pour exécuter la tache ardue qui m’a était dévolue en compagnie d’impie avaleur de fruit démoniaque….
Nous sommes ici en ce jour par la Très Sainte Volonté de l’Aqua Sancta, qui, dans sa grande splendeur nous à dévolues le rôle de veiller à ce que ce congrès ne soit pas troublé. En agissant ainsi, nous le placerons sous la protection bienveillante et sage de la l’Aqua Sancta en contribuant donc à agrandir sa zone d’influence.

Malgré ce (beau ?!) petit discours,(improvisé, il faut bien le dire) les réactions furent diverses, Sigurd fut confirmer dans son idée qu’il était tombé sur un dingue, Loromin fut ravi de pouvoir participer à une quête de niveau divin (qui allait lui permettre d’upgrader ses caractéristiques de façons énorme), Vidna nota le manque de talent et de cours d’art dramatique et Way Dak en fut très très très fier…

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Re: Archipel de Sapporo

Message par Arakasi Hirondawa le 8/4/2012, 23:51

Par Sigurd, le dimanche 13 février 2012:


-Pssss, Sigurd, tu peux m'aider?
-Mmmmmmmmrrrrrrr?

Claquement de mâchoires. Moquette. 'Ttention à pas mordre les oreillers, tiens. Y'a pas à dire, l'est énorme, ce Palacium. Rien que les armoires sont assez larges pour que je m'allonge dedans. Et bien assez confortables pour que je m'y assoupisse. Bien sûr, j'ai juste vérifié, sans réellement tenter l'expérience, ça n'aurait pas été sérieux. Là, j'étais dans une salle qui donnait une vue de hauteur sur l'une des quelques chambres du bâtiment servant à accueillir les congrès. Pendant que je faisais ma sieste de milieu d'après midi, bien installé dans mon petit nid de confort, Way et Vidna se tenaient disponibles au cas où quelque chose requerrait notre attention. Inutilement, vu qu'on avait un grand paquet de sous fifres qui étaient là pour ça. M'enfin, doivent pas être aussi pragmatiques que moi.

Chose fabuleuse, Haylor n'était pas là. Déjà qu'elle n'a jamais vraiment su se débrouiller en manoeuvres réelles, si en plus on était trois capitaines à gérer l'affaire, elle pouvait tout aussi bien rester sur le Tarmac. Ce qu'elle fit, pour le plus grand bonheur de la loque féline actuellement avachie sur la plus fabuleuse des moquettes de l'île.

Et ici, même la bouffe est extra. Hier soir, c'était jusqu'à leurs brocolis qui étaient délicieux. Pourtant, je déteste ces machins verts. Incroyable.

-Sig'?

Nan, pas envie. J'étais en train de sombrer dans le sommeil, et voilà que cet ahuri d'homme poisson vient me sonner. Va t'en, allez. T'es pas fichu de te souvenir de moi, tu votes contre mon Ümlaut, et tu préfères protéger tes babioles plutôt que de voler nager à mon secours. Tu ne mérites pas ma considération, infâme repas sur pattes.

Zut. Repas. Ca sent bon le poisson.

-Capitaine? J'aurais besoin que vous me filiez un coup de pouce, s'il vous plait.

J'commence comme qui dirait à avoir un creux, moi.

-Vaillant messie de l'Aqua, désireriez-vous que mes hommes réveillent ce fils du péché?
-Naaaaaaaaaaa ça ne sera pas nécessaire, z'en faîtes pas.

Je morphai à nouveau, évitant de justesse que l'irréparable se produise (d'un coté un piscicide, de l'autre, une agression que Way aurait eu bien du mal a expliquer DEVANT UNE COUR MARTIALE! CE TYPE EST DINGUE, IL DOIT Y PASSER!!!). Mais c'est sans porter intérêt à ce bonhomme qui conversait allègrement avec qui passait à portée que je m'intéressais à Loromin.

-Qu'est ce qu'il se passe?
-Je ne sais pas quoi faire. Elle est là, et ça me hante. Ca va faire deux heures qu'elle me essaie de prendre prise sur moi. Je ne sais pas quoi faire.
-Hein? Mais non, Haylor est restée sur le navire, voyons. Rien à craindre, j'lui ai même donné l'ordre de le garder. Pour ce qu'on y craint...
-Haylor?
-Ma lieutenante, oui. Vous l'avez oublié, elle aussi? Chanceux...
-Mais enfin, il n'y a aucun problème avec elle! Moi, je vous parle de...
-De?
-Elle est dans la salle des congrès, suivez moi.
-J'pas envie de...
-Suivez moi, c'est terriblement important!
-Okay, okay.

Bon, ben quand faut y'aller... 'fin, il commence à être lourd, avec ses trucs et ses machins.

-Regardez, là. Vous voyez, la dernière rangée de sièges, sur l'aile droite?
-Ouaip.
-Cherchez la jeune femme en tailleur cyan pale qui prend des notes.
-Avec une écharpe en renard?
-Non, l'autre. La grande.
-Mmmmh... ouais. Et donc?
-Nous avons affaire à une quête de niveau Intergalactique, capitaine. Je ne connais personne qui pourrait y arriver seul.
-Ah ben ça alors, ça doit être du lourd, dans ce cas.
-Bien plus encore, appuya Loromin, insensible à l'ironie de mes propos.
-On risque nos vies, peut être?
-Non. Là, si on échoue, les démons des strates inférieurs de la vingtième dimension recueilleront nos âmes, pondront leurs oeufs dedans, et nous serons condamnés à nous réincarner en cuillères à café jusqu'à ce que nous aillons prit 500 niveaux.
-Ca m'a pas l'air si horrible que ça, encore. Après tout, une cuillère partage son temps entre du repos dans le tiroir, et un bon bain bien chaud dans la vaisselle. Y'a bien les séquences difficiles, mais elles sont minoritaires, non?
-Merveilleux, capitaine. Je ne m'étais pas trompé, vous avez bien les tripes pour faire ce qu'il faut.
-Et que faut-il faire?
-Nous devons la sauver, pardi! Sans elle, le scénar' optimal de la quête des Ruines du Futhur ne nous sera pas disponible.
-Chouette. Ben allez donc la sauver, je vous couvre. Allez, la voie est libre. Foncez.
-Non! Je ne dois pas trop interagir avec elle, sans quoi les minions de F'gnyaruglabladla comprendront! J'ai déjà conversé un peu avec elle, ça m'a permit d'obtenir de bonnes infos, mais si jamais ils voient que je ne l'ai pas rencontré par hasard...
-Je commence à fatiguer, Loro.
-Oh... non. Vraiment?
-Oui. Vraiment.
-Malédiction, leurs putrides influences ont donc déjà commencé à se répandre! Ca voudrait alors dire... qu'ils sont peut être déjà au courant. Et si c'est le cas...
-Ca serait pas plus simple de demander à Way de faire votre truc? Il vous écoutera, lui, en plus.
-Non! Ne parlez de cela à personne! Les sorts de commérages, même les plus puissants, sont impuissants lorsqu'un secret n'est partagé qu'entre deux personnes. A partir d'une troisième, cependant...
-J'retourne me coucher, d'accord.
-Mmmh... bonjour?

Petit sursaut, et je dois bien avouer que l'espace d'un instant, je m'attendais à me retrouver en face d'une des sales bêtes pondeuse de cuillères à café dont Loro m'avait parlé juste avant. Idiot d'homme poisson. C'était en fait sa protégée qui était venue à notre rencontre. Elle avait fait vite, d'ailleurs. Cheveux châtains, plutôt clairs, qui encadraient un très joli masque de tâches de rousseurs dispersées sur son nez et ses joues. Encore une qui faisait bien une demie tête que moi, pour changer. Et au physique suffisamment avantageux pour qu'on comprenne pourquoi Loromin s'intéresse autant à elle. Vilain menteur, en fait c'était juste un moyen de planquer la vérité, hein?

-Capitaine Dogaku, c'est bien cela?
-C'est lui, oui. Enfin, moi.
-Enchantée. Adrianna Torricelli, de la maison Torricelli.
-Vente de crabe, vous aussi?
-Nous nous occupons d'ostréiculture, principalement. Plus largement, de fruits de mers. Mais je suis surtout ici en tant qu'observatrice, car nous faisons notre commerce sur East Blue.
-Ah? Eh beh, ça fait du chemin, tout ça. Pas fatiguée ni rien?
-Pas trop, non. Et pour conclure de bonnes affaires, il faut ce qu'il faut.
-Excusez moi, je crois que Vidna m'appelle, dit Loromin en m'appuyant un gros clin d'oeil qui pouvait tout aussi bien dire "Et surtout, dis lui que du bien de moi!" que "Et attention aux monstres cornus, c'est les plus dangereux!".
-Euh... oui. Bien sûr, c'est ça. Et j'fais quoi, moi?
-Le lieutenant Sohal m'a dit le plus plus grand bien de vous.
-Vraiment?, hésitais-je, suspicieux.
-Oui! Alors comme ça, vous êtes l'officier chargé d'assurer la sécurité du congrès?
-Pas vraiment, non. On est 500 pour faire ça. Et trois capitaines à tenir la boutique. Et même si j'ai fais le plan de base, j'fiche plus grand chose, là. Enfin, avec des lieutenants comme Loromin pour veiller sur le bon déroulement des affaires... vous savez qu'il m'a sauvé la vie y'a pas si longtemps que ça, en repoussant une horde, enfin un banc de cachalions gros comme une frégate?
-Vraiment?

Ouais, continue dans ce genre là. N'empêche que je sais pas encore comment il va faire, mais ça va coûter cher, ça. Et c'est pas en me promettant un titre de demi dieu qu'il va s'en tirer.

__________________________________________________________________________________


Okay, ça m'a prit du temps, j'ai aucune idée de comment j'ai fait, mais j'ai réussi à tenir la discussion avec la miss Torricelli. Faut dire qu'elle me l'a vachement facilité, à me commenter la déco des lieux de la même manière qu'une étudiante en architecture classique vous aurait récité son cours. Donc les concepteurs des allées couvertes, dans les jardins du Palacium, se sont inspirés d'un style antique d'une île aux portes du nouveau monde? Incroyable. Je me donne pas trois jours pour oublier tout ça.

Dans la salle, j'eus la surprise de découvrir que le Haut Cercle de la marine était en train de recevoir la visite du porte parole du Palacium, qui, n'ayant rien à faire, avait décidé de jouer les intermédiaires entre nous et les gentils organisateurs du congrès.

-Aussi, quant à notre petite réception de jeudi soir...
-Hum?
-Eh bien, si vous comptez venir...
-Ce que l'on va faire, si vous voulez qu'on surveille la scène...
-Il serait du plus bon goût que vous soyez vêtus et accompagnés de manière adéquate.
-C'est à dire?, demandais-je, venant d'arriver.
-Nous organisons un bal. Par conséquent, nous attendons de tous, sans exception, une tenue appropriée.
-Hum? Mwouais, ça peut être fun. Mais par contre...
-Plait il?
-C'est vraiment du sérieux, votre truc? Du ski, une piscine, un palace... c'est des vacances, ça, pas un congrès. Bon, vous passez toujours des heures à discuter dans des amphithéâtres, mais...
-Placer nos membres dans un cadre moins formel leur permet d'aborder de tout autres sujets, Capitaine Dogaku. C'est ici que se sont nouées maintes alliances entre certaines des plus anciennes familles d'industriels du crabe, vous savez? Marier son fils à la benjamine du concurrent, ou tout du moins s'accorder quant à leur introduction, est un pratique courante pour régler les problèmes de concurrence défavorable.
-Archaïque.
-Et donc, vous qu'attendez vous de nous?
-Si vous vous présentez au bal, nous vous serions reconnaissants de faire... quelques efforts vestimentaires, fit-il en articulant en direction de Loromin le flamboyant.
-Mon poncho est très bien, non?
-Et de venir accompagnés.
-Accompagnés?
-Capitaine, c'est un bal. Il vous faut une cavalière, commenta Natasha.
-Et il faudra un cavalier pour ces charmantes demoiselles, poursuivit galamment le bonhomme.

Et sur ce, le bonhomme s'inclina bien bas devant Vidna et Natasha ici présentes, adressa un chaleureux signe de tête à Dak et moi, ainsi qu'un regard des plus appuyés à Loromin, qui du probablement voir là dessous une tentative de mauvais sort.

-Bon, bon, dans ce cas... Vid-nayayayayaie!, sursautais-je comme toute personne se faisant pincer le bras. Gurgenidze, pourquoi vous m'avez fait ça? Ca fait mal!
-Loro x Vidna! C'est à lui de s'y rendre avec elle!, répondit la fangirl en me tirant à part.
-Mais je... bon, si ça vous chante.
-Absolument, que ça me chante!
-Vous venez avec moi, alors?
-Comment? Mais... pourquoi ça? Non!
-Je n'ai pas envie de me prendre la tête. Et je n'ai absolument pas envie de m'y rendre avec l'autre mante religieuse.
-Qui ça?
-La veuve noire. Haylor. Elle va me bouffer, un jour, j'en suis sûr.
-Vous exagérez...
-Donc, oui ou non?
-Désolée, Capitaine, mais non. Je ne suis... euh... pas intéressée par... ce genre de soirées là.
-Rhooo... vraiment? Pad'Bol au plus profond de son infâmie... qu'est ce que je vais faire, moi?
-Vous débrouiller.
-N'empêche qu'avec Vidna, ça serait pas prise de tête. Pis d'abord, est-ce que vous savez que Loro...
-Oui?
-'Ttendez, c'est ptêtre pas une bonne idée, en fait.
-Quoi, quoi?
-J'ai rien dis.
-Quoiiiiiiiii?
-J'dirais rien.
-Et si je viens avec vous?
-Je ne... 'ttendez. Mmmmh... nan, je dirais rien quand même, vous resteriez insupprtable.
-Et si je promets d'être sage?
-J'ai dis non. Et quand je dis non, je peux rester aussi stoïque qu'une pierre. D'ailleurs, stoïque ça vient de stone, non?
-Pas vraiment, Capitaine. Pas vraiment.
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Re: Archipel de Sapporo

Message par Arakasi Hirondawa le 12/5/2012, 13:40

Par Sigurd, le dimanche 13 février.


Quelle bande de balourds. Chuis là pour organiser des rondes, moi, pas pour jouer les pingouins aux abords d'une piste de danse. Mais que dalle: ces implacables souffreteux se sentaient tout à fait capables de me refuser l'accès à la scène si je n'étais pas vêtu de pied en cap pour participer à leur carnaval. Du coup, j'ai été obligé de fouiner un peu partout dans le Tarmac pour finalement dégotter un uniforme officiel dans la buanderie. Ce serait donc un Sigurd aux couleurs de la marine qui ferait justement son job de capitaine à cette petite réception. Pour sûr, c'est pas ce qui se fait de mieux niveau beau linge, mais ça devait faire l'affaire. Sinon, ça serait mes rugissements enragés qui serviraient de laisser-passer. J'ai pas passé deux heures à chercher ce costume pour rien, nan mais.

Pourtant, à peine trois couloirs passés, je tombais nez à nez avec Evil, qui avait comme à son habitude branché son détecteur à victime de manière à pouvoir me débouler dessus, avec ses gros sabots et son air réprobateur, histoire de se lamenter encore un peu plus sur les charmants raccourcis anti-responsabilité que j'affectionnais.

-Vous êtes en avance pour ce soir.
-Euh... ouaip, j'vais retourner en coulisses pour m'assurer que tout ira bien. On devait adapter un peu la répartition des rondes selon la météo. Surtout que comme c'est bien parti pour qu'on se mange beaucoup de neige... et puis, comme je n'avais rien d'important à faire entretemps, je me suis porté volontaire pour que les deux autres n'aient pas à s'y coller.
-Je vois. Très généreux de votre part.

"Et très surprenant", pus-je lire sur son auriculaire gauche, qui se déplia machinalement pour l'occasion. Pas étonnant que cette mégère soit condamnée à rester sur le bateau ce soir. Ca me fera une épine en moins, pour sûr. Honnêtement, quelqu'un ici s'imaginait que je lui aurais demandé de m'accompagner? Les mantes religieuses bouffent les mâles qui s'en approchent, et Haylor me faisait trop penser à ces machines à tuer. J'prends pas de risque, moi, merci bien.

-Hum. Et... comptez vous réellement vous y rendre ainsi? Avec votre cavalière?
-Beeen... ouaip, pourquoi?
-La pauvre. Non. Il est hors de question que vous lui infligiez ça.
-Ca quoi?
-Vous êtes totalement débraillé. Elle ne pourra jamais... vous ne pourrez jamais vous présenter comme ça.
-Mais bien sûr que si. Pis vous savez, j'vais juste rentrer pour voir comment c'est organisé par rapport à ce qu'on avait prévu, la façon dont se sont agencés les invités, si y'a un truc louche au niveau de l'estrade et des comédiens... ptêtre aller faire mes courses du coté du buffet... mais grosso modo, j'vais rester en coulisses la plupart du temps, au cas où.
-Vous aller bien l'accompagner le temps de plusieurs danses, avec un air qui disait "N'est ce pas, butor insensible?".
-Euh... sûrement. Un peu. Je veux dire, oui, bien sûr. M'enfin, j'ai jamais essayé de danser, donc je suppose qu'elle me regrettera pas vraiment, hein.
-Vous êtes vraiment sûr que vous ne serez pas retenu sur place par un empêchement, ou même juste tenté de rester?
-Ben ça dépend. Même si on a rudement bien organisé l'affaire, et qu'en cas de problème, je pourrais très bien être prévenu par escargophone de poche. Pis chuis pas seul, y'a aussi Vidna et Way. M'enfin, je n'y resterais pas longtemps. J'ai dis, je ferais. Là.
-Il n'empêche qu'il va falloir vous arranger. En tant que représentant de la marine, vous vous devez d'être irréprochable.
-Mais je suis très bien, là.
-Pas le moins du monde.
-Ca sert à rien d'en faire trop, vous savez? Ils ne me prêteront pas la moindre attention, je ne serais que de passage.
-Que vous dîtes. Suivez moi.
-Quoi? Euh... d'accord. Oui, bien sûr.
-Voyons voir, se demanda t-elle rapidement, où pourrais-je trouver un miroir?
-Je sais. Suivez moi, vous.

Et c'est ainsi que la Grande Magasinière, l'Implacable Administratrice, Celle-Qui-Gérait-La-Boutique (et maternait l'équipage façon stricte et sévère), la Gouvernante du Tarmac vérifia si je m'étais bien brossé les dents, avais appris ma leçon avant d'aller à l'école, pensé à emporter mon goûter, me rappela de ne pas parler la bouche pleine et... bon okay, elle se contenta de s'affairer ici et là autour de moi, reprenant les plis de l'uniforme, brossant le vêtement par endroits ("Mais pourquoi?". "Ne posez pas de questions, et laissez moi faire") et tentant d'ajuster tel ou tel truc. N'empêche que ça aurait pas été Evil, j'lui aurais balancé un merci maman en rigolant. Mais là, elle m'aurait probablement fait avaler le peigne avec lequel elle avait tenté de faire quelques reprises chirurgicales à mes cheveux, sans succès. Encore un effet secondaire du fruit du lion, ça.

-Bon, cela devrait tout de même faire l'affaire. J'imagine.
-C'est très bien. Ne vous fatiguez pas, ça sert à rien.
-Oh que si.
-Mwouais.
-Tâchez de bien vous comporter, surtout.
-Bien sûr. Althias n'a pas arrêté de me bassiner sur ces trucs, même si j'ai jamais eu l'occasion d'appliquer. Faut dire qu'il me bassinait parce que ça m'intéressait pas le moins du monde, mais...
-Mmmh... j'espère que vous parviendrez au moins à ne pas faire honte à... nous tous, en fait. Enfin, en ce qui concerne la marine, je suppose qu'il faudra compter sur Vidna et Way pour remonter le niveau.
-Euh... chuis pas sûr que ça a été nécessaire, m'enfin... ben, merci?
-Pas nécessaire? Ce n'était rien.

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-Donc en cas de problème, n'hésitez pas, surtout.
-Pas de soucis, Capitaine.
-Même s'il vous faut interrompre l'orchestre, vous vous imposez. 'Ttendez, nan, ça causera un mouvement de panique... enfin vous saisissez l'idée, n'est ce pas?
-Tout à fait, capitaine.
-Et si ces pingouins ne vous laissent pas entrer, vous hurlez. N'hésitez pas. Vous pouvez crier, n'est ce pas?
-Je sais très bien le faire, capitaine.
-J'aurais un escargophone de poche sur moi, mais je n'aime pas trop ces petits machins. Ne valent pas mon bon vieux Scott.
-Votre escargophone est adorable, c'est vrai. Mais, Sigurd, vous devriez vraiment y aller maintenant, non?
-Beeen... je devrais, mais en fait, j'ai pas trop envie, là. J'ai pas encore faim, et vu que ça va être chiant comme la mort... 'fin, Natasha, vous voyez, à part peut être regarder la déco...
-Vous ne savez pas danser, c'est ça?
-Aussi, oui.
-Aussi?
-Mmmmh... principalement?
-C'est déjà autre chose, ça. Complexé?
-Zut, chuis si facilement... nan, j'rigole. Nullement. Ca m'intéresse pas, continuais-je le plus honnêtement du monde.
-Mais votre miss Tortellini, là? Elle va vous attendre, non?
-Torricelli. Et pas vraiment, non, elle s'en tire très bien.
-Comment ça? On ne fait pas attendre une fille comme ça, voyons! J'm'en vais vous botter hors d'ici, moi. Filez la rejoindre, bon à rien!

Hey, mais c'est qu'elle le ferait, en plus. Ooolà, qu'elle lâche ce fusil, elle me fait peur, là! Heureusement que je l'ai interdit de flambeur, elle aurait été fichue de... Dame Chance, protégez moi de mon inconscience. Et de la sienne, surtout.

-Pas la peine, calme. Elle m'a elle-même demandé de passer la chercher une quarantaine de minutes après le début du bal. Un contretemps, apparemment. C'est aussi pour ça que j'ai laissé Vidna et Dak y aller, j'pouvais tout gérer seul vu le temps.
-Ah?
-Ben oui. Elle s'est même excusée pour cet imprévu et...
-Et?, continua t-elle en affichant une inquiétante expression avide de potin.
-Et c'est tout. Elle a bien du s'excuser une demi douzaine de fois.
-Mmmmh.... c'est cela, oui.... très intéressant. Et quel genre de contretemps?
-Euh... très bonne question. J'ai oublié.
-Vous avez oublié, ou bien elle est restée très floue?
-Un peu des deux, je dirais.
-Ahah! Encore plus intéressant, décidément.
-Vous vous imaginez encore des couples là, non?
-Je n'imagine rien. Je commence juste à regretter de ne pas y aller, à cette soirée. Mais c'est pas grave, puisqu'elle vient à nous.
-La soirée?
-Non, idiot... euh, Capitaine. Regardez plutôt qui vient vous chercher.

Refusant d'entrer du fait des deux vigiles qui, bien que féminines, restaient bien armées et intimidantes, voilà que la vendeuse d'huitres d'East Blue se mettait à jeter des coups d’œils hasardeux à l'intérieur de la salle, hésitant à me faire demander. Plutôt étrange de la voir timide comme ça, alors que sa robe... ne l'était pas vraiment, mettons. Par quel étrange concours de circonstances me suis-je retrouvé en paire avec elle? Demandez à Loro, franchement incapable de savoir ce qu'il veut. Et étonnamment doué pour mener les conversations en se cachant dans l'ombre des fontaines (le granit marin fait fuir les démons, selon lui.) Ça va couter très cher, cette histoire. D'un autre coté, j'lui ferais bien un rabais, vu qu'il m'a épargné Evil, le Plan Z.

-Oh?, fis-je en m'approchant. Vous êtes en avance, là, nan?
-Un peu moins en retard plutôt, Capitaine Dogaku. Veuillez m'excuser de ce contretemps. Je devais recevoir un appel urgent ce soir, et... enfin, j'ai pu conclure cette affaire plus tôt que prévu.
-Mmmh... tant mieux. Euh... dans ce cas, on y va?
-Si vous pouvez vous le permettre... j'imagine que vous devez avoir un travail fou sur les bras.
-Vous en faîtes un peu trop, rassurez vous. J'ai juste besoin d'une minute, le temps que de finir de les briefer en cas de cata', et je vous rejoins.
-Bien sûr.

De les briefer, ouais. Et surtout de museler Nat', ça l'empêchera de glousser comme une hyène en plus d'effacer cet énorme sourire stupide. Y'a que moi qui ai le droit de le faire, d'abord.

-Elle vous a menti pour se faire désirer, et vient de craquer en se présentant avec dix minutes d'avance. C'est une erreur fatale, qui révèle que vous avez toutes vos chances. Foncez!
-Mais c'est n'importe quoi! Et j'ai pas envie de...
-Okay, plan B.
Mademoiselle! Le Capitaine n'ose pas se rendre au bal. Il est complexé parce qu'il ne sait pas danser!
-QUOI?
-Nuahahahaha, et paf. Ca vous apprendra, à toujours traîner.
-Mais c'est... c'est bas, c'est vil, c'est mesquin!
N'importe quoi! Et j'arrive, j'finis juste un truc!
-Voyez le bon coté des choses, je viens de vous présenter comme étant quelqu'un de sensible, un grand timide malgré sa façade de...
-Une semaine de solde en moins!
-QUOI?


Bien fait, mwarharharh. Nan mais, faut pas pousser mémé dans les orties, non plus. Bon, chuis pas sérieux, mais la laisser mijoter un moment comme ça, ça va... rien lui apprendre du tout en fait, mais c'est pas grave.

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Et en entrant dans la salle, je ne pus m'empêcher d'éclater de rire. Car, parmi la soixantaine de personnes ici présentes, seul Loromin sortait vraiment du lot, que ce soit grâce à sa haute taille, sa peau bleue, ou le formidable costume vert à froufrous cotonneux qu'il avait enfilé pour l'occasion. Bordé de dorures ici et là, quelques boutons qui rendaient bien... en fait, le costume était probablement du meilleur goût (quelqu'un de plus expert que moi vous l'aurait d'ailleurs confirmé), mais ça ne marchait tout simplement pas, non. Pas sur lui. Et sa peau bleue. Et ses branchies. J'l'aurais plus vu avec un poncho floral, qui se serait très bien accordé avec le kimono que portait Vidna, distance d'un tour de bras de l'homme poisson. Elle aussi, elle faisait tâche dans le paysage, à débarquer en kimono quand toutes les autres portaient des robes. Sauf que les remarques qu'elle faisait naître ici et là étaient nettement plus teintées de jalousie que celles de son lieutenant, qui récoltait davantage de condescendance. Ou de regards envieux venant de certains hommes.

-Il ne danse pas si mal que ça, voyons, objecta Torricelli.
-Non, mais ça se joue à peu de choses, là.
-J'en conclus donc que, contrairement à ce que j'ai pu entendre, vous vous débrouillerez bien mieux?
-Euh, bonne question. Sûrement pas?
-Ciel... dois-je craindre pour mes pieds, au moins?
-Aucune idée, répondis-je avec un naturel tel qu'elle commença vraiment à s'inquiéter. Probablement, je sais pas si c'est difficile ou pas. M'enfin, j'essaierais d'éviter, bien sûr.
-Mmmmh... je suppose qu'en allant lentement, si je vous montre les bases...
-Ca devrait aller, oui. J'me débrouillerais.
-Et comme j'ai été prévenue, je ne vais pas pouvoir me plaindre, n'est ce pas?
-Ca, je vous l'ai annoncé d'office, quand même. Honnête ou pas honnête?
-Je commence déjà à regretter, Capitaine.
-Oh? Je suis désolé. Si vous préférez, je...
-Je plaisante, calmez vous.

Ainsi, nous parcourions lentement la salle vers l'autre duo, longeant l'espace central qui servait de piste géante tout en jetant des coups d'oeil ça et là en quête de visages à reconnaître. Là, Way et la probablement dénommée Alkia dont je l'avais entendu parler à ses acolytes étaient en train de boire un verre entre deux danses, mêlés à des couples qui ne me disaient rien. Pas trop loin de lui, sur scène, le grand, beau, fort, viril et élégant (car non, nous ne naissons pas tous égaux, contrairement à ce qu'ils voudraient nous faire croire) second du Fanatique, Mr Stink (dit l'Exécuteur, rien que ça), accumulait les promesses à ses nombreuses aspirantes cavalières, qui auraient bien été fichues de monter une file d'attente en face de lui si les bienséances et leurs cavaliers originels l'avaient permis. Faute de quoi, elles se contentaient de passer régulièrement aux abord de ce danseur émérite (vraiment pas égaux) pour échanger une ou deux phrases de courtoisie avec lui, et surtout lui rappeler leur présence. Lorsque je passai à son niveau, pourtant, il se libéra d'une jeune femme belle comme un ange pour retrouver sa cavalière attitrée, elle même non moins adorable, vêtue d'une robe indigo mêlée d'améthyste que même moi je pouvais identifier comme hors de prix. Comme à peu près tout le monde ici, je me mis à penser que leur couple rendait vraiment bien, et...

Dame Chance au plus haut des cieux!!!

Attendez, non. C'est pas ça. L'autre.

Par les tripes des Pad'Bol!!!

Je dois me tromper. Y'aura sûrement eu un ninja dans les parages qui m'aura empoisonné à l'hallucinogène pour que je vois ça. Rien que la version "Torricelli est une empoisonneuse qui en veut à ta vie" est plus crédible. Parce que là, non, je suis désolé mais j'ai pas signé pour ça, moi. Hey, Pad'Bol, tu m'entends là haut? Depuis quand est-ce que Haylor sait s'amuser? Elle a passé les trois premières semaines sur GO à me prouver que ça lui était mécaniquement impossible!
Première réponse: parce qu'elle est dans son environnement naturel, c'est obligé. C'est une fille à papa qui a forcément été plongée à avaler des kilomètres de piste de danse (classique, entre autres) quand elle était petite, et à aimer ça. Probablement qu'elle a aussi apprit à jouer du piano ou de la harpe, ou un truc du genre. Et a faire de la poésie, pour compléter le tableau. Elle sera ensuite passée par une école privée de jeunes filles bien élevées, et en aura gardé le style d'habillement de ses anciennes institutrices.

Ouais, ben lui accorde pas plus d'attention. Ou fait semblant de pas la voir. Observe la du coin de l'œil, ouais. Stink... avec un nom comme ça, il doit sentir mauvais, non? N'empêche, comment elle a fait? Et lui, comment a t-il pu apprivoiser la bête? Si on collait à son physique une note sur dix, il devait bien avoir un neuf d'assuré. Alors, qu'elle, c'était une six. Voire cinq en lui rajoutant son tire-la-tronche habituel. Bon, vu que pour l'occasion, elle avait mobilisé pas mal de cosmétiques avec une précision chirurgicale difficilement égalable, ça la remontait à sept, sept et demi. Mais Stink restait clairement dans la catégorie du dessus.

Et pour lui, toutes étaient prêtes à se crêper le chignon. Plutôt malsain, en fait, ch'pas sûr d'être vraiment envieux pour le coup. Tiens, chignon? La seule autre fois où Evil l'aura viré, c'était avec Conquer. Qui était lui aussi, malgré son impersonnalité notoire, quelqu'un que les femmes aimaient bien regarder. Donc j'en conclus que...



AAAAH!!! ELLE M'A VU!!! RETRAITE GÉNÉRALE!!!


ET ELLE A MÊME PAS TIRÉ LA TRONCHE EN ME VOYANT!!! Y'A UN TRUC!!!

N'empêche que c'est bizarre. Elle sait sourire? Depuis quand? Pourquoi j'y ai pas droit, moi?

-Quelque chose de bizarre se trame, là. Torricelli, vous pourriez me pincer, s'il vous plait?
-Pardon?
-Euh... oubliez.
-Je pourrais, en avance pour la souffrance que vous allez infliger à mes orteils, sûrement.
-Ca ne devrait pas arriver, je pense.
-Je l'espère...
-Et si je vous autorise à vous venger pour chaque accident que j'aurais, ça rééquilibre?
-Me venger?
-Vous avez droit à deux écras'pattes à chaque fois que j'en fais un.
-Seulement deux?
-C'est déjà assez, hein.
-Plutôt honnête, comme marché. Rajoutons juste qu'en plus des deux piétinements, j'aurais droit à une anecdote sur la marine.
-Anecdote?
-N'importe quoi fera l'affaire. La vie de capitaine doit être passionnante, non?
-Ben... non? Sûrement, oui, si l'on y fait attention.
-C'est donc un accord!

Et c'est ainsi que nous rejoignîmes Loromin et Vidna à l'atelier "Danse de Salon pour Grand Débutants Maladroits". Pour résumer cette répétitive et néanmoins hilarante demi heure en quelques mots, nous considérerons que Torricelli n'a pas eu trop mal au pieds, alors que les miens avaient précisément commencé à attraper le mouvement par peur de subir des attaques supplémentaires. Loromin apprenait un peu plus vite que moi, mais sa professeure était nettement plus inconsistante dans ses explications, s'arrêtant parfois net de danser pour composer et mémoriser les quelques lyriques que lui inspiraient la sympathique ambiance de la soirée.

Car ils avaient vraiment mis le paquet, comme je pus le constater plus tard lorsque Torricelli m'abandonna pour un moment et que j'en profitai pour observer la salle et faire un tour du coté de la nourriture. Je veux dire, y'avait vraiment de tout. Ils avaient même des Barubaris: de délicieuses chouquettes préparées avec amour, plus de beurre que de raison, et surtout, un chocolat si noir que la lumière ne peut y pénétrer. Pour des raisons calorifiques évidentes, aucune des nanas ici présentes ne s'était approchée de ces véritables engins de destruction massive. Tant mieux, ça en ferait plus pour moi, me dis-je en en piochant quelques uns.

-Vous devriez également donner leur chance à ces amuse-bouches. Caprices de Mailmody sur Lit de Rose.
-C'est quoi ça, des légumes? On dirait de la ratatouille hachée. Ou du vomi de lapin, vu d'en haut. J'vais pas prendre de risque et plutôt cogner dans le foie gras, si ça vous dérange pas. La charcuterie et ses dérivés ne me trahiront pas, au moins.
-Faîtes donc, me répondit le bonhomme, un peu surprit.
-Et ça, c'est quoi? continuais-je en pointant du doigt une gelée vert fluo particulièrement suspecte. Ca... brille. C'est encore vivant?
-Kryptonique. Un mélange d'algues et de champignons aux vertus médicinales mondialement reconnues. Votre ami, le capitaine Way Dak, semble l'avoir trouvé fort à son goût.
-Mwouais. Chais pas. Quand on adore la mer au point de vénérer Loromin, forcément qu'on aime les algues. M'enfin... boarh, pourquoi pas après tout. Z'êtes sûr que c'est pas corrosif, au moins? Chuis sûr qu'on obtient des superpouvoirs aux rayons gammas, en mangeant ça. J'vais devenir Hulk!
-Soyez sans crainte.

Mwouais, bon. Voyons juste si l'autre balourd se tort de douleur. Où est-ce qu'il est, dans cette foule? Dieu qu'il y a du monde, j'avais pas remarqué que c'était aussi facile de perdre de vue quelqu'un. Tiens, Loromin attire les regards, hein? Ouais, forcément, avec son look de Don Diego de la Vega version luxe, il va attirer les regards. Comment ils ont fait pour lui trouver un costume à sa taille, d'abord? Tiens, voilà Dak. Ou Way. D'ailleurs, c'est lequel des deux, son nom? En tout cas, il était à nouveau sur la piste, avec sa compagne. Plutôt en forme, de ce que je pouvais dire ici. L'oeil vif, la truffe humide... il présentait tous les signes de bonnes santé, en effet. Allez hop, Kryptonique adjugé vendu!

-Je crois que je vais développer une fétiche pour les femmes militaires, me glissa mon observateur particulièrement peu informé.
-Très mauvaise idée. Deux des trois sont probablement invivables en couple, et celle que je connais le mieux est invivable tout court. Quant à la troisième, je ne la connais pas depuis suffisamment longtemps pour savoir quel sont ses travers. Mais si je me réfère à ce que j'ai pu voir jusque là... 'ttendez, y'avait Miiyu... Jadictatrice... Gurgenidze doit être épuisante... ouaip, c'est clairement pas un truc à faire. Oubliez, oubliez.
-Miss Torricelli est radieuse, elle aussi. C'est à nouveau l'appel de l'uniforme qui l'a séduite elle aussi, n'est ce pas? J'ai un ami, Colonel de son état, aussi laid qu'un rhinocéros et qui parvient pourtant à multiplier les conquêtes. J'aurais peut être du hésiter un peu plus longtemps, lorsqu'il m'a offert un poste à ses cotés...
-Beeen... ça vous aurait suffit pour Torricelli, en tout cas. J'ai l'impression qu'elle s'intéresse qu'au grade, pas au bonhomme. C'est pas la seule, d'ailleurs, j'ai comme qui dirait l'impression que y'a aussi... hey, je rêve ou bien... ce truc, c'est?
-De la chair de Homaréchal, vous avez vu juste. Probablement des morceaux des pinces, au vu de la préparation. Je vous le recommande, continua t-il inutilement.
-Mwarmfharmfharmfh, fa f'est souette. Zadorf!

Devrais ptêtre me transformer pour faire de la place, tiens. Je pourrais me faire trente kilos de ce truc sans broncher, là. Ptêtre même froler la quarantaine. Bon, j'risque pas de pouvoir faire grand chose après, mais... allez, au moins j'aurais pas à manger quoi que ce soit pendant deux jours au moins. Ca sera chouette. M'enfin, j'vais ptêtre pas me transformer ici, ça ferait un plomb dans l'ambiance. Mais quand ça sera fini, faudra vraiment que j'aille faire un tour aux cuisines, moi. Inspecter la nourriture, par exemple. Parait qu'ils jettent les restes. C'est criminel!

-Cependant, je ne comprends pas trop votre avis sur Miss Torricelli.
-Mmmmh... je sais pas. Perso, j'la trouve un peu trop... pas collante, mais quelque chose comme ça. Encore que c'est surtout l'autre qui me colle à elle. Comme s'il voulait que je joue les gardes du corps, le temps que le danger arrive, et alors il pourrait faire son entrée héroïque.
-De quoi parlez vous?
-F'gnarglaglaglatchoum. Ou quelque chose comme ça, j'ai oublié son nom.
-Jamais entendu parlé. Est-il dans l'assemblée?
-Très bonne question, répondis-je en balayant la foule du regard, à la recherche d'une entité démoniaque supracosmique. Probablement pas, rassurez vous.
-Pourquoi devrais-je m'inquiéter?
-Une histoire de cuillère à café, je crois.

Incroyable. Même l'eau est délicieuse. Vais en reprendre. Et encore. Et encore. Et encore...

-Tiens, n'est ce pas votre collègue que voilà?
-Qui ça? Oh... Way. Qu'est ce qui vous amène? Si vous cherchez votre Stink, il est en train de...
-... montrer à ces dames que les serviteurs de l'Aqua sont très bien éduqués, je sais.
-Attendez... vous voulez dire que là...
-Oui?

Euh...si je l'accuse de propagande malveillante, il prendra ça comme une offense directe ou pas? Mwouais, bon, on va lui laisser le bénéfice du doute. J'espère juste que toutes les nanas de l'assemblée vont pas tourner psycho en un instant. Stink me fait peur.

-Alkia est allée se refaire une beauté, alors je me suis dis que si je pouvais débusquer ici un rafraichissement à la hauteur de son charme...
-En attendant, me voilà donc en compagnie de deux vaillants capitaines de la marine, se réjouit l'invité. Je vais pouvoir en profiter pour pouvoir vous entendre rivaliser d'anecdotes héroïques, n'est ce pas?
-Been... je pense que le terme de héros est un poil...exagéré?
-Au contraire. En tant que meneurs d'hommes, nous sommes particulièrement bien placés pour savoir que chaque individu s'engageant dans la marine est un héros à part entière. Tout particulièrement s'il rejoint ensuite les fiers serviteurs de l'Aqua Sancta. Et c'est précisément ces héros qui sont les plus sûrs protecteurs des populations civiles. Car rien ne peut arrêter la croisade des justes, compléta Way.

Et bam. Blabla pompeux, en veux tu en voilà. Il va recommencer avec sa pseudo religion bassinante, et je vais devoir acquieser une fois de temps en temps pour ne pas le contrarier (ce qui arrive assez vite avec lui, de ce que j'ai pu voir). Bon, j'vais au moins me servir un autre verre d'eau, ça me permettra de ne pas avoir à employer de mots.

-Quant aux pirates, ces vermines ne méritent pas l'honneur d'être composés à 70% d'eau. Voilà pourquoi nous considérons que l'Aqua Sancta est la mère de toute vie, et que tout pirate capable de propager l'hérésie doit se voir retirer la propriété de son eau.
-Propriété de son eau? Vous les faîtes mourir de soif?, interrogeais-je malgré mon voeu de silence.
-Mais non, voyons, nous ne sommes pas des monstres cruels.
-Ah. J'avais cru que...
-Nous les brûlons vifs.
-Mais c'est horrible!
-Dixit le lion carnivore. On m'a raconté que les tendances charognardes de votre totem barbare avaient eu des répercussions sur votre... régime alimentaire.
-Rhooo l'autre, hey. Ouais, annoncez en bloc que je suis cannibale, tant que vous y êtes. N'empêche que je m'en prends qu'aux morts, moi, et tout le monde sait que le cadavre d'un pirate est destiné à nourrir les poissons. Bon, bah là c'est un lion, voilà.
-Parce qu'en plus vous privez les habitants de Ses Eaux de nourriture?
-Vous venez de dire que les pirates sont des hérétiques impurs, intrinsèquement souillés et indignes de la mer, non?
-Ce qui révèle que si vous en êtes friand, alors vous représentez une source de vice plus grande encore que ce que je ne croyais!
-Parce que vous croyiez quoi, jusque là?
-Mais voyons, vous êtes un Maudit de l'Aqua. Vous avez conduit ce rituel malfaisant avec le malin, et maintenant, vous portez dans votre bagage la pleine fureur de notre Déesse, qui a ordonné à ses Ondines de vous engloutir sous les flots dans l'hypothèse où vous feriez montre de l'audace de profaner Ses océans. Impie.
-Nan, vous faîtes erreur. Ca c'est Pad'Bol, qui gère ma popotte. Et vous parlez du fruit, là.
-Adorateur d'idoles paÏennes, en plus du reste?
-Whooo ça va, hein. Moi au moins, je cherche pas à dresser de joyeux bûchers pour faire frire les gens.
-Pour ma part, je ne peux que me réjouir de ne pas déguster mes pairs.
-Moi non plus, c'est le lion qui le fait. Seulement sous forme de lion. Seulement des pirates morts.
-Ainsi, un démon nécrophage habite votre corps? Eh bien, si vous me suiviez à bord du Fanatique, je pourrais vous permettre d'être l'heureux bénéficiaire d'une séance d'exorcisme par les eaux. Il nous faudrait d'abord recueillir votre eau, avant de...
-Hors de question que je mette les pieds sur votre secte flottante, merci.
-Comment osez vous blasphémer contre Son temple, alors même que votre bâtiment ne dispose que d'une grossière architecture digne d'un enfant de quatre ans?
-Il est très beau, mon bateau!
-Au contraire, il n'a aucune classe. Il me fait penser à une épaisse larve rampant laborieusement sur les flots.
-N'empêche que c'est pas votre équipage de dingues qui va embarquer un Ûmlaut, hein.
-Un Ümlaut?
-Tout à fait. Rien ne peut battre un Ûmlaut. Ni en classe, ni en rien.
-Vos Ûmlauts ne pourraient rien face à mes Feydakins.
-MES Ûmlauts? Mais mon vieux, le jour où j'aurais DES Ûmlauts, vous ne pourrez que trembler, mwarharharh! Ca serait fantastique, ouais!
-Riez tant que vous le voulez, mais rien n'est comparable au pouvoir de l'Aqua. Vos sous fifres peuvent porter les noms qu'ils veulent, seule la foi peut déplacer des montagnes.
-Ah ouais? J'aurais pensé que vos types passaient tellement de temps sous la douche qu'ils en oubliaient le reste, objectais-je en le menaçant d'un Barubari à moitié mangé.
-Je suis agréablement surpris d'apprendre que, malgré les apparences, vous puissiez penser, répliqua t-il en regardant son blob de Kryptonique comme s'il s'agissait d'une grenade qu'il allait me lancer au visage.

Espèce de... espèce de... espèce de... nan, j'ai rien en tête! NAAAAAAN! Sens de la répartie, réveille toi, j'ai besoin de ton aide!

....


VIENT A MOI!!!

...

Steplait?

-Et donc, intervint l'autre bonhomme pour combler le vide qui s'installait, vous dîtes que l'Aqua Sancta est la mère de toute forme de vie?
-Et est présente tout autour de nous, pour veiller sur ses fils. Principalement dans la mer, bien sûr, mais on ne saurait ignorer les particules de Sa création présentes dans l'air. De nombreux savants attestent avoir retrouvé des écrits antiques relatant nombre de ses miracles, et une large part de la communauté scientifique considère que l'Aqua Sancta a déjà foulé le sol de la lune -et probablement d'autres planètes- afin d'éprouver les limites de ses incroyables pouvoirs, en y laissant Sa marque.
-Vraiment?
-Voyons, pourquoi croyez vous que les cycles lunaires influent-ils sur les cycles des marées?
-Eh bien, je... non. Vous n'oseriez tout de même pas me faire croire que...
-Eh bien si, j'ose. La toute puissance de l'Aqua ignore les vulgaires limitations que sont le temps et l'espace, et son œuvre s'étend vers l'infini et au delà de notre monde.
-Hey, j'ai pas fini, moi!, grommelais-je en revenant à la charge.
-Bien sûr que si, vous êtes fini.
-S'il vous plait, capitaine Dogaku, laissez donc le capitaine Way continuer son exposé fort intéressant.
-'Ttendez, vous allez pas me dire que vous croyez aux machins qu'il raconte?
-Eh bien, ma foi, je l'ai trouvé fort passionnant, moi aussi, glissa un autre intervenant visiblement en bonne route pour la cinquantaine, équipé d'un monocle et d'une moustache dignes du colonel Moutarde. Veuillez excuser mon manque de discrétion, mais vous parliez avec tant d'emphase que je nous n'avons pu nous empêcher, mes amis et moi, de prêter oreille attentive à votre oratoire.
-Tout à fait.
-Pouvez vous nous en dire plus?

Et zou, vas-y que tout ce petit monde se rapproche pour pouvoir profiter de la glorifiante présence du Messie. Mais c'est qu'ils le prennent au sérieux en plus? Mince, depuis quand est-ce que c'est moi qui joue le rôle du sain d'esprit, dans cette histoire?

-Mais c'est... vous êtes... n'importe quoi... enfin, voilà, quoi!
-Ne cherchez pas à jouer à ça avec lui, me glissa une voix féminine que je n'avais jusque là jamais entendu. Quand Way joue à qui aura la plus grosse avec quelqu'un, ce quelqu'un perd. Systématiquement.
-Alkia chérie!
-Mon amour, c'est pour moi? fit-elle en acceptant le rafraichissement qu'il s'empressa de lui tendre.
-Ainsi, je ne m'étais pas trompé, poursuivit l'homme au monocle en s'inclinant galamment devant Alkia. Ce brillant philosophe est également le fier capitaine de la marine, ainsi que le cavalier accompagnant la plus belle femme de cette soirée.
-Vous me flattez, répondit-il en m'adressant un sourire en coin si satisfait, si irritant, si exaspérant que j'envisageai très sérieusement d'aller demander des cours à Haylor juste pour pouvoir le pulvériser d'un regard. Cependant, je crains que la personne qui flatte le plus mon humble personne ne soit Alkia, qui me fera, je l'espèce, l'honneur de partager sa...


Gnagnagna et gnagnagna. Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants. Tous aussi fanatisés les uns que les autres. Et ils moururent tous en se battant contre les encapuchonnés de KKK. Fin. Et zut, maintenant que ce crétin de Dak a ouvert le QG de son fan club devant la bombance, j'ai plus rien à faire ici, moi. N'empêche qu'au premier truc qui coince, j'envoie ses bonshommes au casse pipe. Il sera sûrement content d'apprendre qu'ils sont morts, en plus, ça glorifiera son Aqua. Il a qu'a jouer les martyrs en se sacrifiant, tiens.

Tiens, c'est Torri qui revient? Bon, chuppose j'ai plus qu'à aller la rejoindre. Attends, non, elle discute avec le duo Evil-Exécuteur. Me fait signe de la rejoindre? Ah non non non, faut pas! C'est délicat. Tout à fait. Oui, un peu plus tard. Venez à l'écart, j'vais vous expliquer. Voilà. Toutes mes excuses, mais là s'pas possible.

Et tout ça exprimé rien qu'avec un mélange de grimaces et de gesticulations des mains. Ch'trop fort. Elle aussi, d'ailleurs, elle répond très bien.

-Votre lieutenante est vraiment une personne formidable. En plus, je la trouve tout à fait charmante. Vous avez vraiment de la chance de l'avoir à vos cotés, je trouve.
-Non. Et non aussi, d'ailleurs. Pour la troisième, j'entérine clairement le non.
-Ah?
-Mauvais sujet, tout à fait.

Silence qui s'installe. Pas un problème pour ma part. Elle va très probablement sortir une nouvelle question dans approximativement...

-Vous vous demandez probablement pourquoi je vous harcèle de questions depuis trois jours, n'est-ce pas?
-Pas vraiment, mais j'avais remarqué. Enfin, c'est Loromin qui me l'a signalé. Il a l’œil pour ces choses là, vous savez?
-En fait, vous me faîtes beaucoup penser à mon arrière arrière arrière grand père, continua t-elle en ignorant la mention du Sohal.
-Quoi, vous l'avez connu? Vous vivez combien de temps, chez les Torricelli?
-Non, bien sûr que non. C'est juste que... je sais qu'il a, lui aussi, été un capitaine de la marine avant de se retirer pour entrer dans les affaires. Et surtout, lui aussi avait hérité des pouvoirs du fruit du lion.
-Oh. Donc c'est pour ça qu'elle me colle depuis le début?

Hell. Ben heureusement que c'était l'ancêtre-échelon je sais pas combien. Imaginez que c'était le frangin, et paf, je me mangeais potentiellement une adorable tueuse vengeresse sur les talons, même si j'n'avais rien à voir dans le tableau. "T'as piqué le fruit de mon frère qu'est mort!", je le voyais venir gros comme ça.

-Et il va m'arr... lui est arrivé quoi, ensuite?
-Je ne pense pas que cela soit lié, non. Ce sont seulement des... coïncidences, n'est ce pas?
-Vu que je ne crois pas à la réincarnation ou aux trucs du genre, très certainement. Après, Loro a quelques théories assez intéressantes en ce qui concerne le sujet.
-Vraiment? Et qu'en est-il?
-Je préfère ne pas vous le dire. Vous ne regarderiez plus les cuillères à café de la même manière. C'est dangereux.
-Mais j'insiste!, fit-elle en se rapprochant dangereusement près de moi, se collant à moitié contre moi et...

Alerte. Elle me fait du charme. Mais moi j'veux pas. Alerte. Que faire? J'ai pas signé pour ça!

-Capitaine Dogaku, je me demandais...
-Euh... oui?

Loro, je te vois, je te tue. Non, je te mange. Frit à l'huile. En acras. Ou en brochettes au grill. Les paupiettes au citron, ça doit être bien aussi. Et j'filerais à Vidna de quoi se faire des sashimi de Sohal. Un bouillon aux ailerons de Loro. Voire tout ça en même temps, puisque t'as assez de viande pour.

-Est-ce que ça vous dérangerait, de vous transformer pour moi?
-Hum? C'est tout?
-Tout quoi?
-Nan, rien. Ouf. Bien sûr que je peux, mais...
-Il y a un problème?
-Si je le fais, ils vont tous paniquer, vous imaginez? Mais pour une autre fois, aucun problème!
-Vraiment?
-Promis, même.
-Merci beaucoup... Sigurd.

Aie. Maintenant elle m'appelle par mon prénom. Loro, vient vite. Forces du mal, venez vite. N'importe qui, sauvez moi. Nat', je vous appelle en renfort. Haylor, venez me... euh nan, pas vous en fait.

Par contre, j'aurais jamais imaginé que ça serait Sandyk Ilots, le chanteur, qui me sauverait. Et encore moins de cette manière.

-Mesdemoiselles, Mesdames, Messieurs, j'aimerais vous faire part de toute ma gratitude pour cette magnifique soirée que j'ai passé en votre compagnie. Vous avez été un public formidable, tous. Malheureusement, comme toutes les bonnes choses ont une fin, je vais maintenant devoir vous quitter: j'ose cependant espérer que vous garderez de cette nuit un agréable souvenir. Maintenant, pour que cela soit effectivement le cas, je vous demanderais de bien vouloir rester calme pendant que mes collègues circulent parmi vous. Vous pourrez les reconnaître à leur rosette particulière, ceux ci vont vous rassembler en quelques groupes pour un ultime petit spectacle qui nécessitera votre pleine et entière coopération.

Murmures dans l'assemblée, qui se prêta au jeu avec curiosité. Du coté des officiers de la marine, par contre, c'était autre chose. Chacun d'entre nous avait été mit au courant du programme, et Sandyk devait rester pour encore quatre heures au moins. Ça, au contraire, n'était absolument pas prévu. Et le bonhomme m'avait été présenté comme étant un chanteur, pas un magicien.

-A merveille. Je vous prierais désormais de ne pas vous approcher des sorties, et de ne pas faire d'histoire au cours des prochaines heures qui suivent. Toute personne ne respectant pas ces règles simples risquerait de nous faire commettre un impair que personne ne souhaite, déclara t-il en tirant une paire de pistolet de son costume. Considérez vous tous comme étant réquisitionnés pour un minimum d'une soirée.

Ah, ben pour le coup j'en serais presque heureux qu'il se passe enfin quelque chose! On règle les problèmes, on file prendre du repos au Tarmac, et on se fait porter pâle si l'autre miss essaie d'insister. Excellent. Chuis même sûr que y'en a qui sont passés amiraux avec des plans moins bons que ça!

Bon, j'en étais également à ne rien comprendre à ce qu'il ce passait, bien sûr. C'est donc inquiet et fendant la foule, sans considération aucune pour celle que je venais de quitter comme pour ceux que je bousculais sans ménagement, que je me dirigeais tout droit vers un épais bonhomme tenant un sabre de cavalerie à la main, qui circulait au milieu de la pièce. Le port des armes était interdit sur deux kilomètres à la ronde. Donc c'est forcément un méchant, lui.

-Hey. Qu'est ce qu'il se passe, vous? Je suis Sigurd Dogaku, capi... articulais-je avant de me manger une baffe dévastatrice.

Mâchoire. Dur. Compote. J'ai encore toutes mes dents? Semblerait que ouais, malgré le goût du sang. Et ça tourne... mais la moquette est vachement confortable, par contre. Je ferais bien une sieste ici, si ce n'était cette abominable douleur.

-Comment osez vous?, s'indigna Haylor, harpie fulminante fusant sur la scène. Savez vous au moins ce que vous avez fait?!? Vous venez de porter la main sur un capitaine de la marine, Monsieur! J'espère que vous avez conscience de la portée de votre acte!
-Vous feriez mieux de vous calmer, ou mieux de vous taire, répondit-il doucement, si vous ne voulez pas connaître le même...
-J'exige que vous nous expliquiez les motifs de votre présence ici. Que pensiez vous donc faire en attaquant un bal sous la protection de la marine? Et lâchez cette arme!

Ce que l'autre bonhomme n'allait évidemment pas faire. Alors Stink s'élança, tout aussi impétueux mais sensiblement plus capable de s'imposer par la force, fermement décidé à jouer des poings (ou à récupérer son arme, qu'il avait laissé de coté pour pouvoir aller danser). Pour se faire trouer le bide par une balle de pistolet, tirée par une petite vieille (très probablement grimée, vu comment elle fit vite le tour des danseurs livides d'inquiétude), et s'étaler lourdement au sol.

-Elle a évité les points vitaux, ne vous en faîtes pas.
-Que se passe t-il donc ici?, intervint Vidna.
-Capitaine Vidna? Désolé pour vos collègues, mais ils ne m'ont pas laissé l'occasion de dialoguer. Quant à celle ci, je la trouve trop excitée à mon goût. Peut être voudriez vous bien nous laisser converser un peu?
-Par la barbe du Très Saint Triton, qu'est ce donc que cela? Stink?
-Un instant, intervint Vidna au moment où Way sortit un petit quelque chose sphérique d'une des poches de son vêtement. Que voulez vous dire?
-Nous prenons le contrôle, pour le reste de la soirée. Vous autres officiers de la marine pouvez donc disposer et prendre du repos.
-Pardon?
-Ah, c'est donc cela? Et en quel honneur, je vous prie?
-Par ordre du gouvernement mondial, ma p'tite dame. Par la pleine et entière autorité de ses services secrets, le Cipher Pol.

Ah ouais, quand même. Cette déclaration fit environ autant d'effet que si ça avait été Way qui nous avait fait un lâché de bombe (qu'il tenait encore fermement dans sa main, pour ceux qui cherchent). Peut être même plus. Stink cessa de gémir un moment (a moins qu'il ne perdit connaissance pour de bon, peut être?), et même Haylor se calma pour le coup.

-Cipher Pol?, répéta t-elle lentement.
-Tout à fait.
-C'est absurde. Nous n'avons pas été prévenu de quoi que ce soit ayant trait à l'activité d'un CP dans les parages. Et rien ici ne justifie l'intervention du CP.
-Vous pouvez croire ça, en effet. Car justement, nous n'avons pas à nous justifier auprès de vous, très chère. Chacun de nos dix agents ici présents dispose d'une rosette officielle, et est tout à fait disposé à vous la montrer. Cependant, vous allez devoir nous laisser mener nos affaires ici.
-C'est... c'est... absurde.
-En effet, confirma Way. Si vous aviez réellement des affaires à mener ici, pourquoi ne pas tout simplement l'avoir fait savoir? L'Aqua aurait été ravie de mettre ses serviteurs à contribution d'une cause supplémentaire.
-C'est à dire que...
-Confidentiel, intervint Mémé (dont la voix permettait d'estimer son âge à largement moins de quarante ans). Un évènement imprévu nous a contraint à diverger radicalement du schéma de base. Rien de tout cela n'était vraiment prémédité, mais nous n'avons pas eu le choix.
-Quel genre d'évènement?
-Ça, nous ne pouvons pas vous le dire, reprit-elle.
-Et qu'espérez vous donc faire ce soir?
-C'est également confidentiel.
-Et que pouvez vous nous dire alors, damnés des eaux?
-Nous vous serions forts reconnaissants si vous nous assistiez dans notre tâche.
-Sans rien en connaître?
-Vous nous seriez d'une grande aide rien qu'en nous permettant d'interroger les susp... les membres de la soirée au calme.
-Les suspects?
-Zut. En effet. Mais l'enquête que nous menons ne vous concerne pas. N'essayez pas de m'en faire dire plus, des charges pourraient être retenues contre vous par la suite.

Petit zoom arrière, pour avoir une vue d'ensemble un peu plus large que celle qui se focalisait essentiellement sur les deux têtes de CP (seuls agents autorisés à parler), ce dialogue tournant en rond et les étoiles qui virevoltaient autour de Stink et moi même. Car le public commençait à être gagné par la panique, tandis que l'action conjointe des marines et des autres CP essayait de les rassembler, les uns pour mieux les protéger, les autres pour mieux les empêcher de fuir. Que tout cela n'ait pas éclaté en gigantesque bain de sang, c'était une énigme (qui tenait bien plus au sang froid des professionnels que des civils, d'ailleurs). Encore qu'entre les portes de service scellées, et les deux entrées principales gardées chacune par deux agents à l'allure et la réputation intimidante... hors de question de tenter cela. Quant au chanteur, qui n'était bien sûr pas le vrai Sandyk Ilots, il n'attendait que la fin des pourparlers pour pouvoir commencer son interrogatoire. Et, plus largement, les invités suffisamment proches du groupe de diplomates écoutaient avec horreur, terriblement blêmes et en train de se dire qu'on était en train de décider de leur protection ou de leur livraison aux griffes d'un CP, ce qui n'appelait rien de bon quand bien même on était clean.

-C'est inutile. Loromin, qu'en est-il des renforts?, s'enquit la poète.
-Désolé, Capitaine, mais je n'arrive pas à avoir la moindre liaison avec qui que ce soit.
-En effet, reprit mon Morphée à moi, nous avons pris quelques précautions en ce qui concerne vos hommes. N'ayez crainte, il ne leur est rien arrivé de grave: un certain nombre de vos forces ont été redirigées ailleurs, tandis que d'autres ont été... neutralisées... sans que rien d'irrémédiable ne leur ait été fait.
-Ils brouillent le réseau escargophone, en bref. Mais même ainsi, nous restons largement plus nombreux que vous.
-Vous ne vous risquerez pas à faire couler le sang ici. Bien trop risqué. Et vous savez parfaitement que même si nous ne sommes que dix...
-Nous sommes cinq cents. Dix agents du CP ne peuvent rien espérer du tout.

Pour le coup, Loro avait utilisé sa skill de mytho enrichie au sodium lyophilisé. Car bien que l'on fut effectivement proches des cinq cents marines, plus de la moitié était restée sur nos navires, afin de les garder et pour se reposer des rondes des jours précédents. Quand aux deux cents restants, ils étaient dispersés sur tout le domaine. Dans la salle, nous devions bien être une trentaine. Quant à la vingtaine qui attendait dans ce que j'appelais jusqu'ici les coulisses, ils avaient tous été gazés au soporifique, Gurgenidze incluse, comme nous l'apprirent les CP.

-Nous vous demandons de coopérer, reprit le bonhomme.
-Et rien ne nous impose d'obtempérer à votre demande, riposta Vidna.
-Bien sûr que si. Vous y êtiez même spécifiquement tenus par votre sacro saint règlement. A vous quatre, vous ne pouvez pas ignorer son existence, n'est ce pas?

Et, sur ce, le bonhomme nous récita par cœur le contenu de l'article. Mentionnant tous les alinéas. On voyait qu'il s'en servait souvent, de celui là.

-Mmmh...
-Eh bien?, demanda Loro.
-Je crois bien que... qu'il a raison.
-Haylor?, demanda Vidna, en quête d'espoir.
-J'ai bien peur qu'il n'ai raison. Je ne vois rien qui puisse... mais c'est ridicule. On ne peut pas cautionner ça.
-Bien sûr qu'on ne peut pas. Le règlement ne peut pas les autoriser à faire ce qu'ils veulent quand ils le veulent comme ça, dans les faits, c'est ridicule. L'Aqua elle-même ne le tolère pas!
-Attendez, attendez.

Ca, c'était moi et ma mâchoire zigzagante qui refaisions surface. Tant bien que mal, le plus inélégamment du monde, mais à point nommé.

-Je la connais, celle là. Effectivement, on doit vous porter assistance, mais y'a une part d'interprétation sur ce règlement, avec laquelle vous jouez un peu trop. Nous avons une marge de choix, tout particulièrement lorsque l'on mène nos propres affaires. Et en ce moment, Way Dak, Vidna et moi même menons une mission de surveillance et de protection. Vous vous invitez gratuitement à cette petite réception, vous prenez tout le monde en otage et vous croyez que l'on va rester les bras croisés, la bouche en coeur? Niet. Vous êtes en conflit direct avec nous. Et vous y êtes entré en toute connaissance de cause. Moi, je ne suis pas d'accord. 'Fin ma mâchoire, elle est absolument pas d'accord, en tout cas. Après, vu que je ne suis pas seul... ça dépendra du vote de mes collègues. Way, Vidna, des objections?
-Pas la moindre.
-Non plus. L'Aqua n'a pas à tolérer ces outrages.
-Je pense donc que votre proposition vient de se voir rejeter, à l'unanimité. Qu'allez vous faire, maintenant?

Et à chaque minute qu'on gagne ici à blablater, on augmente les chances que d'autres marines rappliquent dans la salle de bal. Ou, mieux encore, que nos navires se rendent comptent que y'a un problème de communication et qu'ils viennent voir ça de plus près.

-Prendre des otages, répondit simplement Mémé. Par exemple, j'ai cru comprendre que vous vous entendiez très bien avec une certaine... mademoiselle Torricelli, pour commencer?

Et sitôt dit, sitôt fait. Mémé piqua un sprint à vous tracer des sillons dans la plage, plongea littéralement dans la foule d'un simple bond, et en ressortit de la même manière avec Torri entre ses pattes. Pistolet toujours en main, d'ailleurs.
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Arakasi Hirondawa
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Re: Archipel de Sapporo

Message par Arakasi Hirondawa le 30/5/2012, 23:31

Par Way Dak le samedi 26 février.


-Hum, ou en étions nous dans notre récit jeunes gens ?
-Au moment du début de l’intervention des membres de Cipher Pol messieurs, fit un jeune homme au troisième rang.
-Merci. Donc résumons. Les trois vaillants Capitaines de la marine et leurs lieutenants, dont l’homme-poisson Loromin, devait assurer la sécurité du congrès quinquennal ayant lieu sur l’ile principale de l’archipel de Sapporo. Tout semblait avoir bien démarré quand les membres du Cipher Pol jetèrent à bas le masque et, pour annihiler les velléités de résistance du Capitaine Dogaku, prirent en otage la jeune Miss Torricelli. C’est alors que …


Devant le regard atterré des otages, la grand-mère menaça la demoiselle d’une main (qui n’était pas atteinte de parkinson ou de toutes maladies dont sont habituellement victime les personnes d’un certains âge) tenant un pistolet.

-Et maintenant, plus de bêtise Capitaine Dogaku ! Votre cavalière pourrait bien le regretter !

-Que ! Je ! C’est …, éructa t-il.
-J’ai bien peur que ceci soit illégal, l’aida la supérieure de Loromin.
-Oui ! Illégal ! Merci Vidna. Parfaitement, tout ceci est illégal !
-Je regrette, mais si vous aviez bien écouté ce que je vous aie cité tout à l’heure, tout ceci est parfaitement légal.

-Arrière ! Démone ! Rugit soudain le capitaine Way Dak.
-Tiens, on l’avait oublié lui.
-Recule infidèle qui a abattu un fidèle de l’Aqua ! Recule ou Sa Fureur s’abattra sur toi ! DÉGAGEZ OU JE FAIS TOUT SAUTER! Z'AVEZ COMPRIS! PLUS UN GESTE OU JE BALANCE TOUT!
-Il en est capable vous savez, glapit Sigurd.
-Capitaine Dak, votre homme n’est pas mort…
-RECULEZ !
-Pad’bolpasmoipitiépasici.
- Neutralisez-le !
-PLUS UN GESTE !
-Il est fou, arrêtez-le, gémit Sigurd.
-Maintenant !
-QUE LA COLÈRE DIVINE DE LA TOUTE PUISSANTE AQUA SANCTA VOUS RÉDUISE A L’ÉTAT D'EAU!
Cria Way Dak en balançant les bras dans tout sens, projetant des boules de couleur diverse dans tous les coins.

Curieusement, il ne se passa rien et Sigurd, qui avait commencé à se plaquer les mains sur les oreilles et à se jeté au sol, se releva, surpris.

-Je ne comprends pas, râla Way, ça aurait du …

Une multitude d’explosion retentirent quasi-simultanément, projetant la foule, les marines et les membres du Cipher Pol à terre.
Une immense colonne en pierre vacilla et s’effondra, percutant un des murs et déchiquetant l’épaisse porte de bois. La salle fut plongée dans l'obscurité.

*
* *

Par L’Aqua ! Ils sont éliminés Stink ! Et ils menacent mon Alkia ! Je vais chercher les Feydakins ! Mais j’abandonne Alkia ! Et merde ! Aux grands maux les grands moyens. La fureur vengeresse de mes Feydakins va les balayer ! Les exterminer ! Les anéantir ! Les …

En attendant, il faut que je sème les deux hommes qui m’ont suivit. Enfin, qui nous ont suivit, quelques invités plus vif que les autres (ou à la conscience moins nettes) m’ont emboités le pas tandis que je m’enfuyais. Ce niais de Dogaku n’a pas bougé, terrifiés qu’il est qu’ils fassent du mal à sa dame. L’idiot, sa perte n’aurait pas était si immense en comparaison du prestige que ça lui aurait rapporté ! J’espère qu’ils n’ont pas fait de mal à mon Alkia ! Et qu’elle n’est pas trop inquiète pour moi ! Allez, accélère, le prestige de l’Aqua Sancta et l’amour d’Alkia nécessite que tu ailles plus vite !

*
* *

-Nous en avons rattrapés la majorité.
-Parfait, fit la grand-mère dans un paysage semi-apocalyptique, parfait.
-Mais…
-Mais quoi ? Grogna-t-elle en enjambant des débris pour monter sur ce qui restait sur l’estrade.
-N°1 est introuvable, tout comme le Capitaine…
-L’ex-Capitaine, à partir de maintenant et tout comme vous Capitaine Dogaku !
-Naméo, j’vous avez bien dit qu’il était fou moi ! Pas d’accord !
-Vous, ta gueule ! fit un CP sec comme un coup de trique en lui plaquant un couteau sous la gorge. Z’avez causé suffisamment d’ennui pour le moment !
-C’est bon, j’dis plus rien.
- Rattrape-les ! Et prends « Sandyk » avec toi, on ne sait jamais… Je les veux vivant, l’un comme l’autre ! Mais fait en sorte que N°1 soit toujours en état de parler. Pour l’autre, c’est moins grave…

Elle avait à peine finit sa phrase que les deux agents spéciaux s’engouffrèrent par la porte (enfin ce qu’il en restait), lancé à la poursuite des fugitifs restants.

*
* *

Que l’Aqua les maudissent, je vais avoir un point de coté à cause d’eux. Et pourquoi il me suit ? Il peut pas aller ailleurs ? Foutu civil, je veux bien comprendre qu’il cherche à se mettre sous la protection de l’Aqua Sancta mais bon… Et en plus il cour plus vite que moi ! Je vois bien qu’il fait exprès de rester à ma hauteur !

Vite, il faut que je trouve un truc. Ils vont bien finir par nous rattraper. Là ! je vais prendre un glisseur. J’irais plus vite !


*
* *

-Le couteau est vraiment nécessaire… ? fit Sigurd.
-…
-…

*
* *

Merde, je les vois ! Ils ont un glisseur eux aussi ! Et en plus ils sont deux !

*
* *

-Et si je promets d’être sage… ?
-…
-…

*
* *

Argh ! J’ai faillit me manger un mur ! Saloperie de virage à épingle !

*
* *

-S’il vous plait ?
-…
-…

*
* *

Les cuisines. Je suis sur la bonne voie! Tiens-bon Alkia, j’arrive te sauver! Et je vais ramener les Feydakins avec moi!
En attendant, il faut que je trouve un truc pour les ralentir.

Profitant de me trouver devant eux, je saisis un rouleau à pâtisserie et le leur balançais dessus. Le premier glisseur dû zigzaguer pour l’éviter, ce qui me fit gagner un mètre ou deux. Jugeant la tactique efficace, mon camarade d’échappée leur lança un croc de boucher. Alors que nous comptons une dizaine de seconde d’avance sur les poursuivants, le maillot bleu (moi) et le maillot jaune (l’actuel leader sur son aéroglisseur) avons entrepris de bombarder nos poursuivants de tout ce qui nous tombe sous la main. Je cite dans l’ordre : un couteau de cuisine, un plat à tarte en céramique, une casserole, un autre rouleau de pâtisserie, un moule à cake, un jambon, une poubelle à moitié pleine, un service en porcelaine de Limoges (ile célèbre pour sa porcelaine), un rond de serviette Robert U, les beignets que j’avais trouvé si bon tout à l’heure et la pièce montée du dessert (ça, ça fait quand même dommage, mais pour arrêter ces apostats, rien n’est trop bon…)

Alors que je me retournais une énième fois pour leur lancer je ne sais trop quoi (peut être une pale de boulanger), j’eu la surprise de les apercevoir, pestant contre leur glisseurs qui avaient l’air d’être … en panne. Bénissant l’Aqua, j’accélérais avant de voir moi aussi ma monture ralentir et un bouton rouge s’allumer et clignoter de façon inquiétante.

Ouille, problème ? Problème ! Constatais-je quand une magnifique fumée noire, dégageant une odeur. Une forte odeur. Bordel qu’est ce que ça pue, c’est affreux ! Qu’est ce que c’est ? De l’huile de foie de morue ! Une infecte odeur faite avec les restes de vaillantes servantes de l’Aqua Sancta ! Ah véhicule maudit ! Machine maudite ! Ümlaut du démon ! (D’accord, je ne sais pas ce qu’est un Ümlaut mais vu comme le cannibale-démoniaque-infecté-par-le-Mal mon collègue Dogaku en parle avec emphase, enfin avec ce qu’il imagine être de l’emphase dans sa minable cervelle de prisonnier-otage bientôt mort lors de mon intervention héroïque pour sauver les autres otages (dommage collatéral. Triste, mais je lui ferais une belle homélie funèbre …), un Ümlaut, ça doit vraiment être maléfique pour inspirer comme ça un démon de son niveau (qui a quand même infiltré les rangs de la marine je le rappelle…)

Bon, l’important, c’est pas la cérémonie d’exorcisme que je lui ferais subir mais bien un moyen d’aller plus vite alors que je viens de sortir des cuisines pour atterrir dans le marché couvert!

Sautant de LA CHOSE qui m’avait porté jusque là. (Au fait, le fait de l’avoir touché me rend-il maudit? Après une courte réflexion, je pense pouvoir affirmer que non. Ma pureté intérieure étant bien trop forte…).Je barricadais hâtivement la porte avec ce que j’avais sous la main (véhicule, bouts de stands et autres bricoles) et m’engageais vers le centre du marché, espérant y trouver un autre véhicule. Après une ou deux minutes de recherches infructueuses (pas voulu continuer la fuite en vélo, trop fatiguant…), je retrouvais le glisseur du maillot jaune (Si! Le brave qui s’était évadé avec moi !). Près d’un stand de voiturette étrange. L’une d’elle, appelé « Batmobile », était absente, je pris la suivante sur la liste (celle pompeusement baptisé « Mecha R.O.B », très inconfortable et relativement peu maniable.

Jugés sur mon nouveau véhicule, j’étais désormais fin prêts pour sauver mon Alkia, libérer les otages, éliminer les CPs, accroitre la gloire et la renommée de l’Unique Religion, l’Aqua Sancta! C’est alors, que je vis au détour d’une allée mes deux poursuivants:

Ils surgirent l’arme à la main, les cheveux au vent, semblant répandre devant eux comme des miasmes. A leur vue, un effroi terrible m’envahit et mon cœur (pourtant juste, pur et brave) fut ensevelie sous un froid glacial et je sus alors que ma vie était en danger, menacée par ces deux terribles légionnaires du Mal juchés sur leur machines démoniaque.

Enfin, ça c’est le récit que j’en ferais à mes futurs fidèles. En vérité, ils étaient coincés dans une espèce d’Etoile Filante et dans un Bolide. Ridicule! Mais ils avaient déjà franchit mon barrage et trouvés d’autres véhicules. Pas bon du tout!

J’appuyais alors sur tous les boutons du tableau de bord de ma monture pour la faire accélérer, et, après un beau dérapage, j’eu la surprise de voir surgir derrière moi divers objets, projeté je ne sais comment de l’arrière de ma voiture. Je cite :
-Un cube multicolore
-Une peau de banane géante!?
-Trois peaux de bananes géantes??!!
-Une carapace de tortue verte (paix à son âme…)
-Une carapace de tortue rouge (et à son âme aussi…)
Et d’autres objets tout aussi étranges…

Ce brusque allégement de mon véhicule me fit gagner un peut de vitesse et je pus donc sortir du marché de Sapporo. Avant de constater que je venais d’arriver dans un lieu pour le moins insolite (et ou je n’avais pas prévu d’aller) : la piste de ski. Néanmoins, il me vint une idée aussi brillante que regrettable pour les deux gars que je devinais derrière moi. Et puisque la vengeance est un plat qui se mange froid, ils allaient déguster! Et glacé!

*
* *

-Loromin, Vidna, expliquer leur que je ne ferais rien de nuisible à leurs activité s’il enlève son couteau.
-Le Capitaine Dogaku dit vrai, tenta d’implorer Vidna. Il n’a qu’une parole.
-Non, grogna la chef du groupe de CP. Hors de question. L’EX-Capitaine Dogaku à déjà changer trop de paramètre dans le plan initial.
-Je vous l’ai dit. Ses stats de résistance à l’intimidation sont de niveau légendaire… Y’a rien à faire!

*
* *

-Plus un pas! Lançais-je à mes deux poursuivants. Votre quête est vaine! Reculez et aller annoncer à vos maitres que vous avez échoués! Reculez ou périssez en ce lieu!
-Tu es fait ! Me lança bien présomptueusement le faux chanteur de variété. Toi et ton complice seront bientôt entre nos mains! Ton minable coup de bluff ne prend pas sur nous! Nous voyons bien que tu es tombé de ton véhicule! Alors rends-toi et coopère si tu ne veux pas aggraver ton cas!
-Vous refusez de vous rendre?
-Hey! C’est ma réplique!
-Que l’Esprit de l’Aqua Sancta vous pardonne et vous accueille en Ses Bras! Répliquais-je en levant les bras.

Vas-y c’est maintenant. Mon minutage est parfait donc…

Une gigantesque explosion retentit et des monceaux de terre furent soulevés par l’explosion de ma dernière bombe! Le minutage était parfait! Juste devant les CPs! Évidemment, Ils n’avaient rien et s’avancèrent d’un air belliqueux :

-Tu es fini Way Dak! Ta dernière cartouche a explosé en vain!
-Pas si en vain que ça! Regarde la colère de l’Aqua avant qu’elle ne t’ensevelisse! Regarde et prends peur devant la vengeance de l’Aqua Sancta!

J’éclatais alors d’un grand rire en désignant la monstrueuse avalanche qui se dirigeait vers les deux hommes! Puisque je vous dis que mon minutage était parfait! Mouahaha! Je suis génial! L’Aqua est avec moi! Je suis tout puissant! Je…



Impossible, l’un des deux hommes avait sauté par-dessus l’avalanche! Par contre, son camarade avait eu moins de chance. Il n’ait pas été assez rapide eu une de ses jambes s’était faite happée par la déferlante de neige. Son camarade avait toutefois eu le temps de le secourir. Il n’avait eu qu’une jambe de brisé! Trop injuste…

Enfin, ça en fait toujours un de moins, songeais-je tout en m’éclipsant par la porte menant à l’aquarium et enfourchant mon «Mecha R.O.B» dans la foulée. Tandis que le dernier CP apte à me poursuivre tentait de se frayer un chemin dans la neige. La partie est quasiment gagné maintenant.

*
* *

-Vous avez entendu ce bruit? fit Sigurd.
-Quel bruit?
-Celui là, là, à l’instant!
-Je n’ai rien entendu du tout Dogaku ! Alors arrêtez de vouloir nous distraire ! Vous ne vous échapperez pas de cette façon !

*
* *

Je vais sauver Alkia! Et tout les autres otages (enfin peut-être pas tous…). Je vais devenir un héros! Et passez vice-amiral sur le coup. Au moins! Et l’Aqua Sancta sera encore plus puissante! Ah. Zut, mon véhicule s’est encore arrêté! Pas grave! Je suis presque arrivé! Et je vais sauver Alkia!

Tiens, la «Batmobile» de Maillot Jaune. Lui aussi est tombé en panne! Et c’est quoi ce tas jaune contre le mur. Il s’est assommé? Je comprends, il à du avoir un accident. Deux possibilités s’offrent à moi:
-Le ranimer, perdre un peu de temps, sauver Alkia un peu plus tard. MAIS gagner de l’influence auprès de cet homme (riche et puissant) pour la gloire de l’Aqua!
-Continuer en le laissant là.

Après un dixième de seconde de réflexion, j’optais pour la première solution. Surtout qu’il avait un joli collier plein d’émeraudes autour du cou que je pourrais offrir à Alkia pour me faire pardonner de mon retard… Collier qui «tomba» malencontreusement dans ma poche alors que je lui filais une paire de baffe. Non ce n’est pas du vol! Quelle idée!

Le bonhomme enfin ranimé, je l’aidais à se relever et à marcher en direction de la sortie désormais toute proche (il de la chance de pouvoir toucher un Saint Homme tel que moi…) dans un couloir particulièrement arboré quand soudain…

-Way Dak! Tu es un homme mort, rugis le rescapé du duo de CP chargé de ME poursuivre.

Je l’avais oublié lui! Merde. Et plus une bombe! Re-merde ! Bon, va falloir négocier…

-Je suis sur qu’on peut s’entendre! J’ai un magnifique collier qui irait à merveille avec vos yeux! Prenez-le en gage de ma gratitude. Non? Vous voulez mon compagnon peut être? Ou alors les deux?

Il ne voulut rien entendre et me bondit dessus en poussant un hurlement inarticulé avant de … se faire agresser par des plantes vertes!!!



Enfin, des hommes déguisés en plantes vertes (Ben oui, attaqué par des plantes vertes, ça fait pas sérieux… Et puis c’est pas possible…). L’Aqua Santa à exaucée mes prières! Qu’Elle soit bénie!

Je m’agenouillais immédiatement pour apporter le soutien de La Très Sainte Mère Des Flots (et de Ma Foi) à ces Parangons héroïques, défenseurs du bien et de la Juste Cause de l’Aqua Sancta! Le temps d’une courte prière adressé à Sa Grandeur et l’immonde CP avait craché ses dents et vomi son beignet à la Kriptonique était neutralisé par cette bande de vaillant combattants tout de vert vêtus est armés de filets, de battes de base-ball, de coutelas et d’autres objets taillant et contondant.

-Bravo mes frères! Bel exemple de piété! ELLE sera contente de vous! Et sachez que Moi, Way Dak, Son Prophète, Je suis fier de votre bravoure! Et maintenant sus mes amis! Sus à ceux qui nous oppriment! Sus à ceux qui dorment dans des lits de soie quand nous couchons dans la paille! Sus à ceux qui se nourrissent de caviar et nous donnent leurs écuelles à laper!
Mes Frères! Serons-nous leurs chiens?

-JAMAIS!!! Hurlèrent-ils en délirent, électrisés par mon magnifique discours totalement improvisé.
-ET QUE FERONS-NOUS?
-NOUS NOUS BATTRONS!!!
-ET SI CA NE SUFFIT PAS?
-NOUS MOURRONS!!!
-OUI NOUS MOURRONS!


Enfin surtout vous, pensais-je.

-Nous mourrons, repris-je, car cette cause et juste et qu’Elle soutient toujours la justice! Alors aux armes camarades! Fourbissez vos sabres et chargez vos fusils car nous partons en guerre! C’est une croisade que nous mènerons contre les impies! Et d’autres nous rejoindrons! Et nous ne serons pas seuls! Mes frères, me suivrez-vous?

-OUI!!! Hurlèrent-ils tous en cœur. Parfait! Songeais-je.

-Alors suivez-moi ! Finis-je en tendant un poing triomphant vers les cieux.

Évidemment, il y eu des protestations, un homme-cactus qui se targuait d’être le chef avant mon arrivée tenta de dire «qu’on allait pas par là» et que «la salle de conférence est là-bas». Heureusement, personne n’y prêta attention. C’est ça qu’il y a de bien avec les foules. Plus elles sont grosses et plus elles sont stupides. A condition de parler assez vite et fort, on peut leur faire croire n’importe quoi! J’avais parlé très vite et très forts et cette foule était très nombreuse. Donc, elle me suivait!

Ce fut donc à la tête d’une cohorte de type en vert que je me dirigeais vers «Le Fanatique» pour récupérer mes Zélotes et mes Feydakins afin de sauver ma tendre et douce, ma bien aimée, mon Alkia.

*
* *

La cloche sonna et le maitre de conférence se tut, le silence fut vite comblé par le brouhaha que firent la nouvelle génération de futur membres de la Marine en se levant et en quittant la salle.
-Je vous reparlerais de cette histoire la semaine prochaine. Et je ne veux pas de retardataires, compris !
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Re: Archipel de Sapporo

Message par Arakasi Hirondawa le 28/8/2012, 16:18

Par Loromin le Dim 27 Mar - 23:43



Et nous y étions. Sur une île hivernale (grandement en ma défaveur), dans une salle de bal surpeuplée de tous les magnats de la pêche du coin (ou plus loin) gardée par une poignée de membres du CP avec permis de tuer, estropier, blesser, bref, faire ce qu’ils voulaient…
Une explosion retentit. Ce n’est pas comme si personne ne s’y était attendu –plutôt même l’inverse, mais elle était arrivee à contrepied, obtenant par là même un bonus de surprise et d’effet surdité. La salle avait alors été plongée dans l’obscurité jusqu'à ce qu’un des pilliers de pierre tombe pesamment sur la double-porte d’entrée, permettant à la lumière des réverbères extérieurs d’eclairer vaguement l’entrée de la salle.
Quelques personnes en profitèrent pour s’échapper, d’autres tentèrent. Des coups de feu tirés en l’air les calmèrent rapidement, ainsi que la mine patibulaire des deux CP gardant ce qui fut la porte.
« Bon, ça ne peut pas continuer comme ça. Que les Marines viennent déposer leurs armes au centre de la salle. Toutes. Ou les otages périront. » fit la petite vieille.
« Yé né soui pas d’accord. La missionné dé la Marine était dé protéger cé conegrès, et nous voici tous en perilo. La Mariné dévrait né pas hésiter à, hum… Sacrifier cette jeuné femme pour nous sauver tous. Sine même parler dé cé jeune Capitaine qui sé sacrifiera dé bon cœur. » Ainsi parlait Don Pedro Romano, petit homme bouffi d’orgueil et de nourriture, un cigare dans une main pleine de doigts pleins de bagues. Il devait avoir maxé sa stat de marchandage car plusieurs personnes dans la salle hochèrent la tete en signe d’approbation. Finalement, une voix s’éleva :
« Che ne suis sabsolument pas t’accord havec ce que fous dites, Ton Petro. Che feux tire, si nous sacrifions zwei personnen pour le bien commun, dans ce cas, cela signifie qu’on peut técemment sacrifier la moitié te l’humanité moins ein personne pour saufer l’autre, n’est-ce pas ? »
Des expressions pensives puis approbatrices apparurent sur les visages de ceux qui écoutaient la joute verbale.
«Ze pense qu’il faut reflessir soigneusement à ce probleme avant de
trouver la solution la plus adaptée, messieurs-dames. » Un troisième
homme.

« Il semble que nous ne nous soyions pas compris, intervint la vieille d’un ton glacial. Vous n’avez pas le choix. Je pense que les Marines savent déjà quel choix faire, n’est-ce pas ? »
De fait, sur ordre des trois capitaines (Sigurd opinant frénétiquement de
la tête), tous les marines de la salle s’approchèrent du centre pour
remettre leurs armes, sauf celles qui étaient restées au vestiaire.



***

Sur le Tarmac, les Marines désoeuvrés, soit attendaient leur tour d’aller patrouiller, soit discutaient un peu avant d’aller se reposer sur leur couchette, ladite patrouille achevée. Un groupe de nouveaux venus faisait toutefois quelque peu tâche au milieu des Marines.
Six personnes à l’allure assurément maritime étaient debout en demi-cercle autour
d’un individu sensiblement plus petit, et qui faisait un discours à grand renfort de sautillements, de coups de poings dans le vide et de gestes glorieux vers le ciel.
Le groupe venait d’être muté sous les ordres du Capitaine Illia Ella Vidna, mais celle-ci se trouvait en pleine opération de surveillance de la salle de bal, et était donc injoignable, avait expliqué un Marine. De fait, les nouveaux affectés étaient désœuvrés, et celui qui semblait le plus gradé en profitait donc pour leur donner du cœur au ventre avec un discours enflammé censé les enflammer et leur donner le courage de se jeter dans le grand bassin des Héros et non pas dans le banal Grand Ocean.

Krighris, essoufflé, s’arrêta brièvement pour jauger l’effet de son discours sur ses nouvelles troupes. Il trouvait qu’il avait toujours eu un grand talent pour les homélies propres à soulever les foules et les motiver à agir en Héros. Lui-même était en entrainement constant pour en devenir un, entrer dans les légendes de son peuple, puis accéder in fine (il ne connaissait pas ce mot, le remplaçant par ‘’au final’’, mais d’après son biographe, cela ferait bien dans le livres sur tablettes qu’il écrirait sur sa vie de Heros) au Paradis des Héros.
Ils avaient déjà reçu plusieurs invitations de la part des occupants du deuxième bateau de la marine qui s’inclinaient étrangement. Enfin, sauf devant Krighris, ce qui était intolérable. Ces hommes-poissons n’avaient rien de plus que
lui. D’ailleurs, ils étaient meme moins gradés et devaient obéir à ses ordres en attendant de tous se placer sous ceux du Capitaine. Esperons que ce soit quelqu’un qui reconnaisse son Héroïtude.

Bref, comme les gens de l’autre bateau ne le saluaient pas, il avait décidé de ne pas y aller. Et il se dit que le meilleur moyen de montrer son Héroïtudeétait de partir dès maintenant en patrouille. Rassemblant donc son escouade, ils descendirent à terre.

C’est pas tout ça, mais il faut que je me dépêche de rentrer dans les légendes. J’veux dire, il me reste pas beaucoup de temps, pas vrai ? Enfin ça dépend si je meurs en Héros ou non, il faut l’admettre. Et puis, mourir en Héros à l’âge vénéné…véréné… de vieux de soixante-quinze ans, c’ést super pas héroïque, donc il faut soit que je devienne immortel, soit que je meurs dans ma jeunesse. Enfin il faudrait pas que je meure avant de devenir connu, c’est un coup à ne pas être sacré Héros, et ensuite je pourrai
pas aller au Paradis des Héros et…



***

A des kilomètres (un ou deux, maximum) de ces préoccupations bassement matérielles, un homme entouré d’hommes-poireaux les exhortait au combat (silencieusement) à grands gestes mimant un corps-à-corps héroïque.
L’environnement dans lequel ils se trouvaient, d’un blanc à peu près immaculé, se trouvait être les toilettes du complexe. Enfin, l’homme-humain plongea la main dans une cuvette (après avoir tiré la chasse d’eau) puis fit un geste évocateur vers le premier homme-poireau.

Celui-ci s’approcha à lents pas révérencieux, puis s’agenouilla devant l’homme-humain, qui remua les lèvres en une prière silencieuse, suite à quoi il saisit la nuque de l’homme vert et lui plongea violemment la tête dans la cuvette. Au bout d’une trentaine de secondes, il laissa la tete jaillir à l’air libre. Le nouveau membre de l’Aqua Sancta se releva dignement sous le regard de ses camarades, puis se mit également à baptiser les hommes-poireaux. Alors que les baptêmes s’enchainaient, de plus en plus de baptiseurs baptisaient les hommes verts.

Une fois qu’ils eurent tous la tête dégoulinante d’eau salée; ils se dirigèrent d’un pas martial vers la sortie, puis suivirent un enchainement de couloirs menant à une certaine salle de bal…



***

La patrouille d’hommes-poissons guidés par le sergent Krighris suivait paisiblement un chemin paisiblement choisi au hasard à travers des parcs paisibles. Toute cette paix ne les empêchait pas d’être aux aguets.
Logiquement, tout ce qui détonnerait ne serait pas paisible et donc facilement détectable. Pas vrai ?
Un ressort scénaristique inconnu des personnages se remua soudain pour donner raison au sergent et fit bruisser un buisson proche sur le passage de la troupe. Ceux-ci repérèrent naturellement immédiatement la différence de paix entre le buisson qui bruissait et les lieux paisibles, et se figèrent tous en attendant les ordres du chef. Celui-ci se contenta de bondir tout en se
transformant à moitie en ours kalak, son fruit du demon.
« Aïe ! Aaaaaaaaaaaaaaaah, un monstre ! »
« Non mais oh ! J’vous permets pas, j’suis un Heros ! Du moins en devenir… »
« Mais… Mais vous êtes qui ? »
«Ahem. Ce que mon companion veut dire, c’est ‘’Qui va là ! Identifiez-vous immédiatement ou nous nous verrons dans l’obligation de faire feu !’’ » intervint une seconde personne.
« Sergent Krighris, actuellement en charge de l’unité Achepée qui sera dès que possible sousles ordres du Capitaine Vidna. » En saluant, Krighris se frappa violemment la tempe, tituba, puis se redressa.
« Première classe Johnson. Au rapport. Nous avons été attaqués par une force inconnue qui nous a mis hors d’état d’agir. Nous ne connaissons ni son but, ni ses effectifs. »
« Je vois… »
En effet, le sergent Krighris voyait. Il voyait que c’était l’occasion de devenir un Héros !
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Re: Archipel de Sapporo

Message par Arakasi Hirondawa le 3/9/2012, 15:59

Par Sigurd, le lundi 11 avril.

Pour la première fois depuis que les vils CP s’étaient présentés, Way commençait enfin à souffler. Bien sûr, jamais il n’avait douté : son statut de Messie, la protection de l’Aqua Sancta ainsi que ses qualités personnelles le protégeaient de ce genre d’errances. Concernant le plan de sauvetage, tout se déroulait à merveille. Une fois arrivé au Fanatique, il eut l’occasion de rassembler rapidement trente de ses fidèles troupes d’élites, les redoutables Feydaykin qui seront un jour craints et loués par les populations des mers. Fort de ces troupes et de nouveaux alliés inattendus, croisés en cours de route, le capitaine de la marine se sentait paré à affronter tous les CP que les hérétiques oseraient mettre sur son chemin. Tout particulièrement depuis que la soixantaine d’hommes aux uniformes de poireaux avaient reçu le Baptème. Rien ne pourrait désormais arrêter sa sainte croisade dans la reconquête du palacium.

Mais il restait possible de le ralentir.

-Apôtre Dak, une terrible épreuve se dresse devant nous. Un maudit des ondes a été repéré dans le hall principal.
-Tiens donc? Et avez vous réussit à déterminer de quel cercle démoniaque émane ce monstre?
-Le premier, sans aucun doute. La bête, bien que n'ayant pas encore mené d'action hostile, s'est clairement posée en gardienne des lieux. Elle ne nous laissera pas passer.
-Eh bien nous la dépècerons, ferons une parure avec ses restes, et en feront une offrande à la gloire de notre déesse, l’Aqua Sancta.

Le Feydaykin resta un instant immobile et solennel, respectant d'un pieu silence la mention de Son nom, par le messie en personne.

-Je dois néanmoins vous faire savoir qu'elle est accompagnée d'une horde de vils acolytes.
-Teuh. Des hérétiques que nous massacrerons jusqu'au dernier. Combien sont-ils?
-Un vingtaine, environ.
-De la piétaille. Les Feydaykin, soutenus par nos nouveaux alliés, n'en feront qu'une bouchée.

Pour sûr, Way avait l'avantage du nombre. Face à lui, néanmoins, Krighris disposait de trésors de subtilité pour mener sa troupe à la victoire.

-Bingo, du méchant clampin à moissonner. On y fonce !
-Sergent, ils sont trois fois plus que nous, hasarda un marine.
-Ca fera bien dans le rapport, ouais. Chaque soldat à mes ordres vaut au moins dix hommes, juste parce que j’suis là !
-C’est du suicide. Nous allons mourir, si on fait ça.
-Ca sera héroïque ?
-Hein ? Euuuh… probablement.
-Alors ça m’va ! Je serais un héros !

Le soldat comprit rapidement l’erreur qu’il venait de commettre, et qui confortait son stupide sergent dans son approche « rentre-dans-l’tas-et-vive-moi-pour-la-potes… tse… postérieurité ! ». Alors, il se reprit rapidement et rectifia le tir.

-Mmmh… sergent, si je peux me permettre. Oui, vous pouvez mourir en héros là maintenant tout de suite. Mais on ne sait encore rien de ce qu’il se passe. Si ça se trouve, le véritable… la véritable épreuve sera pour un peu plus tard. Quitte à mourir en héros, autant le faire pour quelque chose de gros, non ?
-J’ai pas compris. On les attaque, point.
-Vous ne serez pas un héros en mourant ici. On ne se souviendra pas de vous. Il faut mourir contre quelque chose de très important.
-Ah ? Du genre ?
-Euuuh…
-Alors, alors ?
-J’ai un livre qui traite de cela dans mes bagages, intervint une homme (femme?) poisson de la troupe. J’irais chercher toutes les informations dedans, si vous le voulez. Il va juste falloir que l’on reste en vie aujourd’hui... d’accord, sergent ?
-Mmmmh… dans ce cas… ça veut dire que… d’accord.
-Bien !

Exclamations de joie pour la team Krigh : une fois de plus, ils venaient de pacifier les penchants vikings de leur sergent. A noter que ce dernier n’avait rien à cirer de la mort ou des enfers, bien que le panthéon des Héros puisse être vaguement comparé au Walhalla. Le temps pour eux de décider d’un plan alternatif, et les deux équipes pouvaient alors de rentrer dedans dans les règles de l’art.

Qui stipulaient clairement qu’un échange de palabres épiques était indispensable.

-JE SUIS WAY DAK, HÉRAUT DE L'AQUA, LA BIENVEILLANTE MÈRE NOURRICIÈRE ET FUTURE DIVINITÉ DOMINANTE!!!
-JE SUIS KRIGHRIS, HÉROS DES HÉROS, CHAMPION DES SEPT MERS ET FUTURE LÉGENDE VIVANTE!!!
-IMMONDE BÊTE AFFAMÉE, LAISSE NOUS PASSER ET TA MORT SERA BRÈVE!
-CRÈVE CONNARD, JE SUIS EN MISSION!
-MA VIE EST UNE MISSION, TOUTE ENTIÈREMENT DÉDIÉE A LA GLOIRE DE L'AQUA! JE SUIS PRIORITAIRE!
-CHACAL, ÉGOÏSTE! MOI AUSSI, J'VEUX MA PLACE DANS LES POSTERIEURS!

Et ce n’est qu’une fois cet échange accompli que les deux groupes purent joyeusement se rentrer dedans. Enfin, seul le groupe de Way passa à la charge. La bande à Krigh, forte de vingt six personnes, préféra faire chauffer la poudre, renverser du mobilier, et se crapahuter vers les majestueux escaliers du palacium qui seraient bien plus facile à tenir. La bande des six hommes poissons incluse dans le groupe resta un moment avec leurs compères, avant de se désolidariser du groupe pour aller se la jouer commando-contournement. N’en ayant rien à faire, Krigh était content : il tenait tête dans un combat à son désavantage, c’était stylé et mériterait au moins une page dans sa légende. Way, lui, était trop exalté pour se rendre compte que les hommes poireaux étaient vraiment minables, comme soldats : en fait, ils allaient jusqu’à gêner les professionnels Feydaykin, parfois bousculés, parfois étonnés d’avoir un allié surgissant à l’improviste dans leur ligne de mire. Personne n’osa monter les escaliers, dangereux goulet d’étranglement, et pas même les appels divins psalmodiés par Way ne modifièrent la situation.

-Sergent, qui c'est, ce mec? Il chante un truc, mais je ne comprends rien.
-Je sais pas. Mais on s'en fout, il sent le sale type. On va lui pourrir la tronche. Je crois. Et après... euh... on verra, déjà on l'éclate.
-Vous ne savez pas?
-On s'en fout, je dis.
-Comme vous voulez, sergent.

Et puis, de toute manière, Way ne leur laissait pas le choix. C'était pas dur à deviner, il suffisait de l'entendre exhorter ses troupes à lever les armes.

-M'ENTENDEZ-VOUS, VAILLANTS SANCTIFIES? NOUS MÈNERONS CETTE CHARGE JUSQU'A LES REPOUSSER AUX CONFINS DES ENFERS! MORT AUX REBELLES!!!

Tout ceci se passa dans l'un des huit halls principaux du fabuleux bâtiment où nous nous trouvions. Qui faisaient partie des trois halls directement observables depuis la salle de bal, où se situait jusqu'ici le gros des protagonistes. Situées à plus de dix mètres de hauteur, de larges et robustes baies vitrées permettaient aux danseurs de contempler le reste de l'architecture, depuis un point de vue faisant office de magnifique panoramique.



*
* *


Et pendant que nos deux têtes brûlées se déclaraient la guerre, deux observatrices haut-perchées tentaient de démêler le moyeu de la situation, espérant comprendre ce qu'il se passait en cette bien longue soirée. Vidna fouillait sa mémoire, à la recherche d'un plan qu'aurait exécuté une quelconque figure mythique qui aurait eu l'occasion de vivre pareille situation... sans succès. Pour sa part, Haylor se contentait d'ajuster machinalement ses longs gants d'opéra, qui avaient si bien mis ses épaules en valeur à peine plus d'une heure plus tôt. Pour maintenant, elle ne songea plus du tout à son apparence : la situation lui échappait totalement, et cela ne la mettait jamais à l'aise.

-Je n'entends rien à ce qu'ils disent, finit par lâcher Vidna.
-Et moi, je ne comprends rien à ce qu'ils font.
-D'un coté, nous avons Way Dak... accompagné d'hommes en verts.
-Des légumes?
-Des Orks?
-Qu'est-ce... que cela?
-Des monstres hérités de légendes des temps anciens. Ils restent un sujet de quelques chants traditionnels, et on peut les rencontrer au détour d'un scénario épique. Ou comique.
-Hum...

Haylor resta un moment silencieuse, à plisser les yeux pour essayer de discerner le leader de l'autre groupe. Puis, elle resta interdite, prenant peu à peu conscience de l'ampleur et de l'horreur de la bêtise humaine. Bien qu'il appartienne à la troupe de Vidna, et que le dossier était évidemment destiné à transiter par la capitaine, c'était l'administratrice du Tarmac qui s'en était occupée. Elle avait lu le portrait robot, et se souvenait même être restée un moment à observer la photo du dossier, impeccablement prise et mettant tout particulièrement en valeur le sujet. Qui avait prit sa pose la plus héroïque pour l’occasion, rien que ça.
Quant à Vidna, vu que le dossier avait été déposé dans ses quartiers l'avant veille et que la poétesse avait été terriblement occupée à partager son temps entre la mission et les alexandrins... d'accord, conclut Haylor. Ca serait encore à elle de sauver la boutique. N'empêche qu'elle la mériterait vraiment, sa retraite de l'amirauté.

A condition que ce jour ne sonne pas le glas de sa carrière. Ca avait pas l’air trop mal partit pour. Encore que, si on désamorçait suffisamment bien la situation, ça pourrait aussi bien être la pierre angulaire d'un grand succès. Qui profiterait en premier lieu à ce bon à rien de Dogaku. Et que pouvait-elle y faire? Cet ahuri était tout simplement chanceux, malgré ses jérémiades incessantes.

-La vie est injuste.
-Tout à fait. Particulièrement depuis le siècle dernier, où l’injustice est devenue ce grand thème du haiku lyrique méridional que l’on pratique traditionnellement durant les jours de…
-Si on s'en sort, j'imagine qu'au moins je ne coulerais pas avec le capitaine... ça serait toujours ça de prit.
-Je ne pense pas que cette affaire puisse profiter à qui que ce soit, pour ma part. L’injustice n’a pas lieu, ici. Encore que... avez-vous une idée de qui cherchent les CP? Lui, ou plus probablement eux, doivent probablement chercher à tirer leur épingle du jeu.
-Pas la moindre idée. Et vous, savez vous qui est cette homme à la tête de l’autre groupe ?
-Qui donc, Way ?
-Non, en face. Teint halé, cheveux noirs hirsutes… peut être musclé, j’ai du mal à voir d’ici.
-L’homme pas bien grand qui gesticule en s’écriant ?
-Tout à fait.
-Je ne l’ai jamais vu.
-Je pense que je vais pouvoir vous renseigner, alors…



*
* *


-Ca devient vraiment n'importe quoi, ce truc...
-Mmmh... malheureusement, oui.

Et ouais, comme quoi être une loque, ça sert. Comme otage, j'étais vachement sympathique: je n'opposais pas la moindre résistance, accompagnais sans broncher mon gardien dans tous ses déplacements (et même avec fluidité, grâce aux cours de danse dont je sortais tout juste). Du coup, j'avais obtenu le privilège de pouvoir converser occasionnellement avec mon tortionnaire (et seulement avec lui, sans hausser la voix donc), dès lors que c'était uniquement des commentaires sans intérêt. Faut dire qu’il était plus sympa que Mémé, qui gardait Torri d’une poigne de fer. Laquelle n’avait pas l’air de bien le vivre. Faudrait ptêtre que je fasse quelque chose. Genre un truc héroïque, devenir superpuissant et tous les casser. Sauf que j’ai pas ce genre de superpouvoirs, moi. Tenter de les amadouer, peut être ?

-C'est quand même rudement dommage, tout ça. S'la première fois que je me croise les fils avec un CP. 'Fin j'ai déjà vu Hammerfest le faire, mais... c’était pas du tout aussi extrême.
-Ca arrive de temps en temps. Surtout depuis que le chef a… enfin bref. C'est triste, mais c'est comme ça. La faute à pas d'chance.
-Hhhh, émis-je bruyamment. V'connaissez Pad'Bol?
-Pardon?
-Ah. Oubliez. Zut. Bon. Pas grave.

Pendant un moment, j’avais cru… bah. Tant pis.

-Vous nous cachez vous quelque chose ?
-Euh… pas du tout, voyons.
-Qui est ce Pad’Bol ? Un de vos alliés ? Caché dans l’assemblée, peut être ?
-Hein ? Mais quoi meuh non mé pas du tout !
-Ne me mentez pas !
-M’enfin, je ne sais pas mentir ! Demandez à n’importe qui, il vous le confirmera. Prenez Nata… ah nan, elle dort. Peut être Loro ou Vidna, alors ? J’arrive pas à les voir… Tiens, si, Vidna est là bas. Hey, capitaine !

Double mécontentement du CP, qui ne voulait m’entendre baragouiner en plus de m’avoir interdit de parler à qui que ce soit. D’un tout petit mouvement de sa main sur mon poignet totalement docile, ce fourbe employa l’un de ses trucs favoris, brusquant l’articulation pour me faire (très) mal et m’inciter à me jeter moi même à terre, sur les genoux.

-AH, OKAY ! Mais je vous dis la vérité, zut ! Haylor, dîtes lui que je mens mal !
-Calme, calme. Qu’est ce qui se passe, ici ?

Mémé ramena sa fraise, très mémécontente.

-Vas-y doucement, toi. Déjà qu’on prend un capitaine en otage, je préférerais éviter qu’on le brusque gratuitement. Et vous, n’envisagez pas de faire le malin juste parce que j’ai dis ça : donnez nous en un motif, et on vous boulonne la caboche, compris ?

Timides hochements de tête affirmatifs pour ma part. Je n’osais pas parler, mais trop bouger la tête me sembla une mauvaise idée, pour le coup.

-Bon, tant mieux. Ecoute, je vais voir comment Sandyk se débrouille avec les interrogations. Tu gardes la miss, fit-elle en lui confiant Torricelli, ainsi que cet idiot. Okay ?
-Ca me va. Et toi, tu la boucles, maintenant.

Re-hochement de tête. F’pas les vexer.



*
* *


Retour sur l’escarmouche dans le hall, maintenant. Les hommes poissons étaient entrés en action, pour un résultat qu’aucun des deux camps ne compris. Persuadés de servir à une opération de diversion, permettant d’écarter une partie des forces ennemies, la demie douzaine d’amphibies était maintenant lancée dans une course poursuite frénétique avec une fraction des troupes de Way.

Du coté des quinze Feydaykin et de la trentaine d’hommes poireaux qui les accompagnaient, il fallait à tout prix convaincre ces divins émissaires de l’Aqua, membres du Peuple Béni par Ses eaux, de se joindre à leur cause. L’Apôtre leur avait confié cette lourde tâche, et il en étaient honorés.

Bref, ça allait durer encore très longtemps. Vu que la situation s’enlisait, Krigh commençait à trouver ça vachement peu héroïque, pour le coup. C’est pourquoi il se décida, en enchaînant quelques chutes de quatre mètres que seul son fruit lui permit d’encaisser, à rejoindre furtivement le niveau inférieur, pour se la jouer grand méchant nounours faucheur de légumes.

Aussi inconsidéré que cela puisse paraître, cela marcha. Bien sûr, il fut farcit par quelques balles, mais pour un énorme nounours comme lui, ça tenait presque du négligeable. Alors que sa petite tactique de harcèlement n’avait, elle, rien de négligeable.

-CAPITAINE ! Leur maudit des ondes est trop puissant pour nous. Il fond dans nos rang et meurtrit nos frères sans que nous puissions l'arrêter, et repart aussi sec. Je pense que nous avons réussi à le blesser un peu, mais...
-Je vois, pensa l’apôtre Dak.
-Et qu'allons nous faire?
-Je réfléchis, disciple. Patiente.

Et malgré sa crainte du retour impromptu de la bête, le Feydaykin se tut. Way Dak n'avait pas gagné la bénédiction de Sa Grâce, ni même son grade de capitaine, dans une pochette surprise. Ce qu'il démontra aussitôt.

-La statue.
-Pardon?
-La statue, celle du hall principal. Nous devons l'attirer là-bas.
-Celle avec les jets d'eau? Vous voulez que l'on affaiblisse ce démon avec une arme sanctifiée?, demanda le zélote, impressionné.
-Non. Je veux qu'on l'attire aux alentours de la fontaine. La statue et son socle sont en granit marin, souvenez-vous. Une fois cela fait, nous pourrons alors invoquer la toute puissance de notre déesse. L'eau purifiera la bête.
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Arakasi Hirondawa
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Re: Archipel de Sapporo

Message par Arakasi Hirondawa le 3/9/2012, 16:01

Par Sigurd, le lundi 11 avril.




*
* *
Torricelli était maintenant vraiment à bout de nerfs. La pauvre, ça devait être dur, pour elle. Rien que moi, si je n'avais pas été aussi flegmati paresseux, je serais une vraie bouboule de stress. Plus que je ne l'étais maintenant, du moins. Ce qui me fit comprendre que j'en étais maintenant à un stade critique de la vie de capitaine. Être ou ne pas être un héros, comme disait Hammerfest. LA question que se posaient les plus chanceux d'entre nous.

Eh ben techniquement, la dénomination de héros me semblait vachement chouette, mais pour m'être attardé sur la question, la célébrité rendait bien trop inconfortable. Sans compter que le job était carrément mal rémunéré compte tenu des risques encourus, et que ça ne m'apporterait ni prime ni augmentation de retraite ultérieure. Je ne voulais pas être un héros, c'était clair.

Le hic, c'est que Maman m'avait bien élevé. Que par derrière, Althias m'avait suffisamment matraqué ses grands principes de Gentleman pour que j'y songe vaguement lorsque le contexte s'y prêtait. Et que, même si elle était actuellement en train de dormir profondément, j'entendais malgré tout Gurgenidze m'exhorter à tenter un truc, moi le formidable capitaine de la marine. Du coup, toute mon existence avait été conditionnée pour que, même si je n'en ai pas la moindre envie, je tente malgré tout un coup d'éclat. A moins que ce ne fut juste le regard de Loromin, fermement décidé à protéger sa douce des forces d'Atchoum
l'abomination infernale, qui me motiva à agir.

Faisant davantage appel à Dame Chance qu'aux restes de formation au combat que j'ai eu à me farcir à l'école des officiers, je fis volte face et pu balancer mon coude dans la mâchoire de notre tortionnaire commun, qui s'effondra net.Et ne sembla pas vouloir se relever.

-Naaaan. J'l'ai vraiment mis KO? Ca a marché ? Waow !
-Ca... capitaine?
-Torri... euh... ça va?
-Mais Sigurd, voyons. Qu'est ce que vous avez fait?
-Ouais, moi aussi j'ai du mal à y croire.
-Maintenant, ils vont nous...
-Pad'soucis, il est HS.

Enfin, je crois, pensais-je en lui caressant les côtes du bout du pied. Et avec la débandade générale, causée par le sacré boucan que faisaient les renforts arrivant (‘fin, c’est comme ça que je m’imaginais le retour deWay) les autres ne s'étaient pas encore rendu compte de ce que je venais de faire. Su-per.

-Hey, mine de rien il en reste plus que sept, ici. Et ils ont parlé d'en envoyer deux pour gérer le truc de dehors. J’ai entendu mémé raconter ça à l’autre. Ils vont se faire renverser, vu que c'est sûrement le Tarmac qui a envoyé des renforts, après avoir vu que les comm' étaient coupées.
-Vous... le pensez vraiment?
-Bença peut aussi être Dak qui revient avec des renforts, mais dans ce cas je suggérerais d'évacuer le bâtiment avant qu'il nous fasse tous brû... euh... priver de notre eau.
-Hooo... non, s'il vous plait.
-C'est juste un très mauvais scénario, hein. Mais peu probable qu'il ait à recourir à ça. Alkia est avec nous, maintenant que j'y pense. Stink aussi, mais ça chais pas si ça le motivera autant.
-Vous pensez donc... réellement... que la marine va prendre le dessus?
-Je ne vous le promets pas, mais mettons que y'a de bonnes chances si c'est les nôtres, oui. Ils seront débordés, on pourra se ressaisir ici, donc forcément ça risque de tourner en notre faveur.
-Hum...
-Bon, s'pas tout mais on ferait mieux de bouger, nous. J’tiens pas à ce qu’ils voient ça de suite.

Et ce faisant, je lui adressais un large sourire réconfortant, lui attrapant le bras pour l'amener un peu à l'écart des fois que les CP
reviennent voir leurs otages principaux. Faut pas oublier la sécurité, hein. Le truc, c'est que même ça ne m'empêcha pas de me manger une seconde baffe démesurée en pleine poire, m'envoyant à nouveau groggy sur la moquette.

-MAIS NOOOOON, ZUT, ASSEZ, CA SUFFIT, STOPPEZ MOI CA!, hurla Torri', cédant à la crise de nerfs pendant que son pseudo
protecteur partait à la renverse.
-Calmez-vous, je vous en prie...
-Mais... fnif... Géraldine, c'est tout simplement injuste. Pourquoi tout ça? Pourquoi à nous? C'est... juste... on n’a jamais…

Et la voilà qui fondit littéralement en pleurs, ce qui calma net les troisquarts du public. Le dernier quart, lui, trouva franchement bizarre que Torri connaisse Mémé, une agente secrète, par son prénom et que cette dernière lui tende un mouchoir en réponse. Mémé elle-même s'en rendit compte, et tenta de réparer le coup.

-Arianna... écoute, tu aurais du comprendre. Je ne m'appelle pas Géraldine. C'est une couverture. Je suis un agent secret au service du gouvernement mondial, et faire ta connaissance n'était pour moi qu'un moyen de prolonger ma...
-Bwaaaah, laisse tomber, j'en ai marre, tout simplement, répondit la miss entre deux hoquets. En plus, c'est grillé, ils m'ont vue assommer leur capitaine. Pour changer, bien sûr. Parce que ça doit TOUJOURS mal se passer, quand c'est Arianna qui commande.
-Allez, c'est pas si horrible, voyons.
-Maisc'est normal, parce qu'après tout, si je suis là, c'est parce que Konrad est juste allé se faire tuer et qu'ils ont eu pitié de moi...
-Rhoooo. Mais non, tu es là parce que tu es douée, tout simplement.

Touuut doucement, l'assemblée commença à calculer ce qui se passait. A quel point on pouvait être vicieux, dans le CP. Comment ils s'étaient préparé non pas un mais deux otages (et éventuellement trois, bien que Loromin ne mordit pas à l'hameçon... paradoxal, tiens), en envoyant l’une des leur se la jouer séduction auprès des dirigeants d’en face. La tension monta alors d'un cran, parce que personne n'aimait être dupé comme ça, et les membres de la marine présents dans la salle faisaient ici preuve d'un formidable esprit de corps.

-Mwuuu... tu parles, c'est pire que la catastrophe de la dernière fois. Donne-moi juste une bonne raison de lâcher l'affaire, et je le fais.
-Tu plaisantes?
-Je devrais même quitter le CP, quand on voit ce que ça donne!

Mémé (ou plus exactement, Gégé) soupira un bon coup, terriblement fatiguée. Sa chef d'équipe, victime une fois de plus d'un coup de poisse imprévisible, lui faisait à nouveau une crise existentielle. Sauf qu'en plein théâtre d'opération, c'était une première. Et en plus elle geignait comme un nouveau né. Ca fait pas sérieux, quoi. Ils étaient le CP, bondidiou. Un peu plus loin, car très sensible à ces choses là, Haylor compatit en silence, sans pour autant éprouver la moindre sympathie pour nos troubles fêtes. Loromin, lui, péta tout simplement les plombs.

-JE LE CRAIGNAIS, JE LE SAVAIS, J'EN ETAIS SÛR! Oooh, Sigurd, pardonne moi mon aveuglement!
-Comment ça?
-Vous saviez?
-Expliquez-nous, demanda la compagne de Way.
-L'élue de la lumière, qui ne possédait pas l'amulette de Phare à Ondes? Alors elle serait vulnérable à la corruption, bien sûr. Mais je n'avais aucun moyen de savoir. Je voulais vérifier. Avoir des preuves. Que je n'ai pu avoir. Non, n'approchez pas, capitaine, elle est dangereuse, terriblement dangereuse. Possédée par des forces très sombres et très puissantes, qui ont fait d'elle une experte au maniement de l'épée.

A noter qu'il venait tout juste de revêtir sa plus Belge Moustache pour l'occasion. L'objet était censé lui apporter une vivacité d'esprit sans égale, ainsi que des capacités de déduction redoutables. Doublée d'un bonus d'oraison tétracuplée. Et elle était
très belle, accessoirement, malgré sa largeur qui lui offrait un petit coté qui aurait fait ridicule sur bien d'autres modèles.

- Voyez-vous Alkia, nos adversaires se sont révélés exceptionnellement doués pour dissimuler leurs traces. Rusés, tout particulièrement. Et retors. Néanmoins, j'ai pu mener ma petite enquête sur miss Torricelli.
Et il n'y a jamais eu de Torricelli ayant approché la moindre moule sur North Blue, et encore moins des huîtres. Grâce à divers sortilèges, j'ai pu mettre la main sur des registres présents dans les archives, ce qui m'a donné une confirmation... dont, je dois l'avouer, je n'avais de toute manière pas besoin, ma formidable intelligence ayant de toute manière...
-Et pourquoi ne rien nous avoir dit? Si vous saviez?
-Parce qu'il est tout à fait normal pour l'Élue de la Lumière d'avoir une fausse identité, voyons. Les petites cellules grises, Alkia. Faîtes les tourner. Les sombres serviteurs de F'gnyaruglabladla la traquaient, et il était normal pour elle d'essayer de les semer.
-Vous saviez qu'elle était CP, oui ou non?
-Comme je l'ai dis, elle ne portait pas l'amulette. Tout était possible. J'ai donc choisis de jouer un coup de poker... et j'ai misérablement échoué.

Loromin continua alors son exposé, décrivant pas à pas le procédé mystique qu'il avait employé pour percer les secrets des envoyés de l'outre-monde. Ce que les concernés n'appréciaient pas du tout. Les deuxfemmes restées prêt de la scène s'entretenaient silencieusement, dans une sombre messe.

-Je ne comprends rien à rien.
-Comment sait-il?, demanda Torri, de plus en plus blasée.
-Tu es une Élue de la lumière?
-Bien sûr que non. Pour l'épée.
-Un coup de chance, répondit Gégé. Un nombre anormal de personnes combat à l'épée, de nos jours.
-Je ne sais pas... cet homme poisson me fait froid dans le dos. L'autre capitaine, Dogaku, m'a raconté comment il avait déjà démembré un cachalion enragé, qui attaquait un village de pêcheurs.
-Les cachalions n'attaquent pas les villages... seulement les bateaux.
-Il aurait été dressé par un petit être malfaisant, un genre de lutin, qui savait parler aux animaux, avait un comportement instable et colérique, et était l'ennemi des hommes. Il a attaqué le village, je te dis. Et l'autre l'a stoppé.
-Oh. Donc, nous devons nous méfier en priorité de l'homme poisson, c'est bien ça?
-Le plus intelligent, et le plus fort. Oui. Je vais m'en charger. Ça au moins, je devrais savoir faire.

Et, un peu plus loin, un autre duo féminin était en train de converser à voix basse. Même si elles avaient failli se disputer, c'était pour la bonne cause.

-Vidna, je pense que vous devriez m'écouter, murmura Haylor.
-Elle a assommé Sigurd. Elle s'est jouée de nous, de nous tous!
-Et elle ne va pas s'en tirer comme ça, je vous le garantis. On ne se moque pas de la marine ainsi. Et on ne s'attaque pas à ses représentants. Quand bien même ils méritent effectivement qu'on les secoue un bon coup...
-Je pense que je vais tout de même intervenir.
-C'est dangereux. Pour vous comme pour le public.
-Oui, mais si je ne le fais pas, Loromin sera en danger.
-Que voulez vous dire?
-La CP va bientôt défourailler...

Et tout cela, Loromin -et le reste du public- n'en avaient pas la moindre idée.

-Ainsi donc, chers amis, j'ai tout d'abord suspecté Géraldine ici présente d'avoir dissimulé les balises spatio-temporelles aux alentours du Palacium, offrant ainsi une voie d'accès aux minions des cercles méridionaux de l'Areangh, l'un des treize Enfers Bortulbiques.
Heureusement, j'ai pu m'occuper personnellement du sabotage, ayant déjà rencontré par le passé un Glyphophage expert en la matière. Voilà pourquoi leur plan a échoué.

Inutile de dire que plus personne ne comprenait rien depuis un moment. Ils se contentaient de le regarder parler, le tout enveloppé dans un silence respectueux que l'on n'accordait qu'aux sages. Seule Torricelli brisa l'assemblée, s'élançant vers Loro, l'homme fort de la marine, en brandissant une épaisse épée à double tranchant que le bien plus fin katana d'une Vidna bondissante para sans difficulté. Surprise, mais pas décontenancée pour autant, la CP s’acharna sur sa nouvelle ennemie, qui rendait coup pour coup.

-Je suis bien meilleure que vous, remarqua Vidna après une vingtaine de secondes.
-Pour manier votre épingle, oui. Pour vous battre, je ne pense pas.

Torri était un peu plus forte que son adversaire, oui. Mais ses coups s'enchaînaient bien moins fluidement, notèrent ses coéquipiers. Et Vidna semblait tellement plus mobile que deux d'entre eux voulurent lui venir en aide pour en finir sans problème.

-NON!, intervint Torri. Je peux l'avoir. Je sais que je n'ai pas la bonne tenue, mais je peux quand même y arriver seule. Vous deux, empêchez les juste de s'en mêler davantage.

Vidna non plus, n'avait pas la bonne tenue. Robe de soirée relativement généreuse, face à un kimono cérémonial qui n'avait rien de pratique? Eh bien, la grâce et la beauté du geste suffiraient à la poétesse, au moins. L'autre, au contraire, se contentait de bourriner dans le tas, envoyant des coups qui auraient fait flancher des cibles bien moins souples. Un peu comme ces deux marines qui tentèrent d'intervenir, bien que désarmés, et qui se mangèrent une affreuse entaille sur le coté. Ce qui incita Vidna à porter au plus tôt son coup de grâce, en face duquel Torri' s'élança, exposant sans crainte son épaule pour parer le coup. Le choc fut rude, mais sans coupure.

-Hu?
-SURPRISE!

Trucs de CP, tekkai. Plutôt une variante en l’occurrence, qui n'absorbait que peu les chocs afin de favoriser la protection contre tout ce qui serait susceptible d'abimer la peau. Heureusement pour Vidna, ses réflexes étaient suffisamment affutés pour l'inciter à parer l'attaque en traître. Ca serait peut être moins facile que prévu, en fin de compte.
Du coup, elle se mit à submerger son adversaire de coups, pour la forcer à reculer… jusqu’à ce qu’elle arrivent en dehors de la salle. Et c’est ainsi que leur combat fut amené à se dérouler à distance, pour éviter
que d’autres soient blessés.




*
* *

-A MOI LA VICTOIRE, ET LA GLOIRE, ET… euh… rime héroïque, voyons… UNE PLACE DANS L’HISTOIRE !!!

Lui était ravi. Mais sa voix rauque d’homme-kodiak partiellement blessé et essoufflé était tout simplement atrocement hachurée, et donc véritablement terrifiante pour ses adversaires. Les Feydaykin, nourris par d’innombrables récits dans lesquels les maudits des ondes, dont le premier crime avait été de manger l’un des fruits interdits par la déesse, commettaient d’horribles carnages et exactions sur leur passage avant qu’un vaillant personnage ne mette un terme à cela. Et quand bien même Way Dak faisait un parfait candidat pour ce rôle, personne ne savait s’il allait vaincre le monstre avant ou après leur mort.

Pour les hommes costumés en légumes, c’était plus simple : ils flippaient à mort de trouille, point. Pourtant, ils continuaient. Ca commençait à payer, en plus. La bête les avait suivit. Elle tombait dans le piège. Etle but était proche : la statue, on n’en était plus bien loin.

-Sergent, hurla l’une de ses soldats, il se passe quelque chose de bizarre, en face !
-Je ne crois pas qu’il nous entende, avec toute cette cohue…
-Mais c’est très mauvais pour nous, alors !
-Pas forcément. J’ai comme l’impression que Krigh est plus dangereux quand on le laisse faire ce qu’on veut.
-Ah oui ?
-Hypothèse personnelle, du moins.
-Alors explique moi pourquoi il se traine à terre, maintenant ?
-Euh…

Ca y est, le piège à ours s’était refermé sur la proie. Avoir les pieds dans l’eau n’avait nullement dérangé Krighris. Il avait rejoint cinq bonshommes, qu’il avait tous envoyé valdinguer sans difficulté, zigouillant pas mal de tissus musculaires au passage. Sauf qu’on en avait profité pour le pousser. Lâchement. D’une manière totalement indigne d’un héros. C’est bien connu, les héros meurent souvent contre des lâches. Ce qui prouvait de manière quasi certaine que Krighris était un héros. Mais ça ne l’empêchait pas d’enrager, parce qu’il ne voulait mourir que contre un autre héros, ou bien un génie du mal. Ce qui ferait de lui un héros parmi les héros.

Encore qu’il préférait tout de même nettement rester en vie pour fournir un récit de première main à celui ou celle qui serait chargé de graver son nom dans le firmament de la mémoire humaine (ou non humaine, après tout, ça serait toujours ça de
prit).

Pour ça, il lui faudrait déjà survivre à ce que concoctait Way Dak : le rituel de purge sanctifiée.


-Ô TOI, NOBLE GEYSER, FIDELE SERVITEUR DE SA GRANDEUR, FAISANT
MAJESTUEUSEMENT HONNEUR A SES FLOTS MEME DANS LES PLUS SOMBRES PERIODES!

MOI, WAY DAK, LIEUTENANT DE L’AQUA SUR TERRE ET MESSAGER DE SA VOLONTE, J’EN APPELLE A TON IMMUABLE PUISSANCE, POUR CHÂTIER LES DECHUS QUI OSENT BLASPHEMER SON NOM !

GEYSER PURIFICATEUR!

AQUA, DECHAINE TA FUREEEEUUUUUR!!!

Et, que ce soit par hasard ou par la grâce de la divinité des eaux, c’est effectivement ce moment là qu’attendit la trombe d’eau pour s’élever vaillamment dans les airs, remorquant l’homme-peluche sur quelques mètres de hauteur pour le laisser finalement s’écraser dans un coin. Krighris, bien que juste bien groggy et sous l’effet de l’eau (et du granit marin), se sentait cotonneux et n’arrivait pas à stabiliser ses mouvements. Pour ses adversaires, il passait déjà pour mort : l’Aqua allait lentement le drainer de ses forces.

-Formidable, s’exclama l’apôtre. Nous sommes finalement venus à bout du maudit. Soyez fiers, nouveaux disciples de l'Aqua, et bénissez ce jour qui vous a permit de rencontrer Sa grandeur!
-D'ailleurs... que faisiez vous jusque là?, demanda un Feydaykin, soucieux du pedigree des serviteurs de sa déesse.
-Oooh, rien de particulier en comparaison avec cette épique victoire, vous savez.
-En vérité, reprit un autre, nous rassemblions une troupe de motivés pour venir à bout d'un des plus grands maux de la planète.
-Ah oui? Voulez vous dire qu'un pirate va bientôt attaquer cette île? J'espère que non, car il ne manquerait plus que ça... enfin, quoi qu'il adviendra, l'Aqua triomphera.
-Un pirate?
-Quoi, c'est le cas?
-Tssscheuh, pardonnez moi, puissant Apôtre Dak, mais ça, c'est de la propagande classique du gouvernement mondial. Les pirates sont loin d'être le mal principal dont souffre notre monde.
-Mmmh... c'est vrai que le manquede foi envers l'Aqua est dommageable, mais ce n'est pas réellement un mal en soi... plutôt une absence de bien.
-Non, non. Le véritable mal, dont les pirates ne sont en fait qu'une conséquence, c'est le capitalisme!
-Hu?
-Regardez donc, cet énorme bâtiment soi disant prestigieux. Vous ne vous êtes jamais senti boursoufflé d'indignation, en voyant comment ces types ont pu oser construire un truc aussi inutile alors que les simples pêcheurs des environs n'ont que de tristes bicoques pour loger leurs familles, et doivent se cotiser à plusieurs pour pouvoir acheter leurs navires?
-Euh...
-Eh bien nous avons décidé de les aider. Voyez-vous, chacun de nous a un grief personnel contre ces vils exploiteurs capitalistes. Entrepreneurs, mes fesses, oui ! Ce soir, tout va changer. Vous nous avez montré la voie, Apôtre Dak, soyez en mille fois remercié. Nous comptions prendre en otage ces infâmes personnages qui vivent à la sueur de milliers de personnes, et réclamer une rançon faramineuse à
leurs entreprises et leurs familles afin de restituer cet argent à qui
de droit.
-Je vous demande pardon? Que les milles écailles du Triton D'High Blue se fendent si...
-Mais vous nous avez fait comprendre que les choses n'ont pas à se passer ainsi. Nous allons donc les priver de leur eau, la sentence suprême de l'Aqua réservée aux hérétiques ayant oeuvré contre l'Humanité!

Way se recula de quelques pas, méfiant. Sa main glissa furtivement dans sa poche, à la recherche d’un explosif. Voyons voir, combien de ses bombinettes lui restaient-il, maintenant ?

-Vous voulez dire que vous voulez mettre à mort tous les invités du bal ?
-Pas du tout, puissant Apôtre.
-Ah ?
-Nous exorciserons tous les ennemis de l’humanité, pour la plus grande gloire de l’Aqua.
-Je vois…




*
* *

FWOOSH

-Qu'est ce que c'était que ça?
-Eh bien... il semblerait que notre nouveau lieutenant soit... trempé jusqu’aux os.
-Way l’a attiré dans un piège ? Ce type a trop de classes… et trop de classe. J’ferais mieux de me méfier, il doit pas avoir un petit level.
-Qui sont ces types ?, demanda alors Gégé, rejoignant Loromin et Haylor qui étaient revenus près de la vitre.
-Comme si on allait vous répondre, sorcière, glissa Loro.
-Tout en verts. Je me demande si…
-Tiens, on dirait que Way gigote pas mal avec ses nouvelles troupes.
-J’aimerais d’ailleurs savoir qui ils sont, marmonna Haylor.

VLOOM

-Par gigoter, vous voulez dire qu’il emploie des explosifs sur eux ? Mon dieu, que fais-je ici ? Vivement l’amirauté...
-Ooooh meeeerde, grommela Gégé.
-Qu’est-ce qu’il y a, vous ?
-Silence, idiote, je réfléchis.
-Ne me parlez pas sur ce ton.
-Fermez-la, l’heure est grave! Ces types en verts, comme vous dîtes, ils vont vouloir s’en prendre à tous les membres de cette soirée. Mais ils ne devaient débarquer qu’au petit matin… pourquoi sont-ils déjà là?
-Quand vous dîtes « s’en prendre », vous voulez dire que..?
-Ce sont des radicaux. Des écologistes radicaux, précisa t-elle au regard interrogateur d’Haylor. Ils ne tuent généralement personne, mais n’hésitent pas à faire usage de violence.
-Des civils, répondit la lieutenante. Nous ne devrions pas avoir trop de mal à les garder au calme… je veux dire, avec nos troupes, nous les surpassons largement en nomb…

Un rapide calcul mental paralysa néanmoins ce beau raisonnement. Ils avaient l’air d’être une bonne soixantaine, en bas, de nouveaux hommes-poireaux ayant rejoint leurs compagnons. Ici, on avait vingt marines, tous désarmés. Les hommes de Way s’étaient séparés pour aller affronter une partie des troupes de Krighris… et celui-ci était hors de combat, avec seulement quelques hommes qu’il avait gardé avec lui. Sans compter les CP pour mettre des bâtons dans les roues…

-Je crois que l’on va avoir un problème. Ils sont soixante. On n’est pas assez nombreux.
-Ils sont cent cinquante quatre, précisa Gégé. Ce que vous voyez n’est que le tas principal.
-…….. on y arrivera jamais.
-Quelque chose comme ça, oui. Dommage pour la marine.
-Comment ça, la marine? C’est de votre faute!
-On a voulu faire vite, vous nous avez bloqués. Si seulement vous nous aviez écoutés…
-JE RÊVE ? C’EST VOUS QUI…
-ON N’AVAIT PAS LE CHOIX ! C’EST DIFFICILE, CA NE NOUS FAIT PAS PLUS PLAISIR QU’A VOUS, MAIS ON DEVAIT FAIRE QUELQUE CHOSE !

Et zou, prise de bec supplémentaire. Pour l’occasion, ce fut Loromin qui garda le sens des réalités : après avoir procédé à une rapide simulation grâce à sa parfaite connaissance du Manuel Tactique de CM&D, il procéda à une simple résolution de système à trois inconnues lui permettant d’établir que…

-On n’y arrivera pas, mais on peut s’allier. Alors nos chances de succès seront égales à 0,012 fois le nombre de prières que j’adresserais à Luminark. On peut sauver l’Elue. Je ferais mieux de commencer de suite.

L’homme poisson commença alors ses mantras, accordant autant d’attentions aux femmes qu’elles mêmes lui en accordaient. Seule une chose comptait, maintenant. En se toisant mutuellement, chacune comprit ce à quoi l’autre pensait. Et elles n’étaient pas d’accord.

-Il est hors de question que vous preniez notre commandement, répéta Haylor.
-Aucun de vos chefs ne semble disponible.
-Pas plus que la vôtre, qui l'est au même titre que Vidna.
-C'est le capitaine Dak qui est fautif, dans cette affaire. Il a aidé les verts.
-Je vous demande pardon? Comment osez vous nous rejeter la faute alors que vous…
-Euh... y'a aussi Sigurd, rappela Loromin, qui venait de finir de lancer le sort « prière automatique du fidèle ».

Double grognement dédaigneux, retenu de peine. Comment la loque roupillante pouvait elle être d'une quelconque utilité dans ce genre de situation? Aux yeux de la CP, rien de tout ceci ne serait arrivé si ses opérations ne s'étaient pas révélées aussi incommodes. Haylor, qui connaissait le calibre de cette larve, écarta de suite cette éventualité. Sigurd, il fallait l’oublier, point.

Et pourtant, s'il était blessé... voire gravement blessé... hum, mieux valait vérifier, au moins. La miss s'agenouilla donc à coté, pour faire un rapide bilan.

-Il est mort?
-Non Loromin, il respire. Bruyamment, même. Et n'a pas l'air blessé.
-Vous pensez qu'on pourrait le réveiller?, demanda l'agent.
-Peut être.

Les secousses sur le Sigurd, tout d'abord gentilles, et un peu plus généreuses ensuite, n'y firent rien. De même pour les claques, délivrées par Evil avec juste le minimum de satisfaction autorisée. On envisagea alors l'usage d'un verre d'eau glacée dans la face.

-Ca ne marchera pas. Embrassez-le, plutôt, conseilla simplement l'homme poisson.
-.....?, répondit Evil, sourcil gauche relevé.
-Bien sûr que oui! C'est le contresort universel pour annihiler la grande majorité des sorts de sommeil, et un sacré paquet d'hallucinations. On peut même endiguer l'effet de poisons somnifères, avec ça.
-Ce n'est pas le moment de plaisanter, lieutenant.
-Embrassez-le, je vous dis.
-Sûrement pas. Faîtes le, vous.
-Impossible. Ca doit être une femme.
-Une femme, vous dîtes? Très commode, bien sûr. Vous, alors?

L'agent Géraldine n'était pas plus motivée que ma lieutenante pour se charger de la tâche. Et se surprit à penser qu'il serait dur de convaincre quiconque ici de le faire. Ce qui était stupide, parce qu'il n'y avait aucune raison que ça marche. Reprenant tout son bon sens, elle laissa le verre de coté et déversa le contenu du pichet sur mon torse, me faisant bondir en braillant comme un électrifié.

-BWAAAAAAAAAH !!! MAIS VOUS ÊTES DINGUES?? LORO, TRAITRE DE TOUJOURS!!! VOUS LA CP, VOUS AVEZ
PERMIS DE TUER, PAS DE TORTURER!!! ET vous Haylor, je ne m'attendais pas à vous voir, ce soir. Vous allez bien? En tout cas, chapeau, z'êtes très jolie. Au fait, tant que j'y pense, et que je ne baragouine pas trop encore, j'adore vos gants. J'avais une tante qui portait les mêmes et...

Et rien du tout, parce que je préférais alors fuir son regard inquisiteur pour faire vagabonder mon attention sur les alentours. Me reconnectant lentement avec la réalité, je remarquai que la scène était vachement désordonnée (et bien plus qu'à mon départ). Pourtant, j'avais encore un peu de mal à tout mettre en place. Faut dire que ça tanguait.

-Vous êtes sûre que le commandement lui revient?, s'enquit Gégé auprès d'Evil.
-Malheureusement, oui. Mais j'imagine qu'en cas de réelle nécessité...
-J'me disais bien, aussi.
-Euh... pourriez m'expliquer? Bwaaaie, mais z'êtes une CP, vous! Haylor, reculez, elle est dangereuse!
-Non, elle ne l'est pas. Calmez-vous.
-Quoi? Elle m'a assommé!
-Non. C'est Torricelli qui vous a attaqué.
-Hein? Mais non, je lui tenais la main.
-L'un n'empêche pas l'autre.
-C'est stupide. Et puis de toute manière... m'attendez, d'abord, qu'est ce que elle, elle fiche à discutailler avec vous? C'est le CP!
-Ils vont nous aider à régler le problème.
-Vous allez nous aider à le régler, rétorqua Gégé.
-Je ne pense pas, non.
-Le problème? Quel problème? C'était pas le CP, le problème?
-Il est hors de question que cet... que ce soit lui qui prenne la tête.
-En eff... peut être. Mais ça ne sera pas vous pour autant.
-Ou alors Loro avait raison, et les cuillères à café nous attaquent? 'Ttendez, nan, ça aussi c'est stupide.
-Vous n'avez pas compris, capitaine.
-Tiens, Loro, tu tombes bien! Alors, qu'est ce qu'il se passe?
-Eh bien en fait, il s'avère que l'Elue de la Lumière s'est retrouvée privée du Phare à Ondes, ce qui...
-Stop. Je retire ma question.

Ça aurait pu durer longtemps, malgré le grabuge du dessous qui ne cessait pas. Heureusement, ma lieutenante s'écarta un peu pour se relever, ce qui me permit d'en faire de même. Et de revenir à la vue de tous.

-Capitaine Sigurd, vous voilà enfin! Par pitié, faîtes cesser cette horreur! Way est en bas, et il va se faire tuer!

Et maintenant qu'Alkia venait de me désigner comme Capitaine (ce qui était déjà le cas en fait), tout le monde sembla se calmer. Tout le monde sauf moi, qui étais maintenant le centre de l'attention, de tous les regards comme de tous les espoirs. L'uniforme de la marine était en train de faire son effet. Zut, zut, zut. Haylor, la maniaque aux talents surnaturels, l'avait tellement bien arrangé que même deux chutes et une prise d’otage n’étaient pas parvenues à y faire un pli.

M'enfin, si quelqu'un m'explique ce qu'il se passe, j’n’dirais pas non pour faire mon boulot, j'imagine.


Dernière édition par Arakasi Hirondawa le 3/9/2012, 16:33, édité 1 fois
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Re: Archipel de Sapporo

Message par Arakasi Hirondawa le 3/9/2012, 16:05

<blockquote>
Par Way Dak, le mardi 26 avril.

Extrait du Journal de Bord du Capitaine Kourk, commandant d’un des vaisseaux de l’OTAN :

En ce jour, nous avons récupéré sur mon vaisseau un individu des plus étranges. Son bateau de pêche était dans un piteux état. Visiblement, il le dirigeait seul et ne semblait pas être armée. Il semblait avoir connu de graves revers de fortune. Son costume jaune était troué en de nombreux endroits. L’homme était assoiffé et parut soulagé de voir apparaître un navire appartenant au Gouvernement Mondial.
Quelque chose dans son attitude m’ayant parut louche (on ne prend pas Grand Océan sans armes, sans pose et sur un bateau de pêche si l’on n’a rien à se reprocher) je le débarquais et le confiait à la base de la marine la
plus proche.
</blockquote>

<blockquote>
Extrait de l’interrogatoire du Capitaine Way Dak concernant la mission sur Sapporo :

-Alors que je m’apprêtais à me porter au secours de mes estimés camarades pris en otage, dont le vaillant Capitaine Dogaku dont je ne peux que souligner la bravoure, je fus interrompu dans mon avancée par une importante force armée hostile. Bien qu’ayant clairement annoncé le but et la cause de ma mission, les forcenés ne voulurent rien entendre et je ne reçus en échange qu’un torrent de vulgarités. Ces troupes, bien qu’en infériorité numérique de trois contre un, étaient menées par un petit être hargneux.

-Il s’agissait du sergent Krighris.

-Si vous le dites… Quoi qu’il en soit, ce vindicatif personnage sonna la charge contre mes hommes. Il se vanta d’ailleurs à haute voix d’être un héros. Je profite d’ailleurs de cet interrogatoire pour protester contre le fait de donner des postes à responsabilités à des personnes à tendances mégalomane et instable mentalement. C’est selon moi néfaste aux intérêts de la marine. Ce sergent Krighris devrait être enfermé !

Le rédacteur note tout une suite de grommellement contenant certains termes comme : Aqua Sancta ; Hérésie ; Blasphème ; Démon du premier cercle.

-Reprenons. Après un rude combat, je parvins à m’en débarrasser grâce à un astucieux stratagème. Je m’apprêtais alors à poursuivre mon avancée quand …</blockquote>

<blockquote>
Extrait de l’interrogatoire du Capitaine Vidna concernant la mission sur Sapporo :

-J’étais en train de me battre en duel contre le membre des CP dénommé Arianna Torricelli. Notre affrontement nous avait amené loin des autres otages. J’étais confiante. Ma technique était bien meilleure que la sienne. Soudainement, nous déboulâmes au cœur d’un autre affrontement. Les troupes du Capitaine Dak, ses Feydakins je crois, aidé par des auxiliaires déguisés en plante verte (ce qui leur donnaient un teint maladif) combattaient d’autres hommes.
D’après la description que m’en avait faite le Lieutenant Haylor, je reconnus alors le sergent Krighris. Cet homme devait être mon nouveau lieutenant. J’avoue néanmoins ne pas avoir prêté une grande attention à ce fait sur le moment. J’ordonnais donc aux divers combattants en présence de cesser le combat. Ce qui fut fait après un certains moment de flottement de la part des hommes de Way Dak.
</blockquote>

<blockquote>
Extrait de l’interrogatoire d’ « Arianna Torricelli » concernant la mission sur Sapporo :

-Je concède avoir quelque peu perdu mon sang froid lors de cette mission. Le début c’était pourtant bien déroulé. J’avais séduis le Capitaine Dogaku à défaut du lieutenant Sohal. Mais ce n’était qu’un détail. La prise d’otage semblait ce passer relativement bien malgré les « réticences » des marines officiels. Les seuls problèmes découlèrent du comportement du Capitaine Dak, comportements dangereux qui mirent en danger la vie de deux CP et d’une foule de civil. Après, j’admets avoir cédé au stress et à la pression. Ce qui a contribué à embrouillé encore plus cette mission. Cependant,ce ne fut pas un échec total, en parti grâce à ma contribution. En effet, j’ai formellement identifiée les séides de Way Dak comme les extrémistes qui ne devaient arriver que le lendemain. J’ai d’ailleurs
contribuée à leur arrestation comme vous le savez déjà.
</blockquote>

<blockquote>
Extrait de l’interrogatoire du Lieutenant Loromin Sohal concernant la mission sur Sapporo :

-J’avais percé à jour les idées machiavéliques de l’esprit du chaos dès le début. Mais tout est devenu clair grâce à un inattendu level-up. J’investis rapidement en clairvoyance les points qu’il me manquait et fut ainsi informé de tout. L’Esprit du Néant Noir et Obscur souhaitait en fait nous transformer en cuillère à café afin de priver le Phare à Ondes de notre soutient. Pour le contrer, j’eu besoins de l’aide de Sigurd. Malgré le refus de Haylor d’utiliser la procédure de désenvoutement normale, Sigurd finit par se réveiller du Sommeil ProfondSans Rêves ou on l’avait mis. Il put alors me seconder dans cette quête de niveau platine en intimidant la foule dont l’Esprit du Néant Noir et Obscur s’était emparé grâce au bonus d’intimidation que lui conférait son changement en lion.

Suite à la poursuite de cet entretient, le rédacteur dut partir en centre de soins pour instable psychologique.
</blockquote>

<blockquote>
Extrait de l’interrogatoire du Capitaine Dogaku, concernant la mission sur Sapporo :

-Aprèsun brutal retour à la réalité (tentative de noyade, révélation spectaculaire, Haylor aimable avec quelqu’un, coéquipiers pour le moins instable, le tout revenant à vitesse grand V dans mon système cognitif sous le choc), je fus contraint d’agir rapidement.
La foule en colère de dignitaires de représentants en poiscaille en tout genre se dirigeait vers nous. Je demandais à Loromin d’aller chercher Gurgunidze. Quand à moi, je me changeais en lion afin de calmer les ardeurs belliqueuses de cette foule. Cela fonctionna du premier coup et la foulese calma sans effusion de sang. C’est dommages, j’avais les crocs.
Natasha revint rapidement, accompagnée de Loromin. J’envoyais ce dernier accompagné d’une partie des hommes de Gurgunidze voir ce qui se passait dans le hall principal tandis que je restais sur place pour superviser
la situation.</blockquote>

<blockquote>
Extrait de l’interrogatoire du Capitaine Way Dak concernant la mission sur Sapporo :

-Or donc, déboulèrent en ce moment dans le champ de bataille, d’ou j’allaisd’ailleurs sortir victorieux, l’Estimée de l’Aqua Vidna et l’otage blonde (plutôt l’ex-otage). Chose curieuse, elles semblaient se battre en duel. Néanmoins, elles furent contraintes de cesser leur duel. Bien évidemment, je m’étais porté au secours du Capitaine Vidna. Celle-ci me demanda de cesser l’assaut contre l’Hérétique et les Démons ayant pris l’apparence d’Hommes-Poissons. Ils étaient, semblent-ils, de nouveau membres de son équipage.
-Vous avez donc attaqué d’autres membres de la marine ?
-Inexact ! Ce sont eux qui m’ont chargé, je n’étais qu’en légitime défense.
-Et quand au fait que vous abritiez des terroristes aux seins de vos troupes ?
-J’allais y venir. Il va de soi que je savais de suite que ces nouveaux convertis n’étaient pas sincères. Je ne sais quelles mensonges ont étaient proférées contre moi mais je savais que ces poireaux n’étais pas dans notre camp. Je les avais d’ailleurs envoyés à l’assaut les premiers ! Aussi, j’accédais aux demandes de l’ex-otage et retournais mes hommes
contre eux. Il y eu peut de résistance, d’autant plus que le Béni Loromin arriva quelques instants après avec des renforts. Son aide fut d’ailleurs décisive et nous mirent rapidement fin aux combats. Je ne
puis cependant que m’interroger sur le rôle du Capitaine Dogaku dans cette affaire. Durant tous les combats, je ne le vis nulle part.
</blockquote>

<blockquote>
Extrait du Compte Rendu du Jugement sur la Mission de Sapporo.

- Les membres de la Marine ci-après nommés :
Dogaku, Dak, Vidna, Sohal, Krighris, Gurgunidze et Stink recevront un blâme pour les motifs suivants :
« Refus d’obtempérer aux injonctions des CP. Mise en danger d’un mission du Gouvernement Mondial. Mise en danger de civil. Destruction et dégradation de lieux et biens publics. »

-Les membres du CP 24 sous le commandement d’ « Arianna Torricelli » seront mis-à-pied aux motifs suivants :
«Incapacité de gérer une situation de crise. Incapacité à imposé leurs autorités. Abus du recours systématique à la violence. Mise en danger dela vie d’autrui. Destruction et dégradation de lieux et biens publics. »
</blockquote>
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